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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-14T16:25:36+02:00</updated>
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   <title>"La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon</title>
   <updated>2026-04-05T21:02:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-maison-de-Bernarda-Alba-Une-mise-en-demeure-adressee-a-ses-filles-le-sexe-maudit-a-jamais-la-claustration-comme_a4522.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-06T06:59:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Drame de l'enfermement et des névroses familiales ou sociales, cette pièce de Federico Garcia Lorca – "le pédé au nœud papillon" comme se plaisait à le railler la bourgeoisie réactionnaire franquiste – résonne profondément près d'un siècle après son écriture. Son thème, universel et intemporel, est au cœur de l'intérêt suscité. Mais ici sa "représentation", au travers de la nouvelle traduction de Thibaud Croisy qui en assure aussi la mise en scène et la direction d'actrices, rend encore plus percutant son impact.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917603.jpg?v=1775407326" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Dans un décor sobre au sol uniforme borné par une galerie de colonnes limitant l'espace des joutes à venir, vont s'affronter cinq sœurs soumises à l'impérieuse loi matriarcale et se déchirant entre elles. L'enjeu ? Survivre ! S'opposer aux huit années de deuil décrétées dès la mort du patriarche par Bernarda, leur mère, maîtresse femme, (faussement) pieuse et obscène, obsédée par le qu'en-dira-t-on et opposant un véto péremptoire aux désirs amoureux et/ou sexuels de ses filles. Elle qui, portes et fenêtres murées, entend dorénavant exercer un pouvoir absolu sur son domaine érigé en forteresse. <span style="font-style:italic">&quot;Je n'ai pas raison, ça ne sert à rien la raison. J'ordonne, moi&quot;</span>. Ainsi soit-il.       <br />
              <br />
       Dès l'entrée sur le plateau d'Angustias (l'aînée, <span style="font-style:italic">&quot;la plus moche&quot;</span>, mais la plus riche aussi, ayant hérité naguère d'un autre père, le premier mari de Bernarda), de Magdalena (la fille préférée, la seule qui pleure à l'enterrement du père), d'Amelia, de Martirio (souffrante et le ventre déchiré par l'envie), et d'Adela (la plus jeune, la plus belle et rebelle), une atmosphère lourde de désirs étouffés transpire. Surexposés par les poses délibérément surjouées, croisements de jambes étudiés, tenues seyantes surhaussées par de hauts talons aiguilles, les corps des cinq filles de Bernarda dans leurs postures aguichantes disent (à des degrés différents) ce qui leur est refusé : le droit légitime à jouir de la vie, à jouir tout simplement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917642.jpg?v=1775407379" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Pour compléter cette galerie de portraits exclusivement féminins (même si l'une d'entre elles est interprétée non sans bonheur par un homme, les autres mâles n'étant évoqués qu'au travers de leur absence obsédante ou de qualificatifs bestiaux), il y a aussi La Poncia, au service de Bernarda, &quot;amie&quot; depuis plus de trente ans ; elle, à qui sa patronne rappelle brutalement qu'elle la paie pour servir, elle qui est aussi sa confidente, voire sa conseillère et qui ne rêve que de cracher sur Bernarda (ce qu'elle fait d'ailleurs en son absence, en regardant la salle droit dans les yeux). L'autre domestique, elle, ne sera jamais dénommée que par sa fonction, &quot;servante&quot;. L'une et l'autre maudissant cette maison carcérale qui les nourrit chichement, elles et leurs enfants. L'une et l'autre regardant passer la vie des autres, des femmes qu'elles n'envient aucunement, elles qui pourtant n'ont pour seules richesses que leurs mains… et &quot;un trou qui les attend dans le cimetière&quot;.       <br />
              <br />
       Enfin, il y a la mère très âgée de Bernarda, elle, que l'on enferme dans sa chambre par peur que les voisins ne surprennent sa folie ordinaire. Elle, désinhibée, qui revendique haut et fort le droit d'être amoureuse, de sentir encore la brûlure d'un sexe d'homme en elle (elle relève sa robe et caresse son ventre) et qui se promène avec un chiffon sur l'épaule qu'elle se plait à prendre pour son bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917683.jpg?v=1775407432" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Cette atmosphère irrespirable (<span style="font-style:italic">&quot;Ouvre la porte, on étouffe ici&quot;</span>), saturée des frustrations à fleur de peau des demoiselles en mal d'amour et de sexe, va crever comme un abcès à la faveur de la rumeur colportée jusqu'à cet endroit retiré du monde… Le beau et jeune Pepe le Romano ne va-t-il pas convoler avec Angustias (et son héritage), l'aînée des filles n'en revenant pas elle-même d'avoir été l'élue… Dès lors, la jalousie entre les sœurs est portée à son incandescence. Le plateau, devenant champ de bataille, explose de remarques sournoises et d'invectives cruelles (Adela traitant Martirio, rêvant, elle aussi, du grand amour, de &quot;fouille-merde&quot;, après lui avoir jeté à la figure <span style="font-style:italic">&quot;qu'une chose est en train de pourrir en elle et qu'elle va bientôt la faire crever&quot;</span>), insultes violentes à l'envi, redoublées de corps à corps orchestrés en chorégraphies musclées.       <br />
              <br />
       Ce torrent de haine et de fureur se déversant à flux continu ne manquera pas d'être blâmé par Bernarda… la même qui hurle <span style="font-style:italic">&quot;Tuez-la !&quot;</span>, à l'encontre d'une jeune femme du village s'étant fait engrosser par un inconnu. Ce grand écart de Bernarda, des plus grotesques, donne l'occasion à Thibaud Croisy d'éclairer l'hystérie régnante dans un tableau rougeoyant où l'on voit défiler rageuses les sœurs armées d'un râteau, d'une faucille, d'une fourche… mise à part Adela qui, se tenant le ventre plein de l'embryon fœtus, tente de s'opposer à la mise à mort de celle dont sa mère réclame <span style="font-style:italic">&quot;qu'elle soit brûlée par où elle a pêché&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917687.jpg?v=1775407461" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      L'étalon en rut, enfermé dans la remise et faisant trembler les murs de l'édifice de ses coups de sabots répétés, sonne le glas… Il annonce le &quot;mâle&quot; qui s'est abattu sur la maison de Bernarda et de ses filles privées d'hommes, s'entredéchirant à mort. Et lorsque la chute surviendra, les seuls mots prononcés par Bernarda seront : <span style="font-style:italic">&quot;La fille de Bernarda est morte vierge. Vous m'avez entendue ? Silence, j'ai dit Silence !&quot;.</span> Un cri à la hauteur de son impuissance…       <br />
              <br />
       Drame individuel, social et politique, &quot;La maison de Bernarda Alba&quot;, écrite en 1936, fait effraction dans notre contemporanéité au travers de cette représentation traversée de part en part par les pulsions vitales mises sous couvercle. Thibaud Croisy et ses interprètes à l'unisson ont su splendidement transcender ce manifeste libertaire de Federico Garcia Lorca, fusillé par les sbires de Franco, pour questionner notre rapport présent aux injonctions liberticides. Les pulsions sexuelles des protagonistes crèvent le plafond des conventions – encore visibles dans les traces déliquescentes de l'ordre moral judéo-chrétien – au travers de leur incarnation dans des actrices surjouant délibérément l'option sexe.       <br />
              <br />
       Et même si les coups de boutoir répétés des cinq sœurs travaillées par le désir auront pour prix la mort de celle qui avait précisément eut l'audace de transgresser l'ordre établi, ils ébranleront – bien au-delà de la canne brisée de la tenancière des lieux – l'édifice forclos du monde selon Bernarda Alba… Un vrai &quot;plaisir des sens&quot; auquel nous, spectateurs, sommes conviés… en toute impunité.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 25 mars 2026, Grande Salle Vitez du tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La maison de Bernarda Alba"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95855748-66917717.jpg?v=1775408251" alt=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" title=""La maison de Bernarda Alba" Une mise en demeure adressée à ses filles… le sexe maudit à jamais, la claustration comme seul horizon" />
     </div>
     <div>
      Création le 4 mars 2026 à La Filature (Mulhouse).       <br />
       Texte : Federico García Lorca.       <br />
       Nouvelle traduction : Thibaud Croisy et Laurey Braguier (publiée chez L'Arche éditeur - février 2026).       <br />
       Mise en scène : Thibaud Croisy.       <br />
       Avec : Elsa Bouchain, Charlotte Clamens, Helena de Laurens, Céline Fuhrer, Michèle Gurtner, Emmanuelle Lafon, Frédéric Leidgens, Lucie Rouxel, Laurence Roy, Hélène Schwaller.       <br />
       Scénographie : Sallahdyn Khatir.       <br />
       Lumières : Caty Olive.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Costumes : Angèle Micaux.       <br />
       Collaboration artistique : Élise Simonet.       <br />
       Régie générale : Thomas Cany ou Raphaël de Rosa.       <br />
       Régie son : Romain Vuillet ou Tom Balay.       <br />
       Régie Plateau : Maureen Cléret.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du 25 au 28 mars 2026 au tnba, Théâtre national Bordeaux Aquitaine à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 au 17 avril 2026 :</span> T2G – CDN, Gennevilliers (92).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan</title>
   <updated>2018-07-08T08:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-etincelante-poesie-de-Federico-Garcia-Lorca-va-illuminer-en-juillet-et-aout-la-cour-du-chateau-de-Grignan_a2190.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/23566600-25790570.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2018-07-08T07:58:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chaque été depuis plus de six lustres, la façade intérieure de ce château sert de fond de scène à une création théâtrale originale. Un lieu privilégié dans un village méridional joli comme une miniature pour ce spectacle en plein air qui inaugure la longue série des festivals… estivaux. Pour 2018, c'est l'œuvre maîtresse de l'un des auteurs espagnols les plus réputés - malgré sa disparition précoce sous les balles des milices fascistes en 1936 à Grenade, sa ville natale -, Federico Garcia Lorca.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23566600-25790570.jpg?v=1531031058" alt="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" title="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" />
     </div>
     <div>
      En cette fin de journée, le soleil décline lentement derrière les gradins où 800 personnes attendent qu'on leur raconte une histoire. Les cigales vont peu à peu émettre leurs dernières vibrations. Des flux de chaleur s'échappent de la façade vertigineuse du château et doucement les fronts perlent. Juchées sur une colline de la Drôme ou nichées dans un village dans la campagne de Grenade, les pulsations de la nature sont au diapason. Le spectacle peut commencer.       <br />
              <br />
       Lorca est un poète inspiré par le peuple, le patrimoine, les traditions. C'est aussi un attentif observateur du monde en mutation dans lequel il a vécu sa jeunesse : l'Espagne du sud harassé de chaleur. Un monde rural aux coutumes sévères, à l'obéissance aux lois religieuses quasi absolue, à la dureté d'une vie de labeur sans repos et sans distraction. Tous semblent les enfants d'Adam et d'Ève punis, comme s'ils venaient à peine d'être éjectés hors du paradis.       <br />
              <br />
       On sent dans les mots que Lorca donne à ses personnages, tout le respect que celui-ci porte aux humbles, aux gens du peuple dont les vies exigent tant et récompensent si mesquinement. Il y a ici, à chaque pas, à chaque réplique une fierté que chaque personnage impose par sa tenue, son verbe, sa retenue surtout, et qui prouve à chaque seconde la pure noblesse de sa pensée, de son acte, de son sentiment. Et c'est une rareté presque totale pour un écrivain que d'arriver à faire donner à entendre un texte beau, poétique mais qui reste un acte concret, terrien, vrai. C'est cette alliance du beau et du vrai fait soudain surgir le puissant, l'énergie, le transcendant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23566600-25790571.jpg?v=1531031089" alt="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" title="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" />
     </div>
     <div>
      Une histoire simple pourtant que &quot;Noces de sang&quot;. Tirée d'un fait divers rapporté par un journal quelques années avant que Lorca ne l'écrive, une trame romanesque que les auteurs du siècle précédent auraient barbouillée de pathétique, de pitoyable, d'émotionnel. Il aurait alors été question de mettre au premier plan le héros et l'héroïne qui finissent par braver toute la société et semer le chaos par amour l'un pour l'autre.       <br />
              <br />
       Lorca s'intéresse plutôt aux miradors invisibles d'une communauté aussi enfermée dans l'ordre moral que s'ils étaient en prison. C'est à ceux-là, les familles, les mères, les pères et les affaires d'héritages, de propriétaires et de l'ordre moral de toute la communauté qu'il porte attention. Leurs stricts principes, les condamnations des murmures, le règne des médisances mais aussi les inégalités sociales entre le propriétaire terrien et celui qui n'a rien que la force de ses bras. Et l'amour ici, n'est pas accompagné des mélodies d'une lyre divine dans un paysage idéal : il est fait de désir fou rendu âpre et dévastateur par trop d'interdits. Un amour passionnel qui embrase tout et brûle la raison.       <br />
              <br />
       Vincent Goethals choisit de faire confiance à l'histoire pour apporter le propos de la pièce jusqu'aux oreilles du XXIe siècle. C'est d'abord l'âpreté de la vie paysanne de cette Espagne recuite qu'il expose, pour ensuite se confier entièrement au fil épique du récit.       <br />
              <br />
       Une narration augmentée d'une partition musicale importante qui stimule les changements de décors et donne le ton aux scènes - que les chansons soient incantatoires comme au début ou festives lors de la scène de la noce. Cette présence musicale, soutenue par une formation de quatre musiciens sur scène, donne aussi au spectacle un côté participatif intelligent. Après une courte initiation à une chanson espagnole, les spectateurs sont sollicités pour chanter comme s'ils faisaient partie des invités de la fête. Une belle idée.       <br />
              <br />
       La scénographie, simple et efficace, sans artifices extravagants, laisse également le jeu des comédiens au premier plan. On les sent investis, enthousiasmés de pouvoir défendre un tel texte et des personnages faits autant de silences que de mots. Les mouvements de foule sont vifs ou cérémonieux, maîtrisés. Les scènes fortes qui se déroulent toujours à deux ou trois personnages et sont toutes sous-tendues par un danger possible, affrontements qui, jusqu'au bout, jusqu'à l'amour enfin libéré des deux amants dans l'univers fantasmagorique de la forêt, loin de l'ordre humain qui, là encore, est une lutte. Embrassades ou coups sont les seuls servis au menu des rencontres, embrassades et coups vont les uns avec les autres.       <br />
              <br />
       Le jeu est là, ludique, brillant, tendu. La profération du texte, forcément soutenue, fortement déclamée du fait de jouer en extérieur, décore un peu trop la rugosité, la simplicité et l'efficacité du mot qui domine les échanges écrits par Lorca. Pourtant, cette approche ludique de la pièce est en parfaite harmonie avec la conception de ces Fêtes Nocturnes de Grignan. C'est une fête en effet qui ne fera que galoper de plus en plus fort, de plus en plus haut, tout au long de l'été, à mesure que les représentations donneront des ailes au spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Noces de sang"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/23566600-25790573.jpg?v=1531031117" alt="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" title="L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan" />
     </div>
     <div>
      D'après Federico Garcia Lorca.        <br />
       Adaption et mise en scène : Vincent Goethals.       <br />
       Assistant mise en scène : François Gillerot.       <br />
       Avec : Anne-Marie Loop, Angèle Baux Godard, Mélanie Moussay, Lucile Charnier, Christine Leboutte, Nabil Missoumi, Sébastien Amblard, Rainer Sievert, Louise Hakim, François Gillerot.       <br />
       Musiciens : Christophe Oury/Gabriel Mattei* (en alternance, à l'accordéon), Keiko  Nakamura/Christophe Dietrich (en alternance, au vibraphone), Tristan Lescêne (au violoncelle).       <br />
       Direction musicale : Gabriel Mattei.       <br />
       Travail vocal : Mélanie Moussay.       <br />
       Regard chorégraphique : Louise Hakim.       <br />
       Scénographie : Benoit Dugardyn.       <br />
       Lumières : Philippe Catalano.       <br />
       Environnement sonore : Bernard Vallery.       <br />
       Costumes : Dominique Louis, assistée de  Sohrab Kashanian.       <br />
       Maquillage et coiffure : Catherine Nicolas.       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>Les Fêtes Nocturnes de Grignan</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 juin au 25 août.</span>       <br />
       Du lundi au samedi à 21 h.       <br />
       Relâches : 1er au 8/07, le 16/07, le 28/07, le 30/07 et 20/08.       <br />
       Renseignements et réservation exclusivement au 04 75 91 83 65.       <br />
       <a class="link" href="https://www.chateaux-ladrome.fr/fr/saison-2017-2018/evenements/noces-de-sang" target="_blank">&gt;&gt; Fêtes Nocturnes 2018</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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