<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-08-02T07:43:10+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même</title>
   <updated>2026-07-12T09:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Intranquillite-Le-monde-selon-Fernando-Pessoa-porte-de-maniere-hallucinatoire-au-theatre-par-deux-autres-lui_a4616.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97317671-67790229.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-07-12T08:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dès l'entrée dans la salle du Petit Chien, le mur de fond de scène constellé d'étoiles ouvre vers un ailleurs propice au rêve éveillé… Cet état d'esprit flottant que l'auteur du "Livre de l'Intranquillité" cultivait comme un art d'être au monde, lui pour qui la réalité se dévoilait au travers de son regard "hors champ". Quant aux deux avatars de lui-même, égarés là avec leur nœud papillon et cravate défaite surplombés d'un chapeau melon, ils apparaissent comme les (ré)incarnations des nombreux hétéronymes que l'auteur se plaisait à inventer afin de démultiplier le champ de ses points de vue.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97317671-67790229.jpg?v=1783840681" alt="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" title="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Ce fut comme une apparition&quot;</span>… ainsi Flaubert saisissait-il le regard porté par Frédéric Moreau sur Madame Arnoux dans &quot;L'Éducation Sentimentale&quot;. Présentement, c'est au travers des regards extatiques de deux acteurs – Thierry Gibault et d'Olivier Ythier à l'unisson – que se découvrira un monde, le nôtre revisité. Dans un flux de paroles à résonance à la fois lunaire et contradictoirement réaliste, propos entrecoupés de silences parlants, les deux complices émergeront comme par effraction de la fumée de scène pour délivrer avec un naturel confondant quelques fragments des milliers de feuillets retrouvés épars dans une malle après la mort de leur auteur…       <br />
              <br />
       … une malle que Jean-Paul Sermadiras, comme un clin d'œil adressé, a tenu à sacraliser en l'installant au centre du plateau nu. &quot;Je suis né en un temps où la majorité des jeunes gens avait perdu la foi en Dieu, pour la même raison que leurs ancêtres la possédaient sans savoir pourquoi. Et comme l'esprit humain tend tout naturellement à critiquer, parce qu'il sent au lieu de penser, la majorité de ces jeunes gens choisit alors l'humanité comme succédané de Dieu&quot;… Une parfaite mise en orbite du doute à cultiver comme relativité essentielle pour traverser l'existence, un doute systémique afin d'échapper aux certitudes piégeuses.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97317671-67790234.jpg?v=1783840887" alt="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" title="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" />
     </div>
     <div>
      L'inconscient comme fondement de la vie… La vie comme une auberge où l'on attend patiemment la mort… Savourer la brise, sans se poser de questions, et si ce livre peut les distraire, ce serait bien… Et autres méditations inspirées par une &quot;métaphysique&quot; revisitée à l'aune de la dimension de ce qui est vécu, à l'opposé de toutes philosophies savantes et croyances inscrites dans le marbre.       <br />
              <br />
       Assis sur une &quot;réplique&quot; de la malle de Fernando Pessoa, les deux complices conversent à l'envi, avec les yeux grands ouverts de l'enfant devant la paix indéchiffrable d'un clair de lune. Telle la figure du double réunie dans le même, ils développent chacun leur vision émanant des impressions sur lesquelles sont fondées les (ir)réalités de nos misérables existences. L'un peut-être plus extatique, l'autre sans doute plus terrien éméché, sous les lampions allumés, ils feront péter joyeusement les bouchons de champagne, renouant avec le goût pour l'ivresse du lisboète, terrassé par une cirrhose… <span style="font-style:italic">&quot;Il faut vous enivrer sans trêve. Mais de quoi ? De vin, de poésie ou de vertu, à votre guise. Mais enivrez-vous. L'essentiel est d'être toujours ivre&quot;,</span> écrivait déjà Charles Baudelaire, mort au même âge.       <br />
              <br />
       Des pauses musicales feront entendre des mélodies suaves accompagnant la voix sensuelle de Maria de Medeiros. La mélancolie du fado colorant nombre de ces impromptus décousus comme l'existence peut l'être (surtout ne pas s'échiner à lui coller un sens), fragments jaillis de la seule banalité du quotidien, se teintera de pointes d'humour décochées avec l'indifférence (in)tranquille de ceux qui, dégagés de l'emprise des tabous, laissent vagabonder librement leurs associations – <span style="font-style:italic">&quot;Avoir touché les pieds du Christ, ce n'est pas une excuse pour faire des fautes de ponctuation&quot;</span>. Ainsi, invités à mettre nos pas dans ceux de ces vagabonds terrestres étayant leur existence sur le seul appui des mots, on se laissera prendre à épouser les points de vue de ces voyageurs immobiles arasant toute illusion pour pouvoir… A chacun de trouver la suite hors des champs communs.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La littérature est la preuve que la vie ne suffit pas&quot;</span>, écrivait Fernando Pessoa dans &quot;Fragments d'un voyage immobile&quot;… Après avoir découvert la saisissante mise en jeu de Jean-Paul Sermadiras et l'interprétation subliminale de Thierry Gibault et d'Olivier Ythier, on serait tenté d'ajouter… &quot;Le théâtre est la preuve que L'Intranquillité existe&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 9 juillet 2026 au Théâtre du Petit Chien, Festival OFF 2026 d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Intranquillité"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97317671-67790236.jpg?v=1783840987" alt="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" title="•Off 2026• "L'Intranquillité" Le monde selon Fernando Pessoa porté de manière hallucinatoire au théâtre par deux autres lui-même" />
     </div>
     <div>
      Texte : Fernando Pessoa       <br />
       Adaptation : Jean-Paul Sermadiras d'après "Le livre de l'intranquillité".       <br />
       Mise en scène : Jean-Paul Sermadiras.       <br />
       Avec : Thierry Gibault et Olivier Ythier.       <br />
       Et la voix de Maria de Medeiros.       <br />
       Création son : Pascale Salkin.       <br />
       Création lumière : Jean-Luc Chanonat.       <br />
       Chorégraphie : Marion Lévy.       <br />
       Costumes : Cidalia da Costa.       <br />
       Dessin : Thierry Gibault.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 05. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre du Petit Chien, 76, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 51 07 48.       <br />
       <a class="link" href="https://lechienquifume.vosbillets.fr/billetterie/representation/33330/lintranquillite" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chienquifume.com/" target="_blank">>> chienquifume.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-Intranquillite-Le-monde-selon-Fernando-Pessoa-porte-de-maniere-hallucinatoire-au-theatre-par-deux-autres-lui_a4616.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa</title>
   <updated>2026-06-22T17:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-intranquillite--une-sombre-vision-dans-le-regard-lumineux-de-Fernando-Pessoa_a4593.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/97085785-67644943.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-06-22T17:13:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si vous ne connaissez pas Pessoa comme moi, vous adorerez découvrir cet univers à la fois désolé, détaché, déroutant et poétique. Si vous ne connaissez pas ce que peut le théâtre, venez voir comment avec des mots, des pensées, du plaisir naît l'imaginaire, le rêve. Si vous ne savez pas la puissance de la mise en scène, vous verrez comment se crée avec quelques lumières, l'invention de lieux réalisée avec des bricoles, le sens du rythme et un détournement d'objet drôle et surprenant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97085785-67644943.jpg?v=1782141450" alt="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" title="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" />
     </div>
     <div>
      Si pour finir, vous ne savez pas trop ce qu'est l'art du comédien, venez voir ces deux-là, venez les voir jouer, jouer avec les mots, les accessoires, les univers, venez les voir danser sous les étoiles et les lampions, se tenir l'un en face de l'autre comme face à un miroir étrange et absolu, lancer des pierres au ciel et se tenir pourtant si proches de l'humain qu'on l'imagine aisément posé sur une planète presque ronde au milieu de l'infini, un être minuscule qui porte pourtant en lui un infini de rêve, de contemplation, de poésie.       <br />
              <br />
       Vêtus de costumes noirs identiques sur des chemises blanches identiques, chapeautés et arborant des nœuds papillons, mais pas vraiment pareils, comme deux faux-vrais clowns détournés des bureaux de notre monde administratif, les deux personnages similaires et différents sortent l'un après l'autre d'une haute caisse de planches cloutées. Comme d'un placard. Ou d'une grange. Ou d'un tombeau. Deux personnages qui vont incarner ensemble, à tour de rôle et ensemble, les incroyables circonvolutions de la pensée de Fernando Pessoa dans son œuvre posthume &quot;Le livre de l'intranquillité&quot;, en incarnant deux gratte-papiers ordinaires qui cachent dans leurs âmes un infini univers poétique.       <br />
              <br />
       Pas seulement poétique. Le texte de cette pièce est autant fait d'observations sur le monde et sur la vie humaine que de pensées philosophiques qui, pour la plupart, recèlent une bonne part d'ironie mêlée à un cocktail de tendresse et d'incompréhension. Tous ces textes, découverts après la disparition du poète, sont comme une lucarne ouverte sur l'infini du monde que le poète, resté méconnu du grand public durant sa vie, réussit à ouvrir dans son âme. Un recueil de pensées drôles, tristes, lucides ou rêveuses qui forment ensemble une véritable vision du monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97085785-67644944.jpg?v=1782141511" alt="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" title="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" />
     </div>
     <div>
      Cette vision, la mise en scène de Jean-Paul Sermadiras parvient à la rendre palpable en inventant une évolution de l'espace et de l'action des deux personnages qui ne restent jamais longtemps fixes. Comme si le flux de la vie les forçait sans cesse à se déplacer et déplacer également leurs points de vue.       <br />
              <br />
       Quelques accessoires scéniques, maniés directement par nos deux protagonistes, suffisent à transporter la scène, de la monotonie d'un ciel étoilé à l'ambiance festive donnée par des lampions multicolores, suivi de l'enjouement de quelques bouteilles de champagne apparues magiquement, des danses, et d'autres fantaisies qu'il faut garder secrètes pour laisser les surprises vivantes… Ce monde fantaisiste, jamais gratuit, est densifié par une ballade musicale et des ambiances sonores qui ouvrent encore l'espace, tandis que la voix profonde de Maria de Medeiros s'empare du fado pour donner la parole à la mélancolie.       <br />
              <br />
       Il y a, ne le nions pas, dans l'essentiel des mots de Fernando Pessoa, une terrible vision du chaos du monde. Et du chaos de l'intérieur de l'âme humaine qui sont comme les reflets l'un de l'autre. Entre ces deux reflets, l'humain tente, dans une constante recherche d'équilibre, de rester debout, avec dignité. C'est ce que font ces deux personnages et ces deux acteurs d'une formidable exigence, d'un formidable talent, qui parviennent à eux deux, forts de leurs ressemblances apparentes et de leurs personnalités différentes, à rendre sur scène la complexité de Fernando Pessoa, et sa lucidité tranchante et exaltante.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu le 28 mai 2026 au 100ecs, 100, rue de Charenton, Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'intranquillité"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97085785-67644955.jpg?v=1782141538" alt="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" title="•Off 2026• "L'intranquillité", une sombre vision dans le regard lumineux de Fernando Pessoa" />
     </div>
     <div>
      Texte : Fernando Pessoa       <br />
       Adaptation : Jean-Paul Sermadiras d'après "Le livre de l'intranquillité".       <br />
       Mise en scène : Jean-Paul Sermadiras.       <br />
       Avec : Thierry Gibault et Olivier Ythier.       <br />
       Et la voix de Maria de Medeiros.       <br />
       Création son : Pascale Salkin.       <br />
       Création lumière : Jean-Luc Chanonat.       <br />
       Chorégraphie : Marion Lévy.       <br />
       Costumes : Cidalia da Costa.       <br />
       Dessin : Thierry Gibault.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 05. Relâche le mardi.       <br />
       Théâtre du Petit Chien, 76, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 51 07 48.       <br />
       <a class="link" href="https://lechienquifume.vosbillets.fr/billetterie/representation/33330/lintranquillite" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.chienquifume.com/" target="_blank">>> chienquifume.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-L-intranquillite--une-sombre-vision-dans-le-regard-lumineux-de-Fernando-Pessoa_a4593.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste</title>
   <updated>2022-08-01T09:07:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Et-me-voici-soudain-roi-d-un-pays-quelconque-Les-mille-et-une-vies-du-voyage-immobile-d-un-clochard-celeste_a3372.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66425517-47179007.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-08-01T08:18:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si Arthur Rimbaud a révélé les frontières mouvantes entre identité et altérité dans son fulgurant "Je est un autre", l'écrivain intranquille Fernando Pessoa, voyageur immobile de Lisbonne, s'est lui inventé des hétéronymes. Au travers de ses autres lui-même, chacun étant le porte-parole d'une part secrète lovée en lui, il a pu transcender une existence jugée trop étriquée pour son imaginaire débordant… Ce soir, devant nous, une comédienne ressentant d'étranges correspondances avec le poète lisboète va offrir un royaume à ses sujets réunis.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179007.jpg?v=1659336398" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      Qu'ils se nomment Alberto Caeiro, Ricardo Reis, Alvaro de Campos ou encore Bernardo Soares, le narrateur du &quot;Livre de l'Intranquillité&quot;, ils ont tous à voir avec l'esprit vagabond de Fernando Pessoa qui les a engendrés de toutes pièces, comme des répliques de lui-même se disputant tour à tour l'avant-scène.       <br />
              <br />
       Si &quot;je est un autre&quot;, le poète peut alors être incarné sans détours par une jeune femme, aussi fantasque que lui apparaît sérieux dans son pardessus austère du Café Brasileira de Lisbonne. D'ailleurs ne prendrait-il pas plaisir à contredire ses avatars, ses expansions de lui-même ? Seul comme pas un, il n'avait eu de cesse de peupler d'amis son espace mental… ou alors est-ce lui qui n'existait pas, eux prenant corps et vie à sa place ? Quoi qu'il en soit, ils sont là bien vivants devant nous et ce sont eux qui vont supplanter son hystéro-mélancolie légendaire pour organiquement donner de la voix.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179009.jpg?v=1659336447" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      S'appuyant sur des modules mobiles immaculés sur lesquels les figures des rêves de l'homme intranquille vont se détacher, la comédienne joue de son vêtement évolutif pour incarner les différents états du même. Dire d'abord l'extase ressentie un certain jour de mars 1914 où une trentaine de poèmes jaillirent de lui sans qu'il ait le sentiment d'en être l'auteur, comme si un autre lui-même avait parlé à son insu. Cet autre, il le nommera Alberto Caeiro, auquel il inventera une biographie avant qu'il ne meure de tuberculose pulmonaire. La comédienne se mouchant à l'excès ne peut que constater le destin malheureux de cet avatar qui connut pourtant ses heures de célébrité. Ainsi va la vie qu'à la fin on meurt, même dans le monde des avatars.       <br />
              <br />
       Retirant sa perruque, l'artiste fait son coming out identitaire en avouant publiquement qu'elle n'est pas Fernando Pessoa comme elle s'était présentée, mais Aurélia, l'actrice ayant usurpé son identité pour s'adresser directement à nous. De toute façon, elle a toute liberté pour créer le spectacle qu'elle veut, lui étant bel et bien mort qui pourrait trouver à redire ? Elle endosse alors son immense pardessus, chausse des lunettes et se coiffe d'un chapeau avant de voguer sur des images mentales, l'amenant très loin d'elle-même. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis les faubourgs d'une ville qui n'existe pas, le personnage d'un roman qui reste à écrire. Je tombe sans fin dans une chute sans direction. Mon âme est un maelström noir&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Devenant le centre de rien avec le rien tout autour, elle s'adresse directement à son géniteur : <span style="font-style:italic">&quot;Tu m'entends Fernando ? Moi, je te saluerai éternellement. Je sais que tu m'as aimé aussi&quot;</span> ; et prenant par la main son mentor, elle s'adresse à lui pour lui dire qu'elle appartient à son orgie. Revêtue alors d'une combinaison de lumières, elle se lance dans un trip faisant voler en éclats le monde normé. <span style="font-style:italic">&quot;Je suis celle qui est toi. Je suis un univers vivant pour te saluer Fernando !&quot;</span>. Éructant, à quatre pattes, elle se lance dans une diatribe libertaire l'amenant très haut dans les airs, loin de la pesanteur de la cité terrestre.       <br />
              <br />
       Traversée par la parole vivante du poète, elle s'écrie, exaltée : <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce que faire des vers sinon confesser que la vie ne suffit pas ? Mais à quoi sert l'art qui n'est pas la vie ? Mourons, n'écrivons rien. Aimons, mais n'écrivons rien&quot;</span>. Liberdade, Democracia, écrits en lettres de feu sur une pancarte brandie fièrement, crèvent l'espace de leur liberté affichée alors que tombe des cintres la couronne la/le sacrant roi de ce pays quelconque peuplé de tous ses sujets inventés…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179035.jpg?v=1659336530" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      &quot;Pessoa&quot;, poète énigmatique s'il en est, portait dans son patronyme une inquiétante étrangeté ne finissant pas de nous fasciner. En effet, son nom peut être traduit indifféremment par &quot;personne&quot; ou par &quot;la personne&quot;. Lui qui s'inventa pour tenter de survivre plus de soixante-dix hétéronymes, a-t-il été l'homme démultiplié génialement en tous ses avatars ou l'homme sans qualités qui peinait à exister en dehors d'eux ? Ce qui est sûr, c'est que ce soir, sa doublure théâtrale a fait (re)vivre superbement devant nos yeux &quot;assujettis&quot;, les fabuleux prolongements de cet être &quot;extra-ordinaire&quot; qu'était - et que continue à être - Fernando Pessoa.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 28 juillet au Théâtre 11 – Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Et me voici soudain roi d'un pays quelconque"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179107.jpg?v=1659337443" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      Textes : Fernando Pessoa.       <br />
       Conception et montage de textes : Aurélia Arto et Guillaume Clayssen.       <br />
       Mise en scène : Guillaume Clayssen.       <br />
       Assistante mise en scène : Claire Marx.       <br />
       Avec : Aurélia Arto.       <br />
       Création son : Cédric Colin.       <br />
       Costumes : Séverine Thiébault.       <br />
       Scénographie : Delphine Brouard.       <br />
       Création lumière : Julien Crépin.       <br />
       Regard chorégraphique : Ingrid Estarque.       <br />
       Par Production La Compagnie des Attentifs.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 29 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 40, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre Le 11, Salle 2, 11, boulevard Raspail, Avignon.       <br />
       Tél. : 04 84 51 20 10.       <br />
       <a class="link" href="https://www.11avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; 11avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66425517-47179110.jpg?v=1659337584" alt="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" title="•Off 2022• "Et me voici soudain roi d'un pays quelconque" Les mille et une vies du voyage immobile d'un clochard céleste" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Et-me-voici-soudain-roi-d-un-pays-quelconque-Les-mille-et-une-vies-du-voyage-immobile-d-un-clochard-celeste_a3372.html" />
  </entry>
</feed>
