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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-13T08:52:22+02:00</updated>
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   <title>•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…</title>
   <updated>2026-07-11T09:19:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-L-hors-presence-ou-Chimeres-du-pays-de-Morsan--Mourir-cela-n-est-rien-mourir-la-belle-affaire-mais-souffrir_a4613.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-07-10T17:21:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'emparant d'un sujet ô combien intranquille – celui de la fin de vie et du droit à mourir dans la dignité –, Tiphaine Raffier propose une fiction aux accents hyperréalistes de nature à transcender le réel pour nous en livrer une version distanciée… Derrière la grande baie vitrée d'un salon-salle à manger d'une maison isolée, située proche de la Fontaine des Chimères, va se jouer le drame dont elle rendra "conte" avec l'acuité du regard dont elle est porteuse. Et nous, spectateurs des tensions déchirant la fratrie réunie autour de leur sœur condamnée, nous deviendrons (à notre insu) partie prenante de ce conflit existentiel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783053.jpg?v=1783697412" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      Placés à la place de &quot;voyeurs&quot;, on découvre la vue en écorché de cette maison avec Laura, de dos dans son fauteuil. Ses deux frères, Simon le plus jeune, Soren l'aîné, et Suzanna, la grande sœur, ont fait le voyage à Morsan pour accompagner le temps qui lui reste à vivre. D'emblée une atmosphère lourde plane sur ce huis clos étouffant, chacune et chacun s'efforçant de feindre la décontraction alors que l'effroi les ronge. Seule la malade semble paradoxalement habitée sereinement la situation, en confiant son choix du graphisme d'un arbre de vie pour décorer son urne funéraire.       <br />
              <br />
       S'occuper, occuper le temps pour combler le silence où bruit l'inexorable échéance. L'un va raconter une anecdote vécue dans le train, l'autre va s'affairer à monter une chaise médicalisée pour la toilette, l'autre obsédé par le temps va se plonger dans &quot;La Montagne magique&quot; de Thomas Mann. Et déjà les mots commencent à manquer à Laura qui, à table, a du mal à porter la cuillère à sa bouche avant de s'étouffer suite à une fausse route. <span style="font-style:italic">&quot;- Éric, ton ancien amoureux, a repris contact ! Il a dû apprendre que… - Que quoi ?&quot;</span>, bientôt suivi d'un cri déchirant les convenances : <span style="font-style:italic">&quot;Arrêtez de me regarder comme ça ! Asseyez-vous et mangez !&quot;.</span> Tout est dit de la souffrance morale de celle qui refuse que sa fratrie la voie déjà comme une morte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783054.jpg?v=1783697443" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      Des micros placés dans la cuisine délivreront les conversations de la fratrie concernant le refus de leur sœur d'une place en soins palliatifs, et son choix assumé d'un lit médicalisé à son domicile. Une caméra saisira un gros plan du questionnaire de fin de vie, où se détachent, écrits de la main de Laura, les mots &quot;Je refuse&quot; pendant qu'elle éclatera de rire en écoutant une musique de sa jeunesse. Des morceaux choisis de &quot;La fontaine des Chimères&quot;, l'Argos local – celui qui voit tout – seront lus par le plus jeune frère alors que son aîné résumera lui &quot;La Montagne magique&quot;, tandis que la grande sœur n'arrêtera pas de parler du &quot;baby phone&quot; trahissant l'infantilisation de la malade.       <br />
              <br />
       On sera confronté en direct à la dégradation de l'état de santé de Laura, à ses cris de douleur, à l'exposition de ses pieds nécrosés. L'interrogatoire mené par un médecin et une infirmière révélera, au-delà des signes inquiétants de perte cognitive de la patiente, les points de vue des soignants sur la fin de vie. Faire la promesse d'éteindre avec une précision toute chirurgicale les zones de douleur… sans pour autant en délivrer la malade en lui permettant d'être libre d'y mettre fin. Mais alors qu'en est-il des dernières volontés de Laura, pourtant consignées noir sur blanc par ses soins ? Pour pouvoir les prendre en compte, faudrait-il encore qu'elle soit &quot;en mesure&quot;, or ses facultés intellectuelles étant endommagées, l'aide à mourir lui sera refusée. Cet interrogatoire exposera aussi au grand jour les dissensions au sein de la fratrie, dissensions sur fond d'angoisse dévorante, chacun coupant la parole à Laura pour dire ce qui relève de ses préoccupations à lui. Ainsi du frère aîné, plus attentif semble-t-il aux désirs de Laura, que la grande sœur, n'ayant de cesse de se substituer à la malade pour tout &quot;gérer&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783104.jpg?v=1783697469" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      Le paroxysme de leurs oppositions &quot;fratricides&quot; éclatera autour d'un flacon contenant la potion létale confiée par Laure. Son plus jeune frère qui, pour sa part à refuser le test de dépistage de la maladie neurodégénérative dont va mourir Laura, se fait l'apôtre de la vie à tout prix, en accusant sa sœur et son frère d'être incapables d'assumer le vertige de l'existence en prétendant l'interrompre. On sera témoins aussi du revirement de la grande sœur, déchirant les directives de Laura… qui l'avait pourtant désignée comme &quot;la personne de confiance&quot;.       <br />
              <br />
       Il sera question aussi d'une mystérieuse juge dépositaire d'un &quot;secret de vie&quot; obsédant, venue se réfugier loin du monde dans ce village de Morsan… dont le nom claque comme un indice. Mais aussi d'une histoire mise en abyme, comme celle contenue dans la curiosité du village, &quot;La Fontaine des Chimères&quot;, dépositaire du mythe d'Argos, surveillant de ses mille yeux la nymphe Io transformée par Jupiter en vache, et aspirant à en être délivrée. Ou encore d'un architecte, découpant les maisons du village en ruine pour ouvrir des fenêtres vers l'extérieur.       <br />
              <br />
       Il sera fait appel également à des &quot;tableaux vivants&quot;, précipitant sur le plateau des flash-back dévoilant de manière sensible le parcours suivi par Laure… Exit les bâtonnets, pour humidifier la bouche, proposés par les bons soins de l'infirmière soucieuse du confort pré-mortel… Exit les phrases d'usage prononcées par les accompagnants, <span style="font-style:italic">&quot;Elle ne souffre pas, elle va partir en toute tranquillité&quot;</span>, mais que sait-on de ce qui se joue derrière le visage déjà absent de l'agonisant ?... Critique de l'IA et des nouvelles technologies mises au service d'une médecine de pointe présentée comme panacée… Place à un être de chair et d'os, amoureuse éperdue d'un baiser entrevu et revenant sur les mutilations infligées à son corps de femme dans l'espoir de la vie sauve… Place à son effroi face aux souffrances qui s'annoncent et son désir de la regarder en face, la mort, sans le recours aux mots convenus servant de cercueil… La mort, c'est dégueulasse, ça la fait hurler de rage, aussi sa demande adressée à ses frères et sœur sera sans ambiguïté, le plus beau cadeau qu'ils pourront lui faire en l'aidant à mourir.       <br />
              <br />
       Chacun, confronté à ses propres angoisses, laissera éclater sa rage impuissante. Le plus jeune frère se lancera dans une danse frénétique pour célébrer l'illusion de la vie. Le frère aîné, lui qui s'évertuait à vouloir contrôler le temps, sera en prise avec un déchainement de violences dirigées contre Thomas Mann. La mort, c'est la peau bleue, les ongles noirs et l'odeur de pourriture, <span style="font-style:italic">&quot;Laure tout ce que tu redoutais, c'est produit&quot;.</span> Les hurlements de la sœur aînée la conduiront, elle, à prendre la place de sa sœur sur le lit médicalisé vide de sa présence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783111.jpg?v=1783697505" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      Et jusqu'à la lumière blanche finale, aveuglante, mais le soleil et la mort peuvent-ils se regarder en face… Nous spectateurs, impliqués dans le drame in situ, vivront en direct les affres de Laure et de sa fratrie. Confrontés à l'innommable de la fin de vie, à des questions touchant à l'essentiel, nous sommes comme irradiés par cette forme théâtrale, artistiquement et dans son récit, au-dessus de tous soupçons. Un soleil noir propre à dessiller nos yeux sur l'humanité de l'aide revendiquée à mourir. Un dernier acte de liberté qui ne peut nous être refusé par d'autres que nous-mêmes.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 8 juillet 2026 à La FabricA d'Avignon, pour la 80ᵉ édition du Festival d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783155.jpg?v=1783697787" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      France. Création 2026.        <br />
       En français surtitré en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Tiphaine Raffier.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Mathilde Saillant.       <br />
       Avec : Emma Bolcato, Teddy Chawa, Thomas Gonzalez, Paula Luna, Édith Mérieau, Catherine Mestoussis, Thierry Paret et Adrien Rouyard.       <br />
       Participation vidéo : Hélène Raimbault, Patrick Harivel.       <br />
       Dramaturgie : Lucas Samain.       <br />
       Scénographie : Hélène Jourdan.       <br />
       Lumière : Kelig Le Bars.       <br />
       Vidéo : Vincent Pinckaers.       <br />
       Cadrage : Raphaël Oriol.       <br />
       Son : Hugo Hamman.       <br />
       Musique : Sylvain Jacques.       <br />
       Costumes : Caroline Tavernier, assistée de Paloma Donnini.       <br />
       Maquillage et perruques : Judith Scotto.       <br />
       Régie générale : Olivier Floury.       <br />
       Régie plateau : Nicolas Bignan, Pierre Frenkel.       <br />
       Régie vidéo : Nicolas Morgan.       <br />
       Régie son : Hugo Hamman.       <br />
       Régie lumière : Christophe Fougou.       <br />
       Régie maquillage et perruques : Emmanuelle Flisseau.       <br />
       Construction du décor : Atelier du Nouveau Théâtre Besançon CDN.       <br />
       Traduction anglaise pour le surtitrage : Sophie Troyna-Martins/La Pixelière.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 5, du 7 au 10 juillet 2026.</span>       <br />
       Représenté à 11 h.       <br />
       La Fabrica, La FabricA, 11, rue Paul Achard, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/?cat=1001" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/97301689-67783157.jpg?v=1783697818" alt="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" title="•In 2026• "L'hors-présence ou Chimères du pays de Morsan", Mourir cela n'est rien… mourir la belle affaire… mais souffrir, souffrir…" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       Du 23 septembre au 10 octobre 2026 : Nanterre-Amandiers - CDN, Nanterre (92).       <br />
       14 octobre 2026 : L'Équinoxe - Scène nationale, Châteauroux (36).       <br />
       Du 3 au 5 novembre 2026 : Comédie de Saint-Etienne – CDN, Saint-Etienne (42).       <br />
       17 et 18 novembre 2026 : Comédie de Clermont - Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       25 et 26 novembre 2026 : Comédie de Valence, CDN Valence (26).       <br />
       Du 1ᵉʳ au 5 décembre 2026 : TNP, Villeurbanne (69).       <br />
       Du 8 au 10 décembre 2026 : Nouveau Théâtre Besançon - CDN, Besançon (25).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2026-L-hors-presence-ou-Chimeres-du-pays-de-Morsan--Mourir-cela-n-est-rien-mourir-la-belle-affaire-mais-souffrir_a4613.html" />
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   <title>•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique</title>
   <updated>2024-07-21T10:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Forever-Immersion-dans-Cafe-Müller-de-Pina-Bausch-Archeologie-d-une-choregraphie-mythique_a4013.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-21T10:06:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Vous en reprendrez bien un, Café ? Comme une photographie détachée d'un album de famille, au seul nom de "Café Müller" la mémoire se met à vibrer, libérant des notes hors d'âge… Cette pièce de Pina Bausch, créée en 1978 sur une musique ensorceleuse d'Henry Purcell, cristallise "pour toujours" l'essence d'une nouvelle chorégraphie contemporaine où danse et théâtre fusionnent jusqu'à s'y confondre. Remise sur l'avant-scène par Boris Charmatz, artiste complice de cette 78ᵉ édition, et interprétée par les danseuses et danseurs du mythique Tanztheater Wuppertal, elle prend ici la forme d'une installation chorégraphique de sept heures, sans début ni fin.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792235.jpg?v=1721551484" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Les spectateurs, invités à choisir deux capsules de quarante-cinq minutes s'enchaînant ressentent d'emblée une étrange sensation. Comme si le temps soudainement s'était arrêté… Devant eux, un parterre de chaises et de tables que des êtres évanescents vont parcourir en tous sens au rythme des pulsions qui les traversent… Entre deux capsules qui consacrent la répétition du même, des interludes où chaque danseur tour à tour confiera son rapport personnel à Pina Bausch. Autant de confidences qui, au-delà des anecdotes sensibles, font revivre tant les exigences que l'humanité de cette grande dame.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Reproduire ce qu'on a vu… courir vers le mur… s'y jeter… aller l'un vers l'autre… se sentir…&quot;,</span> ainsi un danseur évoque-t-il en voix off l'enseignement reçu tout en répétant inlassablement ses mouvements… Une danseuse confie à quel point elle était impressionnée par Pina et comment, grâce à elle, elle a pu dépasser sa retenue… Un danseur, dans une course effrénée, envoie valdinguer une série de chaises avant de rappeler la figure mythologique sauvage à laquelle, sous l'impulsion de Pina, il s'est identifié… Autant de témoignages in situ, peuplant les interludes en rendant hommage à la fondatrice du Tanztheater Wuppertal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792236.jpg?v=1721551529" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Autant aussi de zooms arrière que ces interludes imaginés par Boris Charmatz, &quot;l'héritier&quot;… Pina Bausch demandait effectivement beaucoup (certains auraient dit beaucoup trop…) à ses danseurs et danseuses qui non seulement devaient maîtriser leur technique &quot;sur les bouts des doigts&quot; mais encore être capables (et cela est d'une tout autre nature) de se donner en allant chercher au plus profond d'eux-mêmes leurs intimes ressources dans une abnégation totale. Cette générosité qui exigeait le don d'eux-mêmes, elle la leur rendait au travers de l'attention de tous les instants qu'elle leur portait pour obtenir que l'humain parle, débarrassé des fards de la représentation, fût-elle chorégraphique. Ce désir d'atteindre l'essence de ce que chacun est n'était pas absent de la fascination qu'elle exerçait : un désir de libération, même si le prix à payer est toujours celui d'un douloureux renoncement aux enveloppes protectrices.       <br />
              <br />
       Et ces créations ressassent en boucle ce processus de quête de soi qui passe par la rudesse d'affrontements violents. Jamais peut-être autant que pour Pina Bausch (elle qui, paradoxe, née en 1940 dans l'Allemagne nazie ne faisait jamais état de son enfance), l'existence n'aura autant façonné la réalisation. Car que dit-elle d'autre, au travers de ces chorégraphies, que ce ressassement du sens sans cesse à réinventer dans une répétition ouverte au surgissement du même (qui diffère de l'identique à la fixité inamovible) pour signifier la marge de liberté qu'il revient à chacun de risquer encore et encore ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792255.jpg?v=1721551574" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
     </div>
     <div>
      Par ces coups de boutoir adressés au réel qui résiste, Pina Bausch fait vaciller les certitudes de toute &quot;imagerie&quot; qui lisserait les relations hommes femmes en n'en donnant à voir qu'une traduction fade, édulcorée, lénifiante. Tout au contraire, les univers qu'elle crée ne peuvent être épuisés par aucune approche préfabriquée, car ils échappent à tout discours construit pour se mettre délibérément du côté de &quot;l'intranquillité&quot; ouvrant au frisson de la liberté, lié à la découverte d'un sens qui se refuse. Là est sans doute, au-delà de sa disparition, le secret de la fascination qu'elle exerce, tant sur ses danseurs que sur les spectateurs gagnés, eux aussi, par l'ivresse insondable des perspectives offertes par le vertige qui les gagne.       <br />
              <br />
       Devant les spectateurs d'Avignon 2024, comme hypnotisés de voir renaître en plein jour &quot;Café Müller&quot; créé il y aura bientôt cinquante ans à l'Opernhaus de Wuppertal, une femme, comme somnambule, fait son entrée les bras tendus devant elle. Elle semble glisser entre les chaises et tables, embarrassant l'espace. Deux autres figures féminines encore, et à leur suite, un homme faisant irruption pour dégager le mobilier faisant obstacle. Dans ses mouvements précipités se lit la hantise qu'elles s'y cognent. La musique de Purcell ajoute à la scène ses effets incantatoires…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792256.jpg?v=1721551601" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
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      Mais de qui sont-ils &quot;les représentants&quot; ces écueils où l'apparition échoue, terrorisée, vacillante, jusqu'à ce qu'elle trouve un refuge passager dans les bras d'un homme. Sont-ce les éclats du passé de la chorégraphe, alors petite fille, trouvant refuge sous l'une des tables du café tenu par ses parents pour échapper aux bombardements… ou ceux du regard des clients, ou encore du sien, regard, qui découvrait les scènes de l'amour et de la haine pouvant heurter l'enfant qu'elle était ? Le sait-elle elle-même ? Cela n'a que peu d'importance. Ce qui compte, c'est l'impact émotionnel créé par la force tragique de ce corps en déséquilibre constant qui, pris dans la tourmente, n'arrête pas de vouloir avancer vers un horizon qui se dérobe perpétuellement, car il sait ce corps en souffrance qu'il n'y a pas d'autre choix. Sinon, l'absence de mouvement, et son autre nom, la mort.       <br />
              <br />
       Se déplacer à tâtons, tâter le corps vivant de l'autre, éprouver le contact rude du mobilier qui empêche, se mouvoir à petits pas tressautés ou à grandes enjambées, se fracasser sur les murs ou encore se suspendre au cou d'un potentiel amant pour rechercher le contact charnel d'une peau vivante. Se mouvoir équivaut alors à s'émouvoir avec une telle intensité, une telle rage, que nous sommes à notre tour &quot;touchés&quot;, nous spectateurs, tant dans notre corps que dans notre âme, par les fragments acérés de ce remue-ménage dont nous sommes les témoins privilégiés.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792259.jpg?v=1721551638" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
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      Touchés nous le sommes par ces corps qui n'arrêtent pas de &quot;se découvrir&quot; l'un l'autre, de se prendre et déprendre, d'être épris et dépris, dans des gestes mécaniques répétés autant qu'interrompus à l'infini, comme si les corps étaient &quot;désaffectés&quot; mais qu'il resterait en eux, inscrits dans leurs plis, les marques mnésiques, les affects sensibles, d'un paradis perdu. Arabesques du désir que dessinent ces corps en mouvement dans un corps à corps parfois lent, parfois accéléré, mouvements parcourus par les pleins et les déliés du désir amoureux, attractions et rejets se répétant à l'envi jusqu'à l'épuisement final.       <br />
              <br />
       Fascination exercée par ces hommes et femmes, assis le regard vide autour d'une table l'instant d'avant (on pense à la peinture métaphysique d'Edward Hopper), et l'instant d'après, se jetant à corps perdu dans une quête éperdue. Êtres épris d'un besoin d'aimer et d'être aimé chevillé au corps, dont les tentatives rejouées à l'envi sont destinées à se briser sur le mur d'un réel qui résiste. Cette faille à jamais espérée, ouvrant l'espace du désir, nous ravit à nous-mêmes. Nous en sommes d'autant plus émus que nous croyons parfois reconnaître notre reflet, à peine flouté, dans le miroir tendu par cet hypnotique rêve éveillé offert en ce juillet d'Avignon 2024 par Boris Charmatz et ses danseurs, passeurs ô combien éclairés d'une chorégraphie mythique.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 18 juillet 2024 à La Fabrica d'Avignon.</b>
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     <div><b>"Forever, (Immersion dans "Café Müller de Pina Bausch"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81677954-58792278.jpg?v=1721552318" alt="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" title="•In 2024• "Forever" (Immersion dans "Café Müller" de Pina Bausch) Archéologie d'une chorégraphie mythique" />
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      France – Allemagne. Création 2024.       <br />
       &quot;Forever&quot; comprend des représentations de &quot;Café Müller&quot;, pièce de Pina Bausch (1978), dont la durée est d'environ 45 minutes.       <br />
       Conception : Boris Charmatz.       <br />
       Avec l'Ensemble du Tanztheater Wuppertal, les invitées et invités* : Dean Biosca, Naomi Brito, Emily Castelli, Boris Charmatz, Maria Giovanna Delle Donne, Taylor Drury, Çağdaş Ermiş, Julien Ferranti*, Letizia Galloni, Scott Jennings*, Lucieny Kaabral, Simon Le Borgne, Reginald Lefebvre, Alexander López Guerra, Nicholas Losada, Blanca Noguerol Ramírez, Milan Nowoitnick Kampfer, Nazareth Panadero*, Héléna Pikon*, Jean Laurent Sasportes*, Azusa Seyama-Prioville, Michael Strecker, Christopher Tandy, Tsai-Wei Tien, Frank Willens, Tsai-Chin Yu.       <br />
       Collaboration artistique : Magali Caillet Gajan.       <br />
       Lumière : Yves Godin.       <br />
       Vestiaire de travail : Florence Samain.       <br />
       Direction des répétitions de Café Müller : Barbara Kaufmann, Héléna Pikon.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Représenté à 13 h, 15 h, 16 h 45 et 18 h.       <br />
       La FabricA, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14, tous les jours de 10 h à 19 h.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>
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   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2024-Forever-Immersion-dans-Cafe-Müller-de-Pina-Bausch-Archeologie-d-une-choregraphie-mythique_a4013.html" />
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