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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-11T10:01:52+02:00</updated>
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   <title>"Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers</title>
   <updated>2023-02-06T20:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Journal-intime-d-Adam-et-Eve-Homme-Femme-eternellement-uniques-et-definitivement-particuliers_a3509.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70622642-49235003.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-02-07T07:47:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette pièce-pamphlet américaine très étonnante inspirée de la Bible, Mark Twain parle des relations hommes-femmes, l'auteur étant passionné par l'humanité, laquelle est au centre de toute son œuvre. Il s'agit d'un texte subtilement féministe qui dénonce à la fois les relations entre hommes et femmes et le patriarcat, mais qui parle aussi de nous. Et pourtant, nous sommes respectivement en 1893 puis en 1905, au tournant des XIXe et XXe siècles, car les deux journaux ont été écrits à douze ans d'intervalle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70622642-49235003.jpg?v=1657221723" alt=""Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" title=""Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" />
     </div>
     <div>
      L'auteur y revisite les chapitres les plus connus de la Genèse avec une grande dérision et un humour subtile… et c'est délicieusement jouissif à plusieurs égards. D'un côté, Adam, célibataire, jouit en hédoniste du jardin d'Éden dans lequel il vit. De l'autre, Ève débarque avec ses mots nouveaux, son esprit aventurier et sa soif d'expérimentation en tous genres. Pas certain qu'entre ces deux-là les choses soient limpides.       <br />
              <br />
       C'est une histoire intemporelle qui raconte la rencontre des deux premiers êtres humains de la Terre, la découverte des animaux, l'amour, leur premier enfant. C'est une impression de coton très doux ou de velours encore plus soyeux qui se dégage à l'écoute de ce texte incroyable, adapté ici par Mario Aguirre et interprété par Carlotta Urioste et Julien Grisole.       <br />
              <br />
       L'écriture de Mark Twain est limpide et élégante, presque naïve, très touchante. Cela pourrait être paradoxal étant donné les origines primitives des deux personnages en question. À la frontière de l'écriture parlée, l'auteur jongle sans cesse entre des considérations profondes et un humour affiché qui font de cette histoire courte un moment de théâtre irrésistible.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je crois que c'est un homme. Je n'en avais jamais vu, mais ça y ressemblait fort, et je suis sûre de ne pas me tromper. Il pique ma curiosité bien plus que n'importe quel autre reptile. Il n'a pas de hanche, c'est taillé en pointe, on dirait une carotte. Et quand ça se redresse, on dirait un derrick&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La nouvelle créature avec ses cheveux longs est toujours fourrée dans mes pattes. Si seulement elle voulait rester avec les autres animaux…&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70622642-49235004.jpg?v=1657221796" alt=""Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" title=""Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" />
     </div>
     <div>
      La candeur et la naïveté des deux personnages sont très émouvantes dans leur découverte du monde et le spectateur sourit bien souvent autour du décalage qui les oppose. Des thèmes plutôt récurrents y sont abordés comme autrui, le monde, le pardon, le sexe, le langage, le mystère de la vie. Mais à aucun moment on ne s'ennuie. Bien au contraire. Mario Aguirre a su trouver le juste équilibre entre le texte de Mark Twain et la dramaturgie. La scène est sobre. Les comédiens habillés de telle sorte que l'action nous transporte dans une époque intemporelle. Et si l'action repose essentiellement sur le dire, à aucun moment celui-ci n'étouffe le jeu des comédiens qui se laisse aller à une grande force d'interprétation souvent sensuelle et très touchante.       <br />
              <br />
       En écrivant chacun séparément leur journal intime durant la représentation, ils nous offrent une interprétation sensible et tout en complicité. L'ensemble est très agréablement mis en scène par Mario Aguirre qui a su répartir la parole des deux comédiens de façon équilibrée sans leur réclamer d'artifices inutiles dans leur gestuelle ni dans leur jeu. Carlotta Urioste avec son charmant petit accent bolivien et Julien Grisole en homme &quot;parfait&quot; dans sa dimension masculine incarnent tous deux avec une grande élégance cet Homme et cette Femme éternellement uniques et définitivement particuliers.       <br />
              <br />
       Interrogeons-nous sur le fait que ce texte remarquable de Mark Twain ne soit pas enseigné davantage à l'école, car il s'agit là d'un petit bijou d'émotions et de réflexions profondes sur les éternels rapports homme-femme.       <br />
              <br />
       Merci à la Compagnie Spirale de l'avoir adapté et si vous êtes au festival d'Avignon en ce moment, ne ratez pas ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Journal intime d'Adam et Eve"</b></div>
     <div>
      Texte : Mark Twain.       <br />
       Mise en scène : Mario Aguirre.       <br />
       Avec : Carola Urioste, Julien Grisol.       <br />
       Par la Cie Family Francis Grisol.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 février au 17 mars 2023.</span>       <br />
       Vendredi à 19 h et dimanche 12 février à 16 h.       <br />
       Laurette Théâtre, Paris 10e, 09 84 14 12 12.       <br />
       <a class="link" href="https://www.laurette-theatre.fr/" target="_blank">&gt;&gt; laurette-theatre.fr</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>•Off 2022• "Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers</title>
   <updated>2022-07-07T21:20:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2022-Le-Journal-intime-d-Adam-et-Eve-Homme-Femme-eternellement-uniques-et-definitivement-particuliers_a3332.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/65910432-46938506.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-08T07:32:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette pièce-pamphlet américaine très étonnante inspirée de la Bible, Mark Twain parle des relations hommes-femmes, l'auteur étant passionné par l'humanité, laquelle est au centre de toute son œuvre. Il s'agit d'un texte subtilement féministe qui dénonce à la fois les relations entre hommes et femmes et le patriarcat, mais qui parle aussi de nous. Et pourtant, nous sommes respectivement en 1893 puis en 1905, au tournant des XIXe et XXe siècles, car les deux journaux ont été écrits à douze ans d'intervalle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65910432-46938506.jpg?v=1657221723" alt="•Off 2022• "Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" title="•Off 2022• "Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" />
     </div>
     <div>
      L'auteur y revisite les chapitres les plus connus de la Genèse avec une grande dérision et un humour subtile… et c'est délicieusement jouissif à plusieurs égards. D'un côté, Adam, célibataire, jouit en hédoniste du jardin d'Éden dans lequel il vit. De l'autre, Ève débarque avec ses mots nouveaux, son esprit aventurier et sa soif d'expérimentation en tous genres. Pas certain qu'entre ces deux-là les choses soient limpides.       <br />
              <br />
       C'est une histoire intemporelle qui raconte la rencontre des deux premiers êtres humains de la Terre, la découverte des animaux, l'amour, leur premier enfant. C'est une impression de coton très doux ou de velours encore plus soyeux qui se dégage à l'écoute de ce texte incroyable, adapté ici par Mario Aguirre et interprété par Carlotta Urioste et Julien Grisole.       <br />
              <br />
       L'écriture de Mark Twain est limpide et élégante, presque naïve, très touchante. Cela pourrait être paradoxal étant donné les origines primitives des deux personnages en question. À la frontière de l'écriture parlée, l'auteur jongle sans cesse entre des considérations profondes et un humour affiché qui font de cette histoire courte un moment de théâtre irrésistible.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je crois que c'est un homme. Je n'en avais jamais vu, mais ça y ressemblait fort, et je suis sûre de ne pas me tromper. Il pique ma curiosité bien plus que n'importe quel autre reptile. Il n'a pas de hanche, c'est taillé en pointe, on dirait une carotte. Et quand ça se redresse, on dirait un derrick&quot;.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;La nouvelle créature avec ses cheveux longs est toujours fourrée dans mes pattes. Si seulement elle voulait rester avec les autres animaux…&quot;</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/65910432-46938514.jpg?v=1657221796" alt="•Off 2022• "Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" title="•Off 2022• "Le Journal intime d'Adam et Eve" Homme Femme… éternellement uniques et définitivement particuliers" />
     </div>
     <div>
      La candeur et la naïveté des deux personnages sont très émouvantes dans leur découverte du monde et le spectateur sourit bien souvent autour du décalage qui les oppose. Des thèmes plutôt récurrents y sont abordés comme autrui, le monde, le pardon, le sexe, le langage, le mystère de la vie. Mais à aucun moment on ne s'ennuie. Bien au contraire. Mario Aguirre a su trouver le juste équilibre entre le texte de Mark Twain et la dramaturgie. La scène est sobre. Les comédiens habillés de telle sorte que l'action nous transporte dans une époque intemporelle. Et si l'action repose essentiellement sur le dire, à aucun moment celui-ci n'étouffe le jeu des comédiens qui se laisse aller à une grande force d'interprétation souvent sensuelle et très touchante.       <br />
              <br />
       En écrivant chacun séparément leur journal intime durant la représentation, ils nous offrent une interprétation sensible et tout en complicité. L'ensemble est très agréablement mis en scène par Mario Aguirre qui a su répartir la parole des deux comédiens de façon équilibrée sans leur réclamer d'artifices inutiles dans leur gestuelle ni dans leur jeu. Carlotta Urioste avec son charmant petit accent bolivien et Julien Grisole en homme &quot;parfait&quot; dans sa dimension masculine incarnent tous deux avec une grande élégance cet Homme et cette Femme éternellement uniques et définitivement particuliers.       <br />
              <br />
       Interrogeons-nous sur le fait que ce texte remarquable de Mark Twain ne soit pas enseigné davantage à l'école, car il s'agit là d'un petit bijou d'émotions et de réflexions profondes sur les éternels rapports homme-femme.       <br />
              <br />
       Merci à la Compagnie Spirale de l'avoir adapté et si vous êtes au festival d'Avignon en ce moment, ne ratez pas ce spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Journal intime d'Adam et Eve"</b></div>
     <div>
      Texte : Mark Twain.       <br />
       Mise en scène : Mario Aguirre.       <br />
       Avec : Julien Grisol, Carola Urioste.       <br />
       Par la Cie Family Francis Grisol.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 juillet 2022.</span>       <br />
       Tous les jours à 10 h, relâche le mardi.       <br />
       Sham's Théâtre, 25, rue Saint-Jean le Vieux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 65 87 88 88 ou 06 60 96 84 82.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/programme/2022/le-journal-intime-d-adam-et-eve-s31268/" target="_blank">&gt;&gt; festivaloffavignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi</title>
   <updated>2021-06-03T09:52:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Briser-Le-Quatrieme-mur-Une-performance-photographiee-mettant-en-scene-un-mythe-biblique-revisite-a-l-envi_a2947.html</id>
   <category term="Coin de l’œil" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/56803635-42213832.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-06-02T17:22:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Bernard Brisé poursuit un parcours hanté par la présence du mur, celui de son jardin particulièrement où il invite les acteurs et actrices anonymes de ses compositions à prendre place dans un dénuement… biblique. Ainsi, les jours nuageux garantissant l'absence d'ombres, à la même heure (11 h) précédant la sexte (sic) d'une petite heure, il a dénudé ses modèles s'exposant en toute ingénuité face à son mur. Mur qui, loin d'être celui des lamentations, est dÈvenu par la grâce de ses modèles celui de la vie offerte.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56803635-42213832.jpg?v=1622707687" alt="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" title="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" />
     </div>
     <div>
      En choisissant &quot;Le Quatrième mur&quot; pour titre de cette installation grandeur nature XXL surplombant nos têtes (tirages monumentaux pendant des cintres ou accrochés aux murs d'un ancien entrepôt industriel de Bordeaux, dus pour nombre d'entre eux à l'expertise de Franck Munster, commissaire de l'exposition), Bernard Brisé entend faire s'écrouler le mur de verre séparant - comme au théâtre - la fiction de sa représentation.       <br />
              <br />
       Ici, c'est principalement au mythe académique d'Adam et Ève qu'il &quot;consacre&quot; son énergie librement païenne, faisant éclore devant son objectif le miracle de l'humanité (re)naissante face à nos yeux de mécréants, jouisseurs d'ici-bas. Ces Adam et Ève sortis de la vraie vie recomposent l'humanité contemporaine lavée de tout tabou. Ils posent dans des postures &quot;naturelles&quot; ces hommes et ces femmes de tout âge, de toutes couleurs et de tous genres, faisant voler en éclats, par leur simple présence lumineuse, l'héritage pesant des icônes religieuses et des messages subliminaux mortifères dont elles étaient porteuses.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56803635-42213872.jpg?v=1622649202" alt="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" title="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" />
     </div>
     <div>
      Ainsi le péché originel soumettant le genre humain au diktat d'un Dieu tout-puissant auquel on devrait obéissance a perdu toute odeur de sainteté, la vie dans tous ses états l'ayant subverti pour le ranger dans les accessoires obsolètes des sacristies. Convoiter avec plaisir &quot;le fruit défendu&quot;, sans ostentation aucune mais sereinement, devient le viatique élu par ces anonymes, ces doubles de nous-mêmes dont le regard plonge dans le nôtre pour titiller en chacun le désir débarrassé du fardeau écrasant de la culpabilité héritée du judéo-christianisme.       <br />
              <br />
       De ces couples - à la ville ou unis pour la circonstance - émane la promesse assumée d'une existence vécue sans fard. En les faisant poser ensemble dans le plus simple appareil devant un mur nu - qu'il habillera ensuite d'un décor en surimpression -, le photographe crée une alchimie propre à chacun d'eux, qu'il saisit comme on capte une lumière évanescente pour la &quot;fixer&quot; sur du papier d'art fabriqué à base de fibre naturelle ou sur toile vinylique. Les fonds ajoutés en surimpression détournent le mythe originel, des plus connotés, saturé qu'il est par les couches successives de représentations œcuméniques, pour le contextualiser en le décapant, fût-ce - et surtout - de manière iconoclaste.       <br />
              <br />
       Que ce soit, ces jeunes-gens dans la fleur de l'âge se détachant sur une vue du cimetière des oubliés de Cadillac, ceux à la peau métissée réunis par une pomme à croquer sur un fond de ville détruite, cet homme mûr agenouillé devant une jeune femme dont il tient respectueusement la main, cet autre homme blanc au pied d'une femme aux dreadlocks hiératiques s'appuyant sur son crâne, cet homme posant sa main sur le ventre arrondi de la femme enceinte se détachant sur un paysage strié par les éclairs orageux, ce couple d'hommes se tenant par la taille avec en fond un Christ en croix, cette jeune femme à la peau laiteuse serrée contre un jeune homme à la peau d'ébène sur fond de peinture pariétale, ou bien encore ce couple d'âge mûr rayonnant de vie, il y a là autant d'Adam et Ève libérés, réincarnant à leur façon le mythe daté pour le faire exister sans ses défroques &quot;sacra-mentales&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56803635-42215594.jpg?v=1622656191" alt="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" title="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" />
     </div>
     <div>
      Complétant la série &quot;Adam et Ève&quot;, trois autres accrochages s'inscrivent dans la même veine : les murs sur lesquels se projette l'invisible de &quot;l'impré-visible&quot; propre à nous surprendre en nous délogeant de notre zone de confort. Ainsi &quot;Le regard à quatre yeux&quot; (découvert lors d'une précédente édition du festival international Trente-Trente) propose des couples d'hommes et de femmes de tous horizons, photographiés séparément sur le mur du jardin du photographe et réunis hasardeusement par ses soins dans le même cliché, l'un et l'autre entretenant avec le regardeur un dialogue muet à distance.       <br />
              <br />
       &quot;Portraits d'architectes&quot; et &quot;Paris/Lomé&quot; &quot;font le mur&quot; pour migrer vers d'autres espaces. D'abord le mur de la base sous-marine de Bordeaux où des architectes bordelais posent avec, en contrepoint, &quot;leur&quot; image fantôme héritée de la tradition spirite. Ensuite, le mur de Lomé, au Togo, où des Africains au premier plan se détachent sur un mur paré en surimpression de vues de la Tour Eiffel, symbole s'il en était de la gloire du colonialisme triomphant… mais reléguée ici au second plan, comme une illusion privée d'avenir.       <br />
              <br />
       Ce qui ajoute au trouble de ces séries fulgurantes constituant la performance de ce &quot;Quatrième mur&quot;, c'est lorsque l'on réalise que le choix du mur, surface de projections et motif récurrent à ces quatre créations, n'est en rien dû à la loi du hasard. Ce &quot;choix&quot;, surgi par effraction de la boîte noire du photographe et s'imposant là comme une évidence, relève de ses premiers émois argentiques… lorsque, dans les années quatre-vingt, le jeune Bernard Brisé avait découvert, sur les murs d'immeubles désaffectés et investis par un photographe bordelais de renom, les œuvres d'O. Wilson Link et de Diane Arbus, tous deux adeptes de prises décalées créant des univers &quot;extra-ordinaires&quot;. Mais comment un artiste-photographe pourrait-il être autre qu'une &quot;plaque sensible&quot; ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le quatrième mur"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56803635-42215661.jpg?v=1622656567" alt="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" title="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" />
     </div>
     <div>
      Photographies de Bernard Brisé.       <br />
       Commissaire d'exposition : Franck Munster.       <br />
       L'inauguration de l'exposition a eu lieu le jeudi 27 mai à 18 h en présence de l'artiste et du commissaire d'exposition.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Exposition du 27 mai au 27 juillet 2021.</span>       <br />
       Du lundi au vendredi de 10 h à 18 h.       <br />
       Les Glacières de la Banlieue, 121, avenue Alsace Lorraine, Bordeaux.       <br />
       Tél. : 05 56 08 08 88.       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('g5@wanadoo.fr')" >g5@wanadoo.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.groupedescinq.fr/" target="_blank">&gt;&gt; Groupe des Cinq</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56803635-42223063.jpg?v=1622707780" alt="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" title="Briser "Le Quatrième mur"… Une performance photographiée mettant en scène un mythe biblique revisité à l'envi" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Briser-Le-Quatrieme-mur-Une-performance-photographiee-mettant-en-scene-un-mythe-biblique-revisite-a-l-envi_a2947.html" />
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   <title>"The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée</title>
   <updated>2019-01-17T18:18:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/The-Scarlet-Letter--Angelica-Liddell-mouline-a-contre-courant-en-passionaria-flagellee_a2322.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/29851464-28722314.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-01-17T17:35:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La religion et son puritanisme fanatique sont le jus dans lequel baigne "La Lettre Écarlate", texte de Nathaniel Hawthorne datant de 1850. Cette nouvelle conte la punition d'une femme mormone qui, coupable d'adultère, voit son orgueil flétri par le port de la lettre A sur ses vêtements : A comme adultère.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722314.jpg?v=1547744245" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
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     <div>
      Dès l'ouverture, Angélica Liddell nous plonge intégralement dans cet univers religieux, judéo-chrétien. Les chants d'église et autres dies irae inondent le plateau, Adam et Ève, dans la tenue d'Ève, viennent se recueillir sur la tombe de l'auteur : l'origine biblique, la musique liturgique, puis l'apparition masquée de silhouettes inquisitrices aux longues coiffes pointues, sont la panoplie complète de la religion catholique, qui sera cible mais aussi extase par la suite.       <br />
              <br />
       De l'histoire à laquelle elle emprunte le titre, c'est à peu près tout ce qu'elle conserve et une citation ou deux. Le texte et les scènes sortent de l'imaginaire de la performeuse. Elle s'engouffre avec sa délectation habituelle dans tout ce qui semble sulfureux, inconvenant, provoquant avec une harangue et une chorégraphie qui pendant plus d'une heure trente vont aller à l'encontre du féminisme, même le plus soft. Seule femme sur scène entourée d'une demi-douzaine et demie de comédiens nus, elle se lance dans un long sermon qui glorifie l'homme, et son sexe parade et humilie la nature féminine, ses faiblesses, ses turpides, ses miasmes physiques et mentaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722352.jpg?v=1547744277" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      Avec une belle diarrhée verbale qui crache, vomit, éructe, elle accumule avec frénésie un catalogue des défauts féminins. C'est une liste sans fin, un pamphlet qui énumère les faiblesses de ces femmes de plus de quarante ans, celles qui espèrent encore provoquer le désir à coup de parfumades et de peinturlurades, qui cachent avec peine sillons du temps et fragrances acides. Pendant ce temps, les hommes autour d'elle font ballet de chair. Objets qu'on exhibe. Et pantins qui s'exhibent dans une écriture chorégraphique chaotique.       <br />
              <br />
       Sur une face, en gestes et en mots, le graveleux réel et sa pauvre chair en putréfaction, de l'autre, s'inscrivant sur le mur gigantesque du fond de scène, des citations et des hommages glanés dans les dictionnaires des philosophes et des artistes dont Angélica Liddell se sert comme d'une caution intellectuelle.       <br />
              <br />
       Le A de l'histoire d'origine se décline ainsi dans une typographie de courrier sur tout son alphabet universitaire et finit par être le A d'Artiste. Après avoir été le A, d'Ange, d'Angélica. Artiste est le passeport éternel qu'elle se donne à elle-même pour espérer donner à ses mots et ses gestes, un sens. L'idéal d'une vie comme une œuvre d'art.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722365.jpg?v=1547744307" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      C'est très romantique finalement. Mais sa recherche de provocation semble ici être un peu vide, sans imagination, un geste qui dérange à peine, du soufre qui n'a que la fumée d'un pétard de fête foraine. Peut-être est-ce à cause de l'absence totale de risque ? Quel risque pour un spectacle acheté sur plan par un théâtre national, comme on achète sur plan son studio au bord de la Costa Brava ? Le risque n'existe pas.        <br />
              <br />
       Pourtant, la même exhibition, dans une rue, au pied de la colonne Vendôme par exemple, ou ailleurs, avec l'intention libérée de provoquer des réactions, et le défi faite à la bienséance et l'ordre publique, la même exhibition aurait de l'éclat. Sur cette scène, l'éclat a pâli de complaisance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"The Scarlet Letter"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/29851464-28722379.jpg?v=1547744347" alt=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" title=""The Scarlet Letter", Angélica Liddell mouline à contre-courant en passionaria flagellée" />
     </div>
     <div>
      Librement inspiré de l'œuvre de Nathaniel Hawthorne.       <br />
       Spectacle en espagnol, surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Angélica Liddell.       <br />
       Scénographie et costumes : Angélica Liddell.       <br />
       Avec : Joele Anastasi, Tiago Costa, Julian Isenia, Angélica Liddell, Borja López, Tiago Mansilha, Daniel Matos, Eduardo Molina, Nuno Nolasco, Antonio Pauletta, Antonio L. Pedraza, Sindo Puche.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Borja López.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 26 janvier 2019.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Grand Théâtre, La Colline - théâtre national, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="https://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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