<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-06-16T07:40:16+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun</title>
   <updated>2026-01-10T09:28:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Jean-Zay-l-homme-complet-Le-destin-tragique-d-un-grand-homme-visionnaire-et-hors-du-commun_a4448.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93623141-65404568.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-10T09:17:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
1940. Après un simulacre de procès, Jean Zay, ministre de l'Éducation Nationale et des Beaux-Arts du Front Populaire, radical de gauche, franc-maçon et cible des antisémites, est condamné par le gouvernement de Pétain à la déportation. Finalement incarcéré à la prison de Riom, il sera assassiné par la milice française, le 20 juin 1944.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93623141-65404568.jpg?v=1707935632" alt=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" title=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Précieux éclairage sur les années trente en France, sur son action visionnaire et sur le tragique de son destin, le témoignage que Jean Zay a écrit en prison est une remarquable leçon de présence au monde et le témoignage d'un homme en lutte contre l'anéantissement moral.        <br />
       L'année 2024 marquera le 80ᵉ anniversaire de son assassinat.       <br />
              <br />
       Pour quelles raisons insondables le nom de Jean Zay est-il si méconnu de la plupart d'entre nous, ou que son témoignage carcéral n'est pas étudié davantage ? Et, paradoxalement, pourquoi tant d'établissements scolaires portent-ils son nom ? En voilà une question que soulève indirectement la reprise théâtrale de &quot;Jean Zay, l'homme complet&quot;, mise en scène par Michel Cochet et admirablement interprété par le comédien Xavier Béja, actuellement à l'affiche de l'Essaïon à Paris.       <br />
              <br />
       D'aucuns, heureusement, ont su reconnaître en cet immense visionnaire une figure incontournable de la France des années trente car Jean Zay a été panthéonisé en 2014 par le gouvernement de François Hollande.       <br />
              <br />
       Il n'a pas encore 32 ans et, pourtant, il est appelé par Léon Blum pour être ministre de l'Éducation nationale et des Beaux-Arts du Front-Populaire, institution dans laquelle il engage de nombreuses réformes, révolutionnaires pour l'époque. Député radical-socialiste, il crée aussi le CNRS, la réunion des Théâtres Nationaux, le Musée de l'Homme, le Musée d'Art Moderne et celui des Traditions Populaires, développe la lecture publique, favorise le théâtre populaire, prépare le premier Festival de Cannes, invente le bibliobus, pérennise le Palais de la Découverte, organise l'Exposition Universelle de 1937. C'est Jean Zay qui pose, aussi, les bases de l'ENA !       <br />
              <br />
       Malheureusement, il incarne tout ce que le gouvernement de Pétain déteste : le Front-Populaire, les Juifs, la Franc-Maçonnerie, la République radicale, l'enseignement public et la résistance à Hitler.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93623141-65404569.jpg?v=1707935657" alt=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" title=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Est-ce cette impressionnante prodigalité qui a inspiré le duo Béja-Cochet pour ce spectacle ? Ou plus particulièrement le contenu abondant du livre témoignage que Jean Zay écrit à la prison de Riom ? Ou les deux à la fois ? Peu importe, après tout, car l'adaptation que les deux comparses éclairés nous proposent de ce journal de captivité est une véritable immersion dans le passé d'un homme engagé jusqu'au bout de sa plume, mais aussi une vitrine ô combien clairvoyante de notre France des années trente.       <br />
              <br />
       De toute évidence, pour le metteur en scène Michel Cochet, il a fallu faire des choix drastiques et rien n'a été simple, car des 550 pages que constitue le témoignage de cet immense humaniste, il a fallu n'en garder qu'une vingtaine.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ce moment a été d'une grande douleur pour moi, mais impossible de tout conserver de cette chronique émouvante, bien qu'emplie de pudeur. Impossible de tout dire de la vie quotidienne d'un homme en prison, de la dureté de ses conditions de détention, des pensées clairvoyantes de ce grand penseur. Mais j'avais quelque part un devoir de mémoire, car &quot;Souvenirs et Solitude&quot; de Jean Zay, à bien y regarder, est tout simplement d'intérêt public !</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;J'ai essayé de garder la ligne directrice d'un homme à la conscience exemplaire, la figure même d'un serviteur de l'État portant haut les valeurs citoyennes et l'image d'un humaniste doué de raison n'ayant d'autre horizon que l'intérêt public&quot;,</span> indique Michel Cochet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93623141-65404570.jpg?v=1707935686" alt=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" title=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Et c'est en effet un homme &quot;complet&quot; que nous découvrons dans la sensible interprétation de Jean Zay par Xavier Béja. Pas de représentation réaliste d'une cellule de prison dans cette subtile adaptation, mais plutôt une transposition fine et juste dans la conscience d'un homme en péril.       <br />
       Une fiction à la frontière de l'hyperréalisme convoquant une pensée vivante qui combat sous la plume hautement littéraire de Jean Zay. Car Jean Zay était aussi un remarquable écrivain !        <br />
       Que n'était-il pas ?       <br />
              <br />
       La combinaison des images d'archives, sous les houlettes féminines de Dominique Aru et Sylvie Gravagna, renvoyant au réel historique, d'images plus poétiques qui ravissent le public, ou encore de la bande-son sobre, mais efficace d'Alvaro Bello, parvient à faire de ce spectacle intense un très beau moment de théâtre.       <br />
              <br />
       Sans oublier les lumières de Charly Thicot qui nimbent la scène avec grande justesse.       <br />
       La ressemblance frappante entre le comédien Xavier Béja et Jean Zay n'est certainement pas étrangère à ce que les spectateurs entrent largement dans la conscience de cet homme, encore une fois bien trop méconnu, <span style="font-style:italic">&quot;conscience qui n'a jamais faibli, sans cesse tournée vers la quête sans ego. Un serviteur de l'État, élégant, courageux, rigoureux, empathique. Noble, en un mot&quot;,</span> ajoute Michel Cochet.       <br />
              <br />
       Si Jean Zay regarde le monde de 2024 comme il va, gageons qu'il serait fier et enthousiaste de cette libre interprétation de son journal.       <br />
              <br />
       Quant à nous, osons espérer qu'un jour prochain un nouveau Jean Zay naîtra à nouveau pour redresser notre beau pays…       <br />
       Bravo, Messieurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Jean Zay, l'homme complet"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93623141-65404571.jpg?v=1724437574" alt=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" title=""Jean Zay, l'homme complet" Le destin tragique d'un grand homme, visionnaire et hors du commun" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Zay.       <br />
       Adaptation : Xavier Béja.       <br />
       Mise en scène : Michel Cochet.       <br />
       Avec : Xavier Béja.       <br />
       Décor, costumes : Philippe Varache.       <br />
       Lumières : Charly Thicot.       <br />
       Création sonore : Alvaro Bello.       <br />
       Vidéo : Dominique Aru.       <br />
       Par la Compagnie Théâtre en Fusion.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 janvier au 7 avril 2026.</span>       <br />
       Mardi à 19 h..       <br />
       Théâtre Essaïon, Salle Théâtre, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=332607&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Jean-Zay-l-homme-complet-Le-destin-tragique-d-un-grand-homme-visionnaire-et-hors-du-commun_a4448.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que</title>
   <updated>2026-01-05T15:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4442.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93541058-65355737.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-05T15:50:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Berthe a cent deux ans. Elle est là, sur le plateau, attendant que les dernières spectatrices et les derniers spectateurs s'installent, stoïque, et nous fixe d'un air pas commode, les mains posées sur son petit sac, béret vissé sur la tête. On la surnomme Mamie Lüger à cause d'une arme du même nom qu'elle a volée à un nazi. Un jour, à six heures du matin, elle canarde l'escouade de policiers qui a pris d'assaut sa chaumière auvergnate.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355737.jpg?v=1757417978" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À huit heures, le capitaine de police Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière au cours de laquelle la grand-mère au Lüger vide son sac… Et le récit de sa vie se transforme en un feu d'artifice dans lequel il est question de meurtriers en cavale, de Veuve Noire et de nazis enterrés dans sa cave. Mais à quel jeu de dupes, au juste, Ventura est-il exposé dans ce face-à-face avec Mamie Lüger ?       <br />
              <br />
       Bien souvent, lors d'une adaptation au théâtre d'un ouvrage – quel qu'en soit son genre –, il s'agit pour nous d'essayer de comprendre quelles ont bien pu être les raisons profondes et intrinsèques qui ont infléchi la compagnie, la comédienne ou le comédien à le choisir…       <br />
              <br />
       Tel est le cas, à nouveau, pour ce roman de Benoît Philippon adapté ici par Josiane Carle et Carole Chevrier et mis en scène par Antoine Herbez. À vrai dire, dans le cas présent, c'est la comédienne Josiane Carle, 85 ans, qui a contacté un jour Benoît Philippon, en lui confiant qu'elle avait lu son roman et qu'elle aimerait beaucoup interpréter le personnage de Berthes sur les planches. La réponse ne s'est pas faite attendre. Le projet a vu le jour rapidement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355738.jpg?v=1757418030" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;En tant que femme depuis plus de cent ans, j'ai bien vu qu'on me roulait dans la farine. J'ai pas gardé un Lüger dans ma commode par hasard !&quot;</span>       <br />
              <br />
       Et si tout était dit à travers cette réplique cinglante de Berthe, en réponse à notre interrogation ! Et si cette phrase résumait à elle seule le vrai désir d'adapter ce roman et pour Josiane Carle celui d'interpréter Mamie Lüger ? Il s'agirait donc d'un projet féministe aux allures de &quot;Me Too&quot; ?       <br />
              <br />
       Certes, à bien y regarder, cette direction particulière saute aux yeux tout au long de ce huis clos sobrement mis en scène, mais habilement pensé grâce aux effets de lumières de Fouad Souaker, symbolisant les différents moments évoqués du roman : tantôt le présent, tantôt le passé.       <br />
              <br />
       Très vite, le public va osciller dans les méandres rocambolesques de la vie de Berthe Gavignol, buvant ses paroles hautement divulguées et ayant parfois du mal à tout entendre… Mariée à plusieurs hommes &quot;foireux&quot;, Berthe n'y va pas par quatre chemins, et elle se fait justice elle-même, elle qui a reçu par sa grand-mère une éducation basée sur l'indépendance, la liberté, loin des conventions et des normes sexistes. Son esprit frondeur, sa gouaille, sa manière de jouer avec les autres et de le revendiquer, cachent aussi une véritable ode au temps qui passe et à la vieillesse.       <br />
              <br />
       À travers les mots de Berthe, bien sourde ou sourd, serait celle ou celui qui ne verrait pas à quel point cette dernière, loin d'être un naufrage, est un apogée de puissance et d'analyse sur soi et le monde.       <br />
              <br />
       &quot;Berthes-Mamie-Me Too-Lüger&quot; est une Antigone des temps modernes devenue vieille, une Médée rebelle ayant vécu qui s'insurge jusqu'à la fin contre les normes sociales et morales qu'on a cherchées à lui imposer.       <br />
              <br />
       Il y a de cela dans cette pièce, certes, mais le roman de Benoît Philippon invite à creuser davantage, au-delà de la seule ode émancipatrice de la femme. Dépasser le grotesque proposé par le biais d'un langage souvent cru et de l'humour noir, pour y percevoir un corps qui déconstruit les normes de la beauté, de la sexualité et du genre, en proposant une forme d'inversion des rôles, mais également une satire des institutions (police, justice, patriarcat).       <br />
              <br />
       Brillamment interprétée par Josiane Carle, Mamie Lüger au corps vieillissant est un lieu de résistance, un territoire politique, loin des discours normatifs d'utilité et de productivité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355739.jpg?v=1757418749" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À ce titre, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander qui a véritablement influencé qui dans ce projet théâtral : la comédienne-autrice-metteuse en scène, être de chair et de sang, résistante à sa manière, à la longue carrière impressionnante, tant au théâtre qu'au cinéma, séduite par cette Mamie Lüger aux allures de Jeanne d'Arc des trottoirs ou encore d'une Cassandre des marges qui crache la vérité à la figure d'un monde hypocrite ?       <br />
              <br />
       Ou bien est-ce Mamie Lüger elle-même, être d'encre et de papier, que s'est appropriée Josiane Carle en faisant sienne le personnage et en lui donnant chair ? Et si Mamie Lüger et Josiane Carle n'étaient qu'une seule et même personne ? Gageons, malgré tout, que Josiane Carle ne possède pas d'arme dans sa maisonnée… Quoique ! Car le théâtre n'en est-il pas un, à bien y regarder ?       <br />
              <br />
       Peu importe, après tout, puisque le résultat est là. Berthe se sait condamnée par le temps qui a passé. Mais n'a-t-elle pas été condamnée aussi durant toute sa vie, pendant plus d'un siècle, ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas d'en sourire avec détachement ?       <br />
              <br />
       Il est fort probable que le public reconnaisse en Mamie Lüger certaines femmes proches de lui, mais qui, malheureusement, n'ont pas eu l'occasion ni la chance de détenir un Lüger dans leur commode et qui, toute leur vie, sont restées emprisonnées et muselées…       <br />
              <br />
       Dans le rôle du capitaine Ventura, surnommé &quot;Lino&quot; par Berthe, Antoine Herbez se met en scène. Dans cette garde à vue surréaliste, il interroge Mamie Lüger avec élégance, à bien y regarder, en axant finement son incrédulité vers le public et en mettant en avant la nécessité de toujours tendre vers l'humain lors d'un jugement, même le plus difficile ! Car Ventura parvient à sa manière à être le contrepoint de la flamboyante Mamie, et parvient à faire basculer la pièce vers un drame hautement humain dans lequel Antoine Herbez se montre très crédible, proche du public et de toutes ses interrogations.       <br />
              <br />
       Il parvient à incarner une forme de réconciliation avec le mâle, loin de tout masculinisme ambiant et réducteur, voire de certains poncifs et autres stigmatisations autour des relations &quot;homme-femme&quot;…       <br />
              <br />
       &quot;Mamie Lüger&quot;, c'est une ode à la femme, bien sûr, mais aussi à la vieillesse, dans laquelle l'humour apporte aussi la juste note satirique aux inégalités de genre ou aux hypocrisies morales, et où le théâtre de l'absurde, par moments, n'est pas loin. C'est un hommage à l'humain, avant tout.       <br />
              <br />
       Dépassons la légèreté de la forme et l'énormité de certaines situations à la Audiard pour découvrir davantage un texte à l'ironie mordante et aux thèmes qui résonneront longtemps en vous, et qui est adapté ici avec un mélange de sobriété et de talent indéniable. Alors, Mamie Lüger ira-t-elle en prison en risquant la perpétuité ? Ventura succombera-t-il à ses supplications lors de la dernière requête de Berthe ? Courez le découvrir sans plus tarder.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mamie Lüger"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93541058-65355740.jpg?v=1757435694" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Centenaire, féministe et tueuse en série&quot;</b>       <br />
       D'après le roman de Benoît Philippon (Éditions Équinoxe).       <br />
       Adaptation : Josiane Carle et Carole Chevrier.       <br />
       Mise en scène et dispositif scénique : Antoine Herbez.       <br />
       Avec : Josiane Carle et Antoine Herbez.       <br />
       Lumières : Fouad Souaker.       <br />
       Par la Compagnie Ah.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 15       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 9 novembre 2025 au 7 mars 2026.</span>       <br />
       Samedi à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=379119&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4442.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot</title>
   <updated>2025-09-15T19:39:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Liberte--Tel-un-Don-Quichotte-Gauthier-Fourcade-pourfend-le-realisme-le-determinisme-et-la-logique-d-un-monde-idiot_a4356.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91127352-64118264.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-15T19:23:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Voilà la question. Liberté ! Au singulier et avec un point d'exclamation. Et avant tout, la liberté de choisir. C'est ce qui vient immédiatement à l'esprit face aux propositions de nos sociétés surconsommatrice, et pas seulement consommatrices en denrées, en produits manufacturés mais aussi en pensées, en pensées prêt-à-porter, en gens, en relations. En humains.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91127352-64118159.jpg?v=1718550981" alt=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" title=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" />
     </div>
     <div>
      Alors voilà le personnage hurluberlu de Gauthier Fourcade qui vient comme un chien dans un ballet réglé comme une machine à sous, se jeter cœur en avant avec son indécision maladive dans un monde si bien fait pour dire que les choix ont un sens. Impossible de choisir pour lui, ni la droite, ni la gauche, ni ceci, cela, rien.        <br />
              <br />
       Sous allures de savant fou, surgissant d'un coffre et y retournant comme on se niche dans un lit, entouré d'un dispositif presque scolaire, la déferlante de l'humour verbal du comédien va bientôt emporter toute la réalité dans une vision à perdre le souffle.       <br />
              <br />
       Usant de défi à l'esprit, à la logique, à l'imaginaire, avec une verve utilisant toutes les possibilités drolatiques du langage, comme assistant à l'exposition du monde intérieur de ce savant au regard aigu, le spectacle devient une aventure parcourant le monde et le temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91127352-64118160.jpg?v=1718551002" alt=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" title=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" />
     </div>
     <div>
      Pour ce spectacle intelligent qui est, à part égale, culturel et comique, Gauthier Fourcade a fait appel à William Mesguich comme metteur en scène. Et c'est un plus. L'univers du premier et le sens du rythme et de la dramaturgie du second se combinent pour transformer ce seul en scène en spectacle multiple où chanson, magies, manipulations et marionnettes concourent tous à créer du rêve et du rire.       <br />
              <br />
       Et mine rien, l'air de sauter d'un sujet à l'autre dans un désordre de l'esprit très crédible, le discours de cet amuseur aux allures candides et burlesques pose réellement la question suggérée dans le titre. Liberté, insaisissable comme ces pompons que les forains agitent dans les manèges sous le nez des enfants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Liberté ! (avec un point d'exclamation)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91127352-64118161.jpg?v=1718551025" alt=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" title=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gauthier Fourcade.       <br />
       Mise en scène : William Mesguich.       <br />
       Avec : Gauthier Fourcade.       <br />
       Décors : Camille Ansquer.       <br />
       Tout public à partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Vendredi 19 septembre 2025 :</span> L'Auditorium, Lure (70).       <br />
       Samedi 8 novembre 2025 : Salle des Fêtes, Trélon (59).       <br />
       Vendredi 28 novembre : La Castélorienne - Centre de cultures, Montval-sur-Loire (72).        <br />
       Du 6 au 8 février 2026 : Lablascène, Lablachère (07).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91127352-64118264.jpg?v=1757957811" alt=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" title=""Liberté !" Tel un Don Quichotte, Gauthier Fourcade pourfend le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Liberte--Tel-un-Don-Quichotte-Gauthier-Fourcade-pourfend-le-realisme-le-determinisme-et-la-logique-d-un-monde-idiot_a4356.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes</title>
   <updated>2025-09-12T13:16:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Chez-Raymonde-De-la-musique-avant-toute-chose-parce-qu-ainsi-les-choses-sont-plus-fluides-et-moins-anxiogenes_a4355.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/91066128-64093167.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-12T12:49:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À Plouzermec, dans le Finistère, c'est la révolution ! Les deux tauliers de l'emblématique bar "Chez Raymonde", Jasper et Romuald, risquent de se faire exproprier très prochainement. Loïc Le Guézennec, le maire très conservateur, lance le projet d'extension du parking du centre commercial et, par conséquent, la démolition du bistrot ! Mais ce repaire de poètes, de révoltés et d'irréductibles Bretons n'a pas dit son dernier mot ! Gigi, entraîneuse féministe, Cloarec, le pianiste bègue, et Grand Gwen, l'apprenti comédien, vont prêter main forte aux deux tenanciers, entre roublardises et manigances.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91066128-64093167.jpg?v=1757675237" alt=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" title=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" />
     </div>
     <div>
      Ils sont dix comédiennes et comédiens, en alternance, pour défendre le propos de cette pièce. Dix complices survoltés(es) et passionnés(es) qui ne ménagent pas leurs efforts pour défendre le rad dans lequel ils ont leurs habitudes, et qui leur tient tant à cœur.       <br />
              <br />
       &quot;Chez Raymonde&quot; est une comédie flamboyante qui se déroule en Bretagne, mais pas n'importe où en Bretagne ! Dans le Finistère, là où rien ne résiste sauf les âmes endurcies ! C'est &quot;le Penn-ar-Bed&quot;, pays des légendes de granit, rude, farouche, mais ô combien magique et accueillant. À la fois un bout du monde, mais aussi une forme de commencement…       <br />
              <br />
       Et ça va commencer, en effet, chez Raymonde ! On va s'insurger de manière vaudevillesque et joyeuse contre &quot;les choses&quot; de la pression urbaine et la disparition des petits commerces de proximité – dont notre pays souffre depuis longtemps déjà –, contre les fréquents coups bas de la politique, les relations familiales pas toujours limpides et, plus globalement, contre une forme de pression sociale, curieusement bien dans l'air du temps à l'heure où nous écrivons cet article ! Rien ne se crée, tout se transforme, s'il en est.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91066128-64093168.jpg?v=1757675506" alt=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" title=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" />
     </div>
     <div>
      À l'origine de ce projet, &quot;en pure dynamite&quot;, de la Compagnie des Pas Perdus, il y a un artiste grec, mathématicien, et une comédienne bretonne-normande qui se sont rencontrés dans une école de mime parisienne. Ne parlant pas la même langue, ils décident d'utiliser des images, des chansons ou des dessins pour mieux se comprendre, avec un objectif commun : créer des spectacles originaux qui raconteraient la beauté du monde ou la difficulté de vivre ensemble. Le tout, sans oublier l'humour. Mais l'artiste grec est parti vers d'autres cieux et la comédienne a continué à écrire malgré tout. Cette comédienne, c'est Julie Allainmat, également metteuse en scène, autrice, dialoguiste et chanteuse, qui adapte et met régulièrement en scène des spectacles musicaux comme &quot;Il est tard, Léo&quot; au Théâtre 13 ou &quot;Hank&quot; autour de Charles Bukowski.       <br />
              <br />
       Avec &quot;Chez Raymonde&quot;, c'est à la condition humaine qu'elle s'intéresse, à bien y regarder, en collaboration avec Djahîz Gil, enfant de la balle et pianiste-compositeur reconnu, notamment dans &quot;Chère insaisissable&quot; de Sophie Tellier (Trophée musical 2025). Et ce sont des créations musicalement décalées et diverses qui naissent de leurs mots et doigts experts.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91066128-64093172.jpg?v=1757675528" alt=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" title=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" />
     </div>
     <div>
      S'arrêtera-t-elle un jour, Julie Allainmat, de s'atteler ainsi à l'acte créatif et à la direction d'acteurs ? Espérons bien que non, ou le plus tard possible en tout cas, car, avec ce spectacle, le public est conquis, emporté par la fougue des protagonistes, fougue qui ne s'est heureusement pas arrêtée à la fin de l'été, mais qui se prolonge, comme vents et marées bretons, dans un incessant recommencement. Gageons que Djahîz Gil, pianiste, guitariste, chanteur, auteur, compositeur, interprète, n'est pas prêt non plus de s'arrêter en si bon chemin, ni de continuer à rendre hommage à ses parents.       <br />
              <br />
       Dans ce &quot;rad-repaire&quot; finistérien, tout se bouscule de manière chatoyante et virevoltante et les voix des comédiennes et comédiens rivalisent avec brio en grande justesse et précision, notamment celle d'une femme fatale à la voix de Diva impressionnante, toutes ces vocalises et autres notes de musique visant à piétiner la possible réélection du maire…       <br />
              <br />
       Entre répliques savoureuses, bonne humeur communicative, complicité affichée et protagonistes aussi attachants(es) que déjantés(es), &quot;Chez Raymonde&quot; vous fera passer un moment réjouissant dans lequel <span style="font-style:italic">&quot;l'humour, politesse du désespoir, est de toute évidence l'arme la plus affutée pour parler du monde qui nous entoure&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Gageons que Jean-Claude Sachot, le fidèle papa breton de Julie Allainmat aujourd'hui disparu, chante, lui aussi, de là où il est à présent, et qu'il jauge la qualité lumineuse de ce spectacle et qu'il reconnaît le talent de tout ce petit monde obstiné et brillant.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Chez Raymonde"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/91066128-64093315.jpg?v=1757675551" alt=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" title=""Chez Raymonde" "De la musique avant toute chose"… parce qu'ainsi les choses sont plus fluides et moins anxiogènes" />
     </div>
     <div>
      Texte : Julie Allainmat.       <br />
       Mise en scène : Julie Allainmat.       <br />
       Avec (en alternance) : Philippe Catoire, Dominique Ratonnat, Laure Sagols, Olivier Balu, Djahîz Gil, Julie Allainmat, Margareta Bluet, Vincent Violette, Chacha, Jean-Jacques Nervest, Thomas Sagols, Jean-Cyprien Chenberg.       <br />
       Musique : Djahîz Gil.       <br />
       Costumes : Aline Vauclin.       <br />
       Voix de Lilou des Bois.       <br />
       Compagnie des Pas Perdus.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 septembre au 30 octobre 2025.</span>       <br />
       Jeudi à 20 h 50. Représentation supplémentaire le 10 octobre à 20 h 50.       <br />
       Relâches les 11 septembre et 2 octobre 2025.       <br />
       Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=375202&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Chez-Raymonde-De-la-musique-avant-toute-chose-parce-qu-ainsi-les-choses-sont-plus-fluides-et-moins-anxiogenes_a4355.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que</title>
   <updated>2025-09-09T18:41:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4353.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90998654-64059000.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-09-09T13:13:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Berthe a cent deux ans. Elle est là, sur le plateau, attendant que les dernières spectatrices et les derniers spectateurs s'installent, stoïque, et nous fixe d'un air pas commode, les mains posées sur son petit sac, béret vissé sur la tête. On la surnomme Mamie Lüger à cause d'une arme du même nom qu'elle a volée à un nazi. Un jour, à six heures du matin, elle canarde l'escouade de policiers qui a pris d'assaut sa chaumière auvergnate.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059000.jpg?v=1757417978" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À huit heures, le capitaine de police Ventura entame la garde à vue la plus ahurissante de sa carrière au cours de laquelle la grand-mère au Lüger vide son sac… Et le récit de sa vie se transforme en un feu d'artifice dans lequel il est question de meurtriers en cavale, de Veuve Noire et de nazis enterrés dans sa cave. Mais à quel jeu de dupes, au juste, Ventura est-il exposé dans ce face-à-face avec Mamie Lüger ?       <br />
              <br />
       Bien souvent, lors d'une adaptation au théâtre d'un ouvrage – quel qu'en soit son genre –, il s'agit pour nous d'essayer de comprendre quelles ont bien pu être les raisons profondes et intrinsèques qui ont infléchi la compagnie, la comédienne ou le comédien à le choisir…       <br />
              <br />
       Tel est le cas, à nouveau, pour ce roman de Benoît Philippon adapté ici par Josiane Carle et Carole Chevrier et mis en scène par Antoine Herbez. À vrai dire, dans le cas présent, c'est la comédienne Josiane Carle, 85 ans, qui a contacté un jour Benoît Philippon, en lui confiant qu'elle avait lu son roman et qu'elle aimerait beaucoup interpréter le personnage de Berthes sur les planches. La réponse ne s'est pas faite attendre. Le projet a vu le jour rapidement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059116.jpg?v=1757418030" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;En tant que femme depuis plus de cent ans, j'ai bien vu qu'on me roulait dans la farine. J'ai pas gardé un Lüger dans ma commode par hasard !&quot;</span>       <br />
              <br />
       Et si tout était dit à travers cette réplique cinglante de Berthe, en réponse à notre interrogation ! Et si cette phrase résumait à elle seule le vrai désir d'adapter ce roman et pour Josiane Carle celui d'interpréter Mamie Lüger ? Il s'agirait donc d'un projet féministe aux allures de &quot;Me Too&quot; ?       <br />
              <br />
       Certes, à bien y regarder, cette direction particulière saute aux yeux tout au long de ce huis clos sobrement mis en scène, mais habilement pensé grâce aux effets de lumières de Fouad Souaker, symbolisant les différents moments évoqués du roman : tantôt le présent, tantôt le passé.       <br />
              <br />
       Très vite, le public va osciller dans les méandres rocambolesques de la vie de Berthe Gavignol, buvant ses paroles hautement divulguées et ayant parfois du mal à tout entendre… Mariée à plusieurs hommes &quot;foireux&quot;, Berthe n'y va pas par quatre chemins, et elle se fait justice elle-même, elle qui a reçu par sa grand-mère une éducation basée sur l'indépendance, la liberté, loin des conventions et des normes sexistes. Son esprit frondeur, sa gouaille, sa manière de jouer avec les autres et de le revendiquer, cachent aussi une véritable ode au temps qui passe et à la vieillesse.       <br />
              <br />
       À travers les mots de Berthe, bien sourde ou sourd, serait celle ou celui qui ne verrait pas à quel point cette dernière, loin d'être un naufrage, est un apogée de puissance et d'analyse sur soi et le monde.       <br />
              <br />
       &quot;Berthes-Mamie-Me Too-Lüger&quot; est une Antigone des temps modernes devenue vieille, une Médée rebelle ayant vécu qui s'insurge jusqu'à la fin contre les normes sociales et morales qu'on a cherchées à lui imposer.       <br />
              <br />
       Il y a de cela dans cette pièce, certes, mais le roman de Benoît Philippon invite à creuser davantage, au-delà de la seule ode émancipatrice de la femme. Dépasser le grotesque proposé par le biais d'un langage souvent cru et de l'humour noir, pour y percevoir un corps qui déconstruit les normes de la beauté, de la sexualité et du genre, en proposant une forme d'inversion des rôles, mais également une satire des institutions (police, justice, patriarcat).       <br />
              <br />
       Brillamment interprétée par Josiane Carle, Mamie Lüger au corps vieillissant est un lieu de résistance, un territoire politique, loin des discours normatifs d'utilité et de productivité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64059140.jpg?v=1757418749" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      À ce titre, nous ne pouvons pas nous empêcher de nous demander qui a véritablement influencé qui dans ce projet théâtral : la comédienne-autrice-metteuse en scène, être de chair et de sang, résistante à sa manière, à la longue carrière impressionnante, tant au théâtre qu'au cinéma, séduite par cette Mamie Lüger aux allures de Jeanne d'Arc des trottoirs ou encore d'une Cassandre des marges qui crache la vérité à la figure d'un monde hypocrite ?       <br />
              <br />
       Ou bien est-ce Mamie Lüger elle-même, être d'encre et de papier, que s'est appropriée Josiane Carle en faisant sienne le personnage et en lui donnant chair ? Et si Mamie Lüger et Josiane Carle n'étaient qu'une seule et même personne ? Gageons, malgré tout, que Josiane Carle ne possède pas d'arme dans sa maisonnée… Quoique ! Car le théâtre n'en est-il pas un, à bien y regarder ?       <br />
              <br />
       Peu importe, après tout, puisque le résultat est là. Berthe se sait condamnée par le temps qui a passé. Mais n'a-t-elle pas été condamnée aussi durant toute sa vie, pendant plus d'un siècle, ce qui ne l'empêche d'ailleurs pas d'en sourire avec détachement ?       <br />
              <br />
       Il est fort probable que le public reconnaisse en Mamie Lüger certaines femmes proches de lui, mais qui, malheureusement, n'ont pas eu l'occasion ni la chance de détenir un Lüger dans leur commode et qui, toute leur vie, sont restées emprisonnées et muselées…       <br />
              <br />
       Dans le rôle du capitaine Ventura, surnommé &quot;Lino&quot; par Berthe, Antoine Herbez se met en scène. Dans cette garde à vue surréaliste, il interroge Mamie Lüger avec élégance, à bien y regarder, en axant finement son incrédulité vers le public et en mettant en avant la nécessité de toujours tendre vers l'humain lors d'un jugement, même le plus difficile ! Car Ventura parvient à sa manière à être le contrepoint de la flamboyante Mamie, et parvient à faire basculer la pièce vers un drame hautement humain dans lequel Antoine Herbez se montre très crédible, proche du public et de toutes ses interrogations.       <br />
              <br />
       Il parvient à incarner une forme de réconciliation avec le mâle, loin de tout masculinisme ambiant et réducteur, voire de certains poncifs et autres stigmatisations autour des relations &quot;homme-femme&quot;…       <br />
              <br />
       &quot;Mamie Lüger&quot;, c'est une ode à la femme, bien sûr, mais aussi à la vieillesse, dans laquelle l'humour apporte aussi la juste note satirique aux inégalités de genre ou aux hypocrisies morales, et où le théâtre de l'absurde, par moments, n'est pas loin. C'est un hommage à l'humain, avant tout.       <br />
              <br />
       Dépassons la légèreté de la forme et l'énormité de certaines situations à la Audiard pour découvrir davantage un texte à l'ironie mordante et aux thèmes qui résonneront longtemps en vous, et qui est adapté ici avec un mélange de sobriété et de talent indéniable. Alors, Mamie Lüger ira-t-elle en prison en risquant la perpétuité ? Ventura succombera-t-il à ses supplications lors de la dernière requête de Berthe ? Courez le découvrir sans plus tarder.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mamie Lüger"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90998654-64063036.jpg?v=1757435694" alt=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" title=""Mamie Lüger" Un roman noir tout "en éclats de diamants"… sonnant juste le glas d'un féminisme nécessaire… Mais pas que" />
     </div>
     <div>
      <b>&quot;Centenaire, féministe et tueuse en série&quot;</b>       <br />
       D'après le roman de Benoît Philippon (Éditions Équinoxe).       <br />
       Adaptation : Josiane Carle et Carole Chevrier.       <br />
       Mise en scène et dispositif scénique : Antoine Herbez.       <br />
       Avec : Josiane Carle et Antoine Herbez.       <br />
       Lumières : Fouad Souaker.       <br />
       Par la Compagnie Ah.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 15       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 août au 1er novembre 2025.</span>       <br />
       Vendredis et samedis à 19 h.       <br />
       Théâtre Essaïon, 6, rue Pierre-au-Lard, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 78 46 42.       <br />
       <a class="link" href="https://www.billetreduc.com/v2/purchasetunnel#/ShowSelection?eventId=379119&amp;pfid=1" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://essaion-theatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; essaion-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mamie-Lüger-Un-roman-noir-tout-en-eclats-de-diamants-sonnant-juste-le-glas-d-un-feminisme-necessaire-Mais-pas-que_a4353.html" />
  </entry>
</feed>
