<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-07-14T14:31:19+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>"Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !</title>
   <updated>2026-01-30T13:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-femmes-savantes-Une-proposition-completement-decalee-qui-se-revele-etre-un-vrai-plaisir-theatral-_a4465.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93982161-65587513.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-30T12:44:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante frappe un grand coup en proposant une mise en scène audacieuse dans laquelle l'humour et le déjanté tiennent la dragée haute à la langue de Molière. Björk et les Red Hot Chilli Peppers accompagnent Trissotin et Clitandre dans une interprétation où les manières tiennent lieu de boussole et où le classique tombe dans les bras du moderne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587513.jpg?v=1769773657" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Le plateau découvre, rideau ouvert dès le départ, un plateau noir et brillant dans lequel sont suspendues, pour l'éclairer, des tubes en LED. C'est moderne et il n'y a nulle trace de classicisme, Louis XIV est loin des lambris, surtout quand deux protagonistes à l'allure jeune et &quot;cool&quot; discutent entre eux, armés des moyens de communication du XXIe siècle, à savoir téléphones portables et ordinateurs. Ces éléments se retrouvent ailleurs et plus tard dans une scénographie en accord avec l'époque de Molière, la mise en scène bousculant le temps, comme la communication en mode interruptif enjambe les siècles.       <br />
              <br />
       Ces deux personnages, à l'entame de la représentation, donnent le &quot;La&quot; à une création scénique qui bouscule autant les repères temporels que sociaux, l'aristocratie étant déclinée par moments de façon caricaturale et comique. De cet instant frôlant un quotidien que tout le monde peut goûter, le théâtre dans le théâtre s'insinue avec un &quot;Silence !&quot; lancé fortement et de manière quasi grondeuse au public par un protagoniste venant subrepticement sur le plateau, pour marquer qu'une représentation va débuter alors qu'officiellement, elle a déjà débuté. Le regard porté vers nous, il se dirige côté cour pour disparaître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587526.jpg?v=1769773765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, la mise en scène d'Emma Dante s'inscrit dans une modernité audacieuse où le théâtre relie des rives autant classiques que contemporaines, avec des attitudes parfois en décalage avec la scénographie, tel un chassé-croisé, alternant entre deux époques.       <br />
              <br />
       Quatre siècles séparent, à proprement parler, la langue de Molière de cette première scène. Pour autant, ce laps de temps se contracte, voire s'efface selon les tableaux. Car le moderne, pour caractériser notre époque, cohabite avec délice, durant toute la pièce, au subjonctif de Molière. Dans cette césure, c'est aussi une distance sociale qui séparait l'homme de la femme que la metteure en scène sicilienne Emma Dante n'exploite pas. Elle aurait pu creuser ce filon pour l'actualiser à notre époque et en dénoncer les turpitudes qui résistent aux siècles, ce qui aurait été une approche des plus classiques. Nul clin d'œil dans ce sens, elle prend le très riche matériau théâtral à sa disposition pour le sculpter dans des formes caricaturales à souhait, pour les faire épouser une satire sociale où les attitudes des uns sont souvent sous le couvert du ridicule des autres.       <br />
              <br />
       Clitandre (Gaël Kamilindi) est dans un rapport au jeu qui ne laisse place, à dessein, à aucun naturel. Plus ses attitudes sont maniérées et poussées à l'extrême avec élégance, plus son propos prend du poids. Et plus ce qui l'écoute le font comme si la manière tenait lieu uniquement de boussole, parce que d'un certain statut social. <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous n'y sont que des acteurs…&quot;</span>, comme l'écrit Shakespeare (1564-1616) dans &quot;Comme il vous plaira&quot; (1599). La pièce se finit d'ailleurs dans une configuration de représentation avec un cadre de tableau qui descend pour regrouper tous les personnages de la fable. &quot;Les femmes savantes&quot; deviennent la comédie d'une société, et d'un monde qui joue à être ce qu'il n'est peut-être pas, statut social oblige, comme Trissotin qui joue le chantre de la culture quand il n'en maîtrise peut-être pas l'orthographe.       <br />
              <br />
       Durant deux heures, Emma Dante propose une audacieuse odyssée théâtrale dans laquelle la représentation épouse des contours autant comiques, déjantés, sérieux que dramatiques. C'est une comédie dans laquelle les rictus sont envoyés à la face d'un statut social où la culture, fausse de surcroît et savamment badigeonnée de mots pompeux par Trissotin (Stéphane Varupenne), tient lieu de rosette et de chapeau haut de forme. Bourdieu n'aurait rien eu à y redire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587564.jpg?v=1769773927" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Emma Dante a pour souci, remarquable, de faire advenir souvent, en même temps, le ridicule et le sérieux, le comique et le grave, le propos bien tamponné et son accoutrement édulcoré, le décalé avec sa dissonance. Ainsi, les courtisans passent l'aspirateur à main sur les habits portés par Clitandre. Cet empressement est comique, car ridicule et déphasé. Il peut être décliné toutefois à n'importe quelle époque. D'où cet écart temporel entre l'aspirateur et les courtisans. Savoir s'ils nettoient les habits de leur maître ou lui-même, ou les deux, est à la libre appréciation du public. Et peut-être des courtisans.       <br />
              <br />
       La musique est aussi un élément important. Elle pose une ambiance et des ruptures. Lully n'a qu'à bien se tenir. Les chansons, entre autres, de Red Hot Chili Peppers et Björk sont en effet présentes. Le classique a la chasse gardée des costumes, du verbe et de la scénographie, sauf pour le premier tableau, quand les outils numériques, l'électroménager avec l'aspirateur à main et la musique ont celui de notre siècle.       <br />
              <br />
       &quot;Les femmes savantes&quot; est l'avant-dernière comédie de Molière. La mise en scène d'Emma Dante déploie un jeu comique avant tout corporel. Dans le phrasé, le débit est presque, à dessein, caricatural, dessinant ainsi une diction qui se targue de châtier les mots avec emphase. Clitandre est très maniéré, attitude où sue, à dessein et de façon comique, un aristocratisme dans lequel ce qui fait fonction sont les manières. Excepté le port de tête de celui-ci qui est peu royal, car le jeu social peut aussi avoir ses limites.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587702.jpg?v=1769774736" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Pour autant, le 4ᵉ mur de Diderot (1713-1784) est abattu avec, entre autres, un moment où Trissotin et Henriette (Édith Proust) vont dans le public en essayant de s'y immiscer tout en l'interpellant avec drôlerie. Nulle distance avec l'assistance, l'humour ne s'y retrouverait pas.       <br />
              <br />
       Bref, une grande pièce d'un grand homme montée par une grande dame. Un véritable délice !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587703.jpg?v=1769774765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-femmes-savantes-Une-proposition-completement-decalee-qui-se-revele-etre-un-vrai-plaisir-theatral-_a4465.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante</title>
   <updated>2026-01-23T10:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Femmes-savantes-Un-Moliere-baroque-et-burlesque-sous-la-houlette-dejantee-de-la-metteuse-en-scene-sicilienne-Emma_a4458.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93841969-65518804.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-23T07:29:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Artiste phare de la scène contemporaine européenne, Emma Dante s'attaque, pour la première fois, à un texte théâtral, qui plus est, une pièce de Molière. L'univers grotesque et excessif de l'artiste palermitaine s'approprie avec fracas l'histoire de cette famille dysfonctionnelle où les femmes tentent d'ébranler l'ordre patriarcal. Musique pop, costumes aux couleurs acidulées, perruques extravagantes, anachronismes de toutes sortes et mise en scène virevoltante composent une œuvre folle et hautement visuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518804.jpg?v=1769121337" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Qui n'a jamais vu un spectacle d'Emma Dante se doit de tenter l'expérience. Comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d'opéra, autrice et réalisatrice, Emma Dante, née le 6 avril 1967 à Palerme, est une artiste majeure de la scène contemporaine internationale. Formée au sein du Gruppo 63 néo-avant-gardiste de Palerme et à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome, Emma Dante fonde en 1999 sa compagnie, Sud Costa Occidentale, au sein de laquelle elle élabore ses spectacles. Son théâtre, éminemment corporel, puise dans les fables une poésie empreinte de dérision, de sublime et d'outrance burlesque.        <br />
              <br />
       En France, ses spectacles ont été joués au Théâtre du Rond-Point (&quot;La Trilogie des lunettes&quot;, &quot;Les Sœurs Macaluso&quot;, &quot;Bêtes de scène&quot;…), au Festival d'Avignon (&quot;Misericordia&quot;, &quot;La statuette de sucre&quot;, &quot;La Fête des morts&quot;…) ou encore à La Colline (&quot;Fable pour un adieu&quot;…). Aujourd'hui, répondant à une commande, elle fait son entrée à la Comédie-Française et s'attaque pour la première fois, avec &quot;Les Femmes savantes&quot; (1672), à une œuvre du répertoire classique français.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518808.jpg?v=1769121374" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Mais de quoi parle exactement cette avant-dernière comédie de Molière, à laquelle on trouve parfois des similitudes avec deux œuvres antérieures, &quot;Les Précieuses ridicules&quot; (1659) et &quot;Le Tartuffe ou l'Imposteur&quot; (1669) ? En voici le résumé en quelques mots : Philaminte, sa belle-sœur Bélise et sa fille aînée Armande, toutes trois férues de poésie, se trouvent sous l'emprise de Trissotin, un &quot;bel esprit&quot; qui les subjugue par ses poèmes et sa pompeuse éloquence. Henriette, la cadette, indifférente à tout cela, songe, elle, à se marier. Alors que son choix s'est porté sur Clitandre qui, après avoir été rejeté par Armande, lui fait une cour assidue, sa mère décide de lui faire épouser Trissotin.       <br />
              <br />
       Désespoir total de l'intéressée. Si Henriette est soutenue dans ses desseins matrimoniaux par son père, Chrysale, celui-ci n'a pas le courage de s'opposer à sa femme qu'il laisse diriger la maisonnée comme bon lui semble. De son côté, Armande, quelque peu jalouse à l'idée de voir sa sœur convoler avec son ancien soupirant, tente de reconquérir Clitandre. Une ruse d'Ariste, l'oncle d'Henriette, permettra de démasquer Trissotin et de sauver la situation in extremis.       <br />
              <br />
       Sur le grand plateau de la Salle Renaud-Barrault – la Salle Richelieu étant fermée pour travaux, la Troupe du Français joue hors les murs au Théâtre du Rond-Point –, les comédiens se déplacent comme si la représentation n'avait pas commencé. Sur le plateau quasi-nu, la salle toujours allumée, des serviteurs déplacent de grandes malles, installent des néons…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518809.jpg?v=1769121395" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Arrivent ensuite des comédiennes en tenues de ville, ou plutôt vêtues d'affreux joggings. Elles échangent quelques mots, pianotent sur leurs téléphones portables... Tout ce petit monde va et vient, indifférent, dirait-on, à la présence du public. À quoi assistons-nous exactement ? À la mise en place d'une répétition ? Puis soudain trois énormes sacs tombent des cintres, emplis de costumes, d'accessoires, le texte de la pièce y compris. La comédienne Jennifer Decker s'en empare, en lit un passage, puis le jette et s'éclipse.       <br />
              <br />
       C'est presque étonnés que nous l'entendons, de retour sur scène, proférer à l'attention de sa camarade Édith Proust : <span style="font-style:italic">&quot;Quoi ! le beau nom de fille est un titre ma sœur,/Dont vous voulez quitter la charmante douceur,/Et de vous marier, vous osez faire fête ?/Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête ?&quot;</span> On pense alors au film de Louis Malle &quot;Vanya, 42ᵉ rue&quot; (1994) dans lequel, sans que nous nous en rendions réellement compte, les acteurs entraient progressivement dans le texte et l'univers de Tchekhov… Et c'est presque malgré elles, semble-t-il, que les comédiennes vont ici se glisser dans celui de Molière.       <br />
              <br />
       Alors que de ces malles d'un temps ancien s'extirpent des personnages masculins poussiéreux, en habits plus ou moins d'époque, les femmes, elles, restent ancrées dans le XXIᵉ siècle et ne revêtent leurs costumes que progressivement, par strates, comme &quot;happées&quot; par le monde de Molière. Emma Dante explique avoir ainsi voulu représenter les femmes à distance du monde des hommes, jugeant la gent féminine plus avancée dans ses réflexions que la gent masculine. Un décalage temporel qui en dit long sur la condition des femmes. Par ce glissement progressif, la metteuse en scène a également souhaité rendre hommage à la langue de Molière et montrer la &quot;contamination&quot; des comédiennes par le texte.       <br />
              <br />
       Dans cette esthétique qui n'est pas sans rappeler celle du &quot;Marie-Antoinette&quot; de Sofia Coppola (2006), avec paire de Converse et tube des années quatre-vingt du groupe de rock indé Siouxsie and the Banshees, les époques se côtoient jusque dans le magnifique décor de la demeure : tapisseries défraîchies, sol à damier élimé, mais aussi rampes à LED, néons ultra-contemporains, fauteuils d'époque sur roulettes, ordinateurs portables… Costumes tout aussi fous que splendides dans leurs formes et leurs couleurs acidulées, perruques extravagantes contribuent pleinement à cette beauté visuelle et à cette atmosphère pop. La plasticienne Vanessa Sannino a ici effectué un travail remarquable tant sur les costumes que sur la scénographie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518810.jpg?v=1769121415" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène, virevoltante, avec un décor que nous découvrons mobile, accumule les effets visuels. Ainsi, en réponse à Chrysale, son mari, qui vient de lui dénigrer la littérature, Philaminte fait-elle apporter sur scène des piles de livres démesurées dont elle emplit la maison. Alors que la littérature éclot physiquement avec des livres pop-up, des fleurs aux couleurs vives surgissent simultanément de la tapisserie. Cet univers pop-rock déjanté se poursuit jusque dans la musique, de Billie Eillish à The Clash, en passant par Björk, nous offrant de grands frissons artistiques.       <br />
              <br />
       Le jeu exacerbé des comédiens, excessif, dans une corporalité drôle et grotesque digne de la commedia dell'arte, est du plus haut comique. Tous sont excellents et s'amusent, dans un enthousiasme communicatif. Mention spéciale à Laurent Stocker, dans le rôle de Chrysale, décidément en très grande forme ! Soulignons également le parti-pris fort intéressant d'un Trissotin séduisant et non pas repoussant comme il est souvent représenté. Magistralement interprété par Stéphane Varupenne, l'imposteur est d'autant plus difficile à démasquer.       <br />
              <br />
       Si le spectacle est artistiquement une réussite, avec des moments de pure poésie tels que la danse aux néons ou le tableau final, il est à regretter que le propos de la pièce soit quelque peu noyé sous l'esthétique. Même si le texte passe parfaitement la rampe – excellence des Comédiens-Français oblige ! –, Quid réellement de la condition des femmes ? Ces femmes savantes sont-elles des précieuses ridicules ou des femmes en juste rébellion contre l'ordre patriarcal ? La profusion d'images et de situations comiques ne nous permettent pas réellement de nous faire une opinion. N'empêche, ce spectacle possède une poésie baroque au charme incontestable.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65520776.jpg?v=1769158757" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Femmes-savantes-Un-Moliere-baroque-et-burlesque-sous-la-houlette-dejantee-de-la-metteuse-en-scene-sicilienne-Emma_a4458.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable</title>
   <updated>2026-01-19T18:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-L-Ange-du-foyer--Emma-Dante-sans-pincettes-et-sans-pitie-et-reussi-a-rire-de-l-intolerable_a4454.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93780150-65485362.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-19T17:38:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'ange du foyer, c'est la mère, la mama, "L'Angelo del Focolare" dans le titre original de cette pièce en dialecte des Pouilles, c'est elle qu'on nomme la maîtresse de maison qui est plutôt l'esclave de tous ceux qui y habitent pour la cuisine, la vaisselle, le linge, les courses et le ménage, entre autres, mais aussi pour recevoir les insultes et les coups d'un mari en "mâle" de pouvoir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485362.jpg?v=1768840899" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      C'est le cas dans l'histoire racontée ici : une famille traditionnelle sicilienne comme on les imagine. La belle-mère, le fils, la belle-fille qui fait tout et le mari qui ne fait rien, sinon dominer ce petit monde avec ses muscles et sa grande gueule, son ivrognerie et sa violence. Avec cette nouvelle création, Emma Dante s'intéresse au petit cercle familial, la cellule familiale, celle qui, multipliée par milliers, forme les pays et leurs cultures et qui, multipliée par millions, forme quasiment l'humanité entière et sa civilisation. Une cellule qui fait partie d'un tout, mais qui, dans un autre sens, est un lieu clos, d'enfermement, de punition.       <br />
               <br />
       Pour la mama, l'ange du foyer, c'est bien d'une sorte de punition que cette cellule familiale où elle est une sorte de poupée de chiffon ballotée entre tous les membres de la famille. Elle est piégée comme beaucoup de mères sans autonomie financière, désireuse de protéger son enfant, son fils de l'influence brutale de son père et de la complaisance de sa grand-mère. Elle fait écran, elle prend les coups.       <br />
               <br />
       Pour s'attaquer au thème radicalement cru et brutal des féminicides, Emma Dante ne prend aucun gant. Tout est extrême dans la conception de cette pièce. Brut comme de la matière taillée à la pioche. Rugueux et décapant comme de l'acide. Les personnages d'abord : la mère du mari, vieille bourrique qui passe son temps à grommeler, défendre son fils, assise dans son fauteuil avec sa boîte à couture pleine de sucrerie et de cash. Le fils, une vingtaine d'années, couché, endormi, geignard, incapable de tout, même de se faire réchauffer une tasse de lait. Le mari, arrogant, chômeur, coureur, masculiniste dans toute son horreur. Et la femme, la mama, soumise, mais volontaire, sans espoir sinon de voir son fils s'en sortir, bafouée, mariée par devoir, parce qu'enceinte après la première sortie en boîte de sa jeunesse, mariée avec son violeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485363.jpg?v=1768840930" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Les costumes aussi sont d'un réalisme crasse, presque inquiétant. Costumes du père et du fils, identiques. Tee-shirt marcel blanc sur slip kangourou blanc. Cela dépasse la caricature, comme si la metteuse en scène se refusait de donner une once de délicatesse, de manières, de nuances pour montrer la vulgarité, la laideur, la bêtise et la violence qui préside toujours aux drames des féminicides.       <br />
              <br />
       Ici, l'homme semble être le fils direct du Néandertal (pardon pour les hommes de bien de cette période préhistorique). Le premier mammifère venu possède plus de sensibilité, d'affectivité et de douceur que le personnage incarné avec une énergie incroyable par Ivano Picciallo. Il se résume lui-même comme n'étant que des muscles et une minchia (une bite).       <br />
               <br />
       Il est vrai que les âmes délicates, les spectatrices et spectateurs précieux du théâtre, et les intellectuels et intellectuelles de la culture risquent d'être rebutés par le rire gras populaire auquel le spectacle fait référence. Il n'empêche, la force mise en place ici, aussi brutale, incisive et sans fard soit-elle, conserve un esprit de farce et de grotesque qui est une filiation assumée du théâtre et de la culture italienne.       <br />
               <br />
       Reste à saluer les belles performances des quatre interprètes qui donnent autant de corps que de voix à la création de leurs personnages, parvenant pour chacune et chacun à si bien caricaturer ces fantômes qu'ils deviennent source, soit d'effroi, soit de rire, tant le parti pris de l'exagération est poussé à son maximum.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu à Châteauvallon- Liberté le 15 janvier 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Ange du foyer"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93780150-65485364.jpg?v=1768840956" alt="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" title="Dans "L'Ange du foyer", Emma Dante, sans pincettes et sans pitié et réussi à rire de l'intolérable" />
     </div>
     <div>
      Spectacle en dialecte des Pouilles surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Avec : Leonarda Saffi, Giuditta Perriera, Ivano Picciallo et Davide Leone.       <br />
       Scénographie et costumes : Emma Dante.       <br />
       Lumières : Cristian Zucaro.       <br />
       Coordination et distribution : Aldo Miguel Grompone, Rome.       <br />
       Organisation Daniela Gusmano       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Traduction du texte en français : Juliane Regler       <br />
       Technique : Marco Guarrera.       <br />
       Compagnie Sud Costa Occidentale.       <br />
       Tout public à partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       Certaines scènes du spectacle peuvent affecter les personnes photosensibles.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 au 24 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi, jeudi et vendredi à 20 h, mercredi à 19 h, samedi à 18 h.       <br />
       Théâtre des Deux Rives - CDN de Normandie - Rouen, 48, rue Louis Ricard, Rouen (76).       <br />
       Téléphone : 02 35 70 22 82.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0679/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0679&amp;EventId=184&amp;request=QcE+w0WHSuAdDB7h0xmRSndI2eKv8D80fmVgAkqerjwX+9fgL8qfiBqYAFOrUJNuRoEz6hKfuYA=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.cdn-normandierouen.fr/" target="_blank">&gt;&gt; cdn-normandierouen.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 6 au 11 octobre 2026 : Théâtre des Célestins, Lyon (69).       <br />
       13, 14 et 15 octobre : Clermont-Ferrand  (63).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Dans-L-Ange-du-foyer--Emma-Dante-sans-pincettes-et-sans-pitie-et-reussi-a-rire-de-l-intolerable_a4454.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut</title>
   <updated>2021-07-27T15:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Misericordia-Trois-femmes-pour-un-enfant-l-amour-a-l-etat-brut_a3034.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57947008-42857838.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-27T11:44:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il y a là, alignées sur leur chaise faisant face au public, trois femmes sans âge mais pas sans caractère. On les dirait sorties d'un tableau de Brueghel l'Ancien. Elles tricotent, les femmes, de longues écharpes de couleurs vives, peut-être destinées à ce grand enfant "pas comme les autres" se balançant avec la régularité d'un métronome, d'avant en arrière, inlassablement, sur sa chaise placée entre elles. Le cliquetis des aiguilles à tricoter enfle pour devenir assourdissant, accélérant le rythme des balancements et suscitant les apartés chuchotés des femmes qui, pour se voir, doivent désormais composer avec les mouvements pendulaires de l'enfant autiste.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857838.jpg?v=1627380378" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      Burlesque et drame réunis dans le tableau d'ouverture augurent de la suite… Emma Dante poursuit de spectacle en spectacle la même obsession. Faire de son théâtre le lieu de &quot;représentations&quot; du monde des  petites gens (ainsi pour s'en démarquer, les nomment les grandes gens et leur pointe de mépris), des handicapés, des vieux et autres exclus sociaux, de ceux et celles qui n'ont pas droit de cité dans les pages glacées des magazines, ceux et celles que l'on cache parce qu'ils font tache dans un paysage de winners aux dents blanches rehaussées par un sourire éclatant.       <br />
              <br />
       On pourrait dire de la metteuse en scène de Palerme, si elle n'était athée, que sa profession de foi est de documenter les marges et la misère pour en faire objet de questionnement. Non pas un manifeste politique de plus visant à enfoncer des portes ouvertes, mais donner à voir un tableau éminemment sensible où l'humanité à fleur de peau transpire de tous ses pores pour &quot;faire sens&quot;. L'amour, pas celui qu'il est de bon ton d'étaler pour se donner une respectabilité que l'on n'a pas, l'amour brut pour l'humain dans ses déclinaisons les plus modestes est source de son inspiration artistique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857843.jpg?v=1627380409" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      Et si ces trois femmes, partageant la faim réservée aux démunis et les réflexes de survie qui y sont attachés, peuvent apparaître à certains moments cruelles entre elles (deux se liguent contre la troisième accusée de leur voler la nourriture dans le frigo collectif), se crêpant le chignon pour ce qui peut apparaître des broutilles aux yeux de ceux qui ne manquent de rien (l'une fait les poubelles des autres pour y extraire mégots et autres résidus), c'est l'existence en soi qui est violence monstrueuse… Violence mon(s)trée non de manière misérabiliste, mais par le détour d'un burlesque irradiant, déclenchant un rire libérateur rebattant les cartes. Ainsi de la séquence où on les voit danser hilares et à moitié nues dans un bordel où le soir venu elles vendent leur corps fatigué par la misère ; une passe pour quelques quignons de pain.       <br />
              <br />
       Leur tendresse sans fond, mais non sans fondements pour Arturo - l'enfant habillé de la robe de l'une, usée, jetée et récupérée, repassée par l'autre -, explose littéralement lorsqu'elles réinventent les moments heureux de sa venue au monde. Dans une danse débordante de frénésie, soutenues par une musique électrique, elles exultent, lançant en l'air jouets et layette de l'univers enfantin, le sol se trouvant vite recouvert de peluches, doudous, cheval à bascule, ballon, petites moufles et mignon tablier, témoins d'une innocence rêvée. Mais la réalité, qui toujours insiste, cogne à la porte de la mémoire douloureuse de l'une d'elles mettant frein d'arrêt à cette mascarade inventée de toutes pièces…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857847.jpg?v=1627380694" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      Une autre scène surgit alors, détricotant le rêve. Que la fête finisse et surgissent en rangs pressés les visions du passé jaillissant comme des remords. Pourquoi n'avoir pas dénoncé ce père violent, rouant de coups sa compagne (la quatrième occupante de la masure), allant jusqu'à viser le ventre rebondi pour tuer dans l'œuf l'enfant à venir… Enfant venu le soir même, grand prématuré, cassé au-dehors comme au-dedans. Et la gifle donnée, la tête de la femme cognée au sol, elle, traînée par les cheveux, le sang qui coule… La comédienne abandonne le rôle du bourreau pour prendre dans ses bras Arturo, le bercer tendrement, cet enfant qui leur fut confié par sa mère agonisante. Sur chants de détresse et colère mêlées, Arturo qui pendant toute la scène n'a pas paru réagir, se fend d'un grand sourire lumineux.       <br />
              <br />
       La vie, toujours, elle, rebondira. Arturo quittera sa défroque informe pour, sous les yeux amourachés des trois femmes, revêtir les vêtements soigneusement repassés qui l'attendent… Dans un numéro époustouflant de grâce acrobatique - fabuleux le danseur Simone Zambelli nous ayant auparavant gratifié des stupéfiantes évolutions désarticulées de l'enfant brisé -, on le verra enfiler chaussettes, bermuda, souliers, avant de tomber dans les bras de celles qui l'étreignent à l'en étouffer de leur amour mis à vif. Arturo est prêt maintenant, regard brillant et valise recelant trésors de son enfance posée à ses côtés, il attend la fanfare qui va l'emmener vers d'autres horizons, ici étant décidément sans avenir pour un garçon de cet âge.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857907.jpg?v=1627380739" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      Les trois actrices et l'acteur sont criants d'une vérité qui tonitrue à chacun de leurs gestes, de leurs mimiques, de leurs silences. Les mots (le seul que prononcera Arturo en clôture résonne comme un cri du cœur nous transperçant de part en part) empruntant aux dialectes de Sicile et des Pouilles leurs accents gorgés de soleil, mais peut-être plus encore ces corps énergiques, lourds d'une existence dont ils s'affranchissent, ou ce corps léger comme l'air, virevoltant, se désarticulant de ce qui l'a fait naître, sont reçus comme les témoins sensibles d'une humanité résonnant dans les plis secrets de chacun.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 23 juillet 2021 à 15 h, au Gymnase du Lycée Mistralà Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Misericordia"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857919.jpg?v=1627380776" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      Créé le 14 janvier 2020 au Piccolo Teatro Grassi (Milan, Italie)       <br />
       Première en France au Festival d'Avignon 2021.       <br />
       Spectacle en dialectes de Sicile et des Pouilles, surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Avec : Italia Carroccio, Manuela Lo Sicco, Leonarda Saffi, Simone Zambelli.       <br />
       Lumière : Cristian Zucaro.       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Traduction en français pour le surtitrag : Juliane Regler.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 16 au 23 juillet 2021.</b>       <br />
       À 15 h, relâche le 20 juillet.       <br />
       Gymnase du Lycée Mistral, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857921.jpg?v=1627380817" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">3 août 2021 :</span> Operaestate Festival Veneto, Bassano del Grappa 'Italie).       <br />
       <span class="fluo_jaune">31 août au 10 septembre 2021 :</span> Teatro Argentina di Roma, Rome (Italie).       <br />
       <span class="fluo_jaune">12 septembre 2021 :</span> Città delle 100 scale Festival, Potenza (Italie).       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 au 26 septembre 2021 :</span> Mitem Festival, Budapest (Hongrie).       <br />
       <span class="fluo_jaune">2 au 3 octobre 2021 :</span> NEST, Thionville (57).       <br />
       20 octobre 2021 : Teatro Amilcare Ponchielli, Cremona (Italie).       <br />
       22 au 23 octobre 2021 : Teatro Astra, Vicenza (Italie).       <br />
       28 au 30 octobre 2021 : Teatro di Rifredi, Florence (Italie).       <br />
       2 novembre 2021 : Teatro di Casalmaggiore, Casalmaggiore (Italie).       <br />
       10 au 20 novembre 2021 : Théâtre National Populaire (TNP), Villeurbanne (69).       <br />
       22 novembre 2021 : Teatro Municipale, Plaisance (Italie).       <br />
       27 au 28 novembre 2021 : Teatro San Materno, Ascone (Italie).       <br />
       30 novembre 2021 : Teatro Sociale, Trente (Italie).       <br />
       4 décembre 2021 : Teatro di Ragazzola, Ragazzola (Italie).       <br />
       7 au 10 décembre 2021 : Théâtre des 13 Vents, Montpellier (34).       <br />
       12 au 13 janvier 2022 : LE ZEF - scène nationale, Marseille (13).       <br />
       l20 janvier 2022 : Teatro Sociale, Bergame (Italie).       <br />
       22 au 23 janvier 2022 : Teatro Galli, Rimini (Italie).       <br />
       25 au 27 janvier 2022 : Teatro Toniolo, Mestre (Italie).       <br />
       29 janvier 2022 : La Città del Teatro, Cascina (Italie).       <br />
       2 au 3 février 2022 : CDN de Normandie, Rouen (76).       <br />
       25 au 26 février 2022 : Festival de Liège, Liège (Belgique).       <br />
       1er mars 2022 : MA scène nationale - Pays de Montbéliard, Montbéliard (25).       <br />
       25 mars au 3 avril 2022 : Teatro Biondo Palermo, Palerme (Italie).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57947008-42857939.jpg?v=1627380986" alt="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" title="•In 2021• Misericordia Trois femmes pour un enfant, l'amour à l'état brut" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Misericordia-Trois-femmes-pour-un-enfant-l-amour-a-l-etat-brut_a3034.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi</title>
   <updated>2021-07-23T12:45:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Pupo-di-Zucchero-La-Festa-dei-Morti-Ode-a-la-joie-a-la-celebration-de-la-vie-devant-soi_a3026.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57875101-42823702.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-23T12:13:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante revient à Avignon pour gratifier les festivaliers d'un étrange et envoûtant cérémonial prenant possession d'un plateau peuplé d'impressionnantes sculptures grandeur nature qu'accompagnent des acteurs tout aussi fascinants. Ce rituel de la Fête des Morts, tradition de l'Italie du Sud pérennisant chaque 2 novembre le désir des humains de faire perdurer la vie au-delà de la mort, la metteuse en scène de Palerme le transfigure superbement en "regroupement familial" festif débordant de vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823702.jpg?v=1627036735" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Les apparitions d'Emma Dante dans la Cité des Papes (&quot;Le Sorelle Macaluso&quot; et plus récemment &quot;Bestie di scena&quot;) sont toujours attendues &quot;religieusement&quot;, avec grande fébrilité tant elle allie à une créativité unique une humanité hors normes insufflant de l'oxygène revivifiant dans un monde au bord de l'asphyxie. Tout chez elle semble surgissement du bonheur de la représentation. De création en création, mettant en pièces les attendus sur lesquels d'autres pourraient paresseusement surfer, elle nous &quot;surprend&quot; pour nous entraîner dans des mondes fabuleux parlant intimement à notre sensibilité.       <br />
              <br />
       Et &quot;La Statuette de Sucre - La Fête Des Morts&quot;, créé au Teatro Grande à Pompéi ce début juillet, en est la preuve… vivante. Au centre du plateau, lumière est faite sur un homme seul, coincé dans ses vêtements endimanchés, assis sur un petit tabouret de paille, et dont le poids des ans fait pencher ostensiblement la tête vers la terre qui l'attend. Devant lui, sur un autre tabouret, une pâte à lever concentre toute son attention : elle est la matière vivante d'où émergera la statuette en pain de sucre placée au centre de la cérémonie qui se prépare… Derrière lui, ses trois jeunes sœurs, mortes depuis des lustres, agitent déjà gaiement des clochettes en psalmodiant des mélodies. Le ton est donné, la messe va pouvoir être dite…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823744.jpg?v=1627036767" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Un à un, puis tous ensemble, les membres de la &quot;familia grande&quot; vont surgir de l'épaisse nuit qui les enveloppait pour peupler facétieusement le plateau de leurs existences disparues. Chacun est porteur de son double mort - stupéfiantes sculptures articulées de Cesare Inzerillo - l'accompagnant comme son ombre dans ce retour vers la vie. Ils ont différents âges, dont celui de leur mort, les frontières spatio-temporelles n'ont plus lieu d'être… C'est la fête des retrouvailles, sous l'œil attendri du vieil homme solitaire retrouvant enfin ceux qu'il aimait.       <br />
              <br />
       Qu'elles étaient belles ses sœurs, la mère les couvait de son regard attendri… Elles sont là, devant nous pétillantes de fantaisie, jusqu'à ce qu'on les voie jetées au sol, leurs corps pris de convulsions, victimes du typhus les ayant emportées dans la fleur de l'âge - pas étonnant, elles dormaient toutes les trois tête-bêche, dans le même lit, ne se quittant jamais… Et lui le frère noir adopté, feu follet à la faim insatiable, bondissant en tous sens comme un lutin monté sur ressorts, que de jeux endiablés tous les quatre n'ont-ils pas vécus… Et cet oncle et cette tante n'ayant rien de plus urgent en se retrouvant qu'à se chevaucher fougueusement, avant que ça dégénère, cheveux tirés et coups de pied à l'appui dans le corps sans vie projeté au sol…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823753.jpg?v=1627036808" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Et sa mère, si belle et si jeune, attendant au bout de la jetée pendant plus de cinquante ans le retour de son mari parti en mer… Ce père aimant, jeune marin fringant à côté de lui dans ses vêtements le mettant en valeur, ému, il lui donne tendrement l'accolade… Quand il revenait le père de ses traversées au long cours, c'était la fête ! Et tous alors de mettre le feu au plateau, la mère redevenue instantanément jeune, redressant son corps courbé par les ans et ôtant sa robe de vieille femme pour exhiber une tenue branchée, sa mère s'éclatant dans des figures de danses électriques faisant vibrer la scène transformée en gigantesque dancefloor.       <br />
              <br />
       Le vieil homme semble visiblement aux anges en voyant ses chers disparus revivre sous ses yeux, chacun n'ayant rien perdu de ce qui de son vivant faisait qu'il était un être unique, défauts et qualités comprises. Et quand viendra au bout de la nuit, le moment pour les morts de regagner leurs pénates d'outre-tombe et le temps pour le vieil homme de retourner à sa solitude, ils repartiront en procession lumineuse portant chacun sa sculpture sur l'épaule. Les chants religieux viendront couvrir la voix de leur hôte d'un soir et le dernier tableau, d'une beauté sculpturale à faire défaillir, sera à prendre comme une apothéose musicale et visuelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823759.jpg?v=1627036853" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Célébrer de manière joyeuse les morts afin de ne pas les tuer une seconde fois en les incarcérant dans l'oubli, les exhumer pour les représenter doublement au plateau (artistes bien vivants et leurs répliques sculptées mangées en partie par la décomposition &quot;à l'œuvre&quot;) dans une mise en jeu d'une beauté plastique insoupçonnée, est à prendre comme un moment de grâce accordé aux vivants par une metteuse en scène mécréante développant vis-à-vis de l'humaine condition une foi inconditionnelle.       <br />
              <br />
       Plaisir sensuel de voir se rencontrer vivants et morts dans le même espace onirique orchestré par des musiques et des danses énergisantes, c'est peu de dire que, dans le droit fil de cette tradition italienne dont elle revendique l'héritage, Emma Dante réussit sous nos yeux émerveillés l'exploit peu ordinaire de répondre à notre besoin abyssal de consolation.       <br />
              <br />
       <b>Vu au Gymnase du Lycée Mistral à Avignon, le mercredi 21 juillet 2021 à 19 h.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti/La Statuette de Sucre - La Fête des Morts"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823763.jpg?v=1627036884" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      Création le 8 juillet 2021 au Teatro Grande (Pompéi, Italie).       <br />
       Spectacle en dialecte napolitain surtitré en français.       <br />
       Texte et mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Librement inspiré du &quot;Conte des Contes&quot; de Giambattista Basile.       <br />
       Avec : Tiebeu Marc-Henry Brissy Ghadout, Sandro Maria Campagna, Martina Caracappa, Federica Greco, Giuseppe Lino, Carmine Maringola, Valter Sarzi Sartori, Maria Sgro, Stéphanie Taillandier, Nancy Trabona.       <br />
       Sculpture : Cesare Inzerillo.       <br />
       Lumière : Cristian Zucaro.       <br />
       Costumes : Emma Dante.       <br />
       Assistante costumes : Italia Carroccio.       <br />
       Traduction en français pour le surtitrage : Juliane Regler.       <br />
       Surtitrage : Franco Vena.       <br />
       Compagnie SudCostaOccidentale       <br />
       Durée 1 h 15.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823803.jpg?v=1627037319" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 au 23 juillet 2021.</span>       <br />
       Tous les jours à 19 h, relâche le 20 juillet.       <br />
       Gymnase du Lycée Mistral, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       7 au 17 octobre 2021 : Teatro Biondo Palermo, Palerme (Italie).       <br />
       10 au 12 mars 2022 : Châteauvallon - Le Liberté - Scène nationale, Toulon (83).       <br />
       15 mars 2022 : Théâtre Durance, Château-Arnoux-Saint-Auban (04).       <br />
       18 au 20 mars 2022 : La Criée, Marseille (13).       <br />
       25 au 26 mars 2022 : Anthéa - Antipolis, Antibes (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57875101-42823805.jpg?v=1627037380" alt="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" title="•In 2021• Pupo di Zucchero - La Festa dei Morti Ode à la joie, à la célébration de la vie devant soi" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Pupo-di-Zucchero-La-Festa-dei-Morti-Ode-a-la-joie-a-la-celebration-de-la-vie-devant-soi_a3026.html" />
  </entry>
</feed>
