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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-19T11:46:53+02:00</updated>
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   <title>"Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude</title>
   <updated>2026-01-07T13:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a4445.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-07T08:43:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Décembre 1987. La célèbre romancière, Marguerite Duras reçoit Michel Platini, le non moins célèbre joueur de football, champion d'Europe, dans les bureaux du journal "Libé" lors d'un entretien de plus d'une heure. Ils échangent, digressent, s'appréhendent, se découvrent, parlent de football, de littérature, d'Italie, du drame du Heysel et… d'angélisme. Convoquée sur scène, la parole de ces deux monstres sacrés vient croiser les fantasmes de l'acteur et de l'actrice qui s'en emparent et rejouent le match.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365585.jpg?v=1700510859" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que ce célèbre entretien &quot;Duras-Platini&quot; est adapté au théâtre. On peut avoir entendu parler de l'adaptation par Guy Naigeon au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, il y a plusieurs années, ou encore de celle de Mohamed El Khatib, au Studio 118 de la Maison de la Radio en 2019 avec Anne Brochet et Laurent Poitrenaux. Et peut-être d'autres encore que nous ignorons…       <br />
              <br />
       Michel Platini est face à la célèbre romancière qu'il ne connaît pas et dont il n'a jamais entendu parler ! Il vient de prendre sa retraite et, à cette occasion, a sorti un livre sur sa carrière, &quot;Ma vie comme un match&quot;.       <br />
              <br />
       Mais, au terme de cette interview qu'il a acceptée – parce que, dira-t-il, il aime être interrogé par des personnes qui ne s'y connaissent pas en foot –, il dira que cette heure passée avec Duras a été bien plus dure que n'importe quel match de sa carrière (sic).       <br />
              <br />
       La confrontation de ces deux monstres sacrés a pu interpeller, peut-être même faire sourire, et on peut se demander, surtout, ce qui a bien pu pousser la célèbre romancière qui vient de publier &quot;L'Amant&quot;, à interroger ainsi un joueur de football, aussi célèbre soit-il ! Après Michel Platini, Duras convoquera François Mitterrand…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365586.jpg?v=1700510900" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Cette fois-ci, dans cette salle &quot;Marie Curie&quot; de la Reine Blanche, ce sont une comédienne et un comédien qui s'y collent. Neil-Adam Mohammedi, né en 1997 à Montréal, qui, avant de rentrer au CNSAD, a fait partie de la saison 4 de 1er Acte, ce qui lui a permis de rencontrer Stanislas Nordey, Anne Mercier et Olivier Py. Passionné d'écriture, de voyages et de fictions (tous genres confondus), Neil-Adam a déjà écrit trois pièces et plusieurs scénarios.       <br />
              <br />
       Je me souviens du jeune élève Neil, en classe de 4e au Collège Maréchal Leclerc de Puteaux, il y a plusieurs années. Un peu secret et réservé, à la limite d'une certaine suffisance, mais somme toute très subjective, quelque chose en lui m'interpellait déjà, mais j'étais loin d'imaginer un jour qu'il afficherait autant de prestance et de charisme sur un plateau de théâtre… Même si quelque chose en mon for intérieur me faisait croire qu'il aurait un bel avenir sans savoir encore lequel, forcément !       <br />
              <br />
       Gageons que Michel Platini, dans cette adaptation ô combien émouvante de l'entretien, serait fier de l'incarnation qui est portée ici par ce jeune talent ambitieux. Le spectacle débute par une parole nette et captivante qu'il interprète de façon très convaincante en reprenant intégralement les premières pages du livre autobiographique de Platini. C'est empreint d'une grande tendresse et dès les premiers instants, le comédien parvient à captiver l'attention des spectateurs.       <br />
              <br />
       &quot;Il y a quelque chose en lui de Platini &quot;… Ce ne sont pas les paroles de la chanson bien connue, mais c'est la réalité. Brun, aux cheveux ondulés et au regard noir perçant, Neil-Adam a incontestablement quelque chose de Michel Platini et, dans son interprétation, les mots sonnent fort justement, sans failles. L'incongruité dont on a pu parler autour de cette interview qui, au bout du compte, se révèle être davantage un entretien, est ici rapidement balayée grâce à l'interprétation des acteurs et actrices. Il suffit d'assister à la représentation pour balayer cette idée préconçue. Ces deux intelligences si différentes furent finalement en totale union et complicité, et les interprètes, appuyés(es) par la scénographie, le restituent bien joliment.       <br />
              <br />
       Neil-Adam Mohammedi campe parfaitement un Platini peu impressionné par la célèbre femme de lettres. Il ne la connaît pas et n'a donc aucune raison d'être impressionné ! Le comédien parvient, par moments, à convoquer de façon subtile un détachement apparent qui cache un grand professionnalisme. Un moment de bravoure particulier apparaît lorsqu'il énumère brillamment les différents trophées remportés par Platini, chacun accompagné de leurs années respectives !       <br />
              <br />
       Cyrielle Rayet, quant à elle, porte la parole de Marguerite Duras. De son côté, rien de son physique ne rappelle celui de la célèbre romancière. Silhouette fine aux longs cheveux auburns, elle parvient, elle aussi, à marquer de nombreux buts avec élégance, dans la retranscription des paroles prononcées par Duras grâce à une gestuelle calibrée et fluide qui apporte au texte quelque chose de presque hypnotique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93560289-65365587.jpg?v=1700511432" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Née à Albi, c'est au cours Florent qu'elle rencontre Simon Eli Galibert avec qui elle travaillera sur plusieurs créations, ainsi que Laure Marion. À ses côtés, elle crée le Collectif Louves avec neuf autres comédiennes. En 2015, elle intègre le TNB où elle explore et développe une recherche autour de la corporalité.       <br />
              <br />
       La jeunesse de ces deux interprètes confère à ce spectacle quelque chose d'intemporel, porté par des propos forts, justement mis en valeur et ingénieusement scénographiés par la jeune metteuse en scène et comédienne, Barbara Chenu, à la tête de la Compagnie Sochin. L'idée de placer le public face à face, sur des bancs en bois comme sur des gradins, est pertinente et, pour peu qu'on n'ait jamais assisté à un match de foot de notre vie, on se sent immédiatement projeté dans un stade. Le bruit et les hurlements en moins.       <br />
              <br />
       Un carré de pelouse synthétique semblable à un tatami de karaté trône au milieu du plateau et autour de lui, des dalles encastrables en mousse rouges et bleues évoquent subtilement le terrain de foot. C'est sur cet espace que les deux partenaires vont évoluer de façon juste et élégante.       <br />
       Louis Ripault, à l'intelligente dramaturgie, nous faire revivre ce morceau d'anthologie culturel français, duquel se dégage aussi, de façon nette et récurrente, l'idée de solitude, pour peu qu'on tende bien l'oreille… Tant du côté de Duras que de Platini.       <br />
              <br />
       On peut donc être célèbre, adulé, au firmament de la gloire, et n'en rester pas moins profondément humain avec tout ce que cela signifie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Duras-Platini Son match le plus dur"</b></div>
     <div>
      Texte : d'après l'interview des 14 et 15 décembre 1987 publiée dans Libération.       <br />
       Mise en scène : Barbara Chanut.       <br />
       Avec : Neil-Adam Mohammedi, Cyrielle Rayet et la présence de Liza Lamy, Barbara Chanut.       <br />
       Dramaturgie : Louis Ripault.       <br />
       Création lumière : Clément Balcon, Rose Bienvenu.       <br />
       Création sonore : Liza Lamy.       <br />
       Conseils costumes : Lucie Duranteau.       <br />
       Production : Compagnie Sochin.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 18 janvier 2026.</span>       <br />
       Mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Salle Marie Curie, Paris 18ᵉ, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0564/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0564&amp;EventId=512&amp;request=QcE+w0WHSuAkSQcRYa88s8uxfI7h/xpc1b0LTbEbAlqT+J3q2Q8v55U5MyVvs2rtZ7E/PSG/FKo=" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>"Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…</title>
   <updated>2024-06-05T11:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Arrete-avec-tes-mensonges-Barbezieux-c-est-fini-et-dire-que-c-etait-la-ville-de-mon-premier-amour_a3929.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80759263-58242259.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-05T11:03:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand, citant Marguerite Duras – citant elle-même la chanson à succès d'Hervé Vilard "Capri c'est fini" –, l'acteur jouant P.B. adolescent chantera la détresse d'être quitté par son jeune amant, on se dit que certaines amours marquent à la vie, à la mort… Adaptant au plateau le roman éponyme de Philippe Besson mettant au jour sa propre histoire, Angélique Clairand et Éric Massé offrent une immersion polyphonique entremêlant les époques, les jeux dialogués, la "voix du dedans" en surimpression, et convoquant musiques et chants d'époque.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80759263-58242259.jpg?v=1717580374" alt=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" title=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Loin, très loin de Barbezieux, de sa langueur, de ses ciels plombés, de son horizon bouché&quot;,</span> tel est le vœu secret nourri par le jeune Philippe vivant l'enfermement dans une bourgade charentaise des années quatre-vingt ; une époque et un lieu peu enclins à admettre que deux garçons puissent &quot;naturellement&quot; s'aimer… Pour porter jusqu'à nous cette histoire à la fois intime et exemplaire, les metteurs en scène distribuent les rôles entre un acteur, jouant Thomas l'amant &quot;disparu&quot; et son fils Lucas qui lui ressemble à s'y tromper, et deux autres comédiens interprétant le romancier aux âges de dix-sept et quarante ans accomplis.       <br />
              <br />
       La distribution des deux amants en trois interprètes &quot;prend corps&quot; dans un décor alternant lui-même différents lieux abritant leurs amours clandestines. En fond de scène, des vidéos de la campagne charentaise – avec, pour seul horizon d'attente, le vent qui l'anime – et en contrepoint des gros plans de l'amant souriant, complètent le dispositif immersif. À la fois récit éclaté d'un passé à recomposer pièce par pièce et éclairage philosophique de la question du &quot;mauvais genre&quot; abhorré par l'idéologie conservatrice veillant au grain d'une morale marquée au sceau de Sainte Mère l'Église, le jeu à multifacettes se déroule sans que l'énergie vitale qui le traverse de part en part ne vienne à faiblir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80759263-58242260.jpg?v=1717580451" alt=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" title=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" />
     </div>
     <div>
      L'interview liminaire du faux Philippe Besson par une fausse journaliste crée d'emblée un effet de réalité nous introduisant de plain-pied dans l'autofiction réelle du projet d'écriture d'une vie à dévoiler… Ainsi, à la question &quot;Comment avez-vous découvert la littérature ?&quot;, le romancier répondra par des anecdotes personnelles mettant en scène le rôle endossé de l'élève exemplaire, fils d'un instituteur défenseur des valeurs morales et de l'ordre institué. Agi par les vœux d'un père insensible à l'orientation sexuelle de son fils, il a dû ruser avec la littérature élue comme viatique pour s'échapper d'une existence mortifère.       <br />
              <br />
       Ainsi, de la déliaison avec son jeune amant, est né le désir impérieux de rompre les amarres avec sa servitude dont le nom se confond à tout jamais avec celui d'une ville à fuir… Barbezieux, morne plaine et prison à l'air libre… Comme a pu l'être le parcours en école de commerce où <span style="font-style:italic">&quot;être de gauche était comme être atteint de la petite vérole chez le clergé&quot;…</span> Décidément jamais à sa place, seules l'Amérique et l'Europe libertaires pouvaient accueillir &quot;sa différence&quot; vécue comme motif de persécution. L'impérieux besoin de cacher son homosexualité ira se lover jusqu'en littérature où ce sont ses personnages qui disent de leur auteur ce que lui ne s'autorisait pas à dévoiler (cf. &quot;Son frère&quot;, &quot;Un garçon d'Italie&quot;, etc.).       <br />
              <br />
       Construit comme un oratorio païen, on suivra les personnages dialoguant passionnément, la voix intérieure de Philippe adulte servant de caisse de résonance à la découverte de l'homosexualité et des émotions bouleversantes l'accompagnant. Ainsi l'histoire personnelle de ce binoclard de dix-sept ans, tête à claques de premier de la classe, tombant sous le charme d'un jeune rebelle, fils de paysan, va prendre corps mettant en abyme la question essentielle d'être homosexuel dans une société marquée par l'héritage des pères de l'Église, des pères tout court…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80759263-58242301.jpg?v=1717580483" alt=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" title=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" />
     </div>
     <div>
      Nous revient la réflexion de l'écrivain gay Jean-Louis Bory, pionnier dans les années soixante-dix du combat contre les tabous frappant les homosexuels et qui, dans &quot;Ma moitié d'orange&quot;, reconnaissait volontiers qu'il était plus facile d'être homo dans la communauté branchée de l'élite parisienne, pour laquelle c'était même &quot;une carte de visite&quot;, que dans un atelier des usines Renault ou au fin fond de la campagne.       <br />
              <br />
       Pour visualiser cette détestation du lieu où s'est noué, puis dénoué, cette rencontre capitale qui l'a révélé homme homo, un long travelling filmant des rails égrenant entre leurs traverses le nom des villes refuges (Rome, Londres, Barcelone, Lisbonne, Amsterdam et, sur d'autres continents, Johannesburg, Buenos Aires, Los Angeles…) est projeté en fond de scène, mettant en lumière les milliers de kilomètres parcourus &quot;en tous sens&quot; pour oublier l'amant perdu.       <br />
              <br />
       Avoir dix-sept ans dans les années sida… Et ne savoir rien des absences soudaines qui décimeront leur communauté… Car lui, Philippe adolescent, le drame qu'il vit alors dans sa chair, c'est la séparation… <span style="font-style:italic">&quot;Il est parti comme si rien n'avait existé&quot;…</span> Philippe, son aîné de trente ans, se saisit du micro pour dire la morsure du manque, la démence qui le gagnait à l'idée de la perte de soi au travers de l'absence de l'autre, l'aimé absent peuplant tout l'espace mental. Et quand les mots pour le dire viennent à leur tour à lui manquer, la mélopée de la chanteuse prendra le relai.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80759263-58242324.jpg?v=1717581274" alt=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" title=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" />
     </div>
     <div>
      Venant trouer le drame vécu, des moments de grâce humoristique entre les deux Philippe… L'adulte se moquant gentiment de lui ado, affichant crânement le poster de Jean-Jacques Goldman pour draguer au lieu d'avoir choisi &quot;Capri c'est fini&quot;, encensé par une certaine Marguerite Duras. L'ado rétorquant en imitant la voix suave et la gestuelle à nulle autre pareille de Fanny Ardant dans &quot;La Femme d'à côté&quot; évoquant les paroles de chansons disant la vérité de l'amour : <span style="font-style:italic">&quot;Ne me quitte pas… Je suis une maison vide sans toi… Laisse-moi devenir l'ombre de ton ombre… Ou encore, sans amour on n'est rien …&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Et puis le calendrier défile, de 1984 on passe à 2007… Date de l'apparition du sosie de Thomas sous les traits de son fils, à Bordeaux où le romancier est venu dédicacer… À travers lui, le fils &quot;par accident&quot; qui a tout compris des amours de son père, le temps retrouvé de l'absent, ses disparitions, abandons, envols, jusqu'à l'ultime disparition… Les lettres remises, dont la dernière datée d'août 84 et jamais envoyée éclaire les raisons d'une rupture…       <br />
              <br />
       La mise en jeu créative de ce roman d'apprentissage, fleurant bon la littérature populaire, a de quoi séduire… En effet outre l'intérêt d'exposer sous la lumière des projecteurs la lutte inaccomplie pour la reconnaissance pleine et entière du droit des homosexuels à s'aimer librement, elle rappelle un rôle essentiel du théâtre : donner à voir artistiquement le réel au travers de réalités &quot;fictionnées&quot;, &quot;dramatisées&quot;, recomposées à l'envi pour les réfléchir comme le ferait un miroir déformant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 28 mai 2024, Salle Vauthier du TnBA à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Arrête avec tes mensonges"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80759263-58242515.jpg?v=1717581311" alt=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" title=""Arrête avec tes mensonges" Barbezieux c'est fini, et dire que c'était la ville de mon premier amour…" />
     </div>
     <div>
      D'après le roman de Philippe Besson.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Angélique Clairand et Éric Massé.       <br />
       Avec : Oscar Bonnet, Raphaël Defour, Étienne Galharague, Anna Walkenhorst.       <br />
       Avec la participation de, Fabienne Gras.       <br />
       Et, en alternance, Éric Massé et Angélique Clairand.       <br />
       Jeu en LSF : Anthony Guyon.       <br />
       Adaptation en LSF : Géraldine Berger, Anthony Guyon, Isabelle Voizeux.       <br />
       Régie générale et plateau : Fabienne Gras.       <br />
       Vidéo : Vincent Boujon.       <br />
       Lumière : Juliette Romens.       <br />
       Composition musicale : Bertrand Gaude.       <br />
       Son : Anna Walkenhorst.       <br />
       Coach vocale : Myriam Djemour.       <br />
       Durée : 1 h 25.       <br />
       Production Théâtre du Point du Jour et la Compagnie des Lumas.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 28 mai au vendredi 31 mai 2024 au TnBA de Bordeaux.</b>       <br />
       Représentation bilingue LSF Anthony Guyon/ Français suivie d'un bord de scène en présence de Philippe Besson traduit en LSF, le jeudi 30 mai.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"</title>
   <updated>2024-01-30T17:08:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-2-Aimons-nous-vivants--Encrages--Hire-me-Please--Je-dis-elle_a3803.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78086854-56707781.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-30T15:22:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'une des originalités de Trente Trente, et pas des moins appréciées, est de proposer aux festivaliers des "Parcours" dans la ville. Ainsi, de lieu artistique en lieu culturel atypique, partagent-ils ensemble des propositions "hallucinantes". Faisant communauté, la troupe éphémère de spectateurs fait écho à celle des différents artistes pour créer… "la vie dans l'art". Ainsi de ce samedi 20 janvier où théâtre-cirque, musique-concert, performance chorégraphiée et théâtre littéraire s'enchainèrent jusqu'à la nuit avancée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56707781.jpg?v=1706626932" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Aimons-nous vivants"</strong></span>, de la Cie MMFF Mathieu Ma Fille Foundation d'Arnaud Saury, propose une étape d'un travail déjà fort élaboré, au point de pouvoir ressentir qu'il s'agirait d'une coquetterie de présentation… Autour d'un mât chinois générateur de poésie, de performances de haut vol et de saillies décalées, naît un récit envoûtant dont l'attraction est telle que l'on s'abandonne à la lévitation au fur et à mesure que ledit mât chinois, coiffé de palmes de cocotiers et orné de bananes, se métamorphose en exotique perche andalouse…       <br />
              <br />
       Faisant corps (et âme) avec son complice, le circassien virtuose Samuel Rodrigues sur lequel il s'appuie au propre (jusqu'à lui faire mal) comme au figuré (magnifiques échanges), Arnaud Saury explore de nouvelles dimensions propres à titiller son désir d'éternel explorateur. Lui, l'ex-danseur, insatiable découvreur de nouveaux espaces à partager avec ses complices – on a tous en mémoire l'épopée fabuleuse de "Dad is dead" sur le vélo de Mathieu Despoisse – se lance ici à l'assaut de l'inaccessible culminant à près de cinq mètres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56707941.jpg?v=1706627039" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      Comme dans un work in progress dévoilant les arcanes de la création, Samuel Rodrigues, suspendu au mât, s'épanche sur une anecdote fondatrice de son goût du risque. Un épisode de son enfance turbulente qui donne le vertige… et offre l'occasion à son complice de rectifier avec humour l'usage d'un français fraîchement acquis par son ami portugais, lui faisant confondre deux faux amis : <span style="font-style:italic">&quot;Ta mère n'était pas congelée par la peur, mais figée, on ne congèle pas deux fois le même produit&quot;</span>…       <br />
              <br />
       L'humour – renversant – du texte écrit par Suzanne Joubert résonne comme une mise en abyme des tribulations en haute altitude des deux compères, l'un (le circassien) servant de fauteuil, voire de lit à l'autre (l'acteur) dissertant, confortablement suspendu, sur l'usage entre autres de l'adjectif &quot;sale&quot; dans différentes expressions à connotation dégradante.       <br />
              <br />
       Viendra le temps d'un câlin en altitude et d'une chute poétique… aiguisant encore plus notre désir de découvrir, le jour du printemps prochain, la première de cette belle performance dont les prémices sont plus que prometteuses.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708015.jpg?v=1706627485" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
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     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Encrages"</strong></span>, d'Audrey Poujoula, se propose de tirer d'une machine à écrire – tapée de coups répétés ou frôlée par un archet – des sons amplifiés et mêlés à d'autres sons discordants préenregistrés. De plus, le choc de l'encre sur le papier crée des arabesques visuelles... Pour le moins que l'on puisse dire, c'est que ce concert improvisé, outre sa haute intensité en décibels, est à classer… dans les recherches "expérimentales".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708226.jpg?v=1706628330" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hire me, Please"</strong></span>, de Panos Malactos, nous entraîne facétieusement dans l'univers des auditions chorégraphiques, avec, en filigrane, un sens débridé de la dérision. En effet, qu'attend-on des candidats soumis au regard inquisiteur de juges en attente d'une originalité normée (oxymore), si ce n'est une soumission à des diktats dont ils sont tributaires ?       <br />
              <br />
       Surgie des coulisses, une créature barbue aux épaules musclées, se tortillant dans un justaucorps surplombant de hautes bottes du même rouge rutilant, se dirige en sautillant gauchement vers le micro… Concluant quelques notes haut perchées, on sent que le timide "Thank You" qui nous est adressé – à nous jury – est porteur du poids de l'enjeu…       <br />
              <br />
       Enchaînant alors sur des musiques d'enfer d'impressionnantes figures aériennes ponctuées de grands écarts latéraux parfaits, le danseur nous sur-prend… à contrepied, justifiant en creux ses propos minaudés hystériquement : <span style="font-style:italic">"Je suis un grand danseur, un artiste doté d'une grande technique".</span> Au gré des désirs du jury, il revêtira la même tenue, d'un gris éclatant cette fois, et se coiffera de la tête de licorne qu'on lui tend… affichant haut la liberté, la beauté et la puissance qu'il incarne. Panos Malactos montre ici sa double capacité de danseur émérite et de pourfendeur des attentes établies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708273.jpg?v=1706629453" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Je dis elle"</strong></span>, d'Arnaud Poujol, pourrait être pris comme un rêve éveillé, celui de l'auteur recomposant dans un théâtre littéraire filmé, au gré des impacts d'"Écrire" (entretien qui, avant d'être un livre, fut d'abord filmé par Benoît Jacquot) et de "Roma" (fiction, elle aussi, d'abord filmée) de Marguerite Duras, ainsi que de ceux de "Cet amour-là" de Yann Andréa, sa propre fantasmagorie. Faisant du monde selon M.D. le ferment de son inspiration, il lui emprunte aussi sa stylistique alliant images filmées, écriture méditative et théâtralité épurée.       <br />
              <br />
       Un plateau tout de blanc tendu où une table accueille les feuillets de M.D. alors qu'en fond de scène un écran se couvre d'images au statut subliminal faisant effraction dans le présent de la représentation. Pêle-mêle, s'inscrivent des phrases échappées de ses romans, un bateau sur le Mékong, ou encore le visage d'une statue antique évoquant la reine de Samarie, Bérénice, l'amante de Titus, la pièce racinienne élue. Les trois acteurs tout de blanc vêtu – Aline Le Berre, Elise Servières et Yacine Sif El Islam – incarnent quant à eux, pour le porter jusqu'à nous, le substrat de l'univers de la résidente des Roches Noires et de Neauphle-le-Château.       <br />
              <br />
       Sur cette mosaïque de souvenirs écrans se précipitant sans autre ordre que celui impulsé par le flux et reflux d'une pensée encore et toujours vivante – celle de M.D. –, les trois comédiens vont faire subtilement entendre la petite musique des mots échappés au temps qui passe. Leurs voix, portées par les corps à l'unisson, résonnent alors comme les particules d'un monde résistant à son évanescence.       <br />
              <br />
       Ainsi de la rencontre fictionnelle entre Elle et Lui, un soir, dans le hall d'un hôtel romain donnant sur la piazza Navona. Embarqués dans <span style="font-style:italic">"ce film qui commencerait ici"</span>, alors qu'il a déjà commencé avec la question posée par la femme, nous sommes pris dans un tourbillon poétique qui dit de lui – et de nous… – ce que nous ignorions encore l'instant d'avant. Effet troublant des développements argentiques où le révélateur fait apparaître comme en contre-jour les images en cours d'élaboration.       <br />
              <br />
       Et à l'instar de l'écriture de M.D. où il n'y a jamais d'enchaînement entre les événements, l'acteur faisant maintenant face à l'actrice assise à sa table de travail, "devient" Yann Andréa pour confier cette impossibilité de la nommer autre que par son nom d'emprunt. Duras, ce nom d'auteur qui lui plait infiniment… Les jeux en miroir de la réalité réfléchie se poursuivent jusque dans leur manière de se nommer : <span style="font-style:italic">"Nous avons tous les deux des noms d'emprunt, des noms de plume, des noms faux et qui deviennent vrais puisqu'ils ont été choisis et écrits par elle".</span> Quant au "Je dis elle" du titre, il introduit entre eux – qui parlent d'eux à la troisième personne, comme s'ils étaient eux-mêmes des personnages – la présence d'une troisième entité, le "elle" de la littérature, la seule vérité vivante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708476.jpg?v=1706629489" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, entre les textes tapés frénétiquement, les vins bus, les crises violentes et "Capri c'est fini" d'Hervé Vilard, accompagnée par la musique enivrante de Benjamin Ducroq, l'écriture – bouleversante – creuse-t-elle son sillon pendant qu'une troisième complice projette en vidéo leurs visages. Parfois même on croirait voir surgir entre deux plans, comme une ombre portée, le fantôme du "Ravissement de Lol V. Stein". Donner à voir l'indicible au cœur de l'œuvre de Marguerite Duras pour tenter d'en délivrer l'essence… Un pari aussi fou que réussi.       <br />
              <br />
       <b>L'ensemble de ces spectacles a été vu le samedi 20 janvier dans le cadre du "Parcours Le Bouscat-Bordeaux" du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709080.jpg?v=1706630157" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Aimons-nous vivants"</strong></span>       <br />
       Théâtre-Cirque, travail en cours.       <br />
       Conception : MMFF – Arnaud Saury.       <br />
       Écriture et interprétation : Arnaud Saury et Samuel Rodrigues.       <br />
       Collaboration artistique : Suzanne Joubert et Marie Vaissière.       <br />
       Coach Mât Chinois : Kinane Srirou.       <br />
       Lumière : Jean Ceunebroucke et Alix Veillon.       <br />
       Régie générale : Paul Fontaine.       <br />
       Durée actuelle : 30 minutes.       <br />
       <b>A été représenté le vendredi 19 et le samedi 20 janvier à L'Atelier des Marches - Le Bouscat.</b>       <br />
       Création le 21 mars 2024 à L'Agora de Boulazac (24).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709478.jpg?v=1706630460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Encrages"</strong></span>       <br />
       Musique-concert.       <br />
       Artiste sonore : Audrey Poujoula.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709491.jpg?v=1706630532" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hire me, Please"</strong></span>       <br />
       Performance  - Chypre. Première française.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Panos Malactos.       <br />
       Dramaturgie : Odysseas I. Konstantinou et Panos Malactos.       <br />
       Costumes : Eleni Papavasiliou.       <br />
       Vidéos : Suzana Phialas.       <br />
       Durée : 15 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier à la Halle des Chartrons à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709513.jpg?v=1706630622" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Je dis elle"</strong></span>       <br />
       Théâtre création.       <br />
       D'après "Cet amour-là" de Yann Andréa et "Écrire" de Marguerite Duras       <br />
       Cie Monsieur Kaplan.       <br />
       Mise en scène et adaptation : Arnaud Poujol.       <br />
       Avec : Aline Le Berre, Élise Servières et Yacine Sif El Islam.       <br />
       Regard et lumières : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Création musicale : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création lumière : Antoine Auger.       <br />
       Vidéo : Erwin Chamard.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier à La Manufacture CDCN à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-2-Aimons-nous-vivants--Encrages--Hire-me-Please--Je-dis-elle_a3803.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude</title>
   <updated>2023-11-20T21:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a3763.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/76822654-55378757.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-11-21T06:44:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Décembre 1987. La célèbre romancière, Marguerite Duras reçoit Michel Platini, le non moins célèbre joueur de football, champion d'Europe, dans les bureaux du journal "Libé" lors d'un entretien de plus d'une heure. Ils échangent, digressent, s'appréhendent, se découvrent, parlent de football, de littérature, d'Italie, du drame du Heysel et… d'angélisme. Convoquée sur scène, la parole de ces deux monstres sacrés vient croiser les fantasmes de l'acteur et de l'actrice qui s'en emparent et rejouent le match.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378757.jpg?v=1700510859" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas la première fois que ce célèbre entretien &quot;Duras-Platini&quot; est adapté au théâtre. On peut avoir entendu parler de l'adaptation par Guy Naigeon au Nouveau Théâtre du 8e à Lyon, il y a plusieurs années, ou encore de celle de Mohamed El Khatib, au Studio 118 de la Maison de la Radio en 2019 avec Anne Brochet et Laurent Poitrenaux. Et peut-être d'autres encore que nous ignorons…       <br />
              <br />
       Michel Platini est face à la célèbre romancière qu'il ne connaît pas et dont il n'a jamais entendu parler ! Il vient de prendre sa retraite et, à cette occasion, a sorti un livre sur sa carrière, &quot;Ma vie comme un match&quot;.       <br />
              <br />
       Mais, au terme de cette interview qu'il a acceptée – parce que, dira-t-il, il aime être interrogé par des personnes qui ne s'y connaissent pas en foot –, il dira que cette heure passée avec Duras a été bien plus dure que n'importe quel match de sa carrière (sic).       <br />
              <br />
       La confrontation de ces deux monstres sacrés a pu interpeller, peut-être même faire sourire, et on peut se demander, surtout, ce qui a bien pu pousser la célèbre romancière qui vient de publier &quot;L'Amant&quot;, à interroger ainsi un joueur de football, aussi célèbre soit-il ! Après Michel Platini, Duras convoquera François Mitterrand…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378758.jpg?v=1700510900" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
     <div>
      Cette fois-ci, dans cette salle &quot;Marie Curie&quot; de la Reine Blanche, ce sont une comédienne et un comédien qui s'y collent. Neil-Adam Mohammedi, né en 1997 à Montréal, qui, avant de rentrer au CNSAD, a fait partie de la saison 4 de 1er Acte, ce qui lui a permis de rencontrer Stanislas Nordey, Anne Mercier et Olivier Py. Passionné d'écriture, de voyages et de fictions (tous genres confondus), Neil-Adam a déjà écrit trois pièces et plusieurs scénarios.       <br />
              <br />
       Je me souviens du jeune élève Neil, en classe de 4e au Collège Maréchal Leclerc de Puteaux, il y a plusieurs années. Un peu secret et réservé, à la limite d'une certaine suffisance, mais somme toute très subjective, quelque chose en lui m'interpellait déjà, mais j'étais loin d'imaginer un jour qu'il afficherait autant de prestance et de charisme sur un plateau de théâtre… Même si quelque chose en mon for intérieur me faisait croire qu'il aurait un bel avenir sans savoir encore lequel, forcément !       <br />
              <br />
       Gageons que Michel Platini, dans cette adaptation ô combien émouvante de l'entretien, serait fier de l'incarnation qui est portée ici par ce jeune talent ambitieux. Le spectacle débute par une parole nette et captivante qu'il interprète de façon très convaincante en reprenant intégralement les premières pages du livre autobiographique de Platini. C'est empreint d'une grande tendresse et dès les premiers instants, le comédien parvient à captiver l'attention des spectateurs.       <br />
              <br />
       &quot;Il y a quelque chose en lui de Platini &quot;… Ce ne sont pas les paroles de la chanson bien connue, mais c'est la réalité. Brun, aux cheveux ondulés et au regard noir perçant, Neil-Adam a incontestablement quelque chose de Michel Platini et, dans son interprétation, les mots sonnent fort justement, sans failles. L'incongruité dont on a pu parler autour de cette interview qui, au bout du compte, se révèle être davantage un entretien, est ici rapidement balayée grâce à l'interprétation des acteurs et actrices. Il suffit d'assister à la représentation pour balayer cette idée préconçue. Ces deux intelligences si différentes furent finalement en totale union et complicité, et les interprètes, appuyés(es) par la scénographie, le restituent bien joliment.       <br />
              <br />
       Neil-Adam Mohammedi campe parfaitement un Platini peu impressionné par la célèbre femme de lettres. Il ne la connaît pas et n'a donc aucune raison d'être impressionné ! Le comédien parvient, par moments, à convoquer de façon subtile un détachement apparent qui cache un grand professionnalisme. Un moment de bravoure particulier apparaît lorsqu'il énumère brillamment les différents trophées remportés par Platini, chacun accompagné de leurs années respectives !       <br />
              <br />
       Cyrielle Rayet, quant à elle, porte la parole de Marguerite Duras. De son côté, rien de son physique ne rappelle celui de la célèbre romancière. Silhouette fine aux longs cheveux auburns, elle parvient, elle aussi, à marquer de nombreux buts avec élégance, dans la retranscription des paroles prononcées par Duras grâce à une gestuelle calibrée et fluide qui apporte au texte quelque chose de presque hypnotique.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/76822654-55378824.jpg?v=1700511432" alt=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" title=""Duras-Platini" Morceau d'anthologie culturelle d'où se dégage, subtilement, une idée de la solitude" />
     </div>
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      Née à Albi, c'est au cours Florent qu'elle rencontre Simon Eli Galibert avec qui elle travaillera sur plusieurs créations, ainsi que Laure Marion. À ses côtés, elle crée le Collectif Louves avec neuf autres comédiennes. En 2015, elle intègre le TNB où elle explore et développe une recherche autour de la corporalité.       <br />
              <br />
       La jeunesse de ces deux interprètes confère à ce spectacle quelque chose d'intemporel, porté par des propos forts, justement mis en valeur et ingénieusement scénographiés par la jeune metteuse en scène et comédienne, Barbara Chenu, à la tête de la Compagnie Sochin. L'idée de placer le public face à face, sur des bancs en bois comme sur des gradins, est pertinente et, pour peu qu'on n'ait jamais assisté à un match de foot de notre vie, on se sent immédiatement projeté dans un stade. Le bruit et les hurlements en moins.       <br />
              <br />
       Un carré de pelouse synthétique semblable à un tatami de karaté trône au milieu du plateau et autour de lui, des dalles encastrables en mousse rouges et bleues évoquent subtilement le terrain de foot. C'est sur cet espace que les deux partenaires vont évoluer de façon juste et élégante.       <br />
       Louis Ripault, à l'intelligente dramaturgie, nous faire revivre ce morceau d'anthologie culturel français, duquel se dégage aussi, de façon nette et récurrente, l'idée de solitude, pour peu qu'on tende bien l'oreille… Tant du côté de Duras que de Platini.       <br />
              <br />
       On peut donc être célèbre, adulé, au firmament de la gloire, et n'en rester pas moins profondément humain avec tout ce que cela signifie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Duras-Platini Son match le plus dur"</b></div>
     <div>
      Texte : d'après l'interview des 14 et 15 décembre 1987 publiée dans Libération.       <br />
       Mise en scène : Barbara Chanut.       <br />
       Avec : Barbara Chanut, Liza Lamy, Neil-Adam Mohammedi et Cyrielle Rayet.       <br />
       Dramaturgie : Louis Ripault.       <br />
       Régie générale et co-création lumière : Clément Balcon.       <br />
       Co-crétion et régie lumière : Rose Bienvenu.       <br />
       Création sonore : Liza Lamy + Collectif Vel.Cro.       <br />
       Conseils costumes : Lucie Duranteau.       <br />
       Production : Compagnie Sochin.       <br />
       Durée : 1 h 20       <br />
       Le spectacle a reçu le label &quot;Olympiade Culturelle&quot; de la part de Paris 2024.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 octobre au 26 novembre 2023.</span>       <br />
       Mercredi et vendredi à 21 h, dimanche à 18 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Paris 18e, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Duras-Platini-Morceau-d-anthologie-culturelle-d-ou-se-degage-subtilement-une-idee-de-la-solitude_a3763.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie</title>
   <updated>2023-04-05T15:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-ou-je-croyais-etre-il-n-y-avait-personne-un-road-movie-durassien-ou-l-art-d-ecrire-la-vie_a3549.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/71946143-50110098.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-04-06T07:14:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si rien de ce qui est, n'est, tout ce qui naît donc dans l'imaginaire de deux électrons du théâtre émergent, existe vraiment… Avec un humour décalé et un brin mélancolique, la troublante Anaïs Müller et l'inénarrable Bertrand Poncet se lancent corps et âme dans une entreprise aux dimensions immanquablement durassiennes. En effet, en panne d'inspiration, ils se saisissent de l'opportunité d'un écrit leur tombant dans les mains… "Agatha", pièce de théâtre et film de la locataire des Roches Noires, devient le tremplin rêvé de leur création in vivo.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110098.jpg?v=1680691289" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;La vie c'est la vie… Tout cela c'est la faute à la vie. Mais pour l'amour du ciel qu'est-ce que vivre ?&quot;,</span> c'est par ce questionnement comico-philosophique écrit en fond de scène que les spectateurs sont accueillis avant que n'apparaissent, emmaillotés dans des cartons, les deux histrions affublés de vêtements tyroliens dessinés à gros traits. On les surprend en train de travailler un texte alambiqué de Robert Musil, &quot;L'Homme sans qualités&quot;, où l'auteur et son héros Ulrich usent de stratagèmes afin de fuir l'insatisfaction du réel. Mais vouloir échapper à la pesanteur de la réalité les fait buter sur une aiguille à cheveux n'appartenant pas à Agathe, sœur jumelle d'Ulrich, laquelle, de désespoir - elle est amoureuse de son frère ! - tente de se suicider à la vue de l'intruse.       <br />
              <br />
       Clap… Constatant que cette histoire ne marche décidément pas, les comédiens s'arrêtent de la jouer… pour invectiver vertement le public et le menacer, s'il n'est pas plus coopérant, d'étirer très en longueur la pièce. Improvisations dont ils useront à d'autres reprises pour émailler le texte de leurs réflexions à vif… Et, comme actuellement ils n'ont rien à dire de personnel, les acteurs attendent l'inspiration… comme d'autres ont attendu Godot.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110100.jpg?v=1680691317" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      La solution vient du ciel sous la forme d'un roman tombant opinément des cintres. Et comme il n'y a pas plus que l'épaisseur d'un cheveu pour que l'Agathe de M.D., elle-même amoureuse du petit frère, recouvre celle de Robert Musil, le moteur est trouvé… <span style="font-style:italic">&quot;Duras, c'est qui celle-là ?&quot;</span> interrogent-ils avec une candeur enjouée. Une séquence filmée projetée répond à leur interrogation. On y voit défiler la mer, une femme de dos, une paire de lunettes à épaisse monture d'écailles, une chevalière, une bouteille de vin, une machine à écrire aux feuillets battus par le vent du large, autant de fragments recomposant le monde selon Duras. Eux deux entrent dans le bal, ils virevoltent sur la plage qu'on imagine être celle de Trouville.       <br />
              <br />
       Ainsi s'écrit, à grands renforts de mimiques appuyées et de jeux improvisés, un remake dicté sous influence, celle de l'auteure d'&quot;Agatha&quot;. <span style="font-style:italic">&quot;Écrire, c'est pas écrire une histoire mais ce qu'il y a autour&quot;…</span> On y retrouve les mêmes thèmes qui s'entrelacent - l'amour, l'inceste, le vide existentiel -, le même balancement des mots, les mêmes silences et échos distillant une petite musique entêtante. Sous les crépitements frénétiques du clavier de l'antique Remington, les lettres aux lettres succèdent. <span style="font-style:italic">&quot;Elle lui déclarait son amour… Tu serais ma sœur… Elle n'affrontait pas son désir… L'amour de son frère était le plus grand des amours…&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Très vite, jouant à se faire croire que, frère et sœur, ils s'aimaient, la fiction leur monte à la tête, les enivre, déborde dans le réel au point que Bert s'échauffe. Se précipitant sur la cheville d'Ange, il la fait choir au sol, il la mord. Revenant à eux, ici et maintenant, leurs personnages s'évadent de l'histoire en train de se raconter pour rejoindre la réalité, et se demandent à brûle pourpoint : <span style="font-style:italic">&quot;Je parle de toi à moi… Tu voudrais des enfants ? Plus t'as d'enfants, plus t'es pauvre. Mais être riche, à quoi ça sert si t'es seul ?&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Moment clef de la célébration, la mythique interview réalisée par Bernard Pivot invitant M.D. sur le plateau d'Apostrophes. Elle prend ici la forme d'un pastiche hilarant où Bert, l'air pénétré, prend des accents déclamatoires - <span style="font-style:italic">&quot;Marguerite Durâââss, est-ce inconfortâââble d'écriiire ? Les désillusions, les promesses de l'aube non tenues…&quot;</span> - et où Ange disserte d'une voix rauque sur <span style="font-style:italic">&quot;le malheur de devoir écrire, ce malheur qu'on porte en soi&quot;…</span> avec, comme alliée, une bouteille de vin bu à même le goulot quand l'inspiration vient à manquer…       <br />
              <br />
       Lorsque le jeu reprend - <span style="font-style:italic">&quot;Ils ne sortent que la nuit… Un bonheur trop grand… L'extase…&quot;</span> - Bert stoppe net Ange qui se colle à lui au bord de l'excitation orgasmique. <span style="font-style:italic">&quot;Arrêtons-là, ça va trop loin…&quot;</span>, dit-il. Entre dialogue et récitatif, le pouvoir incantatoire d'&quot;Agatha&quot; est tel que les frontières entre personne et personnage se brouillent, un trouble identitaire les gagne… et ce trouble gagne aussi le spectateur ballotté irrésistiblement entre fictions mises en abyme et réalités vécues.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110154.jpg?v=1680691457" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      Multipliant facétieusement les registres, se filmant champ contre champ &quot;à la manière de&quot;, Ange et Bert, avatars d'Anaïs et Bertrand (à moins que ce ne soit l'inverse…), émaillent ce road-movie durassien de désirs personnels (<span style="font-style:italic">&quot;Et maintenant qu'est-ce que je fais de ta déclaration ?&quot;</span>). Le réel fabuleusement flouté, le plateau tout entier devient la fabrique de la vie revisitée par Marguerite Duras dont le credo - écrire la vie - trouve-là sa réalisation.       <br />
              <br />
       Ainsi, ravis à nous-mêmes - comme Lol V. Stein avait pu l'être un petit matin, sidérée après avoir vu son fiancé danser toute la nuit dans les bras d'Anne-Marie Streitter, la femme de Calcutta, l'enfant chérie de Venise -, nous sommes attirés par la puissance magnétique de &quot;Là où je croyais être, il n'y avait personne&quot;… Titre ô combien hypnotique, emprunté à l'une des dernières paroles prononcées par M.D. actant qu'elle n'était pas ce qu'elle pensait être, l'existence restant à jamais une page blanche, une zone inconnue à parcourir <span style="font-style:italic">&quot;en tous sens&quot;</span>. <span style="font-style:italic">&quot;M.D.M.A. Marguerite Duras Moi Aussi&quot;</span>, dixit Ange, porte-paroles de nous tous.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 23 mars 2023 au TnBA, Salle Vauthier, à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Là où je croyais être, il n'y avait personne"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110165.jpg?v=1680691495" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
     <div>
      Texte et conception : Anaïs Muller, Bertrand Poncet.       <br />
       Avec : Anaïs Muller et Bertrand Poncet.       <br />
       Dramaturgie : Pier Lamandé.       <br />
       Musique : Antoine Muller et Philippe Veillon.       <br />
       Scénographie : Charles Chauvet.       <br />
       Lumière : Diane Guérin.       <br />
       Vidéo : Romain Pierre.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       Ce deuxième volet des &quot;Traités de la perdition&quot; a reçu le prix du jury du Festival Impatience 2021.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du mardi 21 au samedi 25 mars 2023 au TnBA de Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       28 avril 2023 : La Comédie de Ferney-Voltaire - 01210 Ferney-Voltaire (01).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71946143-50110172.jpg?v=1680691539" alt=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" title=""Là où je croyais être, il n'y avait personne"… un road-movie durassien ou l'art d'écrire la vie" />
     </div>
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     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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