<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="https://www.larevueduspectacle.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="https://www.larevueduspectacle.fr/xml/atom.xml" />
 <id>https://www.larevueduspectacle.fr/</id>
 <updated>2026-07-13T02:16:48+02:00</updated>
 <generator uri="http://www.wmaker.net">Webzine Maker</generator>
  <geo:lat>48.6710424</geo:lat>
  <geo:long>2.3340589</geo:long>
  <icon>https://www.larevueduspectacle.fr/favicon.ico</icon>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé</title>
   <updated>2025-07-10T10:44:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-En-attendant-Godot--le-temps-le-temps-et-rien-d-autre-Beckett-transcende_a4298.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89812793-63453674.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-09T16:56:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'une des pièces les plus jouées au monde d'un auteur consacré… Alors quel miracle peut-il bien encore se produire, durant ce juillet au Théâtre des Halles, pour que l'on "découvre" ce monument théâtral avec le charme si particulier des premières fois ? La mise en scène tonique et onirique de Jacques Osinski qui, tout en respectant à la lettre les prescriptions de l'auteur en transcende l'esprit, et les interprétations "hors sol" du duo Jacques Bonnaffé - Denis Lavant insufflant une vie neuve au couple légendaire formé par la paire Vladimir et Estragon, en sont sans conteste le ferment.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453674.jpg?v=1752074219" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      L'arbre… le fameux arbre famélique comme seul décor avant l'apparition à deux reprises de la blafarde (ainsi la nomme Estragon, poète aux semelles de vent) ponctuant la fin d'un jour et en annonçant un autre semblable en tous points qui lui succédera inévitablement. Une attente réitérée, celle d'un Je-ne-sais-qui (nommé ici Godot, puisqu'il faut bien nommer les choses et les êtres pour penser que soi-même on existe) et d'un Presque-rien (des actions menues, se déchausser, (se) raconter même si c'est pour se dire que l'on n'a rien à se dire) renvoyant aux deux concepts du philosophe humaniste Vladimir Jankélévitch justifiant ainsi leur nécessité : <span style="font-style:italic">&quot;Comme toutes les choses très importantes, plus elles jouent un grand rôle dans notre vie, plus elles sont impalpables, invisibles, manipulables&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le décor étant planté, comme on le dit traditionnellement, entrons dans le vif du sujet par le lever de rideau (qui n'existe pas plus que le personnage-titre)… Un arbre, substrat du vivant végétal dépouillé de ses feuilles… Le contemplant, et faisant dos au monde ordinaire (le nôtre, spectateurs arrimés à nos fauteuils), un homme, substrat de l'espèce, la nôtre. L'homme semble totalement absorbé par ce rien à voir. Quant à l'autre homme, assis sur un tas de pierres, substrat du monde minéral déposé à l'avant du plateau, son attention entière est mobilisée par un soulier récalcitrant qu'il s'échine, dans des grimaces expressives, à vouloir retirer de son pied. Ledit soulier retiré, son contenu examiné avec soin et grande lenteur, le constat sans appel est édifiant : <span style="font-style:italic">&quot;Il n'y a rien à voir&quot;</span>…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453693.jpg?v=1752074234" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Ce tableau liminaire, baigné d'un silence enveloppant comme une nappe poétique, donne le tempo… Avant que rien ne commence – et que rien ne se passe, si ce n'est de menus incidents destinés à occuper la vacuité du temps et de l'espace – tout est dit dans le (presque) rien présent. Beckett désappris… pour mieux le donner à entendre et voir.       <br />
              <br />
       Les deux hères à la mine débonnaire (et ce n'est pas là uniquement pour la rime), unis comme pas d'eux et n'arrêtant pas de vouloir se séparer en se jetant continûment dans les bras l'un de l'autre (seul à deux, c'est être à moitié seul) vont passer le temps qui passe en eux et en nous en se racontant des histoires, histoires qui n'aboutissent pas… si ce n'est par la ponctuation remarquable s'il en est d'Estragon : <span style="font-style:italic">&quot;Je trouve ça Extraordinairement intéressant&quot;</span>. Dans ce jeu aux confins des limites de la logique euclidienne, Denis Lavant et Jacques Bonnaffé, le tenant d'une vie de bohème et d'illuminations associé au philosophe bonhomme, excellent de complicité jouissive.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce qu'on fait ? - On attend. - Mais en attendant ?… Pendons-nous, on bandera ! Oui, mais lequel en premier ? Il est urgent de réfléchir avant de se prononcer…&quot;.</span> Heureusement que l'irruption de l'étrange attelage composé de Pozzo, maître intransigeant, et de Lucky, son esclave entravé par une corde, va venir créer diversion les arrachant un temps à des questions métaexistentielles… pour en faire surgir d'autres qui le sont tout autant. Pourquoi le Knouk (le sous-homme tenu en laisse) ne dépose-t-il pas ses bagages ? Et comme, face à cette énigme abyssale, le maître reste muet, les deux clochards célestes reposeront la question en l'articulant savamment sans qu'un seul mot ne sorte de leur bouche…       <br />
              <br />
       Long silence, chacun absorbé par lui-même, interrompu par ces saillies d'un bon sens à tout rompre : <span style="font-style:italic">&quot;En attendant, il ne se passe rien. - Vous vous ennuyez ? - C'est pas folichon…&quot;.</span> Alors, on se distraira en faisant &quot;penser du chapeau&quot; le bougre sortant de son mutisme pour débiter une bouillie de mots jargonnant à l'excès. Ainsi en va-t-il de l'existence du langage, quand on prétend vouloir le soumettre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453724.jpg?v=1752074254" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Estragon, superbement hiératique, les mains plantées dans les poches de son pantalon troué, Vladimir campé solidement sur ses jambes, les deux nous faisant face, commenteront avec une lucidité désarmante le départ de l'attelage improbable : <span style="font-style:italic">&quot;- Ça fait passer le temps… - Il serait passé sans ça… - Oui, mais moins vite… - Allons nous-en… - On peut pas, on attend Godot&quot;…</span> Intarissables pour ne pas penser, ils trouveront toujours quelque chose à dire pour – sans en être dupes – prolonger le dur désir d'exister dans le néant d'une répétition sans fin débouchant sur l'amnésie des lieux, du temps et des personnes que le hasard met face à eux.       <br />
              <br />
       Et le miracle, c'est que cette absurdité de l'existence révélée dans le creux des paroles échangées et des (non)situations vécues, au lieu de nous atteindre au plexus… nous réjouit jusqu'à nous rendre pleinement sereins, pour ne pas dire euphoriques. Mais pourquoi donc ce non-sens apparent ? Sans doute que le traitement finement burlesque des situations, incarnées avec un naturel ludique à désarmer les plus mélancoliques des représentants humains, est le sésame de l'épiphanie ressentie. Un tour de force pour une pièce signée Samuel Beckett, non pas trahi… mais exalté.        <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le lundi 7 juillet 2025 au Théâtre des Halles  (salle Chapitre).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En attendant Godot"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453784.jpg?v=1752074678" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      Création 2025.       <br />
       Texte : Samuel Beckett (publié aux Éditions de Minuit).       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Jacques Bonnaffé (Vladimir), Jean-François Lapalus (Lucky), Denis Lavant (Estragon), Aurélien Recoing (Pozzo).       <br />
       Et à l'écran : Léon Spoljaric-Poudade.       <br />
       Scénographie : Yann Chapotel.       <br />
       Lumière : Catherine Verheyde.       <br />
       Costumes : Sylvette Dequest.       <br />
       Durée : 2 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 21 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle Chapitre, rue du Roi René, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/spectacles/representations/6002-en-attendant-godot" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">>> theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453786.jpg?v=1752074719" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       27 juillet 2025 : Festival de Théâtre, Figeac (46).       <br />
       29 juillet 2025 : Festival Beckett, à Roussillon (84).       <br />
       Du 25 mars au 3 mai 2026 : Théâtre de l'Atelier, Paris.       <br />
       Mars 2026 : tournée en Rhône-Alpes.       <br />
       Printemps 2026 : tournée au TAP, Poitiers (86).       <br />
       Automne 2026 : Théâtre Montansier à Versailles (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89812793-63453794.jpg?v=1752074744" alt="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" title="•Off 2025• "En attendant Godot", le temps, le temps, et rien d'autre… Beckett transcendé" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-En-attendant-Godot--le-temps-le-temps-et-rien-d-autre-Beckett-transcende_a4298.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant</title>
   <updated>2024-09-30T21:25:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Cap-au-pire-L-avant-derniere-oeuvre-de-Beckett-mise-en-corps-par-un-Denis-Lavant-transcendant_a4052.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83160287-59578985.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-09-30T20:18:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le noir se fait et le son des voix disparaît. C'est ainsi que commence "Cap au pire" au Théâtre 14. Silence et pénombre imposent une écoute, une attention, un affût du moindre mouvement, du plus petit son qui indiquerait que le spectacle va débuter. Que quelque chose va se passer. Silence et pénombre vont pourtant accompagner, ponctuer, habiller tout le spectacle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578985.jpg?v=1727722558" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Quand la lumière paraît sous forme d'un rectangle de lumière qui éclate au sol de blancheur, Denis Lavant se place l'avant des chaussures mordant ce petit rectangle comme s'il était juste au bord. Et puis le silence. Et puis <span style="font-style:italic">&quot;Encore. Dire encore. Soit dit encore. Tant mal que pis encore. Jusqu'à plus mèche encore. Soit dit plus mèche encore.&quot;</span> prononce la silhouette <span style="font-style:italic">&quot;mains inclinées sur crâne atrophié&quot;</span>, tel un spectre aux traits inversés par l'éclairage venant d'en bas. Comme les enfants font peur aux adultes en braquant une torche sous leurs mentons.       <br />
               <br />
       Il y a en effet de la gaminerie encore dans le texte de Samuel Beckett, avec des éclats d'humour qui font briller la dérision de l'existence. Il y a surtout, dans ce texte comme dans la plupart des textes de l'auteur, une exploration des profondeurs de l'âme humaine. Ou plutôt, une fouille d'un état de conscience qui se fiche bien de toute l'apparence futile et sonnante de la vie belle.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Cap au pire&quot;, Beckett explore ce qui peut s'exprimer de l'humain lorsqu'il se trouve suspendu dans un instant. Enfermé dans un instant. L'écriture extrême, désarticulée, dégrammatalisée, désyntaxée, parfois déformée, qu'il emploie est la matière et le fond même de ce qu'il dit. Plus rythme que sens, il parvient pourtant à former des images, de l'imaginaire, un vieil homme qui tient la main d'un enfant comme un pont temporel, l'imaginaire qui semble finalement au centre même du propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578993.jpg?v=1727722583" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Denis Lavant se laisse devenir le conducteur de ce cheminement de mots. Au rythme, il ajoute le souffle, pourtant dans une immobilité totale. Le texte de Beckett bouillonne tranquillement en lui comme une marmite sur le coin du feu, et les mots s'envolent de sa bouche comme des vapeurs et dessinent dans la pénombre du plateau l'imaginaire âpre, presque cadavérique, fragile et puissant.       <br />
              <br />
       Lorsqu'on parle à Denis Lavant du personnage qu'il incarne, il rit et dit : <span style="font-style:italic">&quot;Quel personnage ?&quot;.</span> C'est tout le paradoxe. Qu'il incarne avec tout son beau talent et, cependant, c'est bien la matière même du texte, des mots, de la parole qui agit sur scène. L'écriture est cependant bien la force appelée, comme on appelle un esprit autour d'une table de salon. Tout fait référence à cette discipline qui emporte celui qui la pratique dans un autre calcul du temps, un autre espace, une vision.       <br />
              <br />
       La mise en scène de Jacques Osinski empêche tout parasite susceptible de corrompre le texte. La pénombre domine pour ne laisser que l'acteur posé sur sa page blanche dire les mots. Laissant Denis Lavant dans une immobilité (qui n'empêche pas celui-ci de vivre ses mots en un joli vagabondage de l'esprit), tout le tragique, tout le comique du texte et toutes ces brisures qui montrent ces moments où l'âme tressaille et se fêle, sont ainsi mises en valeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578994.jpg?v=1727722630" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Cela demande une certaine exigence pour le spectateur, mais &quot;Cap au pire&quot; donne la rare occasion de toucher des zones obscures, sortes de terrains vagues de perdition que chacun porte craintivement caché en lui.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Cap au pire"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83160287-59578996.jpg?v=1727722665" alt=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" title=""Cap au pire" L'avant-dernière œuvre de Beckett mise en corps par un Denis Lavant transcendant" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Beckett.       <br />
       Traduction : Édith Fournier (Éditions de Minuit)       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Denis Lavant.       <br />
       Lumières : Catherine Verheyde.       <br />
       Scénographie : Christophe Ouvrard.       <br />
       Costumes : Hélène Kritikos.       <br />
       Production Cie L’aurore boréale.       <br />
       Avec le soutien du Théâtre des Halles, Scène d'Avignon.       <br />
       À partir de 16 ans.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 19 octobre 2024.</span>       <br />
       Mardi, mercredi, vendredi à 20 h, jeudi à 19 h et samedi à 16 h.       <br />
       Théâtre 14, Paris 14e, 01 45 45 49 77.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre14.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatre14.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Cap-au-pire-L-avant-derniere-oeuvre-de-Beckett-mise-en-corps-par-un-Denis-Lavant-transcendant_a4052.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier</title>
   <updated>2023-01-23T19:27:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Fin-de-partie-Le-rire-cinglant-de-Samuel-Beckett-traverse-le-silence-dans-la-salle-du-theatre-de-l-Atelier_a3495.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70324497-49060706.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-01-24T07:12:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On est comme au bord d'un gouffre. Pourtant, il n'y a pas grand-chose de vertigineux sur le plateau. Une pièce fermée avec deux fenêtres tout en haut des murs grisâtres comme dans une cave, comme deux écoutilles, et puis deux poubelles immenses rouillées, et deux hommes immobiles, l'un debout, l'autre assis sous un drap, cloué dans un fauteuil roulant, archaïque. Le gouffre ne saute pas aux yeux immédiatement, il ne se voit pas, mais il est là depuis des siècles, depuis que ces personnages vivent, il est au fond d'eux-mêmes, il est entre eux, il est face au public.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70324497-49060706.jpg?v=1674498852" alt=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" title=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" />
     </div>
     <div>
      Le personnage debout, c'est Clov, sous l'apparence de Denis Lavant. Il se déplace comme s'il avait une hanche bloquée, mais il marche. L'autre, celui qu'on découvre sous le drap, le visage couvert par un mouchoir ensanglanté, c'est Hamm, l'aveugle, derrière les lunettes duquel joue Frédéric Leidgens. Lui ne marche plus du tout, mais il dirige tout ça. Tout ça, c'est cette maison bâtie entre terre et mer, et Clov et, dans les deux poubelles, la mère et le père d'Hamm qui sortent de temps en temps leurs têtes, leurs souvenirs, leurs demandes, leurs restes à vivre.       <br />
               <br />
       Dans cette bâtisse qui semble comme une institution quasi éternelle, règne un ordre du même type, régenté par Hamm, l'aveugle impotent, vaguement despote. Qui règne sur ce petit monde. Qui est tout le monde connu. Cela sent tout de même la fin du voyage, la fin des temps, même si chaque jour doit un peu sentir la même chose, on se dit. Chaque jour, Clov annonce qu'il quitte Hamm, qu'il va partir, chaque jour la mère ou le père meurt un peu plus, chaque jour, il ne reste presque plus rien en réserve de nourriture, de médicaments dans la maison.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70324497-49060713.jpg?v=1674498903" alt=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" title=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" />
     </div>
     <div>
      Beckett semble raconter ici ce qui n'en finit pas de finir. Avec classe, sans jugement, sans sentimentalisme, au contraire. En racontant ceci, il raconte la vie, l'étrange vie humaine d'entre les humains qui sont entre eux autant d'entraves aux libertés et qui, pourtant, ne cessent d'avoir besoin des autres, de se chercher, de vivre en symbiose. La pièce est organique, Clov et Hamm et Nell et Nagg sont comme des cellules d'un corps qui les dépassent. Impossible pour eux d'exister sans les autres comme si tous étaient incomplets de nature. Même les noms semblent incomplets, tronqués, toujours, de naissance, d'origine, Clov, Hamm, Nell, Nagg. Des paires, des pairs et de pères à n'en plus finir.       <br />
               <br />
       Une lecture de cet aspect d'incomplétude qui est évidente pour les deux personnages principaux. L'un marche avec douleur, mais ne peut se coucher, l'autre ne peut marcher, ne voit pas, mais possède l'autorité. On pourrait les croire complémentaires, mais ils sont symbiotiques comme certains micro-organismes. Avec cette pièce, Beckett écarte les jolies enjolivures de la vie, les bons sentiments, les parures de fête pour peser le poids de cette vie même, sans ornements, et cet éphémère tragique qui finit toujours par gagner sur toutes les vieilles croyances ridicules, ces fumées.       <br />
               <br />
       Jacques Osinski, le metteur en scène, est un explorateur de longue date de l'œuvre de Beckett. De même que Denis Lavant avec qui ils ont déjà fait deux spectacles précédemment : &quot;Cap au pire&quot; et &quot;La dernière bande&quot;. Il s'est entouré dans cette pièce de quatre implacables interprètes. Implacables, car ils ne laissent pas une chance à la moindre critique tant ils sont d'une parfaite justesse dans la création de leurs différents rôles. Denis Lavant n'a pas besoin de parler pour mettre au monde un Clov totalement expressif. Le corps, l'intensité du jeu, du regard, tout est là pour susciter l'attention et découvrir cet être en constante quête de délivrance.       <br />
              <br />
       Frédéric Leidgens, cloué au fauteuil, les yeux opaques, est la présence vertigineuse de Hamm au centre du plateau, exactement au centre du monde comme le noyau dans une cellule d'un corps beaucoup trop vaste pour en avoir perception. Ses mains, mais surtout sa manière de dire ce texte et cet affût où s'agite perpétuellement sa tête en fait un personnage entre insecte et mécanique, impressionnant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70324497-49060788.jpg?v=1674499046" alt=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" title=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" />
     </div>
     <div>
      La mère et le père, dont on ne voit que la tête et les mains, ne font que quelques apparitions, mais Claudine Delvaux et Peter Bonke ont tous deux une telle présence, un tel doux impact qu'ils restent en mémoire, eux qui sont les derniers récipiendaires de la mémoire.       <br />
               <br />
       Jacques Osinski et chacun des interprètes de la pièce ont pris le texte de Beckett avec une extrême humilité, mais surtout avec un sens aigü du rythme, de la respiration et des silences, ce qui donne à toute la pièce une grande puissance parsemée deci delà de rires, de fascinations et d'émotions.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Fin de partie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70324497-49060789.jpg?v=1674498992" alt=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" title=""Fin de partie" Le rire cinglant de Samuel Beckett traverse le silence dans la salle du théâtre de l'Atelier" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Beckett, publié aux Éditions de Minuit.       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec Denis Lavant (Clov), Frédéric Leidgens (Hamm), Claudine Delvaux (Nell) et Peter Bonke (Nagg).       <br />
       Scénographie : Yann Chapotel.       <br />
       Lumières : Catherine Verheyde.       <br />
       Costumes : Hélène Kritikos.       <br />
       Tout public à partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 janvier au 5 mars 2023.</span>       <br />
       Du mardi au samedi 19 h, dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre de l'Atelier, Paris 18e, 01 46 06 49 24.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-atelier.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-atelier.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Fin-de-partie-Le-rire-cinglant-de-Samuel-Beckett-traverse-le-silence-dans-la-salle-du-theatre-de-l-Atelier_a3495.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…</title>
   <updated>2022-02-16T10:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Cahiers-de-Nijinski-Avant-que-le-rideau-ne-tombe-dansons-la-vie-contre-la-mort_a3179.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/62385168-45233191.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-02-16T10:13:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Urgent crier"… Frappé d'accents incantatoires, le titre phare du poète et homme de théâtre André Benedetto résonne en nous avec l'ultime cri d'un autre funambule de la scène, le danseur Vaslav Nijinski, lui qui, après avoir donné une dernière représentation privée à l'hôtel Suvretta en Suisse où il était venu trouver le repos, rédigea fébrilement ses "Cahiers" avant de se retirer… dans la folie. Aussi, lorsqu'un acteur danseur poète musicien du nom de Denis Lavant, puissamment fragile, s'empare à bras le corps de ses "é-cris", on se dit que quelque chose de l'ordre d'une symbiose va immanquablement se produire…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62385168-45233191.jpg?v=1645004213" alt=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" title=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" />
     </div>
     <div>
      Représenter sur un plateau une telle figure emblématique, celle du chorégraphe identifié au scandale de &quot;L'Après-midi d'un faune&quot; et du &quot;Sacre du Printemps&quot;, ne peut supporter le moindre faux pas, à entendre comme la moindre concession à l'ordre commun. Seul un acteur d'exception, capable d'incorporer les déliés d'un texte trempé dans le vif d'un sujet oscillant entre génie et folie pouvait prétendre au rôle. Il est vrai que l'acteur fétiche de Léos Carax au cinéma, se glissant dans la peau d'un troll aux ongles crochus et à l'habit vert barbouillé de brun, ou encore au théâtre, prêtant vie (la sienne) aux personnages &quot;en souffrance&quot; de Beckett ou à un Céline glorieux autant qu'odieux, n'en est pas à son coup d'essai.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je pense souvent à Antonin Artaud avec son idée obsessionnelle de remettre le corps humain sur la table de dissection, de le malmener, de le bouleverser en quelque sorte. Il s'agit bien là de cette combustion de l'être&quot;</span>, écrit Denis Lavant dans &quot;Échappées belles&quot;, son livre autoportrait. Et c'est bien mû par cette exigence chevillée au corps, qu'il apparaît devant nous sur la scène de La Reine Blanche. Tel qu'en lui-même, une bête de scène prête à en découdre avec les démons de celui qu'il incarne.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62385168-45233192.jpg?v=1645004236" alt=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" title=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" />
     </div>
     <div>
      Étayé par la présence envoûtante jusque dans leurs désaccords du violoncelle de Gaspar Claus et du saxophone de Matthieu Prual, Denis Lavant, sur un plateau sculpté par les ombres et lumières l'éclairant de manière fantomatique, compose un personnage en proie à des pulsions incoercibles… Une rage de vivre hurlée à la mort. Hurlé son amour pour les siens, pour l'humanité entière, et pour Dieu auquel il se confond volontiers. Le poitrail nu laissant saillir le plus infime de ses muscles, le visage creusé de rides expressives tordant les sentiments pour en exalter la profondeur abyssale, le corps de l'acteur travaillé par les assauts d'un texte chaotique se fait partition d'une musique intérieure dont la portée, épousant les heurs et malheurs du génial danseur, est maîtrisée dans ses moindres détails.       <br />
              <br />
       Dans quatre cahiers d'écolier, rédigés en moins de six semaines dans l'effervescence de la  &quot;maladie de l'âme&quot; qui subvertit sa raison mise à mal, Vaslav Nijinski en proie à une excitation maniaque consigne minutieusement - hors des accès de violence dont ses proches ont à souffrir - ce qui a vocation à devenir le livre des livres, celui qui ouvrira à l'humanité le chemin de sa rédemption. Visions hallucinatoires se mêlant aux éclats de la réalité vécue pour créer le récit de son &quot;mariage avec Dieu&quot;, cette fusion incandescente avec le grand tout qui l'entoure et dans lequel il aspire à se fondre. N'est-il pas Dieu lui-même, être de pur amour ? Associations libres renvoyant à la liberté de ses chorégraphies &quot;organiques&quot;, ses écrits résonnent comme les pas de danse de la vie contre la mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62385168-45233212.jpg?v=1645004303" alt=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" title=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" />
     </div>
     <div>
      L'amour jeté comme un cri déchirant sa nuit, celle d'un monde ressenti comme déserté par les sentiments et desséché par la raison. L'amour de Dieu imploré à cor et à cri contre la logique desséchante. Le sentiment exalté de Dieu, seul susceptible d'insuffler l'air nécessaire à l'existence. Tout n'est qu'appel mystique d'un être sentant le sol - le parquet de danse - se dérober sous ses pieds. De plus en plus exalté, les cahiers serrés contre son corps servant de pare-feu à la brûlure du chorégraphe qu'il incarne à s'y tromper, l'acteur traverse les assauts d'un esprit défaillant. Au paroxysme de ses illuminations, se saisissant d'un &quot;haut-parleur&quot;, il interprète en russe - la langue du danseur - une chanson surréaliste où il est question d'un homme-dieu, lui.       <br />
              <br />
       L'image distordue du visage de l'acteur, projetée sur grand écran en fond de scène, ajoute à l'inquiétante étrangeté ressentie.  En effet, si on est averti en se déplaçant dans un théâtre qu'il s'agit là d'une &quot;représentation&quot; et non d'une &quot;présentation&quot; d'un cas de folie à l'œuvre, on sent notre raison vaciller… jusqu'à se demander, tant tout &quot;résonne&quot; juste, tant &quot;organiquement&quot; tout se tient, si, face à nous, ce n'est pas Vaslav Nijinski réincarné en Denis Lavant…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Cahiers de Nijinski"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/62385168-45233213.jpg?v=1645004329" alt=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" title=""Les Cahiers de Nijinski" Avant que le rideau ne tombe, dansons la vie contre la mort…" />
     </div>
     <div>
      Texte : Vaslav Nijinski.       <br />
       Adaptation : Christian Dumais Lvowski.       <br />
       Porteur du projet : Matthieu Prual.       <br />
       Direction artistique : Matthieu Prual, en relation étroite avec toute l'équipe.       <br />
       Voix et corps : Denis Lavant.       <br />
       Violoncelle et électronique : Gaspar Claus.       <br />
       Saxophone, clarinette basse et électronique : Matthieu Prual.       <br />
       Création vidéo : Thomas Rabillon.       <br />
       Création lumière : Loïc Seveur.       <br />
       Regard chorégraphique : Jérémie Bélingard, danseur étoile de l’Opéra de Paris.       <br />
       Ingénieur du son : Matthieu Fisson       <br />
       Coach en langue russe : Kassian Berendt.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>L'avant-première de ce spectacle a au lieu le 17 décembre 2020 au Mac Orlan,  dans le cadre de la saison des Plages Magnétiques à Brest.       <br />
       Vu le samedi 29 janvier à 21 h, à Théâtre La Reine Blanche, Paris 18e, où le spectacle a été       <br />
       représenté les 29 et 30 janvier 2022.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Cahiers-de-Nijinski-Avant-que-le-rideau-ne-tombe-dansons-la-vie-contre-la-mort_a3179.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !</title>
   <updated>2019-10-21T10:38:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-derniere-bande-Enregistrements-magnetiques-performance-a-donner-la-banane-_a2577.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/38507836-33575639.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-10-21T10:38:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38507836-33575639.jpg?v=1571648020" alt=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" title=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" />
     </div>
     <div>
      Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, &quot;Cap au pire&quot; (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.       <br />
              <br />
       Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, &quot;il&quot; rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38507836-33575640.jpg?v=1571648076" alt=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" title=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" />
     </div>
     <div>
      Ce prologue qui s'étire, muet et drôle, nous rappelle que, si Samuel Beckett est connu pour avoir saturé ses pièces d'un pessimisme radical, il est aussi celui qui - toujours avec le même esprit irrévérencieusement décalé - s'est plu à créer des situations où l'humour a pour fonction de pulvériser les attentes convenues. Les allées et venues (nombreuses) en coulisses où l'homme affublé de la démarche hautement désarticulée d'un primate en goguette disparaît pour écluser quelque alcool (le bruit des flacons parvient jusqu'à nous), remplissent cette fonction du comique  promu au rang de dérision corrosive.       <br />
              <br />
       Le cadre étant installé, le va-et-vient entre écoutes des séquences antérieurement enregistrées sur les bobines - soigneusement numérotées, rangées dans des boîtes elles aussi flanquées d'un numéro - et commentaires lapidaires, grommellements en direct du protagoniste sur ce que fut sa vie &quot;mise en boîte&quot; par lui-même, est entrecoupé de longues pauses méditatives. La voix caverneuse de l'homme mûr, percutée par le timbre qui était le sien lorsqu'il avait trente ans, crée un arc électrique détonnant entre deux parts du même. Cependant le temps chez Beckett n'a rien de linéaire. Présent, avenir et passé participent d'un même état aux limites fluctuant comme la didascalie liminaire le rappelle : <span style="font-style:italic">&quot;Un soir, tard, d'ici quelque temps&quot;</span>, la confusion étant le propre d'un monde sans devenir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38507836-33575641.jpg?v=1562484655" alt=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" title=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" />
     </div>
     <div>
      i]&quot;Viens d'écouter ce pauvre petit crétin pour qui je me prenais il y a trente ans, difficile de croire que j'aie jamais été con à ce point-là&quot;]i, sonne le glas d'aspirations apparemment à jamais révolues. Et pourtant ce temps-là est aussi source de légèreté retrouvée, celle de plaisirs et d'un amour passé auxquels il n'a pas définitivement renoncé. <span style="font-style:italic">&quot;Me suis crevé les yeux à lire Effie encore, une page par jour, avec des larmes encore. Effie… Aurais pu être heureux avec elle là-haut sur la Baltique, et les pins, et les dunes&quot;</span>. Sa pensée s'enflamme : <span style="font-style:italic">&quot;Mes mains dans ses seins&quot;</span>,  telle est la mémoire éclatée qu'elle abolit les limites du temps pour repartir à la recherche du désir.       <br />
              <br />
       Quant à l'inénarrable salut de Denis Lavant, qui ponctue de spectacle en spectacle ses performances par une sorte d'arabesque gestuelle à en perdre son souffle, il est attendu  comme une signature au bas d'un tableau de maître.       <br />
              <br />
       La performance de l'acteur faisant corps avec le protagoniste de &quot;La dernière bande&quot;, pour lui insuffler l'esprit qui l'anime a quelque chose à voir avec une identification réussie. La question demeurant : qui a vendu son âme à l'autre ? L'acteur Denis Lavant ou Krapp, le personnage inventé par Beckett ? Quoi qu'il en soit, ce que l'on peut dire assurément, c'est que la mise en jeu de Jacques Osinski permet aux deux d'exister magnifiquement. Et Beckett qui usait beaucoup des didascalies aurait pu ajouter, pour montrer que s'il n'y a pas de début il n'y a pas non plus de fin : &quot;Un autre soir, tard, d'ici quelque temps&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La dernière bande"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38507836-33575642.jpg?v=1562484710" alt=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" title=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Beckett (texte publié aux éditions de Minuit).       <br />
       Mise en scène : Jacques Osinski.       <br />
       Avec : Denis Lavant.       <br />
       Lumières : Catherine Verheyde.       <br />
       Scénographie : Christophe Ouvrard.       <br />
       Costumes : Hélène Kritikos.       <br />
       Dramaturgie : Marie Potonet.       <br />
       Son : Anthony Capelli.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Compagnie L'Aurore Boréale.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 30 novembre 2019.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h, mardi à 19 h.       <br />
       Athénée Théâtre Louis-Jouvet, Grande Salle, Paris 9e, 01 53 05 19 19.       <br />
       <a class="link" href="https://www.athenee-theatre.com/index.htm" target="_blank">&gt;&gt; athenee-theatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/38507836-33575643.jpg?v=1562484737" alt=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" title=""La dernière bande" Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/La-derniere-bande-Enregistrements-magnetiques-performance-a-donner-la-banane-_a2577.html" />
  </entry>
</feed>
