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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-10T03:47:01+02:00</updated>
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   <title>"Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé</title>
   <updated>2024-06-04T15:09:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dom-Juan-Deconstruction-d-une-figure-legendaire-sous-le-masque-orgueilleux-du-seducteur-un-petit-macho-devoile_a3540.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2023-03-24T06:36:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dom Juan, la figure du superbe libertaire nihiliste parvenant irrésistiblement à ses fins grâce à un caractère des plus trempés, doublée de celle du séducteur impénitent doté d'un appétit dionysiaque le conduisant à enchaîner les conquêtes, vit là ses dernières heures… Le noble Dom Juan devient, sous l'effet de la mise en jeu de David Bobée, un pitoyable macho prédateur en proie à ses propres démons destructeurs. S'emparant de cette figure marquante du siècle classique, le créateur de "Lucrèce Borgia" et de "Peer Gynt" (vus sur ce même plateau du Carré) nous rend captifs près de trois heures durant, tant l'interprétation contemporaine du texte de Molière - respecté à la lettre - est d'une fulgurance saisissante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49914775.jpg?v=1679598696" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      D'emblée, la scénographie esthétiquement envoûtante propulse au milieu de monumentales statues évoquant la Grèce antique. Impressionnantes, elles apparaissent comme les témoins pétrifiés d'un passé glorieux en cours de délitement. D'une placidité inquiétante, leur masse imposante surplombe les acteurs. Elles deviendront le terrain de jeu de Dom Juan qu'elles domineront de leur gigantisme sans qu'il n'ait l'air d'y porter cas, aveuglé qu'il est par l'enflure d'un égo démesuré. Les ondes mouvantes des jeux de lumières et celles de la musique amplifiée, ajoutées aux fumerolles envahissant le plateau, complètent le dispositif scénique, lieu d'une tragi-comédie éclairée sous l'angle de préoccupations contemporaines se lovant au creux des mots de Molière.       <br />
              <br />
       Interprété par le très remarquable acteur congolais Shade Hardy Garvey Moungondo, à la voix chantée sublime et jouant de tous les registres, Sganarelle endosse avec bonheur le costume du valet de Dom Juan. Tour à tour persifleur, indigné ou faussement servile, de sa seule présence rayonnante, lui le valet soumis au maître despotique, il renverse le rapport d'adhésion aux personnages en devenant héros de cette pièce mythique. Quant à Dom Juan - interprété par le très convaincant Radouan Leflahison - pérorant à tort et à travers, fort lui de son seul titre le plaçant, croit-il, au-dessus des lois humaines et divines, il ne se départira jamais de sa morgue, quand bien même aurait-il à en mourir.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49914795.jpg?v=1679598850" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, dès son apparition, Dom Juan montre un homme dans toute la vérité de sa nature, un homme dénué de tout scrupule, sorte d'adulescent attardé brandissant son désir inextinguible de conquêtes féminines comme étendard d'une liberté masculine impétueuse. Son outrecuidance décomplexée a de quoi profondément choquer au temps du #metoo féministe, lui qui, avec une assurance défiant toutes mesures, additionne les dames et demoiselles de toutes classes, pourvu qu'elles soient jolies, avant de les soustraire de son existence qui n'a que faire de ses engagements d'incroyant.       <br />
              <br />
       Sublime menteur et bel acteur devant l'Éternel qu'il provoque, il tente - et y parvient souvent - d'embobiner ses victimes prêtes à croire ses logorrhées brodées de mensonges effrontés pour éviter de se sentir totalement flouées. Ainsi de la scène initiale avec Elvire où, avec un aplomb déconcertant, il tentera - certes en vain cette fois-là - de justifier son éloignement par des raisons de piété chrétienne aux antipodes de son athéisme forcené. Ainsi de la scène avec Charlotte et Pierrot (couple de paysans joués par deux acteurs d'origine chinoise) où il passera de l'un à l'autre en assurant chacun de son amour sincère
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49914891.jpg?v=1679598875" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      À ce sujet, on ne peut que pointer - non sans délice - comment le metteur en scène a déjoué l'archaïsme du texte original en mettant dans la bouche d'un acteur homme, parlant de plus le mandarin, le texte dédié à l'origine à Mathurine, paysanne dont Molière au XVIIe siècle se moquait du jargon. Là non seulement la langue mandarine (surtitrée en français) ne prête à aucune moquerie patoisante, mais c'est sur les lèvres d'un homme que Dom Juan déposera son baiser de traître…       <br />
              <br />
       Ne respectant ni dieu ni personne, Dom Juan avant de défier magistralement la statue du Commandeur qu'il a envoyé naguère à trépas, se moquera magistralement de sa mère (chez Molière, il s'agissait du père, la mère n'ayant pas droit de cité pour des affaires aussi graves) - venue condamner sa conduite impie, en lui servant à genoux un numéro de repenti digne de la Comédie Française. De même en fera-t-il avec Monsieur Dimanche venu lui réclamer son dû en bourrant sa bouche de victuailles dès qu'il tente d'articuler sa requête. Plus cruelle encore est la perversité avec laquelle il soumet à la tentation un pieux miséreux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49914905.jpg?v=1679598925" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      Quant à Sganarelle, sincèrement choqué par ces agissements, il n'a d'autre recours que dire sans dire tout en disant <span style="font-style:italic">&quot;J'ai à dire que… je n'ai que dire&quot;</span> et, en aparté, <span style="font-style:italic">&quot;Mon maître est le plus grand scélérat que la terre ait porté !&quot;</span>. Ses nombreuses réflexions &quot;à distance&quot; ont pour effet d'égayer une atmosphère polluée de bout en bout par les exactions d'un maître cynique qui, loin d'entraîner l'adhésion, suscite le rejet absolu. Seul un moment sauverait Dom Juan, celui où dans une adresse directe au public (à résonance très contemporaine), il disserte sur les avantages de la profession d'hypocrite amplement exercée par les représentants de l'église et des corps constitués…       <br />
              <br />
       L'apothéose de sa chute annoncée le montrera en cape rouge, le teint aussi livide que la pierre des statues gisant au sol. L'air ahuri, il défiera alors, au travers de la statue du Commandeur mise à bas, les forces de l'au-delà. Mais ce qui répondra à son défi de mortel, c'est une voix humaine, comme si le châtiment ne pouvait - pour David Bobée - être annoncé que par les humains ayant eu à souffrir, dans leur chair et leur âme, des œuvres de ce scélérat patenté. Quant au châtiment en lui-même, son exécution réservera une surprise à taille humaine…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49914906.jpg?v=1679598956" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      Une lecture flamboyante alliant, à la restitution d'un texte fabuleux, une mise en jeu et une interprétation contemporaine le donnant à entendre et à voir à l'aune des débats traversant notre actualité… Ainsi s'écroule - en écho au champ de ruines offert par les statues monumentales déboulonnées - le visage du séducteur et libre penseur &quot;ancré&quot; dans la tradition. Apparaissent, sous la lumière des projecteurs du théâtre, ses lézardes dévoilant les traits d'un être pitoyable, drapé dans sa superbe de noble arrogant ne respectant rien et tentant en vain de subvertir le sentiment de sa propre médiocrité. Macho méprisable, son entreprise auto destructrice &quot;réussit&quot; faute de n'avoir pu trouver ses limites.       <br />
              <br />
       L'autre réussite, elle, indéniable et ô combien réjouissante, appartient à David Bobée et à ses interprètes. Offrant un très grand moment de théâtre &quot;classique-contemporain&quot;, ils réenchantent la pièce de Molière… pour notre plus grand plaisir.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 16 mars 2023 à la Scène Nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dom Juan"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/71654556-49915228.jpg?v=1679601419" alt=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" title=""Dom Juan" Déconstruction d'une figure légendaire : sous le masque orgueilleux du séducteur, un petit macho dévoilé" />
     </div>
     <div>
      Création janvier 2023.       <br />
       Texte : Molière.       <br />
       Adaptation et mise en scène : David Bobée.       <br />
       Assistante et assistant à la mise en scène : Sophie Colleu et Grégori Miège.       <br />
       Avec : Nadège Cathelineau, Catherine Dewitt, Nine d'Urso, Radouan Leflahi, XiaoYi Liu, Jin Xuan Mao, Grégori Miège, Shade Hardy Garvey Moungondo, Orlande Zola.       <br />
       Scénographie : David Bobée et Léa Jézéquel.       <br />
       Lumières : Stéphane Babi Aubert.       <br />
       Vidéos : Wojtek Doroszuk.       <br />
       Musique : Jean-Noël Françoise.       <br />
       Costumes : Alexandra Charles.       <br />
       Décor : Les ateliers du Théâtre du Nord.       <br />
       Durée : 2 h 40.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté les 16 et 17 mars 2023 à la Scène Nationale Carré-Colonnes de Saint-Médard-en-Jalles (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">23 et 24 mars 2023 :</span> L'Avant-Seine, Colombes (92).       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 mars au 2 avril 2023 :</span> La Villette, Paris (75).       <br />
       <span class="fluo_jaune">6 et 7 avril 2023 :</span> Le Phénix - Scène nationale, Valenciennes (59).       <br />
       14 et 15 avril 2023 : Le Carré, Sainte-Maxime (83).       <br />
       Du 19 au 21 avril 2023 : Maison des arts, Créteil (94).       <br />
       Du 25 au 28 avril 2023 : La Comédie - Scène nationale, Clermont-Ferrand (63).       <br />
       4 et 5 mai 2023 : La Filature - Scène nationale, Mulhouse (68).       <br />
       7 et 8 juin 2023 : La Coursive - Scène nationale, La Rochelle (17).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique</title>
   <updated>2018-06-12T20:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-Nonne-sanglante--un-sombre-divertissement-a-l-Opera-Comique_a2147.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2018-06-12T08:26:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour le bicentenaire de la naissance de Charles Gounod, l'Opéra Comique donne pour la première fois, depuis sa création (et sa disparition de la scène) en 1854, "La Nonne sanglante". Dans cette production de David Bobée donnée dans le cadre du Festival Palazetto Bru Zane à Paris, et dont la jeunesse actualise avec bonheur une œuvre quelque peu datée, les chanteurs et le chœur Accentus brillent emmenés par l'énergie d'Insula Orchestra.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22938568-25421895.jpg?v=1528745035" alt=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" title=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" />
     </div>
     <div>
      Un an avant de composer son &quot;Faust&quot;, Charles Gounod accepte un livret qu'Eugène Scribe n'a pas réussi à placer depuis des années, malgré le bref intérêt que lui manifesta Berlioz. Inspiré d'un épisode du &quot;Moine&quot; de Lewis, roman gothique à la réputation sulfureuse, le livret est remanié in extremis par Scribe avec l'aide de Germain Delavigne pour le jeune compositeur de trente-six ans. Un livret au ton emphatique qui paraît bien désuet aujourd'hui, ne s'encombrant de surcroît d'aucune vérité psychologique avec un père qui maudit et exile son fils à l'acte un pour le pleurer abondamment et se sacrifier pour lui au cinquième.       <br />
              <br />
       Le registre fantastique dans lequel baigne l'intrigue affranchissant les librettistes de tout impératif de vraisemblance, l'œuvre offre son lot réjouissant de duos lacrymaux, de grands tableaux historiques médiévaux, de visions hallucinées et de péripéties évidemment fracassantes.       <br />
              <br />
       Deux jeunes gens, issus de familles rivales dans la Bohème du XIe siècle, vivent des amours contrariées à cause de la folie de leurs pères mais aussi de la persécution d'un fantôme, la Nonne sanglante éponyme, qui crie vengeance depuis son assassinat vingt ans auparavant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22938568-25422450.jpg?v=1528745094" alt=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" title=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" />
     </div>
     <div>
      Dans une scène de quiproquo digne de l'opéra français de l'époque, le jeune Rodolphe de Luddorf se retrouve bêtement marié au spectre, non sans à avoir plus tard à déjouer une tentative d'assassinat ourdie par ses ennemis (forcément nombreux). David Bobée, dont c'est la deuxième mise en scène d'opéra, a le talent de planter un décor ténébreux façon &quot;Games of Thrones&quot; dont l'atmosphère (comme les beaux costumes d'Alain Blanchot et les splendides lumières de Stéphane Babi Aubert) est familière aux spectateurs du XXIe siècle - avec le concours de la vidéo fascinante de José Gherrak.       <br />
              <br />
       La blondeur de Vannina Santoni, sensible Agnès de Moldaw, contribue d'ailleurs puissamment à ce rapprochement, telle une nouvelle (et beaucoup plus jolie) Daenerys Targaryen. Cette modernité qui semble aller de soi sauve sans aucun doute l'œuvre du ridicule. Les danseurs et le chœur Accentus (très bien) apportent leur appui efficace aux scènes de foule (en vogue à l'époque), dans de beaux tableaux dont certains (pendant l'ouverture et le début du premier acte) donnent un peu le tournis et l'impression d'une vaine agitation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22938568-25422455.jpg?v=1528745130" alt=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" title=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" />
     </div>
     <div>
      S'assassinant à qui mieux mieux, ils doivent asseoir l'idée que la pulsion de mort hante les tréfonds censément psychanalytiques de l'intrigue - une analyse du metteur en scène. Ce qui aurait sûrement bien étonné Gounod, qui a composé avec verve et imagination une musique colorée et percussive, bien propre à évoquer l'horreur des situations, mais aussi d'un lyrisme fonctionnel mais assez voluptueux dans les arias (dans une partition qu'on peut trouver tout de même parfois académique). La baguette de Laurence Equilbey, tirant le meilleur des forces de son orchestre, nous sauve du sirupeux - qui menace toujours chez Gounod.       <br />
              <br />
       Cependant la distribution vocale est l'atout maître de cette production somme toute divertissante avec son identité affichée de film d'horreur de série B. Marion Lebègue est une Nonne intense et charismatique, aux interventions constamment prenantes grâce à une ligne de chant toujours parfaite. Face à elle, l'Agnès de Vannina Santoni conjugue fragilité, grâce et émotion toujours sur le fil.       <br />
              <br />
       Jodie Devos, quant à elle, se joue de son rôle travesti avec un sacré abattage. On adore aussi (inconditionnellement) l'Ermite de Jean Teitgen (inoubliable Arkel au TCE l'an dernier). Ce chanteur élégant donne décidément à tous ses personnages une profondeur humaine bouleversante - même si son personnage est à l'origine de la première catastrophe dûment répertoriée dans le livret (en étant à l'origine du mariage censément politique d'Agnès avec le frère du héros).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22938568-25422460.jpg?v=1528747221" alt=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" title=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" />
     </div>
     <div>
      Enfin, last but not least, Michael Spyres offre une prestation sensationnelle. Se riant des acrobaties vocales que lui a réservées Gounod alors qu'il est pratiquement de toutes les scènes, le ténor a plus que mérité les ovations que son timbre chaleureux et une technique irréprochable lui ont gagné. Disons-le, le plaisir que donne cette troupe de chanteurs, à laquelle on joindra Enguerrand de Hys, justifie amplement la résurrection de cette œuvre.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 2 au 14 juin 2018.</span>       <br />
       Diffusion ultérieure sur France Télévisions.        <br />
              <br />
       Opéra Comique.       <br />
       1, place Boieldieu, Paris 2e.       <br />
       Tél. : 0 825 01 01 23.       <br />
       <a class="link" href="https://www.opera-comique.com/" target="_blank">&gt;&gt; opera-comique.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;La Nonne sanglante&quot; (1854).</b>       <br />
       Opéra en cinq actes.       <br />
       Musique de Charles Gounod (1818-1893).       <br />
       Livret de Eugène Scribe et Germain Delavigne.       <br />
       En français surtitré.       <br />
       Durée : 3 h avec un entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/22938568-25423214.jpg?v=1528748882" alt=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" title=""La Nonne sanglante", un sombre divertissement à l'Opéra Comique" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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