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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-18T02:47:29+02:00</updated>
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   <title>"À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental</title>
   <updated>2026-02-06T09:58:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/A-condition-d-avoir-une-table-dans-un-jardin-etrille-et-disseque-avec-un-humour-sans-concession-l-heritage-colonial-et_a4411.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/92729558-64946598.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-11-24T07:35:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Une table, c'est une table. Une table en bois. Un bois exotique parce que c'est à la mode chez les petits bourgeois de banlieue. D'ailleurs, tous les voisins dans tous leurs jardinets ont la même table ou presque sous l'arbre étriqué qui survit à peine au milieu d'une pelouse qui peine, sous la jolie guirlande électrique qui donne comme un air de guinguette au lopin de terre entouré de mur qui fait la fierté de ce couple de quadra qui veut le meilleur pour ses trois enfants : de l'air, un endroit sûr où s'ébattre, un pavillon chèrement désiré et acquis, et au milieu donc du jardinet, une table qui fait l'envie de tous, une table solide, massive et surtout authentique puisqu'elle a été taillée dans le tronc d'un iroko, un arbre subsaharien, inestimable pour sa qualité, mais victime de la déforestation, hélas.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946598.jpg?v=1763743134" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Voici donc une toute petite partie du continent africain posée sur le bout de pelouse de Fabienne et Arnaud Parquet (que de bois !) en voie de réalisation du bonheur pavillonnaire à Bougival. Gérard Watkins, auteur et metteur en scène de la pièce, a l'idée de faire surgir de ce bout de continent, un peu à la manière des contes orientaux, une clause. Une clause minuscule quasi magique que le couple a signée dans les conditions générales de vente de cette table en iroko, il y a dix ans jour pour jour. Une clause qui stipule qu'au bout de dix ans, les acheteurs de la table devront accueillir un habitant d'une forêt équatoriale pendant onze nuits et dix jours.       <br />
              <br />
       C'est ainsi que de cette table qui est l'emblème de la réussite admirable de la famille Parquet, dont ils peuvent être fiers, comme de leurs trois bambins nourris au grain, va, on peut dire, surgir Darius Wengue, Bambuti de la République Démocratique du Congo, qui vient réclamer la réalisation de la clause. Et cela va être un bouleversement total de cette cellule familiale si conventionnelle et stéréotypée. Avec deux faits remarquables : primo, en bon citoyen soumis à l'ordre de la société, ils acceptent de réaliser la clause, secundo, ils prennent peur à l'arrivée de cet étranger dans leur maison au point de cacher leurs enfants pour qu'ils ne le voient pas…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946601.jpg?v=1763743190" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Et pour finir avec les détails de l'histoire, l'hôte attendu, Darius Wengue, du peuple Bambuti (que les premiers colons européens ont appelé Pygmée – information révélée au Parquet), n'est ni en tenue tribale ni n'est petit, mais au contraire grand, habillé d'un costume trois-pièces excellemment taillé et typiquement occidental. Son apparence défie immédiatement tous les préjugés du couple. Sa personnalité également puisque loin de ses ancêtres cueilleurs chasseurs, celui-ci est reporter pour Radio Okapi (radio congolaise) dont le but est d'observer, tel un ethnologue sans préjugés, les mœurs, les coutumes et la culture de ces bourgeois du XXIe siècle installés à Bougival, banlieue de Paris, France.       <br />
              <br />
       Grâce à cette intrigue, Gérard Watkins va inverser en quelque sorte les rôles de colons et de sauvages. Mais il ne réalise pas là un simple effet de miroir, même s'il utilise ce procédé commode et drôle dans quelques scènes, comme lorsque le reporter observe la dentition de Fabienne pour y chercher les milliers d'euros qu'elle y a mis en implants – une image qui renvoie immédiatement à la traite des noirs.       <br />
              <br />
       Son propos est beaucoup plus recherché et fin, tentant de nous faire ressentir non seulement la violence que les colons blancs du XIXe siècle ont infligé aux peuples autochtones d'Afrique et d'ailleurs, ne serait-ce que par l'invasion de l'espace vital que ces peuples ont subie, mais aussi quelque chose qui demande un peu plus de souplesse d'esprit à nos cerveaux formatés, occidentaux et bourgeois, une tentative de donner à comprendre le point de vue de Darius qui ne copie pas les analyses que ferait un colon face à un autre peuple, mais utilise d'autres références culturelles et scientifiques.       <br />
              <br />
       Ce but est pleinement réussi, car il est fait dans une extrême délicatesse, presque dans les silences, rythmé par les interventions radiophoniques hors-scène du reporter et par la juxtaposition de deux temporalités (celle de Fabienne et Arnaud, tendue, et celle de Darius, posée) qui rebondissent l'une sur l'autre au plateau, inventant une troisième temporalité qui met face à face des allongements et des précipités.       <br />
              <br />
       Il reste enfin toute la symbolique qui est à la fois dans le récit et sur scène : celle qui fait que l'arbre abattu pour construire cette table vient demander quelques comptes aux bourgeois de Bougival, comme si l'âme de cette végétation ancestrale vivait encore. Symbole si fort de la nécessité d'ouvrir les yeux sur les dommages faits à la planète, aux humains et à l'histoire par la prétention et l'impunité de l'Occident.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À condition d'avoir une table dans un jardin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/92729558-64946604.jpg?v=1763743225" alt=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" title=""À condition d'avoir une table dans un jardin" étrille et dissèque avec un humour sans concession l'héritage colonial et les mœurs ridicules du monde occidental" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gérard Watkins.       <br />
       Mise en scène : Gérard Watkins.       <br />
       Avec : Gaël Baron, Julie Denisse, David Gouhier.       <br />
       Collaboration artistique : Lola Roy.       <br />
       Scénographie : Francois Gauthier-Lafaye.       <br />
       Lumières Anne Vaglio       <br />
       Scénographie François Gauthier-Lafaye       <br />
       Son : François Vatin.       <br />
       Régie générale et régie lumière : Julie Bardin.       <br />
       Travail vocal : Jeanne-Sarah Deledicq.       <br />
       Construction décors : Ateliers de La Comédie.       <br />
       Par la Cie Perdita Ensemble.       <br />
       À partir de 15 ans.       <br />
       Durée : 1 h 55.       <br />
       Le texte est publié chez Esse que Éditions.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 7 au 15 octobre 2025 à La Comédie – CDN, Saint-Étienne (42).</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 15 février 2026.</span>       <br />
       Lundi au vendredi à 19 h 30, samedi à 17 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Gérard Philipe - CDN, Salle Delphine Seyrig, Saint-Denis (93).       <br />
       Téléphone : 01 48 13 70 00.       <br />
       <a class="link" href="https://theatregerardphilipe.notre-billetterie.com/billets?spec=1200" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://tgp.theatregerardphilipe.com/" target="_blank">&gt;&gt; tgp.theatregerardphilipe.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité</title>
   <updated>2023-12-05T10:54:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Matiere-s-Premiere-s-Six-personnages-en-quete-de-leur-verite_a3773.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77164537-55975188.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-12-05T10:13:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Leur identité, ils l'ont exaltée par des noms de scène – Barro Dancer, Mademoiselle Do', Willy Kazzama, Black Woman, Salifus, Esther –, ces six superbes danseurs (trois filles et trois garçons) portant fièrement, sur eux et en eux, leurs origines africaines. Comme si, pour raconter l'histoire tourmentée de leur continent, ils éprouvaient le besoin de revêtir une dimension dépassant celle de leur propre personne. Et, effectivement, ce que nous montrent ces "personnages" est une traversée fulgurante, un voyage tous azimuts au bout de l'Afrique. Des performances époustouflantes, expressives à l'envi, sous-tendues par des tensions à vif… Tensions et intentions parfois, à notre goût, un peu trop soulignées.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77164537-55975188.jpg?v=1701770131" alt=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" title=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" />
     </div>
     <div>
      Porteurs des cultures du Congo, du Cameroun, du Gabon, du Burkina Faso, ou encore de Côte d'Ivoire, et riches de toutes les ethnies que ces différents pays accueillent, ils partagent en commun un goût profond pour les cultures traditionnelles et urbaines africaines qui les font vibrer jusqu'au bout de la nuit. Ce sont eux qui constituent les &quot;matières premières&quot; à haute charge explosive de ces chorégraphies mises en jeu par Anne Nguyen et son assistant, Pascal Luce.       <br />
              <br />
       Qu'ils soient seuls, en couples ou ne faisant qu'un bloc, c'est la même détermination qui les anime, une énergie dont le désir à fleur de peau constitue le combustible inflammable. Ainsi de l'ouverture où une danseuse à l'engagement organique apparaît dans un faisceau de lumière tombé des cintres, rejointe bientôt par un danseur, le couple enlacé esquissant alors une figure de slow… avant d'être rejoint par leurs complices enchainant ensemble les rythmes connectés aux musiques afro, rap et soul déferlant sur le plateau. Violences et tendresses, unies dans les mêmes corps, à l'image de ce continent africain, réservoir d'amours contrariées par les appétits coloniaux voyant en ses terres une mine de profits à tombeau ouvert.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77164537-55975219.jpg?v=1701770175" alt=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" title=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" />
     </div>
     <div>
      Figures des violences post-coloniales héritées et dont leurs mimiques sont les porte-paroles, tout comme leurs corps traversés par des convulsions irrépressibles. Ainsi du tableau saisissant de vérité brute, où, groupés en cercle, on les voit se briser l'échine pour extraire le minerai qui profitera à d'autres qu'eux. Figures des désirs revendiqués qui éclairent les visages paysages de la vie plus forte que ce qui pourrait avoir encore la prétention de les enchainer. Des battles dont ils sortent vainqueurs, même épuisés, grâce à leur force créative que rien ni personne ne semble pouvoir endiguer.       <br />
              <br />
       Figures aussi de cette jeunesse africaine soumise à un autre prédateur, souriant celui-là, celui des portables fondant la réalité et l'image dans le même magma afin de mieux modeler l'humain selon les lois du marché. Visages hilares d'une jeunesse qui n'échappe aucunement aux travers de la jeunesse des pays nantis, la recherche du profit n'ayant là que faire des frontières.       <br />
              <br />
       Les forces en jeu &quot;transpirent&quot; magnifiquement des corps mis au travail par les histoires dont ils sont les héritiers. Et si les tableaux ancrés aux musiques africaines se succèdent plus qu'ils ne ménagent une véritable progression, c'est peut-être pour nous faire ressentir de l'intérieur que les boucles redondantes font partie de tout itinéraire d'émancipation, les lignes droites étant en la matière un leurre à l'usage des romans de gare.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77164537-55975230.jpg?v=1701770203" alt=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" title=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" />
     </div>
     <div>
      Un regret cependant… Pourquoi avoir cru bon – tant ces &quot;matières premières&quot; sont fortes et se suffisent amplement à elles-mêmes pour exprimer l'essence des non-dits – de surligner les jeux d'oppression (biftons réclamés au public, clins d'œil appuyés à son adresse, doigts joints en forme de colt mettant en joue la foule, geste coupe-gorge, etc.) pour dire les violences vécues en les rejouant dans des pantomimes si caricaturales qu'elles peuvent apparaître maladroites. En effet, la pantomime – dans son premier sens – est un art en soi, une discipline exigeante où l'expression de sentiments, voire d'idées complexes, ne peut souffrir d'un trait trop épais.       <br />
              <br />
       Ceci dit, ce que nous retiendrons de ces performances chorégraphiées, c'est l'extrême qualité de ces danseuses et danseurs dotés d'une énergie galvanisante mise, avec grande générosité, au service d'une cause que l'on ne peut que partager sans réserve aucune : l'irrésistible désir de vivre libre, affranchi de tout assujettissement.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 28 novembre 2023 à la Manufacture CDCN de Bordeaux, lors de son unique représentation.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Matière(s) première(s)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77164537-55975235.jpg?v=1701770228" alt=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" title=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" />
     </div>
     <div>
      Ballet de danses africaines urbaines.       <br />
       Création mars 2023.       <br />
       Chorégraphie : Anne Nguyen.       <br />
       Assistant chorégraphe : Pascal Luce.       <br />
       Conseil artistique : Didier Boko.       <br />
       Avec : Ted Barro Boumba alias &quot;Barro Dancer&quot;, Dominique Elenga alias  &quot;Mademoiselle Do'&quot;, Mark-Wilfried Kouadio alias &quot;Willy Kazzama&quot;, Grâce Tala, Nahoua Traore alias &quot;Black Woman&quot;, Seïbany Salif Traore alias &quot;Salifus&quot;.       <br />
       Interprète saison 2023-2024 : Jeanne D'Arc Niando alias &quot;Esther&quot;.       <br />
       Lumière : Matthieu Marques, Marie Ducatez.       <br />
       Costumes : Simon Huet.       <br />
       Régisseurs de tournée (en alternance) : Flora Lastouillat, Matthieu Marques.       <br />
       Par la Compagnie par Terre.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Dans le cadre du dispositif artiste associée en partenariat avec la Cité Cirque - CRÉAC de Bègles.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77164537-55975245.jpg?v=1701770259" alt=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" title=""Matière(s) Première(s)" Six personnages en quête de leur vérité" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       18 janvier 2024 : Théâtre Molière - Scène nationale archipel de Thau, Sète (34).       <br />
       24 et 25 janvier 2024 : La Maison des Métallos, Paris (75).       <br />
       27 janvier 2024 : Théâtre Gérard-Philipe, Champigny-sur-Marne (94).       <br />
       30 janvier 2024 : Le Figuier Blanc, Argenteuil (95).       <br />
       8 mars 2024 : Festival Groove'N'Move, Théâtre Forum Meyrin, Genève (Suisse).       <br />
       4 mai 2024 : Theater im Pfalzbau, Ludwigshafen (Allemagne).       <br />
       15 mai 2024 : Théâtre Cinéma, Choisy-le-Roi (94).       <br />
       31 mai 2024 : Le ZEF, Marseille (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !</title>
   <updated>2022-01-24T18:57:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-O-Samba-Do-Crioulo-Doido-et-Roots-Urban--une-inauguration-en-tous-points-surprenante-_a3154.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/61846685-44983919.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-01-24T17:52:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
S'il est un rendez-vous de la scène contemporaine à nul autre pareil, c'est bien l'incontournable festival initié par Jean-Luc Terrade, metteur en scène et découvreur de formes hybrides singulières qui, chaque année depuis près de vingt ans, agite "en tous sens" les territoires de Bordeaux Métropole, poussant ses ramifications jusqu'à Boulazac en Dordogne. Le moins que l'on puisse dire, vu l'entame, c'est que le programmateur n'a en rien renoncé à son goût pour la "créativité débridée"…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44983919.jpg?v=1643044471" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
     </div>
     <div>
      Deux formes aux antipodes - l'une des plus insolites, voire déroutante, l'autre envoûtante, voire consensuelle - pour inaugurer cette 19e édition des rencontres de la forme courte qui se déroulera cette année 2022 du 18 janvier au 10 février. La salle des fêtes d'un quartier populaire de Bordeaux, celui du Grand Parc, avait été choisie comme rampe de lancement d'un lever de rideau éveillant les curiosités et les commentaires aussi divers que nombreux.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"O Samba Do Crioulo Doido"</strong></span>, "la samba du nègre fou", interprétée superbement (sic) par le danseur noir Calixto Neto au corps parfait d'athlète, immerge in vivo dans un laboratoire de recherche chorégraphique. Là, sur fond d'une tenture de drapeaux brésiliens juxtaposés, plus que de construire un nouveau langage propre à signifier les assignations racisées, marques erratiques du colonialisme, il s'agirait de déconstruire jusqu'à plus soif toute tentative de novlangue concernant les préjugés racistes.       <br />
              <br />
       En effet, le chorégraphe atypique Luiz de Abreu - lui qui prétend, dans le film portant le même titre, qu'échouer à trouver un langage policé sur le racisme serait sa réussite - s'est saisi littéralement "à bras-le-corps" des stéréotypes du corps noir, inscrits dans l'imaginaire du dominant, pour les projeter de manière décomplexée sur le plateau nu afin de, autodérision assumée, les déminer en les donnant à voir à l'envi. Ainsi, le corps noir devient "une viande" à exposer tout innocemment selon les caprices d'une expérimentation s'affranchissant de tous tabous. Nu comme un ver dans ses bottes lacées, l'acteur né au Brésil va se prêter aux figures de l'asservissement auquel le corps noir est soumis, corps objet de fantasmes et de rejets discriminants.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44983920.jpg?v=1643044568" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
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      Entre poses minutieusement étudiées et stature puissante explorée jusque dans ses moindres muscles faisant vibrer son anatomie jusqu'à la plus intime - numéro spectaculaire de son pénis réalisant de vertigineux mouvements circulaires à tournebouler toute tête (bien) pensante, contractions et décontractions hallucinantes de ses fessiers mis en branle -, le &quot;corps-viande&quot; est exhibé en toute indécence comme pour souligner en creux une indécence récurrente, celle du peu d'humanité qu'on lui accorde… Je me souviens encore d'un manuel de géographie de sixième affichant &quot;en toute innocence&quot; une femme noire seins nus pour illustrer un chapitre consacré à l'Afrique noire, ce qui n'aurait pu être le cas, pudeur oblige, pour une blanche fût-elle allongée sur une plage. La chair n'a pas le même prix selon sa couleur.       <br />
              <br />
       (Re)jouant de toutes les situations, le corps noir &quot;singe&quot; des défilés voguing exhibant les poses déhanchées de mannequins de papier glacé, des défilés officiels où on le voit saluer comme une reine d'Angleterre au sourire béat ou affichant le sourire fendu jusqu'aux oreilles du tirailleur sénégalais de &quot;y'a bon Banania&quot;, des défilés sportifs où le drapeau brésilien fiché entre ses fesses, il déambule majestueusement. Le drapeau lui servira aussi accessoirement de tunique, trouée malicieusement devant et derrière afin de libérer les pièces de son anatomie &quot;animale&quot;.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44983961.jpg?v=1643044701" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
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      Ainsi "les jambes ouvertes de l'Amérique latine" accouchent-elles d'une humanité noire qui jusque-là lui était disputée. Iconoclaste, la forme libre de toutes contraintes peut désarçonner. Mais c'est là, dans les plis de cette prise de risque anti-spectaculaire (tout est chorégraphié au cordeau), que réside la force d'une proposition non consensuelle.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Roots Urban"</strong></span>, "racines urbaines", tient de la volonté de la compagnie Visions Croisées (la bien nommée) de mixer l'héritage des musiques du monde Pygmées et celles du free jazz new-yorkais. En faisant entendre, "de concert", les polyrythmies africaines porteuses des chants onomatopéiques traditionnels des Pygmées d'Afrique et les harmonies issues de contrées urbaines des États-Unis d'Amérique, le moment musical transcende les cultures pour en livrer un mixte envoûtant.       <br />
              <br />
       Si la réussite de cette composition menée "tambour battant" par Sthyk Balossa, chanteur musicien et danseur, artiste complet à l'énergie contagieuse, tient en grande partie au charisme de son leader, on ne peut pour autant passer sous silence les contributions sonores du batteur et de ses acolytes à la basse et au piano. Modulant sa voix à l'envi, le chanteur originaire du Congo-Brazzaville embarque le public - qui ne demande qu'à être conquis - vers des horizons peuplés des contes de son enfance… Chants et contes du village de sa grand-mère, dont le souvenir baigne dans la douce nostalgie de mots au pouvoir hypnotique. <span style="font-style:italic">"Partie pêcher à la rivière… une tornade soudaine… s'est noyée pour rejoindre le monde des Sirènes…"</span>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44983966.jpg?v=1643044734" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
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      Ainsi, de sa voix chaleureuse enveloppante, aux accents tantôt suaves, tantôt rythmés, il joue de son pouvoir hypnotique pour nous conter un voyage imaginaire au pays du grand Marabout concoctant des potions propres à séduire les plus belles des femmes, au pays des traditions ancestrales tenant lieu de viatiques pour traverser la commune existence. Et si le charme de bout en bout opère, on se dit qu'on est loin là de la prise de risque du &quot;lever de rideau&quot;…       <br />
              <br />
       Mais - au-delà de l'intérêt des musiques mixant deux cultures - c'est là aussi où on retrouve l'intérêt de ce festival faisant la part belle à l'exigence artistique, celle-ci serait-elle d'un contenu moins corrosif.       <br />
              <br />
       Viendront, pendant ces quinze jours, près d'une trentaine d'autres formes, réservant des surprises &quot;en tous genres&quot;, qui susciteront sans nul doute des débats passionnés parmi le public accro de Trente Trente. Dans ce lot de propositions singulières à venir, si quelques-unes se devaient d'être citées, on s'aventurerait à extraire les pépites locales que sont &quot;Sola Gratia&quot; de Yacine Sif El Islam, &quot;Sitcom&quot; suivi de &quot;Heartbreaker(s)&quot; de Nicolas Meusnier et &quot;Every drop of my blood&quot; de Nadia Larina. Mais on ne le fera certainement pas, tant ce serait faire injure aux autres formes que l'on brûle de découvrir…
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44984295.jpg?v=1643047157" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
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      <b>Ces deux spectacles ont été vus dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux-Métropole-Boulazac, à la Salle des fêtes du Grand Parc de Bordeaux, lors de la soirée du mardi 18 janvier à 20 h 30 et 21 h 30.</b>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"O Samba Do Crioulo Doido"</strong></span>       <br />
       Danse - Brésil/France (Paris).       <br />
       Conception, direction, chorégraphie : Luiz de Abreu.       <br />
       Scénographie, costumes, production : Luiz de Abreu.       <br />
       Interprète : Calixto Neto.       <br />
       Collaboration artistique : Jackeline Elesbão, Pedro Ivo Santos, Fabrícia Martins.       <br />
       Création lumière : Luiz de Abreu, Alessandra Domingues.       <br />
       Régisseur général : Emmanuel Gary.       <br />
       Bande son : Luiz de Abreu, Teo Ponciano.       <br />
       Durée : 25 minutes.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/61846685-44984306.jpg?v=1643047199" alt="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" title="Festival Trente Trente "O Samba Do Crioulo Doido" et "Roots Urban", une inauguration en tous points… surprenante !" />
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      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Roots Urban"</strong></span>       <br />
       Mélodies, chants et contes - France (Bordeaux)/Congo.       <br />
       Compagnie Visions Croisées/Sthyk Balossa.       <br />
       Chant : Sthyk Balossa.       <br />
       Piano : Xavier Duprat.       <br />
       Contrebasse, basse : Timo Metzemakers.       <br />
       Batterie : Simon Pourbaix.       <br />
       Technicien son : Marlène Frouin.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       Production : Mezzanine Spectacles.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente,       <br />
       19e Rencontres de la forme courte dans les arts vivants.</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 janvier au 10 février 2022.</span>       <br />
       Billetterie : 05 56 17 03 83 et info@trentetrente.com.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
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