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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-06T15:27:20+02:00</updated>
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   <title>"Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne</title>
   <updated>2026-04-02T11:15:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-heros-ne-dorment-jamais-Une-plongee-clownesque-joyeuse-et-atypique-dans-l-univers-de-la-chevalerie-arthurienne_a4520.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-04-03T10:41:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les chevaliers de la Table Ronde et la Quête du Graal fascinent toujours autant de nos jours, même les clowns. Édith Proust, pensionnaire de la Comédie-Française, s'empare de la légende arthurienne et sonde notre quête d'héroïsme à travers l'imaginaire d'un duo de clowns, Georges et Alain, qu'elle forme avec le sociétaire Alain Lenglet. Un spectacle singulier, foutraque et réjouissant.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890170.jpg?v=1775119573" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Les héros ne dorment jamais et les chevaliers de la Table Ronde continuent de nous faire rêver. Arthur, Lancelot, Gauvain, Yvain, Perceval, Tristan, Galaad… À leur évocation, notre imaginaire s'emballe. Dans les premiers récits arthuriens, Arthur se montre un roi guerrier et fédérateur qui réussit à unir un royaume allant de l'île de Bretagne jusqu'aux terres scandinaves. Par la suite, son règne connaît douze années de paix et sa cour, un grand prestige. Les chevaliers viennent de toutes parts s'y faire adouber.       <br />
              <br />
       Un idéal arthurien se met en place, utopique, que l'on retrouve chez Chrétien de Troyes (1130-1190) et les continuateurs. Dans son château de Camelot, Arthur réunit autour de la Table Ronde les meilleurs chevaliers du royaume. La Table abolit toute préséance et favorise l'égalité. Sur chaque siège, apparaît, sous forme d'inscription, le nom de celui qui y prend place, preuve que Dieu agrée et bénit cette compagnie. La forme ronde de la Table est clairement explicitée comme représentation symbolique du monde. Les chevaliers qui y siègent sont fidèles à un idéal chevaleresque : ils épaulent leur roi dans les batailles, tuent monstres et païens, jurent un amour éternel à leur dame et sont liés à jamais par une affection sans faille. Mais seul le plus pur d'entre eux sera digne d'accomplir la quête du Graal…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890171.jpg?v=1775119608" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Sur la scène du Petit Saint-Martin, un &quot;petit îlot paradisiaque de 4,5 mètres sur 4,5 mètres&quot; immaculé, cerclé de terre, avec un magnétophone à bandes posé au sol et… quelques escargots en vadrouille. Un chevalier, en armure des pieds jusqu'à la tête, apparaît. Encombré par sa carapace de métal, sa démarche est brinquebalante. Une voix (celle reconnaissable entre toutes de Denis Podalydès) sort du magnétophone : <span style="font-style:italic">&quot;Perceval ou le Conte du Graal. Contre ces forces du Mal se dressa une force nouvelle faite de courtoisie, d'humanité, de noblesse : la chevalerie. Le monde va mal, le chaos succède au chaos, les guerres de succession et d'invasion ne cessent de frapper…&quot;</span>       <br />
              <br />
       Un deuxième chevalier, identique au premier, fait son apparition dans une musique grandiloquente, tout auréolé de lumière. La voix poursuit : <span style="font-style:italic">&quot;Mais, miracle de la vie, c'est dans la boue pestilentielle, comme dans le premier marais du monde, que fourmille la vie et que parfois naît la plus belle forme de vie sur terre : l'homme, l'homme nouveau, celui qui illumine les hommes comme chaque nouveau soleil se donne et s'offre à la terre et chasse les maux.&quot;</span> Le chevalier se présente ainsi dans toute sa splendeur, tel le héros que chacun attendait.       <br />
              <br />
       Alors que du magnétophone nous parvient l'histoire de Perceval, le duo oscille entre une réinterprétation maladroite des aventures du chevalier à la candeur légendaire – sans cheval, ni tournoi – et un quotidien de héros arthuriens. Ils lisent le journal, mettent la table, jouent au ballon, s'embrassent du bout du heaume et communiquent au moyen de phylactères (NDLR, ces bandes de parchemin aux extrémités enroulées sur lesquelles sont inscrites les paroles prononcées par les personnages d'une œuvre d'art au Moyen Âge). Tout ceci est aussi plaisant que décousu.       <br />
              <br />
       Tandis que nos deux clowns jouent gauchement à Perceval et à Blanchefleur, nous écoutons avec intérêt Denis Podalydès nous conter l'histoire de Perceval. Fidèlement inspiré du roman de Chrétien de Troyes &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot;, et enrichi de celui de son contemporain Geoffroy de Monmouth &quot;Histoire des Rois de Bretagne&quot;, le récit nous (re)plonge avec délectation dans la légende arthurienne.       <br />
              <br />
       Un petit rappel ici s'impose afin de rafraîchir nos mémoires. Si Perceval est cité parmi les chevaliers d'Arthur dès &quot;Érec et Énide&quot; (1160), le premier roman arthurien de Chrétien de Troyes, il faut attendre le dernier, &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot;, rédigé une vingtaine d'années plus tard, pour découvrir réellement l'histoire de ce chevalier, son aventure spirituelle et sa Quête du Graal. Car c'est aussi dans ce roman, où une dimension mystique s'ajoute à l'aventure chevaleresque, qu'apparaît pour la première fois le Graal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890181.jpg?v=1775119635" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Mais qui est Perceval ? Dernier fils de Pellinore de Listenois, roi du Pays de Galles, Perceval a été tenu à distance de la chevalerie par sa mère, après que son père et ses frères aient trouvé la mort dans une bataille. Élevé dans la forêt galloise, dans la plus grande solitude, il ne connaît ni les codes, ni les mœurs qui régissent les relations humaines. Croisant un jour sur sa route des chevaliers du roi Arthur, il les prend pour des dieux et n'a plus qu'une idée en tête : devenir chevalier. S'il se démarque des autres chevaliers de la Table Ronde par sa candeur et sa balourdise, on lui devine très vite un destin exceptionnel.       <br />
              <br />
       Prédestiné à la Quête, Perceval croise, tout comme Lancelot avant lui, la route du Graal. En ne posant pas les questions requises, lui aussi laisse passer le Graal. Son maître en chevalerie lui ayant enseigné qu'un chevalier doit savoir se taire, il garde le silence lors du passage, chez le riche Roi Pêcheur, du mystérieux cortège mené par une jeune fille portant un Graal orné de pierres précieuses. Un silence lourd de conséquences funestes…       <br />
              <br />
       Mais &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot; est resté inachevé du fait de la mort de son auteur, et la bobine du magnétophone finit par dérailler et se bloquer. Les deux acteurs se débarrassent alors de leur armure et, sortant également de leur mutisme, brisent le quatrième mur pour tenter de terminer le spectacle vaille que vaille.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890188.jpg?v=1775119666" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Le changement d'univers est total ! Nous avons alors affaire à un véritable numéro de clowns. Car, avant d'intégrer la Troupe de la Comédie-Française en 2024, Édith Proust a mené, en parallèle de son parcours de comédienne, un travail autour du clown. Le sien s'appelle Georges, comme Sand et Brassens. Personnage indomptable à la voix qui déraille, passant sans transition des graves aux aigus, Georges parle beaucoup, digresse en permanence, se montre séductrice, voire libidineuse, parfois malaisante, et surtout hilarante.       <br />
              <br />
       Puis, sans raison apparente, nouveau changement, avec nos deux clowns la tête couverte d'un sac en papier se présentant désormais sous les noms de Petite Espérance et Vieille Amertume, une petite fille et son grand-père. Le sens de tout cela ? Mystère…       <br />
              <br />
       Si les trois parties de ce spectacle s'avèrent pour le moins décousues, sans véritable lien apparent, le tout est néanmoins très plaisant. Du récit légendaire porté par le talentueux Denis Podalydès aux facéties de Georges, il est agréable de se laisser embarquer ainsi dans ces différents univers, telles trois histoires distinctes. Inutile de chercher un sens à tout ceci et, comme disait David Lynch, pourquoi s'attendre à ce que l'art ait un sens puisque la vie n'en a pas ?       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les héros ne dorment jamais"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95782499-66890194.jpg?v=1775119700" alt=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" title=""Les héros ne dorment jamais" Une plongée clownesque joyeuse et atypique dans l'univers de la chevalerie arthurienne" />
     </div>
     <div>
      Texte : Édith Proust, Laure Grisinger et Justine Bachelet.       <br />
       Librement inspiré de &quot;Perceval ou le Conte du Graal&quot; de Chrétien de Troyes.        <br />
       Mise en scène : Édith Proust.       <br />
       Avec : Alain Lenglet et Édith Proust de la Comédie-Française.        <br />
       Avec les voix de : Denis Podalydès, Christian Gonon de la Comésie-Française et Suzanne Duthu Harlez.       <br />
       Dramaturgie : Laure Grisinger.       <br />
       Scénographie : Hélène Jourdan.       <br />
       Costumes : Colombe Lauriot Prévost.       <br />
       Lumières : Diane Guérin.       <br />
       Son : Vanessa Court.       <br />
       Collaboration artistique : Justine Bachelet.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 20 mars au 10 mai 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 19 h, dimanche à 17 h 30.        <br />
       Comédie-Française Hors les murs - Théâtre du Petit Saint-Martin, 17, rue René Boulanger, Paris 10ᵉ .        <br />
       Téléphone : 01 42 08 00 32.        <br />
       <a class="link" href="https://reserver.comedie-francaise.fr/event/68bb0be006dce3be066e3e25" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.portestmartin.com/theatre-du-petit-saint-martin" target="_blank">&gt;&gt; theatre-du-petit-saint-martin</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !</title>
   <updated>2026-01-30T13:15:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-femmes-savantes-Une-proposition-completement-decalee-qui-se-revele-etre-un-vrai-plaisir-theatral-_a4465.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-01-30T12:44:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Emma Dante frappe un grand coup en proposant une mise en scène audacieuse dans laquelle l'humour et le déjanté tiennent la dragée haute à la langue de Molière. Björk et les Red Hot Chilli Peppers accompagnent Trissotin et Clitandre dans une interprétation où les manières tiennent lieu de boussole et où le classique tombe dans les bras du moderne.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587513.jpg?v=1769773657" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Le plateau découvre, rideau ouvert dès le départ, un plateau noir et brillant dans lequel sont suspendues, pour l'éclairer, des tubes en LED. C'est moderne et il n'y a nulle trace de classicisme, Louis XIV est loin des lambris, surtout quand deux protagonistes à l'allure jeune et &quot;cool&quot; discutent entre eux, armés des moyens de communication du XXIe siècle, à savoir téléphones portables et ordinateurs. Ces éléments se retrouvent ailleurs et plus tard dans une scénographie en accord avec l'époque de Molière, la mise en scène bousculant le temps, comme la communication en mode interruptif enjambe les siècles.       <br />
              <br />
       Ces deux personnages, à l'entame de la représentation, donnent le &quot;La&quot; à une création scénique qui bouscule autant les repères temporels que sociaux, l'aristocratie étant déclinée par moments de façon caricaturale et comique. De cet instant frôlant un quotidien que tout le monde peut goûter, le théâtre dans le théâtre s'insinue avec un &quot;Silence !&quot; lancé fortement et de manière quasi grondeuse au public par un protagoniste venant subrepticement sur le plateau, pour marquer qu'une représentation va débuter alors qu'officiellement, elle a déjà débuté. Le regard porté vers nous, il se dirige côté cour pour disparaître.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587526.jpg?v=1769773765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, la mise en scène d'Emma Dante s'inscrit dans une modernité audacieuse où le théâtre relie des rives autant classiques que contemporaines, avec des attitudes parfois en décalage avec la scénographie, tel un chassé-croisé, alternant entre deux époques.       <br />
              <br />
       Quatre siècles séparent, à proprement parler, la langue de Molière de cette première scène. Pour autant, ce laps de temps se contracte, voire s'efface selon les tableaux. Car le moderne, pour caractériser notre époque, cohabite avec délice, durant toute la pièce, au subjonctif de Molière. Dans cette césure, c'est aussi une distance sociale qui séparait l'homme de la femme que la metteure en scène sicilienne Emma Dante n'exploite pas. Elle aurait pu creuser ce filon pour l'actualiser à notre époque et en dénoncer les turpitudes qui résistent aux siècles, ce qui aurait été une approche des plus classiques. Nul clin d'œil dans ce sens, elle prend le très riche matériau théâtral à sa disposition pour le sculpter dans des formes caricaturales à souhait, pour les faire épouser une satire sociale où les attitudes des uns sont souvent sous le couvert du ridicule des autres.       <br />
              <br />
       Clitandre (Gaël Kamilindi) est dans un rapport au jeu qui ne laisse place, à dessein, à aucun naturel. Plus ses attitudes sont maniérées et poussées à l'extrême avec élégance, plus son propos prend du poids. Et plus ce qui l'écoute le font comme si la manière tenait lieu uniquement de boussole, parce que d'un certain statut social. <span style="font-style:italic">&quot;Le monde entier est une scène, hommes et femmes, tous n'y sont que des acteurs…&quot;</span>, comme l'écrit Shakespeare (1564-1616) dans &quot;Comme il vous plaira&quot; (1599). La pièce se finit d'ailleurs dans une configuration de représentation avec un cadre de tableau qui descend pour regrouper tous les personnages de la fable. &quot;Les femmes savantes&quot; deviennent la comédie d'une société, et d'un monde qui joue à être ce qu'il n'est peut-être pas, statut social oblige, comme Trissotin qui joue le chantre de la culture quand il n'en maîtrise peut-être pas l'orthographe.       <br />
              <br />
       Durant deux heures, Emma Dante propose une audacieuse odyssée théâtrale dans laquelle la représentation épouse des contours autant comiques, déjantés, sérieux que dramatiques. C'est une comédie dans laquelle les rictus sont envoyés à la face d'un statut social où la culture, fausse de surcroît et savamment badigeonnée de mots pompeux par Trissotin (Stéphane Varupenne), tient lieu de rosette et de chapeau haut de forme. Bourdieu n'aurait rien eu à y redire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587564.jpg?v=1769773927" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Emma Dante a pour souci, remarquable, de faire advenir souvent, en même temps, le ridicule et le sérieux, le comique et le grave, le propos bien tamponné et son accoutrement édulcoré, le décalé avec sa dissonance. Ainsi, les courtisans passent l'aspirateur à main sur les habits portés par Clitandre. Cet empressement est comique, car ridicule et déphasé. Il peut être décliné toutefois à n'importe quelle époque. D'où cet écart temporel entre l'aspirateur et les courtisans. Savoir s'ils nettoient les habits de leur maître ou lui-même, ou les deux, est à la libre appréciation du public. Et peut-être des courtisans.       <br />
              <br />
       La musique est aussi un élément important. Elle pose une ambiance et des ruptures. Lully n'a qu'à bien se tenir. Les chansons, entre autres, de Red Hot Chili Peppers et Björk sont en effet présentes. Le classique a la chasse gardée des costumes, du verbe et de la scénographie, sauf pour le premier tableau, quand les outils numériques, l'électroménager avec l'aspirateur à main et la musique ont celui de notre siècle.       <br />
              <br />
       &quot;Les femmes savantes&quot; est l'avant-dernière comédie de Molière. La mise en scène d'Emma Dante déploie un jeu comique avant tout corporel. Dans le phrasé, le débit est presque, à dessein, caricatural, dessinant ainsi une diction qui se targue de châtier les mots avec emphase. Clitandre est très maniéré, attitude où sue, à dessein et de façon comique, un aristocratisme dans lequel ce qui fait fonction sont les manières. Excepté le port de tête de celui-ci qui est peu royal, car le jeu social peut aussi avoir ses limites.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587702.jpg?v=1769774736" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Pour autant, le 4ᵉ mur de Diderot (1713-1784) est abattu avec, entre autres, un moment où Trissotin et Henriette (Édith Proust) vont dans le public en essayant de s'y immiscer tout en l'interpellant avec drôlerie. Nulle distance avec l'assistance, l'humour ne s'y retrouverait pas.       <br />
              <br />
       Bref, une grande pièce d'un grand homme montée par une grande dame. Un véritable délice !       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93982161-65587703.jpg?v=1769774765" alt=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" title=""Les femmes savantes" Une proposition complètement décalée qui se révèle être un vrai plaisir théâtral !" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2 bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-femmes-savantes-Une-proposition-completement-decalee-qui-se-revele-etre-un-vrai-plaisir-theatral-_a4465.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante</title>
   <updated>2026-01-23T10:02:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Femmes-savantes-Un-Moliere-baroque-et-burlesque-sous-la-houlette-dejantee-de-la-metteuse-en-scene-sicilienne-Emma_a4458.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93841969-65518804.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-01-23T07:29:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Artiste phare de la scène contemporaine européenne, Emma Dante s'attaque, pour la première fois, à un texte théâtral, qui plus est, une pièce de Molière. L'univers grotesque et excessif de l'artiste palermitaine s'approprie avec fracas l'histoire de cette famille dysfonctionnelle où les femmes tentent d'ébranler l'ordre patriarcal. Musique pop, costumes aux couleurs acidulées, perruques extravagantes, anachronismes de toutes sortes et mise en scène virevoltante composent une œuvre folle et hautement visuelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518804.jpg?v=1769121337" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Qui n'a jamais vu un spectacle d'Emma Dante se doit de tenter l'expérience. Comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d'opéra, autrice et réalisatrice, Emma Dante, née le 6 avril 1967 à Palerme, est une artiste majeure de la scène contemporaine internationale. Formée au sein du Gruppo 63 néo-avant-gardiste de Palerme et à l'Académie nationale d'art dramatique de Rome, Emma Dante fonde en 1999 sa compagnie, Sud Costa Occidentale, au sein de laquelle elle élabore ses spectacles. Son théâtre, éminemment corporel, puise dans les fables une poésie empreinte de dérision, de sublime et d'outrance burlesque.        <br />
              <br />
       En France, ses spectacles ont été joués au Théâtre du Rond-Point (&quot;La Trilogie des lunettes&quot;, &quot;Les Sœurs Macaluso&quot;, &quot;Bêtes de scène&quot;…), au Festival d'Avignon (&quot;Misericordia&quot;, &quot;La statuette de sucre&quot;, &quot;La Fête des morts&quot;…) ou encore à La Colline (&quot;Fable pour un adieu&quot;…). Aujourd'hui, répondant à une commande, elle fait son entrée à la Comédie-Française et s'attaque pour la première fois, avec &quot;Les Femmes savantes&quot; (1672), à une œuvre du répertoire classique français.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518808.jpg?v=1769121374" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Mais de quoi parle exactement cette avant-dernière comédie de Molière, à laquelle on trouve parfois des similitudes avec deux œuvres antérieures, &quot;Les Précieuses ridicules&quot; (1659) et &quot;Le Tartuffe ou l'Imposteur&quot; (1669) ? En voici le résumé en quelques mots : Philaminte, sa belle-sœur Bélise et sa fille aînée Armande, toutes trois férues de poésie, se trouvent sous l'emprise de Trissotin, un &quot;bel esprit&quot; qui les subjugue par ses poèmes et sa pompeuse éloquence. Henriette, la cadette, indifférente à tout cela, songe, elle, à se marier. Alors que son choix s'est porté sur Clitandre qui, après avoir été rejeté par Armande, lui fait une cour assidue, sa mère décide de lui faire épouser Trissotin.       <br />
              <br />
       Désespoir total de l'intéressée. Si Henriette est soutenue dans ses desseins matrimoniaux par son père, Chrysale, celui-ci n'a pas le courage de s'opposer à sa femme qu'il laisse diriger la maisonnée comme bon lui semble. De son côté, Armande, quelque peu jalouse à l'idée de voir sa sœur convoler avec son ancien soupirant, tente de reconquérir Clitandre. Une ruse d'Ariste, l'oncle d'Henriette, permettra de démasquer Trissotin et de sauver la situation in extremis.       <br />
              <br />
       Sur le grand plateau de la Salle Renaud-Barrault – la Salle Richelieu étant fermée pour travaux, la Troupe du Français joue hors les murs au Théâtre du Rond-Point –, les comédiens se déplacent comme si la représentation n'avait pas commencé. Sur le plateau quasi-nu, la salle toujours allumée, des serviteurs déplacent de grandes malles, installent des néons…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518809.jpg?v=1769121395" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Arrivent ensuite des comédiennes en tenues de ville, ou plutôt vêtues d'affreux joggings. Elles échangent quelques mots, pianotent sur leurs téléphones portables... Tout ce petit monde va et vient, indifférent, dirait-on, à la présence du public. À quoi assistons-nous exactement ? À la mise en place d'une répétition ? Puis soudain trois énormes sacs tombent des cintres, emplis de costumes, d'accessoires, le texte de la pièce y compris. La comédienne Jennifer Decker s'en empare, en lit un passage, puis le jette et s'éclipse.       <br />
              <br />
       C'est presque étonnés que nous l'entendons, de retour sur scène, proférer à l'attention de sa camarade Édith Proust : <span style="font-style:italic">&quot;Quoi ! le beau nom de fille est un titre ma sœur,/Dont vous voulez quitter la charmante douceur,/Et de vous marier, vous osez faire fête ?/Ce vulgaire dessein vous peut monter en tête ?&quot;</span> On pense alors au film de Louis Malle &quot;Vanya, 42ᵉ rue&quot; (1994) dans lequel, sans que nous nous en rendions réellement compte, les acteurs entraient progressivement dans le texte et l'univers de Tchekhov… Et c'est presque malgré elles, semble-t-il, que les comédiennes vont ici se glisser dans celui de Molière.       <br />
              <br />
       Alors que de ces malles d'un temps ancien s'extirpent des personnages masculins poussiéreux, en habits plus ou moins d'époque, les femmes, elles, restent ancrées dans le XXIᵉ siècle et ne revêtent leurs costumes que progressivement, par strates, comme &quot;happées&quot; par le monde de Molière. Emma Dante explique avoir ainsi voulu représenter les femmes à distance du monde des hommes, jugeant la gent féminine plus avancée dans ses réflexions que la gent masculine. Un décalage temporel qui en dit long sur la condition des femmes. Par ce glissement progressif, la metteuse en scène a également souhaité rendre hommage à la langue de Molière et montrer la &quot;contamination&quot; des comédiennes par le texte.       <br />
              <br />
       Dans cette esthétique qui n'est pas sans rappeler celle du &quot;Marie-Antoinette&quot; de Sofia Coppola (2006), avec paire de Converse et tube des années quatre-vingt du groupe de rock indé Siouxsie and the Banshees, les époques se côtoient jusque dans le magnifique décor de la demeure : tapisseries défraîchies, sol à damier élimé, mais aussi rampes à LED, néons ultra-contemporains, fauteuils d'époque sur roulettes, ordinateurs portables… Costumes tout aussi fous que splendides dans leurs formes et leurs couleurs acidulées, perruques extravagantes contribuent pleinement à cette beauté visuelle et à cette atmosphère pop. La plasticienne Vanessa Sannino a ici effectué un travail remarquable tant sur les costumes que sur la scénographie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65518810.jpg?v=1769121415" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène, virevoltante, avec un décor que nous découvrons mobile, accumule les effets visuels. Ainsi, en réponse à Chrysale, son mari, qui vient de lui dénigrer la littérature, Philaminte fait-elle apporter sur scène des piles de livres démesurées dont elle emplit la maison. Alors que la littérature éclot physiquement avec des livres pop-up, des fleurs aux couleurs vives surgissent simultanément de la tapisserie. Cet univers pop-rock déjanté se poursuit jusque dans la musique, de Billie Eillish à The Clash, en passant par Björk, nous offrant de grands frissons artistiques.       <br />
              <br />
       Le jeu exacerbé des comédiens, excessif, dans une corporalité drôle et grotesque digne de la commedia dell'arte, est du plus haut comique. Tous sont excellents et s'amusent, dans un enthousiasme communicatif. Mention spéciale à Laurent Stocker, dans le rôle de Chrysale, décidément en très grande forme ! Soulignons également le parti-pris fort intéressant d'un Trissotin séduisant et non pas repoussant comme il est souvent représenté. Magistralement interprété par Stéphane Varupenne, l'imposteur est d'autant plus difficile à démasquer.       <br />
              <br />
       Si le spectacle est artistiquement une réussite, avec des moments de pure poésie tels que la danse aux néons ou le tableau final, il est à regretter que le propos de la pièce soit quelque peu noyé sous l'esthétique. Même si le texte passe parfaitement la rampe – excellence des Comédiens-Français oblige ! –, Quid réellement de la condition des femmes ? Ces femmes savantes sont-elles des précieuses ridicules ou des femmes en juste rébellion contre l'ordre patriarcal ? La profusion d'images et de situations comiques ne nous permettent pas réellement de nous faire une opinion. N'empêche, ce spectacle possède une poésie baroque au charme incontestable.       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Femmes savantes"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93841969-65520776.jpg?v=1769158757" alt=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" title=""Les Femmes savantes" Un Molière baroque et burlesque sous la houlette déjantée de la metteuse en scène sicilienne Emma Dante" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Emma Dante.       <br />
       Collaboration artistique : Rémi Boissy.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Éric Génovèse, Laurent Stocker, Elsa Lepoivre, Stéphane Varupenne, Jennifer Decker, Gaël Kalimindi, Sefa Yeboah, Édith Proust, Aymeline Alix, Charlotte Van Bervesselès et Diego Andres, Hippolyte Orillard, Alessandro Sauna, Sabino Civilleri.       <br />
       Scénographie : Vanessa Sannino, assistée de Ninon Le Chevalier.       <br />
       Costumes : Vanessa Sannino, assistée de Marion Duvinage.       <br />
       Lumières : Christian Zucaro.        <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 14 janvier au 1ᵉʳ mars 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h.        <br />
       Comédie-Française hors les murs, Théâtre du Rond-Point, Salle Renaud-Barrault, 2bis, avenue Franklin D. Roosevelt, Paris 8ᵉ.       <br />
       Téléphone : 01 44 95 98 00.        <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredurondpoint.fr/" target="_blank">&gt;&gt; theatredurondpoint.fr</a>       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0110/fListeManifs.aspx?idstructure=0110" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
              <br />
       Et en direct au cinéma le 1ᵉʳ mars à 15 h (Pathé Live).       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/fr/evenements/theatre/les-femmes-savantes/" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Femmes-savantes-Un-Moliere-baroque-et-burlesque-sous-la-houlette-dejantee-de-la-metteuse-en-scene-sicilienne-Emma_a4458.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?</title>
   <updated>2025-07-29T11:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/90170805-63634958.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-07-27T19:44:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand le jour pointe sur la Cour d'Honneur après quelque huit heures de représentation, un sentiment de libération explose dans des salves successives d'applaudissements nourris… Libération du plaisir intense ressenti lors de cette profusion de tableaux dantesques, s'enchaînant les uns aux autres sans que leur intensité dramatique ne faiblisse. Libération physique de la tension requise pour absorber, une longue nuit durant, ce déluge si enivrant soit-il. Libération enfin d'un discours daté par l'écriture de Paul Claudel qui, même si elle est ici revisitée avec humour et présentée sous un angle contemporain, n'en reste pas moins pesante tant la foi structurelle de ce catholique fervent (al)ourdit "Le Soulier".     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634958.jpg?v=1753640292" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Éric Ruf, avec le talent que l'on lui reconnaît, ne pouvait pas ne pas avoir conscience de ces difficultés en s'attaquant à ce monument de la littérature et du théâtre. Non seulement l'ombre d'Antoine Vitez planait sur la Cour comme un mythe indéboulonnable, mais plus encore le côté lyrique de l'écriture &quot;passionnelle&quot; de l'auteur de référence posait un problème dramaturgique à résoudre. En effet, comment pouvoir mettre en jeu sur un plateau contemporain &quot;la passion&quot; (au sens christique) de Doña Prouhèze, passion vissée au corps et l'accompagnant jusqu'à la mort ? Le miracle (laïc) étant que le défi semble relevé…       <br />
              <br />
       Pour gagner d'emblée le public, en le mettant dans des conditions optimales de réception – un marathon éprouvant l'attend… –, les comédiens ont à cœur de déambuler dans la salle en prenant soin d'eux. En suivant, cette fois sur scène, l'annonceur commentera avec humour le sous-titre donné par Paul Claudel à la présente œuvre : &quot;Le pire n'est pas toujours sûr&quot;… Le détournant, non sans gourmandise, de son sens initial : annoncer aux pécheurs potentiels qu'eux aussi, à l'image de l'héroïne, pouvaient résister à la tentation de la chair en restant fidèles aux sacrements du mariage contracté devant Dieu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63634963.jpg?v=1753640332" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Quatre &quot;journées&quot; pour balayer une trentaine d'années faisant voyager dans plusieurs villes (Madrid, Barcelone, Cadix, Prague, Mogador…), plusieurs pays (Espagne, Maroc, Japon…), plusieurs continents (Europe, Afrique, Amérique, Asie…) et océans à mi-distance entre l'ancien et le nouveau continent (on est au XVIe - XVIIe siècle, à l'époque des Conquistadors), un monde-univers qui va trouver en l'espace du gigantesque plateau de la Cour son cadre rêvé. Et pour traverser cet espace-temps aux allures phénoménales, deux annonceurs (Serge Bagdassorian et Florence Viala, tous deux débordant d'humour) vont proposer leurs services de guides éclairés et éclairant.       <br />
              <br />
       De décor fixe, point… si ce n'est la façade implacable trouée par les fenêtres du Palais où apparaitra Doña Prouhèze criant à tue-tête le nom de son bien-aimé (&quot;pour qu'il revienne&quot;). Mais des installations hautes en couleur accompagneront les nombreux déplacements des personnages habillés fabuleusement par le couturier Christian Lacroix. Un vrai régal pour les yeux que la robe de Doña Prouhèze, ou encore le costume de Don Balthazar, le transformant en bibendum débonnaire chargé de préserver l'héroïne des élans travaillant sa chair.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635012.jpg?v=1753640967" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      L'intrigue principale met au centre Doña Prouhèze, aimée follement par trois hommes. Don Pelage (le Juge austère), Don Camille (qui la poursuit de ses avances empressées et auquel elle cèdera… en l'épousant après le décès de son vieux mari) et Don Rodrigue (qu'elle aime d'un amour brûlant à jamais non consommé). Ouf… la morale chrétienne est sauve, y compris lorsque Paul Claudel, en &quot;catholique contrarié&quot;, écrit &quot;Le Soulier&quot; afin de tenter de se délivrer de ses propres amours illicites. D'autres intrigues viendront s'inviter. Comme celle des amours passionnées de Doña Musique avec le Roi de Naples, ou encore celle de &quot;la fille&quot; de Don Rodrigue (en fait l'enfant que Doña Prouhèze aura avec Don Camille, son deuxième époux) avec le très catholique Jean d'Autriche.       <br />
              <br />
       Les péripéties savoureuses donneront lieu à des morceaux dignes d'entrer dans une anthologie théâtrale… Parmi elles, on citera les affrontements entre le torturé et magnétique Don Camille (Christophe Montenez, d'une inquiétante étrangeté fascinante) et le séduisant, éthéré et illuminé Don Rodrigue (Baptiste Chabauty). Celles entre Doña Honoria (Danièle Lebrun, impertinente à souhait), mère de Don Rodrigue, et Don Pelage (Didier Sandre, hiératique), raide comme un i dans la foi qui le corsète. Celles qui mettent aux prises la truculente Doña Prouhèze (Marina Hands, rien moins que sublime, y compris dans ses excès), en &quot;femme au bord de la crise de nerfs&quot;, au bord de l'hystérie, avec les deux hommes qui la désirent chacun à sa manière.       <br />
              <br />
       Celles colorées par un humour assumé montrant Don Balthazar (Laurent Stocker, inénarrable) et l'ange gardien de Doña Prouhèze (Sefa Yeboah) s'échinant l'un et l'autre à protéger de ses élans vers le mal l'infortunée créature de Dieu dont ils ont reçu la charge. Ou cette rencontre improbable entre deux savants, discourant doctement à propos d'œuvres picturales mises en concurrence. Ou ce second chancelier (Dominique Sandre, dans un rôle opposé à celui du juge) bafouillant une bouillie de mots en appui de son roi.       <br />
              <br />
       Ou, plus grave, l'échange entre Don Camille et Le Chinois (Birana Ba, très convaincant) devisant, allongés au centre du plateau Ou le monologue inaugural du Père Jésuite (Alain Lenglet, fascinant lui aussi) arrimé à sa croix, dérivant tragiquement au gré des vagues en furie en déclamant sa tirade. Sans oublier l'ascension jubilatoire du ballon gonflé à l'hélium, faisant disparaître au-dessus des murailles du Palais le fameux Soulier donné à La Vierge… afin qu'elle ne puisse que claudiquer si la tentation prenait Doña Prouhèze d'aller vers le Mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635022.jpg?v=1753641101" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      La réécriture alerte du texte, la mise en jeu des plus dynamiques, les costumes et décors envoûtants, l'interprétation flamboyante des actrices et acteurs de la Comédie Française (tous seraient à citer), autant de composantes de cette adaptation de nature à nous communiquer un plaisir palpable, nous conduisant avec ivresse et intérêt jusqu'au bout de la nuit…       <br />
              <br />
       … cependant, le trop-plein de considérations religieuses du texte originel, même si, ici, il a été délibérément &quot;revisité&quot;, finit par saturer l'espace de cerveau disponible en débordant sur le plaisir ressenti. À l'image de Doña Prouhèze et de ses amants potentiels, ravagés, elle comme eux, par la toxicité de préceptes religieux les empêchant d'aimer &quot;naturellement&quot;. À l'image encore de ce malheureux Don Rodrigue qui, après avoir été Vice-roi des Indes, se retrouve avec une jambe de bois suite à un séjour en prison au Japon, seul et sans le sou, condamné à vendre des images pieuses pour survivre. La chute (!) fixera le regard extatique du Saint qu'il est devenu, suppliant d'être donné à une religieuse en quête d'objets pour une vente charitable. Son deal ? Pouvoir contempler la Sainte Vierge dans la chapelle de sa communauté (Amen).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635128.jpg?v=1753642548" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
     <div>
      Paul Claudel serait-il, malgré le génie artistique de ceux qui s'y attaquent, un auteur devenu infréquentable, tant ses préoccupations apparaissent obsolètes dans un monde contemporain travaillé par des interrogations humaines d'une toute autre importance ?       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le jeudi 24 juillet 2025 à la Cour d'honneur du palais des Papes d'Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le Soulier des Satin"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635179.jpg?v=1753642579" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
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     <div>
      Texte : Paul Claudel.       <br />
       Version scénique, mise en scène et scénographie : Éric Ruf (de la Comédie-Française).       <br />
       Assistants à la mise en scène : Alison Hornus, Ruth Orthmann, Aristeo Tordesillas.       <br />
       Assistant à la scénographie : Anaïs Levieil.       <br />
       Avec la troupe de la Comédie-Française : Alain Lenglet, Florence Viala, Coraly Zahonero, Laurent Stocker, Christian Gonon, Serge Bagdassarian, Suliane Brahim, Didier Sandre, Christophe Montenez, Marina Hands, Danièle Lebrun, Birane Ba, Sefa Yeboah, Baptiste Chabauty, Édith Proust et Fanny Barthod, Rachel Collignon, Gabriel Draper.       <br />
       Musiciens : Vincent Leterme, Aurélia Bonaque Ferrat, Ingrid Schoenlaub, Anna Woloszyn.       <br />
       Costumes : Christian Lacroix.       <br />
       Assistants aux costumes : Jean-Philippe Pons, Jennifer Morangier, Aurélia Bonaque Ferrat.       <br />
       Lumière : Bertrand Couderc.       <br />
       Direction musicale : Vincent Leterme.       <br />
       Son : Samuel Robineau.       <br />
       Travail chorégraphique : Glysleïn Lefever.       <br />
       Collaboration artistique : Léonidas Strapatsakis.       <br />
       Durée : 8 h avec entractes (quatre parties avec trois entractes).       <br />
              <br />
       Spectacle créé le 21 décembre 2024 à la Comédie-Française, Salle Richelieu, à Paris.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">A été joué les 19, 20, 22, 23, 24, 25 juillet 2025.</span>       <br />
       Représenté à 22 h.       <br />
       Cour d'honneur du Palais des papes, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90170805-63635180.jpg?v=1753642623" alt="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" title="•In 2025• "Le Soulier de Satin" Jeux et enjeux d'une représentation dantesque… Et Dieu dans tout çà ?" />
     </div>
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     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Le-Soulier-de-Satin-Jeux-et-enjeux-d-une-representation-dantesque-Et-Dieu-dans-tout-ca_a4335.html" />
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  <entry>
   <title>Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui</title>
   <updated>2025-06-24T14:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Au-Bureau-des-lectures-la-Comedie-Francaise-met-a-l-honneur-les-ecritures-theatrales-d-aujourd-hui_a4269.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/89523848-63286646.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-06-24T13:15:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À raison de trois cycles de trois lectures (écritures francophones, jeunesse et étrangères), la Comédie-Française présente chaque saison, sur les scènes du Vieux-Colombier et du Studio-Théâtre, des lectures publiques de pièces d'auteurs contemporains. Un public fidèle et enthousiaste y découvre de nouvelles formes d'écriture théâtrale et vote pour son coup de cœur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89523848-63286646.jpg?v=1750764539" alt="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" title="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" />
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     <div>
      Les 14, 15 et 16 juin se tenait au Vieux-Colombier le Cycle 3 du Bureau des lectures consacré aux écritures étrangères. Au programme : &quot;Le poisson rouge de Berlin&quot; (2023) du Hongkongais Pat To Yan (né en 1975), &quot;Vania est vivant&quot; (2022) de l'auteure russe en exil Natalia Lizorkina (née en 1990) et &quot;Je meurs de ne pas mourir (la vie double de Thérèse)&quot; (2022) de l'Espagnol Paco Bezerra (né en 1978). Lues par des acteurs de la Troupe, les trois pièces faisaient preuve de qualités littéraires indéniables et, chacune dans son genre, d'une grande originalité, tant dans la forme que par la contemporanéité du sujet.       <br />
              <br />
       Ainsi, à travers le récit de la relation amoureuse vécue à distance par Sze Yin et Lin Lin, &quot;Le poisson rouge de Berlin&quot; interroge avec perspicacité notre expérience intime du monde et notre relation à autrui.  A l'heure de l'humain augmenté et de la technologie à tout-va, où avions et écrans sont supposés rapprocher les gens et remodeler l'espace-temps, les amants éprouvent une sensation de solitude et d'isolement, et leur histoire se trouve vouée à l'échec. Lue par Julien Frison, Élissa Alloula et Claïna Clavaron, cette pièce s'avère une belle découverte, d'autant que les auteurs hongkongais sont rares sur les scènes françaises.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89523848-63286647.jpg?v=1750764588" alt="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" title="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" />
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     <div>
      Univers tout autre avec Natalia Lizorkina, qui nous plonge, non pas dans les paradoxes de notre monde contemporain, mais dans la tragédie de la guerre et de la dictature. Dans un pays qui ne dit pas son nom et que chacun reconnaît, la Russie, une mère, dont le fils a été envoyé au front, est confrontée à une rhétorique officielle où le langage contredit littéralement les faits. Par conséquent, &quot;Vania est vivant&quot;, il n'a pas été fait prisonnier, ni torturé, il se trouve en parfaite santé, dans un pays en paix, et Alia ne pleure pas, elle rit. Lue par le doyen de la Maison Thierry Hancisse, la pièce s'avère d'une grande intelligence, remarquablement écrite, avec, dans une approche non réaliste, un rôle prépondérant accordé aux didascalies. Du grand art !       <br />
              <br />
       &quot;Je meurs de ne pas mourir&quot; raconte, quant à elle, le retour sur terre de Sainte Thérèse d'Avila (1515-1582) cinq siècles après sa mort. Ce récit à la première personne donne la parole à la Sainte dans une adresse directe au public. Le monologue, lu par la sociétaire Françoise Gillard, est ponctué de courtes interventions, tels des titres de chapitres ou des répliques à venir de la Sainte, lues par un élève académicien (chaque saison, l'Académie de la Comédie-Française accueille dix jeunes issus d'écoles supérieures et d'universités d'art pour parfaire leur formation, NDLR), ce qui permet de souligner certains faits et d'apporter un écho aux propos de Thérèse.       <br />
              <br />
       La pièce de Paco Bezerra, dont la création a été empêchée en Espagne suite aux attaques virulentes du parti d'extrême-droite Vox, reprend la vie de la Sainte sous un angle féministe et lui donne un poids contemporain. À une époque (le XVIe siècle) où la femme n'avait d'autre choix que de se marier, le couvent offrait une alternative. Thérèse aurait donc opté pour cette solution afin d'échapper au joug masculin, ce qui, aujourd'hui, pourrait la qualifier de féministe avant l'heure. Et c'est fort intelligemment que la pièce interroge la place de la femme dans le monde, tant au XVIe qu'au XXIe siècle.       <br />
              <br />
       Une écriture limpide, avec quelques fulgurances stylistiques, nous remémore, d'autre part, que la religieuse était également une femme de lettres. Sans être une comédie, la pièce emprunte beaucoup à l'humour et à l'absurde pour nous inviter à méditer sur l'existence. Et le fait de devoir, pour sa renaissance, récupérer tous les morceaux de son corps dispersé en reliques aux quatre coins de la planète n'est-il finalement pas aussi absurde que cette dispersion elle-même ?       <br />
              <br />
       Comme cela arrive parfois, le groupe des spectateurs engagés (constitué des spectateurs ayant assisté aux trois lectures, NDLR) eut beaucoup de difficulté à départager les pièces. Le coup de cœur fut donc attribué ex æquo à &quot;Vania est vivant&quot; et &quot;Je meurs de ne pas mourir&quot;.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89523848-63286714.jpg?v=1750764830" alt="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" title="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" />
     </div>
     <div>
      Mais comment ces trois pièces sont-elles arrivées au Bureau des lectures ? Rappelons tout d'abord que, contrairement à ce que l'on pourrait croire, les pièces d'auteurs contemporains ont toute leur place à la Comédie-Française, que ce soit au Vieux-Colombier et au Studio-Théâtre, scènes secondaires certes plus expérimentales, mais aussi Salle Richelieu où elles viennent régulièrement enrichir le Répertoire qui, à ce jour, compte pas moins de 3 500 pièces. Car le Répertoire, propre à cette Maison, répond à des règles simples.       <br />
              <br />
       Constitué de l'ensemble des pièces jouées par les Comédiens-Français Salle Richelieu, il repose sur le principe que toute œuvre, quelle que soit son époque, peut être inscrite au Répertoire par le Comité de lecture, sur proposition de l'Administrateur général. Par conséquent, le Répertoire n'est pas exclusivement &quot;classique&quot;, mais offre une représentation éclectique des dramaturgies françaises et étrangères à travers le temps. Ainsi, par exemple, &quot;Le Suicidé&quot; de Nicolaï Erdman (1900-1970) et &quot;Hécube, pas Hécube&quot; de Tiago Rodrigues (né en 1977) sont entrés cette saison au Répertoire.       <br />
              <br />
       Mis en place en 2008 par Muriel Mayette-Holtz, le Bureau des lectures a donc pour mission de dénicher les talents d'aujourd'hui. Présidé par Laurent Muhleisen, conseiller littéraire de la Maison, et composé d'une dizaine de personnalités, principalement membres de l'institution, ce comité est chargé de lire et d'évaluer l'ensemble des quelque 400 manuscrits envoyés chaque année par des auteurs et des traducteurs. Parmi tous ces textes, seuls neufs sont retenus qui, chaque saison, font l'objet de lectures publiques réparties en trois cycles : écritures francophones, jeunesse et étrangères. Les textes lus en public sont donc &quot;la crème de la crème&quot;, comme aime à le souligner Laurent Muhleisen, et c'est un régal, tant pour l'oreille que pour l'esprit, de les entendre, d'autant qu'ils sont portés par des comédiens d'excellence.
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/89523848-63286746.jpg?v=1750764948" alt="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" title="Au Bureau des lectures, la Comédie-Française met à l'honneur les écritures théâtrales d'aujourd'hui" />
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      Par ailleurs, au cours de chaque cycle, un "groupe de spectateurs engagés" vote, à l'issue d'une discussion "dramaturgique" animée, pour son coup de cœur. Les textes ainsi distingués sont ensuite susceptibles d'être intégrés dans une programmation future, comme ce fut le cas, par exemple, pour "Lampedusa Beach" de Lina Prosa (en 2013), "Dancefloor Memories" de Lucie Depauw (en 2015), "Massacre" de Lluïsa Cunillé (en 2020) ou encore "7 minutes" de Stefano Massini (en 2021). Et même s'ils ne sont pas montés ensuite à la Comédie-Française, ces lectures représentent pour eux un véritable coup de projecteur.  Certains auteurs, tels Yann Verburgh ou Pauline Peyrade, dont on a pu entendre les premiers textes au Bureau des lectures, sont aujourd'hui des auteurs reconnus, peut-être même nos classiques de demain…       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Au Bureau des lectures</strong></span>       <br />
       <b>Vieux-Colombier,</b> 21, rue du Vieux-Colombier, Paris 6e.       <br />
       <b>Cycle 1</b> Écritures francophones <span class="fluo_jaune">13, 14 et 15 décembre 2025.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://reserver.comedie-francaise.fr/event/682afb1267e39ed20f95975b" target="_blank">>> Réservation en ligne</a>       <br />
              <br />
       <b>Cycle 2</b> Écritures jeunesse <span class="fluo_jaune">11, 12 et 13 avril 2026.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/au-bureau-des-lectures-2sur3-25-26#" target="_blank">>> Infos Au Bureau de lectures 2/3</a>       <br />
              <br />
       <b>Studio-Théâtre,</b> 99, rue de Rivoli, Galerie du Carrousel du Louvre, Paris 1er.       <br />
       <b>Cycle 3</b> Écritures étrangères <span class="fluo_jaune">5, 6 et 7 juin 2026.</span>       <br />
       <a class="link" href="https://www.comedie-francaise.fr/fr/evenements/au-bureau-des-lectures-3sur3-25-26" target="_blank">>> Infos Au Bureau de lectures 3/3</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Au-Bureau-des-lectures-la-Comedie-Francaise-met-a-l-honneur-les-ecritures-theatrales-d-aujourd-hui_a4269.html" />
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