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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-10-15T13:37:18+02:00</updated>
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   <title>Premier festival international Classical Bridge en France</title>
   <updated>2022-08-21T13:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Premier-festival-international-Classical-Bridge-en-France_a3378.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2022-08-21T13:14:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'événement, c'est la première édition française et européenne du festival franco-américain Classical Bridge à Pessac près de Bordeaux. L'occasion de retrouver d'excellents artistes dans une toute nouvelle expérience.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66841236-47402403.jpg?v=1661082423" alt="Premier festival international Classical Bridge en France" title="Premier festival international Classical Bridge en France" />
     </div>
     <div>
      Pendant une durée de trois jours (du 22 au 24 août), retrouvez les meilleurs artistes internationaux dans le cadre enchanteur du Château Pape Clément à Pessac. Il s'agit bien entendu de marier les plaisirs et provoquer les rencontres au milieu de soixante hectares de vignobles et d'oliviers centenaires. Mais qu'est-ce que ce festival franco-américain qui prend ses quartiers dans le beau Sud-Ouest ?       <br />
              <br />
       Depuis sa première édition new-yorkaise en 2018, le festival (qui a aussi son académie) entend construire de nouveaux ponts (comme l'indique son nom) entre le public et les artistes en proposant de mettre en œuvre des idées innovantes en matières de programmation et d'approches variées du concert. À Pessac, il s'agit donc de faire venir un public attiré par la perspective d'une étape gourmande et de créer une nouvelle expérience de mélomane.       <br />
              <br />
       Sur le modèle de la &quot;Davidsbündler&quot; (ou Confrérie de David) créée par Robert Schumann, la pianiste sud-coréenne Klara Min et l'association NYCA (New York Concert Artists &amp; Associates) ont ainsi lancé la manifestation et l'alternance des éditions annuelles qui se fera évidemment entre New York et la France. Six concerts sur trois journées se donneront dans l'enceinte du néo-gothique Château Pape Clément à 12 h et 19 h.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Cette nouvelle confrérie d'artistes très talentueuses et talentueux ne défendra pas seulement les œuvres de Robert Schumann, mais aussi un programme de musique chambriste exigeant couvrant les XIXe et XXe siècles, de Beethoven à Brahms sans oublier Chostakovitch, Bartok et Piazzolla, entre autres compositeurs.       <br />
              <br />
       Le public retrouvera avec bonheur les pianistes Jean-Frédéric Neuberger, Klara Min, Lily Maisky et les nouvelles sensations de la scène, Jae Yeon Won, le canadien JJ Bui - ce dernier remarqué pour avoir raflé un nombre impressionnant de prix de concours prestigieux à dix-sept ans. On applaudira également les violonistes et altistes respectés tels Augustin Dumay, Nicolas Dautricourt, la jeune allemande Alissa Margulis et Lyda-Chen Argerich, sans oublier l'ancien Premier Alto du Philharmonique de Berlin, Mate Szücs. Le violoncelle brillera avec Mischa Maisky et Victor Julien-Laferrière, artistes qu'on ne présente plus.       <br />
              <br />
              <br />
       <b>Festival International Classical Bridge</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 au 24 août 2022.</span>       <br />
       Château Pape Clément.       <br />
       La Salle de l'Orangerie, avenue du Pont de l'Orient, Pessac (33).        <br />
       Programme complet et réservations :       <br />
       <a class="link" href="javascript:protected_mail('reservations@classicalbridge.org')" >reservations@classicalbridge.org</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.classicalbridge.org/bordeaux" target="_blank">&gt;&gt; classicalbridge.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris</title>
   <updated>2020-09-16T07:28:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-rentree-attendue-de-l-Orchestre-de-Paris_a2786.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/49820822-38632339.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-09-16T06:47:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'Orchestre de Paris effectuait sa rentrée en invitant la cheffe américaine Marin Alsop et la pianiste géorgienne Khatia Buniatishvili à la Philharmonie de Paris.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632339.jpg?v=1600153604" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      Exit les &quot;Chichester Palms&quot; pour chœur mixte et orchestre de Léonard Bernstein, le programme du concert de rentrée de l'Orchestre de Paris a été légèrement revu à la baisse afin de répondre aux exigences des décrets concernant la situation sanitaire actuelle. Demeuraient au programme le Concerto pour piano numéro un de Beethoven et la cinquième symphonie de Chostakovitch, pour une soirée sans entracte et avec distanciation physique sur la scène comme en salle.       <br />
              <br />
       L'orchestre de Paris, visiblement heureux de jouer, accueillait pour la deuxième année consécutive une femme pour le diriger. La cheffe Marin Alsop de passage à Paris, puisqu'elle est membre du jury du concours &quot;la Maestra&quot; organisé actuellement à la Philharmonie de Paris, était la candidate idéale. Petite mais énergique, Marin Alsop cultive manifestement une vraie entente avec l'orchestre. Son entrée sur scène avec la sculpturale Khatia Buniatishvili en robe longue scintillante a manifestement plu au public. On sait à quel point la pianiste géorgienne est populaire après ses nombreux passages télévisuels - n'en déplaise à certains esprits chagrins ou jaloux, n'hésitant pas à lui reprocher une tendance au narcissisme et à l'épate - un jugement, de fait nullement confirmé lors de ce concert.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632346.jpg?v=1600153714" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      Pour ce premier concerto pour piano de Beethoven composé fin 1795 ou en 1796, où s'entend encore la double influence d'un Haydn et d'un Mozart, le jeu de Khatia Buniatishvili est d'une sensualité radieuse dans l'Allegro con brio - mais aussi subtil dans les délicates arabesques qui ornent les deux thèmes énoncés par l'orchestre. Son interprétation du Largo en la bémol mineur n'est certes pas le plus bouleversant qu'on puisse entendre, mais là encore délicatesse extrême et toucher souple sont notables, témoignant d'un beau contrôle sur la matière sonore. Le Rondo final, vite engagé, est aussi brillant que virtuose.       <br />
              <br />
       Après un bref entracte de dix minutes, place à la cinquième symphonie de Chostakovitch. Donnant une occasion certaine de faire briller l'orchestre et ses solistes virtuoses, la cinquième symphonie opus 47 composée en 1937, en pleine terreur stalinienne, est une réponse du compositeur à &quot;de justes critiques&quot;, celles violemment formulées dans la Pravda pendant l'affaire &quot;Lady Macbeth de Minsk&quot; - un opéra qui avait fortement déplu à Staline. Susceptible d'être envoyé au goulag comme n'importe quel citoyen soviétique à cette période, Chostakovitch écrit : <span style="font-style:italic">&quot;Je me suis efforcé à ce que l'auditeur soviétique ressente dans ma musique un effort en direction de l'intelligibilité et de la simplicité&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/49820822-38632432.jpg?v=1600154947" alt="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" title="La rentrée attendue de l'Orchestre de Paris" />
     </div>
     <div>
      À l'écoute de cette fresque de trois quarts d'heure, son langage paraît pourtant à peine moins novateur que celui de la symphonie numéro 4, dormant au fond d'un tiroir depuis 1936 pour éviter les problèmes avec les autorités. Marin Alsop ne nous offre pas l'interprétation du siècle mais elle parvient à susciter un discours qui ne démérite pas : la tension émotionnelle surgit parfois comme la puissance des éclats. Cette angoisse qu'on aurait aimer parfois plus douloureuse fait place dans l'Allegretto à la gaieté et à la verve, pour réapparaître dans le troisième mouvement du Largo. Le finale, tout en puissante vitalité nous entraîne irrésistiblement dans un maelström énergique et vers une apothéose sonore éminemment ironique.       <br />
              <br />
       Si on peut déplorer que la version offerte par la cheffe américaine ne soit pas toujours des plus prenantes, les contrastes sont sèchement marqués, les cordes tranchantes comme espérées, les bois vifs, entre autres. L'ensemble ne manque certainement pas de force. Les musiciens de l'orchestre font merveille comme toujours. Dans les solos, le premier violon Roland Daugareil, remarquable, est tour à tour primesautier ou bouleversant dans ses interventions. On notera aussi celles de la clarinette de Pascal Moraguès, celles du hautbois d'Alexandre Gattet. Sans oublier tous les autres musiciens et pupitres (harmonie, percussions) qu'on ne peut nommer in extenso et qui sont chaleureusement (en toute justice) salués par un public chauffé à blanc. Une ouverture de saison réussie, qui console et divertit comme il se doit en cette période si difficile.        <br />
              <br />
       Concert entendu le 9 septembre 2020.       <br />
       <b>Disponible à l'écoute sur le site de la Philharmonie de Paris.</b>       <br />
              <br />
       <b>Programme de la saison 2020/2021 :</b>       <br />
       <a class="link" href="http://www.orchestredeparis.com/fr/accueil" target="_blank">&gt;&gt; orchestredeparis.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !</title>
   <updated>2016-02-16T11:51:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-d-armistice-pour-un-trio-d-artistes-au-Theatre-des-Champs-Elysees-_a773.html</id>
   <category term="Concerts" />
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   <published>2012-11-06T10:37:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 11 novembre à 11 heures, un emballant trio de musiciens nous donne rendez-vous dans le célèbre théâtre de l’avenue Montaigne pour un concert apéritif des plus prometteurs. Un trio que réunit le souvenir de la grande pianiste Brigitte Engerer - qui devait jouer initialement. Olivier Charlier, Henri Demarquette et Jean-Frédéric Neuburger faisaient en effet partie de ses proches, à des titres divers.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4891816-7297592.jpg?v=1352195216" alt="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" title="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" />
     </div>
     <div>
      C’est au très jeune et talentueux Jean-Frédéric Neuburger - en qui la grande dame du piano français croyait beaucoup - qu’est dévolue la charge de reprendre le flambeau, pour un concert de musique de chambre au programme appétissant. Il peut compter sur deux solides compagnons, qui se sont souvent produits aux côtés de Brigitte Engerer, sur la scène ou en studio. Nous retrouverons dimanche avec bonheur ces trois excellents solistes, et particulièrement le violoncelliste Henri Demarquette avant ses tournées brésilienne et russe.        <br />
              <br />
       Il est conseillé d’emmener sa grand-mère, ses enfants et ses meilleurs amis, si vous voulez leur donner le goût de la musique classique ! Quelques hits sont programmés : Le Nocturne n° 3, &quot;Rêve d’amour&quot;, de Franz Liszt (dans une transcription pour violoncelle et piano), trois &quot;Danses hongroises&quot; de Johannes Brahms (la danse n° 5 a servi pour la fameuse scène de rasage du barbier Charlot dans le film de Chaplin, &quot;Le Dictateur&quot;). Sans oublier deux trios fameux de Joseph Haydn et Franz Schubert : le trio n° 39 dit &quot;À la hongroise&quot; du premier et le trio n° 1 du second, enregistrés dans les années vingt par un autre célèbre trio, Alfred Cortot, Jacques Thibaut et Pablo Casals. Quels meilleurs auspices pour nos trois musiciens français que de marcher sur ces traces-là !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4891816-7297593.jpg?v=1352195216" alt="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" title="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" />
     </div>
     <div>
      Dans le cadre des concerts du dimanche matin,        <br />
       <span class="fluo_jaune">le 11 novembre 2012 à 11 h.</span>       <br />
       Théâtre des Champs-Élysées, Paris 8e, 01 49 52 50 50.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatrechampselysees.fr/" target="_blank">&gt;&gt; www.theatrechampselysees.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Programme :</b>       <br />
       Joseph Haydn, Trio n° 39 &quot;À la hongroise&quot;.       <br />
       Franz Liszt, Nocturne n° 3 pour violoncelle et piano &quot;Rêve d’amour&quot; (transcription de la version originale pour voix et piano).       <br />
       Johannes Brahms, Danses hongroises pour violon et piano n° 2, 7 et 5.       <br />
       Franz Schubert, Trio n° 1 opus 99.        <br />
              <br />
       Jean-Frédéric Neuburger, piano.       <br />
       Olivier Charlier, violon.       <br />
       Henri Demarquette, violoncelle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4891816-7297608.jpg?v=1352195216" alt="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" title="Pas d’armistice pour un trio d’artistes au Théâtre des Champs-Élysées !" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-d-armistice-pour-un-trio-d-artistes-au-Theatre-des-Champs-Elysees-_a773.html" />
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   <title>Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !</title>
   <updated>2016-02-16T12:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Vie-et-destin-d-une-oeuvre-persecutee-Rozhdestvensky-dirige-la-4e-symphonie-de-Chostakovitch-avec-un-Orchestre-de-Paris_a767.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/4871165-7267100.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-10-30T11:26:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C’est la nuit à Leningrad, une nuit froide de janvier 1936. Le bruit strident des freins de deux voitures réveille Dimitri Chostakovitch de son léger sommeil, peuplé de cauchemars. Il respire mal allongé dans son lit, dans l’obscurité de l’appartement situé au 9 de la rue Marat, près de la Perspective Nevski.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4871165-7267100.jpg?v=1351593730" alt="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" title="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" />
     </div>
     <div>
      Le compositeur écoute de toutes ses forces les bruits de bottes, les claquements de portières, les voix inconnues qui donnent des ordres. Il est paralysé de terreur, comme tous les habitants de l’immeuble maintenant réveillés. C’est le NKVD (1). Qui viennent-ils arrêter cette fois ?        <br />
              <br />
       Ce n’est pas le compositeur que la police secrète de Staline vient arrêter cette nuit-là - pas encore (2) - en ces temps de grandes purges dans la société soviétique, prélude aux grands procès de 1937. Mais le danger est réel : Chostakovitch vient de lire dans la <span style="font-style:italic">Pravda</span> un article anonyme sur son nouvel opéra &quot;Lady Macbeth of Mzensk&quot;, qui vient d’être joué à Moscou devant le &quot;Petit Père des Peuples&quot;.        <br />
              <br />
       Émanant directement du Kremlin, la critique est sévère. Et menaçante. L’auteur accuse Chostakovitch de &quot;formalisme petit-bourgeois&quot;, traite son œuvre de &quot;galimatias musical&quot; (en cause : son style, son sujet et son grand succès dans toute l’URSS) et conclut sinistrement qu’il s’agit &quot;d’un jeu qui pourrait mal finir&quot;. Le genre de remarque qui vous envoie alors directement au Fort de Lefortovo, antichambre de la Sibérie. Ou de l’exécution pure et simple dans les caves de la forteresse policière.        <br />
              <br />
       Quelques mois plus tard, les répétitions de la Symphonie n’4 en ut mineur, que Chostakovitch vient d’achever, sont retirées du programme du concert de l’Orchestre philharmonique de Leningrad - que ce dernier devait pourtant créer. Il faudra au compositeur persécuté attendre la déstalinisation, en 1961, pour la voir jouée. À l’Ouest, le chef Guennadi Rozhdestvensky est un des premiers à la populariser à la même époque. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4871165-7267102.jpg?v=1351593731" alt="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" title="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" />
     </div>
     <div>
      Il est un familier de Chostakovitch, qui lui a dédié certaines de ses œuvres. Imaginez mon émotion : je vais voir pour la première fois à la salle Pleyel ce chef d’orchestre né en 1931, ce monument de l’histoire musicale russe, une vraie légende à qui Bruno Monsaingeon a consacré deux films ! Et pour diriger cette mythique et malheureuse 4e symphonie ! Je ne suis pas la seule : un public nombreux se presse dans la belle salle art déco.       <br />
              <br />
       Et nous ne serons pas déçus. Reflet de l’état mental souffrant du musicien isolé et attaqué - insomnie, dépression et moments de révoltes -, la 4e Symphonie déploie, dans sa tonalité en ut mineur, tous les prestiges d’une fresque grandiose et parfois subtilement malhérienne. Son écriture très chostakovienne (sans aucun compromis aux canons réalistes-socialistes) recourt à  l’ample forme sonate et parfois même au poème symphonique le plus sombre, plein de fulgurances de couleurs et de timbres.        <br />
              <br />
       Ce qui donne l’occasion à un énorme orchestre (certains pupitres voient leur effectif quadrupler !) d’interpréter une œuvre d’une stupéfiante puissance, avec ces dialogues, ces rivalités, ces déchirements et ces moments largo de pure harmonie entre les cordes, les vents, les percussions, les cuivres. On est comme transporté dans un autre espace, celui d’une mort et d’une renaissance, au-delà des ténèbres de l’âme. Une œuvre véritablement cosmique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Comment décrire la prestation de l’Orchestre de Paris ? Elle est tout simplement brillante, sous la baguette géniale de Rozhdestvensky. Ils se connaissent depuis 1999. Et le vieux directeur de 81 ans, vieillard chenu en apparence, mais solide comme un chêne - il dirige debout pendant une heure et demie - semble un magicien. Économe de ses gestes, on dirait qu’il fait jouer les musiciens comme par enchantement. Et eux ont le regard aimanté vers lui.       <br />
              <br />
       Nous avons vécu ce 24 octobre un moment exceptionnel, clos comme il se doit par les acclamations du public parisien. Facétieux, le chef russe lui a montré la partition, pour rendre hommage à plusieurs décennies de distance à un des dieux de la musique du XXe siècle, Dimitri Chostakovitch.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/4871165-7267108.jpg?v=1351593711" alt="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" title="Vie et destin d’une œuvre persécutée : Rozhdestvensky dirige la 4e symphonie de Chostakovitch avec un Orchestre de Paris envoûté !" />
     </div>
     <div>
      <b>Notes :</b>       <br />
       <span style="font-style:italic">(1) NKVD, ancêtre du KGB.       <br />
       (2) Chostakovitch sera plusieurs fois menacé, interrogé et sera sauvé in extremis d’une condamnation. L’officier instructeur en charge de son dossier ayant été exécuté avant qu’il ait fini !</span>       <br />
              <br />
       Concert entendu le 24 octobre 2012 (Votre reporter, étant arrivée en retard, n’a pu entendre correctement la première partie du concert : une fantaisie au piano jouée par la femme du chef d’orchestre, la pianiste Viktoria Postnikova).       <br />
              <br />
       <b>Programme :</b>       <br />
       Piotr Igor Tchaïkovski (1840 - 1893), Fantaisie pour piano et orchestre en sol majeur, opus 56.       <br />
       Dimitri Chostakovitch (1906 - 1975), Symphonie n°4 en ut mineur, opus 43.       <br />
              <br />
       Guennadi Rozhdestvensky, direction.       <br />
       Viktoria Postnikova, piano.       <br />
       Orchestre de Paris.       <br />
       Roland Daugareil, violon solo.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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