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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-08-12T22:12:37+02:00</updated>
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   <title>"Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux</title>
   <updated>2026-06-07T16:33:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Pas-avec-l-amour-Des-jeux-cruels-de-l-amour-romantique-a-leur-point-d-incandescence-tragique-mise-en-pieces-du_a4577.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-06-08T06:37:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Quand l'auteur de "La Confession d'un enfant du siècle", sous l'emprise de la rage causée par sa rupture avec George Sand, écrit en 1834 "On ne badine pas avec l'amour", il laisse déborder le trop-plein de ressentiments qui l'assaillent… Quand près de deux cents ans plus tard, Laura Bazalgette adapte le texte en opérant délibérément une césure dans le titre initial amputé de l'idée de badinage, on franchit un pas de plus vers le tragique de "l'amor". En effet, son entête claque comme une injonction dont l'urgence est criante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522122.jpg?v=1780743266" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      En confiant à Nicolas Meusnier le soin d'interpréter le drame resserré autour des trois figures de Camille, Perdican et Rosette, elle s'adjoint la contribution d'un acteur au potentiel expressif mimétique à haute valeur communicative. Le mot performance, souvent galvaudé, retrouve en effet là toute sa force, tant la capacité de l'acteur à endosser – dans le même temps – les rôles des trois personnages tragiques en passant instantanément de l'un à l'autre pour lui donner la réplique, relève d'un art consommé… Une maitrise liée à la sincérité à fleur de peau de celui qui s'est d'abord essayé à l'art dramatique en projetant sur scène les éléments puisés dans sa propre histoire. De même ici, il ne trichera pas avec les affres du sentiment amoureux pour mieux délivrer le tragique qui le sous-tend.       <br />
              <br />
       Paradoxe que de prétendre réinterpréter &quot;avec sincérité&quot; une pièce initiale où le badinage était annoncé en exergue ? Aucunement, car parmi les trois protagonistes du drame en cours, si l'une est au-dessus de tous soupçons en ce qui concerne la sincérité liée à ses origines modestes la privant de toutes fioritures, les deux autres, bien éduqués et maîtrisant les codes du langage desquels ils jouent avec virtuosité, éprouvent au fond d'eux-mêmes le besoin irrépressible de se dévoiler ouvertement à l'objet de leurs vœux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522123.jpg?v=1780743277" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Souligner à cette occasion combien l'interprétation des personnages de Camille (jeune fille de bonne famille formatée par une éducation religieuse ultra-conservatrice lui interdisant de reconnaître ses penchants pour son séduisant cousin) et de Perdican (jeune bachelier brillant prêt à utiliser son intelligence jusqu'à la rouerie pour obtenir le consentement de sa belle cousine), met en lumière non seulement les tourments amoureux qui les déchirent l'un et l'autre, mais aussi leur appartenance à la classe sociale dont ils ont intégré les codes. Ainsi, jouant des pouvoirs de la langue, leurs jeux cruels iront jusqu'à utiliser les sentiments de Rosette, paysanne &quot;sans éducation&quot; et instrumentalisée jusqu'à en perdre la vie. Dans les plis du discours et les inflexions de la voix, démonstration est faite que l'amour n'est pas qu'affaire de sentiments individuels, il est marqué au sceau des classes sociales faisant de l'élan des sens un en-jeu politique.       <br />
              <br />
       Fidèle au &quot;théâtre pauvre&quot; de Grotowski – élisant le corps de l'acteur comme point focal excluant costume, décor, lumière et musique – le comédien, pénétré par ses rôles, va se donner corps et âme pour faire entendre les problématiques des personnages. Une simple table et deux chaises figureront les espaces et les places occupées tour à tour par chacun…       <br />
              <br />
       &quot;Acte I, scène 2&quot;… Livre en main, l'acteur délivre tout d'abord une lecture des plus neutres du texte de Musset présentant le père fier d'annoncer le mariage qu'il a décidé entre sa nièce Camille et son fils Perdican. Une lecture &quot;à plat&quot;, à peine si des variations infimes viennent nous sortir de la torpeur qui pointe en ce début d'après-midi caniculaire… Et très vite, le livre abandonné, le corps s'enflammera et les tirades s'enchaineront jusqu'à la chute, comme autant de salves crépitantes.       <br />
              <br />
       &quot;Acte II, scène 5&quot;… &quot;La&quot; scène où les visages paysages de l'amour éternel épuré (évoqué par la prude Camille prise dans les rets du couvent dont elle sort tout juste) et de l'amour humain porté à son incandescence (incarné par Perdican, prototype du fougueux héros romantique) vont se faire face dans le décor – suggéré par les mots du comédien abandonnant un instant &quot;ses&quot; personnages – de la fontaine logée dans les bois où leur tendre amitié de jeunesse s'est épanouie.       <br />
              <br />
       &quot;Dix pages plus loin, Acte III&quot;... La mécanique éperdue de l'amour en souffrance va produire ses fruits, épousant les déclarations de Camille, amoureuse prenant le voile, et de Perdican, amoureux fou de celle qui le délaisse pour &quot;les mensonges de l'amour divin&quot;. À un mensonge céleste, répondra un autre terrestre, celui de Perdican mettant en œuvre une stratégie diabolique pour arriver à ses fins. Mensonge mortel dont l'innocente et fraîche Rosette – dont la voix fluette trouera le brouhaha – sera la victime expiatoire… après que les tourments et revirements des deux amoureux ne nous eurent littéralement éclaboussés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96867600-67522652.jpg?v=1780745168" alt=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" title=""Pas avec l'amour" Des jeux (cruels) de l'amour romantique à leur point d'incandescence tragique, mise en pièces du sentiment amoureux" />
     </div>
     <div>
      Cette forme théâtrale destinée à venir à la rencontre de son public – dans les classes des collèges et lycées ; ici des élèves de première littéraire avec Musset au programme du bac de français – modeste dans son format et ambitieuse dans ses intentions, touche sa cible. La preuve de son impact étant à trouver du côté de la qualité exceptionnelle d'écoute manifestée par les lycéennes et lycéens, scotchés… Le secret de cette réussite ? Un texte à valeur littéraire éprouvée, adapté de manière exigeante en cristallisant l'enjeu dramatique du sentiment amoureux autour des jeunes protagonistes, et un acteur &quot;habité&quot;, passant d'un rôle à l'autre avec une virtuosité et un engagement tels que les états d'âme des personnages deviennent nôtres. Un théâtre de tréteaux… sans tréteaux, mais pénétré de son esprit.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le 26 mai 2026, au lycée du Mirail à Bordeaux (33), pour la dernière représentation de la saison 2025-2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Pas avec l'amour"</b></div>
     <div>
      D'après &quot;On ne badine pas avec l'amour&quot; d'Alfred de Musset.       <br />
       Conception : Laura Bazalgette.       <br />
       Mise en scène : Laura Bazalgette.       <br />
       Avec : Nicolas Meusnier.       <br />
       Production déléguée tnba - Théâtre national Bordeaux Aquitaine.       <br />
       Spectacle conçu pour les collèges et lycées, pour tous dès 14 ans.       <br />
       Créé le 13 octobre 2025 au tnba.       <br />
       Durée : 50 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Les "Songes" de Sébastien Guèze</title>
   <updated>2022-09-04T18:12:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Songes-de-Sebastien-Gueze_a2715.html</id>
   <category term="CédéDévédé" />
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   <published>2020-04-18T08:52:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À l'automne 2019, le ténor Sébastien Guèze a livré un enregistrement des berceuses de son enfance et certains de ses airs secrètement préférés à l'opéra. Un album que dominent la passion et la volonté de montrer l'étendue de ses moyens.     <div>
      Sébastien Guèze, notre ténor qualité ardéchoise d'origine et né à Lyon, nous livre un séduisant enregistrement produit par lui-même, accompagné d'artistes de choix comme le quatuor Zaïde (composé de Charlotte Madet, Leslie Boulin Raulet, Sarah Chenaf et Juliette Salmona), le piano de Qiaochu Li, la guitare d'Emmanuel Rossfelder, la flûte de Jean Ferrandis (émouvante dans l'Ave Maria de Mascagni par exemple), la harpe de Daphné de Driesen, la clarinette de Joe Christophe et pas moins de sept pièces arrangées par la compositrice Camille Pépin. Ces artistes (beaucoup de femmes selon la volonté du ténor) ont un rôle décisif ici grâce à un talent éclatant.       <br />
              <br />
       Enregistré à l'Opéra de Vichy, ce CD &quot;Songes&quot; mêle plusieurs langues, plusieurs univers et plusieurs sentiments dans un programme original, au service de l'émotion : chanson, prière ou élégie, entre autres. Une de ses pièces maîtresses est la première piste : une chanson d'amour arrangée par Camille Pépin (avec l'assentiment de la petite fille du Compositeur Joachin Rodrigo, applaudissant à ce &quot;Aranjuez con tu amor&quot;) à partir du &quot;Concerto d'Aranjuez&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Avec la magnifique guitare d'Emmanuel Rossfelder et la voix du ténor à la texture séduisante, surgissent les ombres et les lumières d'un paysage mélancolique prenant. Une mélancolie que l'on retrouvera à la piste cinq du même J. Rodrigo avec &quot;Adela&quot;. La guitare toujours somptueuse fait écrin alors à une voix qui dessine un entrelac délicat de notes, et délivrée ici d'une petite tendance à wagnériser dans la technique - tendance qu'on peut regretter parfois dans certains passages -, par exemple cette &quot;Ultima canzone&quot; qu'ont chantée Bergonzi ou Pavarotti. Très juste de bout en bout, on regrette alors un petit moment un peu trop emphatique de la part du ténor - nous extrayant du rêve, avant un somptueux finale.       <br />
              <br />
       Car la vaillance indéniable de Sébastien Guèze semble parfois un peu inopportune : qu'on songe à cette &quot;Tristesse&quot; de Chopin sur des paroles de Jean Loysel, &quot;L'ombre s'enfuit&quot;, ou cette tristesse même se voit un peu trop emphatique alors même que le ténor est pourtant capable des plus belles subtilités, des plus beaux pianissimi. La fin justement de cette très belle pièce le prouve, de même que cette chanson de Rachmaninov sur des paroles de Pouchkine (piste huit) qui nous emporte loin, voix et piano.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Toute la nostalgie de la Russie et d'une autre vie se respire dans cette chanson géorgienne défendue ici par un sobre Sébastien Guèze. Même réussite avec la &quot;Chanson de l'adieu&quot; de Tosti où s'entend vraiment la poésie délicate de la déchirure ou la fameuse &quot;Heure exquise&quot; de R. Hahn sur un poème de Verlaine, et ses beaux passages de registres jusqu'à un final planant dans l'aigu.        <br />
              <br />
       Réussissant là aussi de très belles choses, tout en légèreté, le ténor nous emmène en voyage avec le superbe &quot;Morgen&quot;, un des Lieder de Richard Strauss offert en conclusion. De nombreuses pépites encore sont à découvrir dans ce beau CD dans lequel l'engagement, la sincérité, la générosité de Sébastien Guèze se révèlent souvent avec une belle passion. La démonstration une fois de plus des qualités d'un ténor très attachant avec ce beau portrait musical.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/44985552-36535044.jpg?v=1587197171" alt="Les "Songes" de Sébastien Guèze" title="Les "Songes" de Sébastien Guèze" />
     </div>
     <div>
      <b>● Sébastien Guèze - tenor and friend &quot;Songes&quot;.</b>       <br />
       Avec : Quatuor Zaïde, Emmanuel Rossfelder, Qiaochu Li, Ferrandis, Christophe, De Driesen, Camille Pépin.       <br />
       Distribution digitale : WiseBand.       <br />
       Sortie : octobre 2019.       <br />
              <br />
       <a class="link" href="http://www.sebastiengueze.com/" target="_blank">&gt;&gt; sebastiengueze.com</a>       <br />
              <br />
       <b>Programme des spectacles après déconfinement :</b>       <br />
       &quot;Le Songe d'une nuit d'été&quot; au Wexford Festival Opera, National Opera House en <span class="fluo_jaune">octobre-novembre 2020</span>.       <br />
       &quot;Carmen&quot; à l'Opéra de Leipzig de novembre à mai 2021.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide</title>
   <updated>2018-03-23T18:41:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Notre-Innocence-Plateau-nu-et-dix-neuf-comediens-pour-clamer-une-parole-qui-tourne-a-vide_a2077.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2018-03-23T10:40:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un prologue d'une dizaine de minutes, porté par une des comédiennes, qui situe la pièce dans notre temps, raconte en partie la genèse du projet : une idée née d'un travail au plateau avec une classe du conservatoire national. S'ensuit une partie d'une quarantaine de minutes : les dix-huit comédiens regroupés au centre du plateau disent les mots d'une jeunesse qui s'adresse à ceux qui leur laissent ce monde chaotique et rapace en héritage.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262705.jpg?v=1521799866" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Les dix-huit jeunes comédiens, pour la plupart issus d'écoles supérieures de formation artistique, psalmodient à l'unisson un long échantillonnage de revendications, et des perditions, des influences qu'ils subissent. Ils sont comme une mécanique à trois demi-douzaines de bouches, bizarrement déshumanisé. Ils sont la voix de la jeunesse qui égrène tout un échantillonnage de griefs et de questionnements tout en en parcourant en tous sens l'histoire du XXe siècle et quelques.       <br />
              <br />
       Ce panorama finit par ressembler à un kaléidoscope vaguement fourre-tout où les thèmes et les références brillent une seconde. Bref, un bric-à-brac  qui ramasse très large : l'Europe, l'Algérie, le nazisme, le génocide arménien, mai 68, le génocide rwandais, la pub, internet, Nutella, le sexe etc.       <br />
              <br />
       Cela se veut revendicatif et sonne aigre. L'adolescence sans obsolescence. L'irresponsabilité comme mode d'existence. Parce que l'héritage est trop lourd, trop loin, trop peu ancré, dénaturé et violent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262752.jpg?v=1521799907" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      La deuxième partie commence l'action centrale : un groupe de comédiens en formation est frappé de plein fouet par la mort par suicide de l'une des leurs. Autour d'une table aux verres vides, lendemain d'une fête mère de migraine, réunis là à la demande de la police pour regrouper les indices des dernières heures de la disparue. Ce sera une longue scène réaliste de choc, de reproches, de querelles qui ressortent, rancunes, dévoilement. Une scène sans véritable forme ni force.       <br />
              <br />
       Vient ensuite une troisième partie plus à la pâte de Wajdi Mouawad : on y retrouve l'écriture onirique riche, sensée où il excelle, et sa quête irrépressible de réconciliation, de mysticisme et d'espoir. Mais l'ensemble de la pièce, écrite en partie à base de matériaux réels, laisse un goût d'inachevé, de décousu. Même si une sorte de construction en actes charpente le tout, le souffle manque, le jeu est inégal, la confusion volontaire entre acteurs et personnages rend ces derniers parfois peu crédibles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262777.jpg?v=1521799994" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262788.jpg?v=1521799995" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21068072-24262801.jpg?v=1521800023" alt=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" title=""Notre Innocence"… Plateau nu et dix-neuf comédiens pour clamer une parole qui tourne à vide" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Notre innocence"… Tous coupables ?</title>
   <updated>2018-03-23T10:39:00+01:00</updated>
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   <category term="Théâtre" />
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   <published>2018-03-23T09:22:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le dramaturge et metteur en scène Wajdi Mouawad, directeur du théâtre national de La Colline, immisce, dans "Notre innocence", son théâtre dans les méandres d'une violence sociale, psychologique et physique. Il contextualise son œuvre à partir des attentats de Paris de novembre 2015 et, de façon plus personnelle, dans un drame qu'il a vécu dans une troupe.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261778.jpg?v=1521794846" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      <span style="font-style:italic">&quot;Des viandes dans des blocs de béton&quot;</span>… Les mots qu'a Wajdi Mouawad sur les HLM, appelés aussi pompeusement &quot;Grands ensembles&quot; lors de leur création, sont cruels pour ceux qui peuvent y habiter bien qu'ils visent l'architecture.       <br />
              <br />
       Étrange ce mot qui résonne plus d'une fois. Il n'est pas anodin, surtout venu de la plume alerte et acérée de Mouawad. &quot;Viande&quot; comme ce corps retrouvé sans vie, celui de Camille lors d'une période de répétitions, élève de ce groupe de théâtre qui joue la pièce ? &quot;Viandes&quot;, ces corps allongés après les attentats du 13 novembre 2015 au moment où Mouawad travaillait avec ses élèves . Une viande est un corps sans âme et sans conscience.       <br />
              <br />
       Tout tourne autour de ce mot accompagné de ce cri de révolte et de rébellion de jeunes en proie à un monde sacrifié de ses rêves et de ses espoirs. Le dramaturge traite ainsi de la rencontre entre une partie &quot;morte&quot;, sans vie, qui se résigne, et ce besoin de se révolter contre sa propre condition. L'instinct de survie contre l'instinct de mort.
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     <br style="clear:both;"/>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261854.jpg?v=1521794878" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      La pièce est découpée selon trois grands tableaux qui relatent des événements après la mort de Camille. Fiction et réalité se croisent autour de ce canevas où les relations de camaraderie, d'amitiés floutées et de rapports humains tendus, trompeurs, sarcastiques, voire mensongers, posent la question de la responsabilité de chacun sur la &quot;vie&quot; de l'autre.       <br />
              <br />
       C'est aussi la mise en exergue des comportements d'une génération, celle des parents, qui se trouve être condamnée par la génération de leurs enfants qui se sent sacrifiée sur l'autel de la société de consommation. Wajdi Mouawad a décidé de traiter ces différentes thématiques au travers d'une violence physique et morale, celle d'un suicide. Il a, à cet égard, pris le contre-pied de la construction d'un acteur unique pour la création du personnage représentant cette génération de jeunes, en le faisant jouer par dix-huit protagonistes.       <br />
              <br />
       Dans un même souffle, tous les personnages expriment leur &quot;révolte&quot; en donnant ensemble leur point de vue par rapport à la société dans laquelle ils vivent. Cette scène, originale entre toutes, est toutefois un peu longue. &quot;L'exercice&quot; est difficile car demandant un sens de la mesure et une élocution sans failles des dix-huit comédiens. Quels sont tous les ressorts psychologiques d'un groupe ? Qu'est-ce qui peut les unir ou les désunir ? Ces questions sont les ricochets d'une autre question qui est de savoir ce qui relie une génération à une autre.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261877.jpg?v=1521794910" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      Au travers du deuil de Camille, se mêlent le récit de la rencontre d'une comédienne avec Mouawad, une revendication de la &quot;jeunesse&quot; par rapport à la société dans laquelle ils vivent et une &quot;dénonciation&quot; du mode de vie de la société de consommation qui, au travers de ces HLM, fait de l'humain un objet.       <br />
              <br />
       La pièce se décompose en trois temps. Le premier, quand Hayet Darwich raconte sa rencontre avec l'auteur. Nous sommes ainsi dans une phase de contact, de rencontre, d'espoir, d'avenir. L'autre est ainsi intégré. Un deuxième où se retrouvent tous les protagonistes parlant d'une seule et même voix. C'est une phase de revendication, de résignation où c'est le présent qui est joué. L'autre est ainsi inclus dans le même univers.       <br />
              <br />
       Et un troisième tableau où le groupe se déchire dans des propos où violences physique et morale alternent. Là, c'est une phase appelant le passé, autour d'un drame, d'un échec. D'autres moments viennent s'immiscer comme cette situation où chaque personnage danse sa propre danse, sur le même tempo mais seul. L'individualisme trône dans ces déhanchements, dans cette non-écoute du partenaire où la musique est suffisamment forte pour se sentir seul. L'autre se retrouve ainsi éjecté.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261884.jpg?v=1521794939" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      La mise en scène débute par une personne, puis par un groupe et se finit par un ensemble d'individualités où chacun fait étalage de ses états d'âme. La détresse est très bien incarnée collectivement. La colère est toutefois un peu trop montrée. Le désespoir ou la peur, voire l'effroi de la responsabilité, supposée ou non, d'un suicide aurait pu donner des couleurs différentes à la gamme des émotions. La scène de &quot;disputes&quot; est, d'un bout à l'autre, une compilation de colères, d'engueulades, mais aussi de pleurs renfrognés et de regards perdus.       <br />
              <br />
       Tous sont victimes collatérales ou directes d'une époque, celle d'une génération, d'une situation, celle du suicide de Camille, d'un événement, celui des attentats de Paris où cette troupe montait avec l'auteur leur projet. La fable rejoint la réalité de bout en bout, ce qui rend celle-ci tragiquement théâtrale. L'inspiration a eu pour source des événements réels, les comédiens jouant leur propre rôle dans une période qui est la nôtre. Il était difficile de faire plus actuel.
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     <div><b>"Notre innocence"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24261890.jpg?v=1521794978" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      Inspiré du texte &quot;Victoires&quot;, paru en janvier 2017 aux éditions Leméac/Actes Sud-Papiers.       <br />
       Texte et mise en scène : Wajdi Mouawad.       <br />
       Assistanat à la mise en scène : Vanessa Bonnet.       <br />
       Avec : Emmanuel Besnault, Maxence Bod, Mohamed Bouadla, Sarah Brannens, Théodora Breux, Hayet Darwich, Lucie Digout, Jade Fortineau, Julie Julien, Maxime Le Gac‑Olanié, Hatice Özer, Lisa Perrio, Simon Rembado, Charles Segard‑Noirclère, Paul Toucang, Étienne Lou, Mounia Zahzam, Yuriy Zavalnyouk et Inès Combier, Aimée Mouawad, Céleste Segard (en alternance).       <br />
       Musique originale : Pascal Sangla.       <br />
       Scénographie : Clémentine Dercq.       <br />
       Lumières : Gilles Thomain.       <br />
       Costumes : Isabelle Flosi.       <br />
       Son : Émile Bernard, Sylvère Caton.       <br />
       Régie : Laurie Barrère.       <br />
       Durée : 2 h 10.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/21067010-24262550.jpg?v=1521798684" alt=""Notre innocence"… Tous coupables ?" title=""Notre innocence"… Tous coupables ?" />
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      <span class="fluo_jaune">Du 14 mars au 11 avril 2018.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.       <br />
       Théâtre National de La Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.       <br />
       <a class="link" href="http://www.colline.fr/" target="_blank">&gt;&gt; colline.fr</a>
     </div>
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