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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-10T02:32:01+02:00</updated>
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   <title>"Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs</title>
   <updated>2025-02-25T20:36:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Tendre-carcasse-A-corps-perdus-devenir-soi-les-pas-de-danse-d-une-quete-identitaire-menee-a-plusieurs_a4158.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86790103-61678993.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-25T20:33:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On se souvient non sans émotion de "Nos corps vivants", en 2021, où Arthur Perole mettait en je(u) avec grande sincérité son propre cheminement sur la voie d'une réalisation de soi. Parcours solitaire passant par, comme un oignon que l'on pèlerait, l'abandon des assignations sociétales collant à la peau. Cette extension du domaine de soi, cette lutte ô combien essentielle et à jamais inachevée, il la confie ici à quatre jeunes gens qui porteront au plateau leurs vrais prénoms, danseront et joueront (la danse d'Arthur Perole, comme celle de Pina Bausch, est aussi théâtre) leur identité confisquée jusqu'à son éclosion joyeuse. Et comme toujours chez cet esthète, l'importance de la musique comme écrin et baume régénérateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678993.jpg?v=1722332134" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Avant qu'ils n'entrent en scène, le bruit de leurs conversations en coulisses nous parvient comme les fragments d'un discours commun. Des échanges impromptus actant que ceux qui vont entrer en lice sont des êtres bien vivants et non des personnages de fiction, des jeunes gens traversés comme tout un chacun par d'ordinaires désirs.       <br />
              <br />
       Ils sont quatre, quatre d'une vingtaine d'années, chacun à gagner l'avant-scène, un peu intimidés par notre présence. Ils ont pour prénom, Agathe, Élisabeth, Arthur, Matthis, sont semblables aux jeunes gens que l'on croise dans les rues de nos villes, portant sur eux le parfum délicieux de la jeunesse. Ils prendront tour à tour la parole pour se présenter, pour dévoiler avec humour leurs rapports à leur corps, confier leurs petites obsessions ordinaires d'une voix sereine… La petite taille d'Agathe, les cheveux longs de Matthis, ceux lissés d'Elisabeth, la problématique ongulaire de Matthis, les grandes jambes et les doigts de pied &quot;de grenouille&quot; d'Arthur, ou encore la dermatophagie d'Élisabeth confiant malicieusement adorer manger ses croutes, &quot;ceci est mon sang&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678994.jpg?v=1722332177" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Leur couleur de peau aussi est évoquée, dans le même registre de l'humour léger… Agathe : <span style="font-style:italic">&quot;Ils ont failli m'appeler Blanche, je suis contente qu'ils ne l'aient pas fait… Je suis moi-même assez blanche, ça aurait fait trop ton sur ton&quot;.</span> Élisabeth, à la peau ambrée : <span style="font-style:italic">&quot;Je suis métisse, enfin métisse du Nord, métisse de Dunkerque !&quot;.</span> Paroles prolongées par des chorégraphies chorales où le geste dépasse la portée de ce qui vient d'être énoncé pour exprimer le plafond de verre invisible qui pèse comme un couvercle sur leurs confidences enjouées.       <br />
              <br />
       Conquis par tant de fraîcheur et de sincérité, distanciée par la fantaisie qu'est la leur, nous entrons de plain-pied dans leur monde… Les propos de nature introspective deviennent plus graves, même si la voix reste étrangement calme, lorsqu'ils abordent le point crucial du regard des autres. Un regard auquel ils ont affaire, auquel ils ne peuvent échapper. Si certains disent – un peu vite – qu'ils n'en ont pas grand-chose à faire, d'autres reconnaissent plus volontiers que ce regard les contraint… Matthis avoue qu'il s'en méfie, il dit accepter sa part de féminité, mais s'arrange pour ne pas l'afficher, il a même fait du sport pour compenser ses airs attribués conventionnellement à l'autre sexe. Agathe, elle, s'en est affranchie, sauf si c'est le regard de ses parents, le but de leur plaire à tout prix la poursuivant depuis son enfance. Arthur, qui s'annonce gay, dit avoir moins de mal à s'abstraire du regard des autres, seule la pression qu'il ressent à avoir un ventre plat lui pèse, lui qui rêve d'un petit bide…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678995.jpg?v=1722332208" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Dès lors, la parole s'esquive, comme dans un fondu-enchaîné cinématographique sublimé par la force onirique du ralenti, pour laisser la première place au langage des corps. Bien que présente auparavant, l'expression des silhouettes tordues et disloquées sous l'effet des souffrances rentrées va désormais prendre le pas (de danse) sur les mots dits et/ou non-dits. De très beaux tableaux vivants en résulteront, projetant jusqu'à nous ces corps et ces visages déformés sous l'emprise des assignations en tous genres. Le corps sait là où les mots viennent à manquer. Le jeu des lumières, éclairant de leurs couleurs changeantes les visages et les corps, ajoutera sa touche pour extraire de leurs zones d'ombres les mal-être lovés en eux et les donner à voir dans les lumières vives d'un jour recomposé.       <br />
              <br />
       Et lorsque la parole arrivera à nouveau à trouer ces chorégraphies endiablées, ce sera pour confier sereinement les insultes d'antan… Arthur se faisant traiter au collège de petite tapette, puis de gros PD. Agathe, elle, de crevette prête à se casser en deux. Ou encore Elisabeth contrainte de ravaler en silence, dans le bus qui la menait au collège, les mots chuchotés à l'oreille d'un autre par un garçon qui lui plaisait : <span style="font-style:italic">&quot;Elle a une tête de singe…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678996.jpg?v=1722332235" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Viendra le temps de la musique qui s'enfle, avec sa force subversive déferlant sur le plateau. Elle balaie comme une tornade toutes les assignations de genres et autres, les préjugés crasses, les vexations racistes, pour transmettre aux participants (mais aussi à nous, invités clandestins) une formidable énergie. Les accents répétitifs et à haute intensité de la techno, la transe qui les accompagne, agissent comme substances libératrices. Un exorcisme collectif libérant en eux le plaisir palpable d'être ce qu'ils sont, émancipés des places désignées par d'autres qu'eux, annihilant les jugements qui les fixaient à un endroit qu'aucun n'avait choisi.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'emballent, les fumerolles envahissent le plateau pour le transformer en aire festive. Quant aux lumières stéréoscopiques, elles ajoutent à la liesse contagieuse gagnant la salle. Une fête des sens… redonnant du sens à ce que vivre veut dire, débarrassé de l'emprise des préjugés. Une renaissance enthousiaste, conquise grâce à la bienveillance du groupe et de leur metteur en scène, organisateur de cette épiphanie à célébrer ensemble tant ces corps en liesse, ces corps &quot;dé-liés&quot;, sont porteurs de vie.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 14 juillet 2024 aux Hivernales - CDCN d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tendre Carcasse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678997.jpg?v=1722332263" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Création 2023.        <br />
       CieF - Arthur Perole.       <br />
       Conception et mise en scène : Arthur Perole.       <br />
       Chorégraphie en collaboration avec les interprètes : Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Élisabeth Merle, Agathe Saurel.       <br />
       Collaboration artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Création lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Création sonore : Benoît Martin.       <br />
       Création musicale et régie son : Benoît Martin.       <br />
       Création costumes : Camille Penager.       <br />
       Régie générale, lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Production Compgnie F.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 9 mars 2025.</span>       <br />
       Vendredi à 19 h 30, samedi à 14 h 30 et 18 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Chaillot Théâtre national de la Danse, Paris 16ᵉ, 01 53 65 30 00.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-chaillot.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; theatre-chaillot.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86790103-61678998.jpg?v=1722351088" alt=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title=""Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       13 mars 2025 : Salle Balavoine - La Barcarolle (dans le cadre du Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix), Arques (62).       <br />
       15 mars 2025 : Centre Culturel (dans le cadre du Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix), Lesquin (59).       <br />
       14 et 15 mai 2025 : Points Communs - Scène nationale, Cergy (95).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Tendre-carcasse-A-corps-perdus-devenir-soi-les-pas-de-danse-d-une-quete-identitaire-menee-a-plusieurs_a4158.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…</title>
   <updated>2024-12-08T18:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/O-Le-cercle-des-origines-retrouvees-une-ouverture-vertigineuse_a4100.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84813108-60537985.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-09T07:52:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si, dans "Le cercle des poètes disparus", un professeur fantasque incitait ses étudiants à s'affranchir des règles afin d'éveiller en eux le goût à nul autre pareil de la liberté, Chloé Moglia, danseuse aérienne, défie les lois de la pesanteur (physique, mais pas que…) pour dessiner – avec son corps et ses mots recomposés – le visage de notre humanité, de ses origines à nos jours. "Une leçon de choses" à donner le vertige…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84813108-60537985.jpg?v=1733679173" alt=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" title=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" />
     </div>
     <div>
      Avec, pour seul agrès, un cercle géant (non fermé sur lui-même, mais ouvert au questionnement) et des lettres qu'elle assemblera au gré de ses explorations tous azimuts, elle arpente avec une grâce édénique le parcours de notre genèse, héritiers que nous sommes de la chaîne infinie du vivant depuis l'apparition des bactéries et, au-delà, du grand vide qui les a précédées. Une bande sonore, diffusée en contrepoint, fait entendre les textes (im)pertinents de penseurs – Emanuele Coccia, Val Plumwood, Richard Feynman et d'autres encore – mettant en perspective l'importance démesurée que l'Homme se donne par rapport au reste du vivant, domaine auquel il appartient en tant qu'élément constitutif d'un tout qui le dépasse grandement.       <br />
              <br />
       Faisant écho aux arabesques suspendues d'un corps (le sien) qui semble échapper à l'attraction terrestre, elle &quot;tire des lignes&quot; liant les corps entre eux, les confondant dans la même expérience depuis que la vie se transmet dans un corps à corps sans fin. Ainsi, toute tentative de circonscrire un élément du vivant en en dessinant le contour est vouée irrémédiablement à l'échec… puisque tout être contient en lui ceux qui l'ont précédé et transmettra, à son tour, son héritage aux suivants.       <br />
              <br />
       L'humour – cette mise à distance ô combien salutaire – s'invite à la matière linguistique des lettres assemblées de manière aléatoire pour faire jaillir des sens inattendus (Vide… Ovide, l'auteur justement des &quot;Métamorphoses&quot;, Ecce… Women, etc.). Ou encore, lorsque dessinant un avatar humain jactant à qui mieux mieux, elle tend un micro sous son nez avant de lui clore le bec en effaçant sa caricature dessinée au tableau noir. Une claque sur le pif proéminent… pour rire de tous les tenants de l'anthropocentrisme qui ne conçoivent le monde qu'à travers le prisme du nombril humain.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84813108-60537987.jpg?v=1733679239" alt=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" title=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, débarrassée de l'empilage des injonctions oiseuses &quot;alourdissant&quot; l'homo sapiens ordinaire en lui faisant croire qu'il est supérieur aux autres espèces, elle tutoie les sphères aériennes en faisant sien le point de vue critique… du crocodile ! <span style="font-style:italic">&quot;Le crocodile nous remet à notre place, il fait fi de nos prétentions à être une espèce supérieure, extérieure à la chaîne alimentaire et nous incite à reconnaitre que nous sommes une espèce animale parmi d'autres et une source de nourriture qui n'est singulière qu'en raison de son arrogance&quot;.</span> (Val Plumwood)… Mais si toutes ces certitudes erronées ressassées en boucle par l'espèce humaine pour faire croire à son (h)omni-importance s'effondrent, s'il n'y a plus rien à quoi se raccrocher, que reste-t-il ? Comment tenir ?       <br />
              <br />
       … Tenir en équilibre, suspendue très longuement à la force d'une seule main (véritable exploit physique) au cercle providentiel (ni début, ni fin mais un continuum de points) pour entrevoir les lignes du ciel et de la terre convergeant vers la même ligne d'horizon, point de rencontre entre l'infini et le fini. Un univers-monde toujours en (r)évolution autour d'un axe désaxé, et ne pouvant se réduire à une peau de chagrin, serait-ce celle de l'Homme.       <br />
              <br />
       Semblant littéralement flotter dans l'air, artiste et philosophe confondues dans la même enveloppe charnelle, Chloé Moglia donne à voir et à entendre l'insoupçonnable légèreté de l'être libéré du poids des a priori de supériorité cultivés comme viatique illusoire par son espèce. Dans son sillage, on se met, nous aussi, à rêver à l'effondrement de la pensée binaire créant les hiérarchies dans le monde vivant pour tenter de justifier tous les systèmes de domination et d'oppression. Une soirée solaire… où l'on se prend à danser avec un corps pensant.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mardi 3 décembre 2024 à la Manufacture CDCN de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"O"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84813108-60538018.jpg?v=1733679343" alt=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" title=""O" Le cercle des origines retrouvées, une ouverture vertigineuse…" />
     </div>
     <div>
      Création 2022.       <br />
       Conception et réalisation : Chloé Moglia.       <br />
       Création musicale : Marielle Chatain.       <br />
       Création lumière : Arnaud Lavisse.       <br />
       Direction technique et collaboration artistique : Hervé Chantepie       <br />
       Conception et construction de la structure : Éric Noel et Silvain Ohl       <br />
       Régie son : Clément Crubilé.       <br />
       Régie lumière : Michel Bertrand.       <br />
       Voix enregistrées : Iseut Dubet et Chloé Moglia.       <br />
       Par la compagnie Rhizome.       <br />
       À partir de 8 ans.       <br />
       Durée : 55 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 3 au mercredi 4 décembre 2024 à la Manufacture CDCN de Bordeaux (33), en coorganisation avec la Scène nationale Carré-Colonnes.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       10 et 11 décembre 2024 : La Passerelle - Scène nationale, Saint-Brieuc (22).       <br />
       15 et 16 mai 2025 : Le Zef - Scène nationale, Marseille (13).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs</title>
   <updated>2024-07-30T16:37:00+02:00</updated>
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   <category term="Avignon 2024" />
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   <published>2024-07-30T11:10:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
On se souvient non sans émotion de "Nos corps vivants", en 2021, où Arthur Perole mettait en je(u) avec grande sincérité son propre cheminement sur la voie d'une réalisation de soi. Parcours solitaire passant par, comme un oignon que l'on pèlerait, l'abandon des assignations sociétales collant à la peau. Cette extension du domaine de soi, cette lutte ô combien essentielle et à jamais inachevée, il la confie ici à quatre jeunes gens qui porteront au plateau leurs vrais prénoms, danseront et joueront (la danse d'Arthur Perole, comme celle de Pina Bausch, est aussi théâtre) leur identité confisquée jusqu'à son éclosion joyeuse. Et comme toujours chez cet esthète, l'importance de la musique comme écrin et baume régénérateur.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887936.jpg?v=1722332134" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Avant qu'ils n'entrent en scène, le bruit de leurs conversations en coulisses nous parvient comme les fragments d'un discours commun. Des échanges impromptus actant que ceux qui vont entrer en lice sont des êtres bien vivants et non des personnages de fiction, des jeunes gens traversés comme tout un chacun par d'ordinaires désirs.       <br />
              <br />
       Ils sont quatre, quatre d'une vingtaine d'années, chacun à gagner l'avant-scène, un peu intimidés par notre présence. Ils ont pour prénom, Agathe, Élisabeth, Arthur, Matthis, sont semblables aux jeunes gens que l'on croise dans les rues de nos villes, portant sur eux le parfum délicieux de la jeunesse. Ils prendront tour à tour la parole pour se présenter, pour dévoiler avec humour leurs rapports à leur corps, confier leurs petites obsessions ordinaires d'une voix sereine… La petite taille d'Agathe, les cheveux longs de Matthis, ceux lissés d'Elisabeth, la problématique ongulaire de Matthis, les grandes jambes et les doigts de pied &quot;de grenouille&quot; d'Arthur, ou encore la dermatophagie d'Élisabeth confiant malicieusement adorer manger ses croutes, &quot;ceci est mon sang&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887937.jpg?v=1722332177" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
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     <div>
      Leur couleur de peau aussi est évoquée, dans le même registre de l'humour léger… Agathe : <span style="font-style:italic">&quot;Ils ont failli m'appeler Blanche, je suis contente qu'ils ne l'aient pas fait… Je suis moi-même assez blanche, ça aurait fait trop ton sur ton&quot;.</span> Élisabeth, à la peau ambrée : <span style="font-style:italic">&quot;Je suis métisse, enfin métisse du Nord, métisse de Dunkerque !&quot;.</span> Paroles prolongées par des chorégraphies chorales où le geste dépasse la portée de ce qui vient d'être énoncé pour exprimer le plafond de verre invisible qui pèse comme un couvercle sur leurs confidences enjouées.       <br />
              <br />
       Conquis par tant de fraîcheur et de sincérité, distanciée par la fantaisie qu'est la leur, nous entrons de plain-pied dans leur monde… Les propos de nature introspective deviennent plus graves, même si la voix reste étrangement calme, lorsqu'ils abordent le point crucial du regard des autres. Un regard auquel ils ont affaire, auquel ils ne peuvent échapper. Si certains disent – un peu vite – qu'ils n'en ont pas grand-chose à faire, d'autres reconnaissent plus volontiers que ce regard les contraint… Matthis avoue qu'il s'en méfie, il dit accepter sa part de féminité, mais s'arrange pour ne pas l'afficher, il a même fait du sport pour compenser ses airs attribués conventionnellement à l'autre sexe. Agathe, elle, s'en est affranchie, sauf si c'est le regard de ses parents, le but de leur plaire à tout prix la poursuivant depuis son enfance. Arthur, qui s'annonce gay, dit avoir moins de mal à s'abstraire du regard des autres, seule la pression qu'il ressent à avoir un ventre plat lui pèse, lui qui rêve d'un petit bide…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887948.jpg?v=1722332208" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Dès lors, la parole s'esquive, comme dans un fondu-enchaîné cinématographique sublimé par la force onirique du ralenti, pour laisser la première place au langage des corps. Bien que présente auparavant, l'expression des silhouettes tordues et disloquées sous l'effet des souffrances rentrées va désormais prendre le pas (de danse) sur les mots dits et/ou non-dits. De très beaux tableaux vivants en résulteront, projetant jusqu'à nous ces corps et ces visages déformés sous l'emprise des assignations en tous genres. Le corps sait là où les mots viennent à manquer. Le jeu des lumières, éclairant de leurs couleurs changeantes les visages et les corps, ajoutera sa touche pour extraire de leurs zones d'ombres les mal-être lovés en eux et les donner à voir dans les lumières vives d'un jour recomposé.       <br />
              <br />
       Et lorsque la parole arrivera à nouveau à trouer ces chorégraphies endiablées, ce sera pour confier sereinement les insultes d'antan… Arthur se faisant traiter au collège de petite tapette, puis de gros PD. Agathe, elle, de crevette prête à se casser en deux. Ou encore Elisabeth contrainte de ravaler en silence, dans le bus qui la menait au collège, les mots chuchotés à l'oreille d'un autre par un garçon qui lui plaisait : <span style="font-style:italic">&quot;Elle a une tête de singe…&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887949.jpg?v=1722332235" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Viendra le temps de la musique qui s'enfle, avec sa force subversive déferlant sur le plateau. Elle balaie comme une tornade toutes les assignations de genres et autres, les préjugés crasses, les vexations racistes, pour transmettre aux participants (mais aussi à nous, invités clandestins) une formidable énergie. Les accents répétitifs et à haute intensité de la techno, la transe qui les accompagne, agissent comme substances libératrices. Un exorcisme collectif libérant en eux le plaisir palpable d'être ce qu'ils sont, émancipés des places désignées par d'autres qu'eux, annihilant les jugements qui les fixaient à un endroit qu'aucun n'avait choisi.       <br />
              <br />
       Les chorégraphies s'emballent, les fumerolles envahissent le plateau pour le transformer en aire festive. Quant aux lumières stéréoscopiques, elles ajoutent à la liesse contagieuse gagnant la salle. Une fête des sens… redonnant du sens à ce que vivre veut dire, débarrassé de l'emprise des préjugés. Une renaissance enthousiaste, conquise grâce à la bienveillance du groupe et de leur metteur en scène, organisateur de cette épiphanie à célébrer ensemble tant ces corps en liesse, ces corps &quot;dé-liés&quot;, sont porteurs de vie.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 14 juillet 2024 aux Hivernales - CDCN d'Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tendre Carcasse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58887950.jpg?v=1722332263" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      Création 2023.        <br />
       CieF - Arthur Perole.       <br />
       Conception et mise en scène : Arthur Perole.       <br />
       Chorégraphie en collaboration avec les interprètes : Arthur Bateau, Matthis Laine Silas, Élisabeth Merle, Agathe Saurel.       <br />
       Collaboration artistique : Alexandre Da Silva.       <br />
       Création lumières : Anthony Merlaud.       <br />
       Création sonore : Benoît Martin.       <br />
       Création musicale et régie son : Benoît Martin.       <br />
       Création costumes : Camille Penager.       <br />
       Régie générale, lumières : Nicolas Galland.       <br />
       Tout public à partir de 13 ans.       <br />
       Production Compgnie F.       <br />
       Durée : 50 minutes.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 6 au 16 juillet 2024.</b>       <br />
       Tous les jours à 17 h. Relâche le 11.       <br />
       Hivernales - CDCN, 18, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://www.hivernales-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; hivernales-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81871166-58891365.jpg?v=1722351088" alt="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" title="•Off 2024• "Tendre carcasse" À corps perdus, devenir soi… les pas de danse d'une quête identitaire menée à plusieurs" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">8 au 10 octobre 2024 :</span> Châteauvallon - scène nationale, Toulon (83).       <br />
       21 janvier 2025 : Scène 55, Mougins (06).       <br />
       7 au 9 mars 2025 : Chaillot - Théâtre Nationale de Danse, Paris.       <br />
       Mars 2025 : Festival le Grand Bain - Le Gymnase CDCN, Roubaix (59).       <br />
       14 et 15 mai : Point communs - Scène nationale, Cergy (95).       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Tendre-carcasse-A-corps-perdus-devenir-soi-les-pas-de-danse-d-une-quete-identitaire-menee-a-plusieurs_a4021.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux</title>
   <updated>2024-05-08T19:22:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ma-Republique-et-moi-Histoire-en-jouee-d-un-devoilement-Ou-l-on-voit-non-sans-plaisir-le-theatre-mettre-a-nu_a3897.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80121566-57891638.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-08T18:34:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsqu'un certain 11 octobre 2019, lors d'une séance du Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, un élu du Rassemblement (antiphrase) National intervient – "au nom de la laïcité, des valeurs de la République et de la liberté des femmes de par le monde" (références ayant statut ici d'antiphrases) – pour exiger qu'une femme accompagnant les enfants invités retire son voile, Issam Rachyq-Ahrad se croit victime d'une hallucination… L'histoire privée de sa propre mère, confrontée aux humiliations et rejets banalisés, se rejouerait-elle en direct sur la scène publique d'un hémicycle de la République ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891638.jpg?v=1715188093" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Issam, originaire de Cognac – cité charentaise mondialement connue pour son eau-de-vie – et se sentant de fait pleinement &quot;citoyen charentais&quot;, est devenu grâce à l'école de la République auteur, metteur en scène et interprète. C'est donc tout naturellement à la scène qu'il va confier – lui l'enfant d'une mère marocaine accueillie en France au titre du regroupement familial accordé naguère par Giscard d'Estaing afin d'intégrer les travailleurs étrangers dont l'économie du pays avait alors grand besoin – le soin de mettre en jeu l'histoire &quot;exemplaire&quot; de sa propre mère. Un prêté pour un rendu… L'école lui ayant permis de s'extraire de la condition de ses parents exploités, il entend à son tour favoriser le passage des générations suivantes vers l'émancipation grâce aux arts vivants.       <br />
              <br />
       Avec, pour tout décor, le fauteuil rouge de sa mère et sa radiocassette, son entrée en jeu est tout sourire. Loin de la hargne vindicative affichée souvent par les contempteurs de l'Arabe diabolisé, c'est sa bienveillance naturelle qui, d'emblée, nous illumine. Lançant au public un chaleureux &quot;Marhaban&quot;, le bienvenue de sa mère en arabe, il crée de suite une complicité en montrant sur son portable la photo de son fils tout aussi rayonnant de vie. Et lorsqu'il s'amuse à décompter les arabophones présents, c'est pour mieux nous rassurer : s'adressant à ses &quot;frères humains&quot; (cf. son rôle dans &quot;Ô vous frères humains&quot; d'Alain Timar, Avignon 2014), il s'emploiera à traduire les (courts) passages de la langue d'origine de ses parents afin de ne risquer laisser personne sur la touche… Une petite intention qui résonne en creux avec &quot;l'accueil&quot; réservé aux étrangers très souvent abandonnés sur notre sol à leur langue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891668.jpg?v=1715188132" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Plongée dans son existence de petit Arabe français ayant vécu en HLM avec vue imprenable… sur un centre commercial d'un côté et une station d'épuration de l'autre. Toujours avec un brin d'humour et une grande tendresse, il racontera les modélisations de pensée de ses parents, victimes du formatage sociétal : <span style="font-style:italic">&quot;Lire, c'est pour les bourgeois&quot;</span> disait la mère, quant au père, maçon, il découpait la vie à l'aune de ses nécessaires <span style="font-style:italic">&quot;C'est cher, c'est pas cher&quot;.</span> Les papiers administratifs, à la maison, c'est lui qui les remplissait. Tout comme il assistait ses parents lors des réunions parents-professeurs. Aucun misérabilisme dans cette évocation, mais la réalité vécue donnée à voir et à entendre sur un plateau de théâtre.       <br />
              <br />
       Sa mère au prénom de Reine… Une histoire d'amour qui perdure au-delà de la honte qu'il a pu ressentir à ses dix ans pour une mère ne ressemblant pas au canon de l'éternel féminin occidental portant talons ou aux modèles faisant la couverture des magazines people. Lui-même, n'échappant pas aux diktats normatifs, n'a-t-il pas &quot;caché&quot; un temps sa mère avec en prime une culpabilité latente ? Expérience sensible partagée avec d'autres ayant eu au même âge honte de leur père venant, dans une voiture familiale ressemblant &quot;à une caisse à savon&quot;, les attendre en bleu de travail à la sortie du lycée…       <br />
              <br />
       En dramaturge accompli, grâce à son cursus théâtral public, Issam n'hésitera pas à endosser le personnage de sa mère, pour qui la seule chose qui passe avant les enfants… c'est Dieu. Revêtant alors méticuleusement son voile dans une chorégraphie ralentie savamment étudiée, il s'assoit dans son fauteuil. Adoptant la posture de sa génitrice écoutant Dalida, son idole à laquelle elle a toujours rêvé ressembler, il/elle égrènera les souvenirs enfouis d'une existence de femme libre… Son permis de conduire, la liberté ! Ses formations, son poste de cuisinière à l'hôpital, un travail apprécié !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891733.jpg?v=1715188211" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      En revanche, ce qui l'a empêchée, la mère, c'est l'accent. Oui, quand c'est celui de Jane Birkin, on le trouve charmant, mais le sien… Et l'humour triomphe encore dans la saillie concernant ses exigences vis-à-vis de ses enfants : <span style="font-style:italic">&quot;Si vous travaillez pas à l'école, je vous tue !&quot;,</span> assortie du commentaire hilare de sa progéniture : <span style="font-style:italic">&quot;injonction plus efficace en matière d'éducation que les prescriptions de Maria Montessori&quot;…</span>       <br />
              <br />
       Mais si l'humour – encore lui – est une botte secrète utilisée en commun avec sa mère pour mettre à distance les outrages subis, il n'empêche aucunement la gravité lorsque jaillissant de la pénombre est projetée sur un écran blanc, accompagnée d'une musique douce faisant contrepoint, la litanie d'insultes &quot;ordinaires&quot; qu'elle reçoit. Inutile de les citer ici, sauf une peut-être… identifiant leurs origines : <span style="font-style:italic">&quot;La France aux Français. Jeanne, sauve-nous !&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Pas question pour autant, fût-ce pour souligner l'impensé des médiocres, de plomber la tonalité joyeuse de cette conviviale rencontre (théâtrale)… Issam entonnera en arabe et avec talent un chant sur une musique baroque du compositeur Georg Friedrich Haendel, celui-là même qui avait librement choisi que son nom change de graphie en fonction du pays où il se trouvait. En revanche, si pour Issam demander à ses seize ans la nationalité française s'imposait comme une évidence coulant de source, la proposition de l'agent de l'état civil lui proposant alors de franciser son nom &quot;afin de favoriser son intégration&quot; le laissera pour le moins perplexe… Sous une pluie de confettis tombant des cintres, celui qui s'appelle toujours du beau prénom d'Issam, fêtera sous nos yeux complices son intronisation hexagonale.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80121566-57891735.jpg?v=1715188263" alt="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" title="•Off 2024• "Ma République et moi" Histoire en-jouée d'un dévoilement… Où l'on voit non sans plaisir le théâtre mettre à nu les préjugés nationaux" />
     </div>
     <div>
      Viendront le temps de la préparation du thé par la mère, filmée de sa cuisine, et des secrets révélés… Celui de la touche supplémentaire à apporter au goût sans pareil de la concoction matriarcale, et enfin celui de son choix singulier de porter le voile… Un choix tout personnel, aux antipodes des idées reçues, faisant voler en éclats les préjugés communs.       <br />
              <br />
       On ressort de cette cérémonie artistique – c'en est une, si familiale et conviviale soit-elle – profondément touché par la sincérité à fleur de peau d'un fils mettant en jeu l'amour qu'il porte à sa mère présente ce soir-là dans la salle, une mère généreuse qui nous a préparé thé et gâteaux… Mais, bien au-delà du beau roman familial incarné avec humour et fantaisie, ce qui est présenté prend allure de récit initiatique, de fable poétique et politique. En effet Issam Rachyq-Ahrad, en plus de ses talents professionnels, porte en lui une intelligence sensible…       <br />
              <br />
       Il a fait sien le mantra que pour combattre l'ineptie des rejets des racistes de tous poils, <span style="font-style:italic">&quot;il ne fallait pas utiliser les outils du maître pour détruire sa maison&quot;</span> (cf. discours d'une féministe noire, New York 1979), ne pas s'abandonner à la tentation primaire de répondre en miroir à la violence aveugle, et, tout au contraire, faire preuve d'une douceur naturelle totalement… désarmante !       <br />
               <br />
       <b>Vu le mardi 30 avril à La Manufacture - CDCN de Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ma République et moi"</b></div>
     <div>
      Texte : Issam Rachyq-Ahrad.       <br />
       Mise en scène et jeu : Issam Rachyq-Ahrad.       <br />
       Collaboration artistique : Thibault Amorfini.       <br />
       Dramaturgie, scénographie : Fréd Hocké.       <br />
       Lumière : Fréd Hocké.       <br />
       Création son : Frédéric Minière.       <br />
       Chant : Jeanne-Sarah Deledicq.       <br />
       Régie lumière, son et vidéo : Zacharie Dutertre, Nicolas De Castro, Fréd Hocké.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Représenté le 30 avril 2024 à La Manufacture - CDCN à Bordeaux (33).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 au 26 mai 2024 :</span> Théâtre Gérard Philipe - CDN, Saint-Denis (93).       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2024•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 29 juin au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Halles, Salle de la Chapelle, 22, rue du Roi René (entrée public), Avignon.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="http://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Ma-Republique-et-moi-Histoire-en-jouee-d-un-devoilement-Ou-l-on-voit-non-sans-plaisir-le-theatre-mettre-a-nu_a3897.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…</title>
   <updated>2024-04-10T18:14:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Maldonne-Une-histoire-du-feminin-Le-jeu-des-cartes-a-redistribuer_a3875.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/79434482-57532069.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-04-10T17:29:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
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    <![CDATA[
Si l'on interroge le dictionnaire ("maldonne : erreur dans la distribution des cartes - à jouer"), le titre choisi par Leïla Ka pour sa nouvelle chorégraphie délivre l'essence même du projet inscrit dans les plis de son identité féminine… En effet, dès son triptyque qui l'a projetée tout de suite au rang des chorégraphes danseuses émergentes – "Pode Ser" (2019), "C'est toi qu'on adore" (2021) et "Se faire la belle" (2022) –, elle n'a de cesse de creuser le même sillon. Celui du combat à mener sans faillir par les femmes, fragiles et fortes, pour rebattre les cartes de la domination masculine les assignant à des places ancestrales.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532069.jpg?v=1712764647" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
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      À ce titre, le tableau initial a valeur de peinture expressive, projetant en pleine face les positions canoniques imposées par la loi des hommes… Cinq femmes alignées, impeccablement immobiles face à nous dans leurs longues robes colorées, panel des diversités confondues, émergent de la nuit du plateau. Sur leur visage, dans un silence abyssal, se lit sinon l'effroi l'expression de celles qui se doivent de se tenir en retrait. Lorsque leurs mains se portent lentement à leur visage, c'est pour en effleurer le front… Elles qui, toutes sur le même front, vont peu à peu se mettre en mouvement entre souffrance, révolte et extase.       <br />
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       Au rythme de leur respiration ahanée, elles vont progressivement s'animer. Leurs gestes s'accélérant dévoilent, entre les soupirs qui en fixent le tempo, les efforts surhumains qu'elles déploient pour &quot;faire face&quot;. Tantôt épuisées, mises à bas par l'intensité des luttes secouant de part en part leur corps mis à mal, elles chutent une à une… pour aussitôt, sous l'effet du souffle du collectif qui leur insuffle leur énergie, se relever telles des phénix renaissant de leurs cendres. Les chorégraphies de l'effondrement, du roulé-boulé, du jaillissement, recomposent la répétition des figures au travail en elles. Figures introjectées, imposées, auxquelles elles ont affaire… et dont elles aspirent à se séparer dans des mouvements dupliqués à l'envi, marquant autant la répétition du même que ses écarts.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532116.jpg?v=1712764678" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
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      Le deuxième tableau les découvrira en robes léopard sous les lumières du plateau. Agenouillées, à quatre pattes, elles briquent de manière forcenée le sol, s'échinant à grands renforts de gestes à reproduire en chœur ce que, au travers de la répartition des tâches, la domination masculine attend d'elles. Mais dans leur regard luit la flamme de la révolte prête à mordre… Quand elles se relèvent, leur robe entre les dents, on sent que l'heure de la révolte est arrivée… C'est le sol, vers lequel on veut les faire plier, qui, dorénavant, reçoit les coups rageurs de leur robe devenue arme. Ces robes dont elles tenteront de se défaire une à une, comme on se dépiaute de &quot;moi-peaux&quot; accumulés en couches successives par les années d'asservissement. Des &quot;moi-peaux&quot; introjectés faisant barrage à leur nature de femme libre.       <br />
              <br />
       Retrouvant un instant leur voix, les danseuses en donnent à tue-tête, entonnant la chanson de Lara Fabian &quot;Je suis malade, complètement malade&quot;… Les affres de la douleur à vif et de la révolte à fleur de peau déforment les visages tordus par les grimaces (cf. &quot;La Méduse&quot; du Caravage) et les corps disloqués, figés dans un tableau vivant, bouches ouvertes renvoyant à une &quot;nature morte&quot;.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532119.jpg?v=1712764708" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
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      Et comme si l'aventure – selon les desiderata d'un ordre patriarcal veillant au grain – devrait légitimement s'arrêter là, avec, après la crise, le retour à la raison commune d'une soumission acceptée, les artistes tout sourire se paient le luxe d'une (fausse) sortie avec saluts d'usage… Comme si seule la résignation pouvait être de mise pour constituer une chute (socialement) acceptable… serait-ce au prix d'un renoncement de plus.       <br />
              <br />
       Mais le monde selon Leïla Ka ne peut se &quot;décliner&quot; ainsi… Dans une seconde partie, la révolte avortée se transfigurera en rébellion généralisée. Des cintres tomberont des crochets où les robes seront, une à une, accrochées, comme des reliques surannées dont ces femmes ne veulent plus. Les mouvements se feront souples, amples, la musique allègre. En plein accord avec la liberté recouvrée, leurs relations seront traversées par des querelles &quot;entre filles&quot; prenant la forme des pantomimes endiablées prisées par le cinéma muet. Débarbouillées, débarrassées de leur ancienne peau, elles apparaîtront en nuisettes, jouant avec leurs pelures anciennes réduites à l'état d'oripeaux désactivés de leur charge toxique.       <br />
              <br />
       Soutenus par des musiques (basses électro répétitives, valses de Chostakovitch, musique pop de Lara Fabian) épousant les différentes étapes de cette traversée en milieu hostile, une heure durant sans faiblir un seul instant, les corps se sont faits les haut-parleurs de combats démesurés échappant aux mots pour les dire. Refusant le statut de victimes les figeant dans des postures qu'elles réprouvent, ces danseuses sont devenues à leur tour de splendides &quot;guerillères&quot; retournant leurs robes en armes.       <br />
              <br />
       Ce qui ressort de cette chorégraphie chorale orchestrée par la sincérité, la générosité et l'énergie rayonnante inscrites dans l'ADN de Leïla Ka, c'est le sentiment d'avoir été irrésistiblement aspiré dans l'œil du cyclone… Un œil du cyclone qui, en la circonstance, a pris le visage de femmes &quot;hors père&quot;… Envoûtant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 5 avril à La Manufacture - CDCN de Bordeaux (33).</b>
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     <div><b>"Maldonne"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532243.jpg?v=1712765491" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
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      Chorégraphie : Leïla Ka.       <br />
       Avec : Jennifer Dubreuil Houthemann, Jane Fournier Dumet, Leïla Ka, Zoé Lakhnati, Jade Logmo.       <br />
       Assistante chorégraphique : Jane Fournier Dumet.       <br />
       Création lumière : Laurent Fallot.       <br />
       Régie lumière : Laurent Fallot ou Clara Coll Bigot.       <br />
       Régie son : Rodrig De Sa ou Manon Garnier.       <br />
       Par la Cie Leïla Ka.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 60 minutes.       <br />
       Création le 16 novembre 2023 à La Garance - Scène nationale, Cavaillon (84).       <br />
              <br />
       <b>A été représenté le jeudi 4 et le vendredi 5 avril 2024 à La Manufacture - CDCN à Bordeaux (33), en partenariat avec le TnBA - Théâtre national de Bordeaux en Aquitaine.</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">11 avril 2024 :</span> Centre culturel Jacques Duhamel, Vitré (35).       <br />
       Octobre 2024 : Festival Roma Europa, Rome (Italie).
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/79434482-57532255.jpg?v=1712765552" alt=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" title=""Maldonne" Une histoire du féminin… Le jeu des cartes à redistribuer…" />
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