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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-12T17:56:11+02:00</updated>
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   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"</title>
   <updated>2024-02-05T14:53:00+01:00</updated>
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   <category term="Festivals" />
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   <published>2024-02-05T07:19:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Deuxième samedi de Festival, deuxième parcours Le Bouscat-Bordeaux pour découvrir quatre performances convoquant la danse, la musique, le théâtre, et ressentir la même sensation… Celle d'assister à des "créations" qui n'en portent pas que le nom mais résultent d'un processus de maturation intérieure dont les artistes livrent ici l'objet se détachant d'eux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761108.jpg?v=1707042200" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>… Meytal Blanaru – danseuse chorégraphe découverte à l'Atelier des Marches il y a quatre ans pour sa performance "Rain" inscrite en lettres de feu dans nos mémoires – est à nouveau invitée par Jean-Luc Terrade pour présenter un mystérieux moment chorégraphié, fascinant tant ses interprétations sont libres… Surtout ne pas se laisser égarer par une traduction littérale du titre, mais se laisser gagner par le champ des possibles contenus dans l'expression idiomatique "Dark Horse" suggérant l'idée d'un secret à révéler…       <br />
              <br />
       Dans un dispositif bi-frontal qui la fera "découvrir" alternativement (deux cycles d'un quart d'heure chacun), soit de dos, soit de face selon les gradins où l'on a pris place, la performeuse fondatrice du Fathom High – approche de la danse basée sur la méthode Feldenkrais accordant la part belle aux relations sensibles entre la personne en mouvement et son environnement – met son corps en vibrations avec l'espace qui l'entoure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761121.jpg?v=1707042469" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Après avoir croisé avec une infinie douceur notre regard et nous avoir adressé un sourire amène nous incluant dans son univers, avec la lenteur qui sied à la rencontre, elle se défait du haut de son vêtement pour entamer sa danse… De dos nue ou de face où les ailes de l'étrange papillon noir peint délicatement sur son buste traduisent la mue à l'œuvre, elle livre son corps au rythme de la musique répétitive. Ses pieds glissent latéralement sur le sol immaculé tandis que ses bras et mains s'abandonnent à un ballet hypnotique, alternant moulinets rapides et mouvements amples au gré d'une fantaisie inspirée par l'énergie qui la traverse.       <br />
              <br />
       Parfois, des tressaillements peuvent laisser entrevoir le passage d'émotions plus sombres, mais toujours la confiance en la vie transcende les épreuves pour illuminer son visage diaphane. Sa fragilité à fleur de peau, sa force intranquille, son énergie vitale, bouleversent.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56761128.jpg?v=1707055460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>. Frédéric Jouanlong, clavier et voix, et Sophie Agnel, au piano à queue, nous immergent dans l'univers intime d'une grande voix féminine du jazz, Nina Simone, chantre des Blacks Power. The wood, c'est le bois de sa maison et celui qui l'entoure, bruissant encore de sa présence iconique et de ses combats "encrés" dans le mouvement des droits civiques des Afro-Américains.       <br />
              <br />
       Au gré des fantaisies musicales et vocales des deux complices réunis dans le même trip sur le plateau, le piano devient boîte à musiques libérant ses marteaux frappés à la main, les bruits de pluie s'échappent des contorsions ludiques de la bouche, ceux du vent du souffle rapproché du micro. La traversée onirique, ponctuée de chants envoutants, évoque des fragments du monde iconique du jazz et de ses voix ô combien prenantes, Billie Holiday, John Coltrane, Prince, Aretha Franklin… Une ballade musicale et sonore qui fait chaud au cœur en ses temps atones.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775009.jpg?v=1707138035" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>, de Nicolas Meunier… que nous avions laissé en novembre dernier à la Halle des Chartrons, la tête de son personnage-personne posée contre celle froide de sa mère morte sans qu'il ne ressente alors la moindre émotion (cf. "Sitcom")… et que nous retrouvons là au Glob Théâtre pour creuser dans "Storytelling" le même sillon, celui d'un artiste protéiforme extrayant de son existence la matière première de ses performances à fort potentiel émotionnel.       <br />
              <br />
       Sa mère, elle, sera à nouveau présente ce soir par le truchement d'une séance de "spiritisme maison" la faisant revenir de l'au-delà pour "parler" à sa progéniture avide d'établir avec elle ce qui n'a jamais pu être de son vivant… Elle ne sera pas seule, la mère, à venir hanter le présent de la représentation. Il y aura aussi la grand-mère, personnage étayé par la logorrhée vindicative qui lui tient lieu de béquilles. D'autres voix encore s'immisceront dans ce maelström aux dimensions de huis clos familial ; celle de sa petite sœur Manon, ou encore celle d'un ancien amant venant alimenter l'intranquillité consubstantielle à son existence.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775768.jpg?v=1707140307" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      Seul en scène, mais habité tour à tour par toutes les voix qui le traversent, ses éternels feuillets en main (papiers qu'il jette au fur et à mesure de la progression du récit, comme des notes de mise en scène devenues inutiles, nous rappelant que l'on est bien au théâtre et non chez le psy), l'homme-orchestre déroule son synopsis où, dans une cacophonie maitrisée, se dit le chaos d'un parcours dysharmonique, le sien.       <br />
              <br />
       D'emblée, entre réalité et fiction, l'acteur secoué par les sanglots qui le gagnent lit une lettre d'un amant lui annonçant son suicide par pendaison, &quot;dans le verger&quot; précise-t-il. Ayant laissé se confondre &quot;baiser et s'aimer&quot;, l'ami désespéré propose sa propre fin comme début du spectacle… Musiques et lumières stéréoscopiques découvrent alors une table ronde, tendue d'une nappe blanche, avec trois chaises disposées autour, l'acteur occupant la centrale…       <br />
              <br />
       La voix de la grand-mère, une bordée d'injures qui tonitruent… Enculés, ils m'ont fait sauter le courant ! Hors de question que tu fasses du spiritisme ! Celle du petit-fils… Le bruit d'une femme qui boite… Maman, c'est toi ? Mon amoureux s'est suicidé… Était-ce la corde avec laquelle il s'attachait ? À nouveau, la grand-mère… Bordel, la chouette sur le toit, tiens-moi l'échelle, il faut la déloger sinon c'est l'annonce d'une mort ou d'une naissance ! T'es pas en cloque Manon ?       <br />
              <br />
       Et puis, la tête entre les mains, la désolation attachée à la disparition tragique de l'amant. La cohorte des pensées qui défilent dans une nuit épaisse, auxquelles se mêlent des cris de bébé… Présent et passé se confondant dans les mêmes affres, voix se recouvrant… Table renversée… Qui m'a consolé quand j'étais petit ? Personne ! Vous m'abandonnez tous ! Regarde Nico, tu lui as dévissé la tête à ton poupon ! La folie est-elle contagieuse maman ? Ta mère, maintenant tu sais, c'était pas un accident… Tu veux lui parler par l'intermédiaire des Esprits ? Peuh, elle n'a jamais voulu dialoguer ta mère ! Maman ça va ?       <br />
              <br />
       Charriées par les frustrations accumulées, les blessures s'ouvrent… La peine de la grand-mère ayant dû se substituer à sa fille défaillante pour élever le petit… La rage de la mère ne s'étant - elle aussi – jamais sentie protégée par quiconque et qui, de l'au-delà où elle séjourne désormais, révèle l'inentendable vœu qui fut le sien lorsqu'elle s'est retrouvée enceinte… La prière du fils adressé à sa mère d'avancer maintenant ensemble vers le jour…       <br />
              <br />
       La chute, accompagnée de la voix chaude de Paolo Conte, exauce un temps ce désir en projetant, au centre du plateau débarrassé symboliquement de toutes scories, un rayon de lumière nimbant l'acteur dansant lascivement… De performance en performance, Nicolas Meunier, sans rien perdre de son authenticité à fleur de peau mise au service d'un théâtre total, maîtrise de mieux en mieux son art pour porter jusqu'à nous le chaos d'un passé familial qui n'arrête pas de passer en lui. Chapeau l'artiste.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775826.jpg?v=1707140778" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>, de Sebastian Abarbanell, présente le corps du performeur dans tous ses états. Jouant avec tous les possibles offerts par une boîte cubique qu'il a élue comme refuge, il multiplie des compositions plastiques à fort potentiel artistique. Cette première partie, d'un esthétisme parlant, le montre tel le voyageur céleste faisant corps avec sa roulotte… Cependant, lorsqu'il vient à se défaire de "sa coquille" pour continuer sa mue nu comme un ver, des convulsions le traversent de part en part… et le charme tout d'abord ressenti se dissipe sous l'effet de monstrations trop appuyées.       <br />
              <br />
       <b>Spectacles vus le samedi 27 janvier lors du Parcours Le Bouscat-Bordeaux organisé dans le cadre du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775857.jpg?v=1707141368" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Dark Horse"</strong></span>       <br />
       Danse - Avant-première.       <br />
       Conception et interprétation : Meytal Blanaru.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>Représenté les 26 et 27 janvier à L'Atelier des Marches, Le Bouscat (33).</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775901.jpg?v=1707141430" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"In the Wood"</strong></span>       <br />
       Musique, voix – Création.       <br />
       Voix et boucles : Fred Jouanlong.       <br />
       Piano à queue et objets : Sophie Agnel.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775902.jpg?v=1707141504" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Storytelling"</strong></span>       <br />
       Performance, théâtre – Création.       <br />
       Conception et interprétation : Nicolas Meusnier.       <br />
       Régie : Marius Bichet.       <br />
       Regard technique : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Durée : 30 minutes.       <br />
       <b>A eu lieu le 27 janvier (2 représentations) au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78174344-56775903.jpg?v=1707141568" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 4 "Dark Horse", "In the Wood", "Storytelling", "Home"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Home"</strong></span>       <br />
       Danse, performance - Première française.       <br />
       Direction artistique et chorégraphie : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Création lumière : Barnaby Booth.       <br />
       Dramaturgie : Tuan Ly.       <br />
       Direction technique : Shaly Lopez.       <br />
       Musique originale : slowdanger, Seb Brun &amp; SUM1.       <br />
       Projection vidéo : Sina Lesnik &amp; César Brodermann.       <br />
       Costumes : Sebastian Abarbanell.       <br />
       Construction boîtes : Alex Varenne.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Présenté le 27 janvier au Glob Théâtre à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       <b>A eu lieu du 16 janvier au 2 février 2024.</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"</title>
   <updated>2024-01-30T17:08:00+01:00</updated>
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   <category term="Festivals" />
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   <published>2024-01-30T15:22:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'une des originalités de Trente Trente, et pas des moins appréciées, est de proposer aux festivaliers des "Parcours" dans la ville. Ainsi, de lieu artistique en lieu culturel atypique, partagent-ils ensemble des propositions "hallucinantes". Faisant communauté, la troupe éphémère de spectateurs fait écho à celle des différents artistes pour créer… "la vie dans l'art". Ainsi de ce samedi 20 janvier où théâtre-cirque, musique-concert, performance chorégraphiée et théâtre littéraire s'enchainèrent jusqu'à la nuit avancée.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56707781.jpg?v=1706626932" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Aimons-nous vivants"</strong></span>, de la Cie MMFF Mathieu Ma Fille Foundation d'Arnaud Saury, propose une étape d'un travail déjà fort élaboré, au point de pouvoir ressentir qu'il s'agirait d'une coquetterie de présentation… Autour d'un mât chinois générateur de poésie, de performances de haut vol et de saillies décalées, naît un récit envoûtant dont l'attraction est telle que l'on s'abandonne à la lévitation au fur et à mesure que ledit mât chinois, coiffé de palmes de cocotiers et orné de bananes, se métamorphose en exotique perche andalouse…       <br />
              <br />
       Faisant corps (et âme) avec son complice, le circassien virtuose Samuel Rodrigues sur lequel il s'appuie au propre (jusqu'à lui faire mal) comme au figuré (magnifiques échanges), Arnaud Saury explore de nouvelles dimensions propres à titiller son désir d'éternel explorateur. Lui, l'ex-danseur, insatiable découvreur de nouveaux espaces à partager avec ses complices – on a tous en mémoire l'épopée fabuleuse de "Dad is dead" sur le vélo de Mathieu Despoisse – se lance ici à l'assaut de l'inaccessible culminant à près de cinq mètres.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56707941.jpg?v=1706627039" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      Comme dans un work in progress dévoilant les arcanes de la création, Samuel Rodrigues, suspendu au mât, s'épanche sur une anecdote fondatrice de son goût du risque. Un épisode de son enfance turbulente qui donne le vertige… et offre l'occasion à son complice de rectifier avec humour l'usage d'un français fraîchement acquis par son ami portugais, lui faisant confondre deux faux amis : <span style="font-style:italic">&quot;Ta mère n'était pas congelée par la peur, mais figée, on ne congèle pas deux fois le même produit&quot;</span>…       <br />
              <br />
       L'humour – renversant – du texte écrit par Suzanne Joubert résonne comme une mise en abyme des tribulations en haute altitude des deux compères, l'un (le circassien) servant de fauteuil, voire de lit à l'autre (l'acteur) dissertant, confortablement suspendu, sur l'usage entre autres de l'adjectif &quot;sale&quot; dans différentes expressions à connotation dégradante.       <br />
              <br />
       Viendra le temps d'un câlin en altitude et d'une chute poétique… aiguisant encore plus notre désir de découvrir, le jour du printemps prochain, la première de cette belle performance dont les prémices sont plus que prometteuses.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708015.jpg?v=1706627485" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Encrages"</strong></span>, d'Audrey Poujoula, se propose de tirer d'une machine à écrire – tapée de coups répétés ou frôlée par un archet – des sons amplifiés et mêlés à d'autres sons discordants préenregistrés. De plus, le choc de l'encre sur le papier crée des arabesques visuelles... Pour le moins que l'on puisse dire, c'est que ce concert improvisé, outre sa haute intensité en décibels, est à classer… dans les recherches "expérimentales".
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708226.jpg?v=1706628330" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hire me, Please"</strong></span>, de Panos Malactos, nous entraîne facétieusement dans l'univers des auditions chorégraphiques, avec, en filigrane, un sens débridé de la dérision. En effet, qu'attend-on des candidats soumis au regard inquisiteur de juges en attente d'une originalité normée (oxymore), si ce n'est une soumission à des diktats dont ils sont tributaires ?       <br />
              <br />
       Surgie des coulisses, une créature barbue aux épaules musclées, se tortillant dans un justaucorps surplombant de hautes bottes du même rouge rutilant, se dirige en sautillant gauchement vers le micro… Concluant quelques notes haut perchées, on sent que le timide "Thank You" qui nous est adressé – à nous jury – est porteur du poids de l'enjeu…       <br />
              <br />
       Enchaînant alors sur des musiques d'enfer d'impressionnantes figures aériennes ponctuées de grands écarts latéraux parfaits, le danseur nous sur-prend… à contrepied, justifiant en creux ses propos minaudés hystériquement : <span style="font-style:italic">"Je suis un grand danseur, un artiste doté d'une grande technique".</span> Au gré des désirs du jury, il revêtira la même tenue, d'un gris éclatant cette fois, et se coiffera de la tête de licorne qu'on lui tend… affichant haut la liberté, la beauté et la puissance qu'il incarne. Panos Malactos montre ici sa double capacité de danseur émérite et de pourfendeur des attentes établies.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708273.jpg?v=1706629453" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Je dis elle"</strong></span>, d'Arnaud Poujol, pourrait être pris comme un rêve éveillé, celui de l'auteur recomposant dans un théâtre littéraire filmé, au gré des impacts d'"Écrire" (entretien qui, avant d'être un livre, fut d'abord filmé par Benoît Jacquot) et de "Roma" (fiction, elle aussi, d'abord filmée) de Marguerite Duras, ainsi que de ceux de "Cet amour-là" de Yann Andréa, sa propre fantasmagorie. Faisant du monde selon M.D. le ferment de son inspiration, il lui emprunte aussi sa stylistique alliant images filmées, écriture méditative et théâtralité épurée.       <br />
              <br />
       Un plateau tout de blanc tendu où une table accueille les feuillets de M.D. alors qu'en fond de scène un écran se couvre d'images au statut subliminal faisant effraction dans le présent de la représentation. Pêle-mêle, s'inscrivent des phrases échappées de ses romans, un bateau sur le Mékong, ou encore le visage d'une statue antique évoquant la reine de Samarie, Bérénice, l'amante de Titus, la pièce racinienne élue. Les trois acteurs tout de blanc vêtu – Aline Le Berre, Elise Servières et Yacine Sif El Islam – incarnent quant à eux, pour le porter jusqu'à nous, le substrat de l'univers de la résidente des Roches Noires et de Neauphle-le-Château.       <br />
              <br />
       Sur cette mosaïque de souvenirs écrans se précipitant sans autre ordre que celui impulsé par le flux et reflux d'une pensée encore et toujours vivante – celle de M.D. –, les trois comédiens vont faire subtilement entendre la petite musique des mots échappés au temps qui passe. Leurs voix, portées par les corps à l'unisson, résonnent alors comme les particules d'un monde résistant à son évanescence.       <br />
              <br />
       Ainsi de la rencontre fictionnelle entre Elle et Lui, un soir, dans le hall d'un hôtel romain donnant sur la piazza Navona. Embarqués dans <span style="font-style:italic">"ce film qui commencerait ici"</span>, alors qu'il a déjà commencé avec la question posée par la femme, nous sommes pris dans un tourbillon poétique qui dit de lui – et de nous… – ce que nous ignorions encore l'instant d'avant. Effet troublant des développements argentiques où le révélateur fait apparaître comme en contre-jour les images en cours d'élaboration.       <br />
              <br />
       Et à l'instar de l'écriture de M.D. où il n'y a jamais d'enchaînement entre les événements, l'acteur faisant maintenant face à l'actrice assise à sa table de travail, "devient" Yann Andréa pour confier cette impossibilité de la nommer autre que par son nom d'emprunt. Duras, ce nom d'auteur qui lui plait infiniment… Les jeux en miroir de la réalité réfléchie se poursuivent jusque dans leur manière de se nommer : <span style="font-style:italic">"Nous avons tous les deux des noms d'emprunt, des noms de plume, des noms faux et qui deviennent vrais puisqu'ils ont été choisis et écrits par elle".</span> Quant au "Je dis elle" du titre, il introduit entre eux – qui parlent d'eux à la troisième personne, comme s'ils étaient eux-mêmes des personnages – la présence d'une troisième entité, le "elle" de la littérature, la seule vérité vivante.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56708476.jpg?v=1706629489" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      Ainsi, entre les textes tapés frénétiquement, les vins bus, les crises violentes et "Capri c'est fini" d'Hervé Vilard, accompagnée par la musique enivrante de Benjamin Ducroq, l'écriture – bouleversante – creuse-t-elle son sillon pendant qu'une troisième complice projette en vidéo leurs visages. Parfois même on croirait voir surgir entre deux plans, comme une ombre portée, le fantôme du "Ravissement de Lol V. Stein". Donner à voir l'indicible au cœur de l'œuvre de Marguerite Duras pour tenter d'en délivrer l'essence… Un pari aussi fou que réussi.       <br />
              <br />
       <b>L'ensemble de ces spectacles a été vu le samedi 20 janvier dans le cadre du "Parcours Le Bouscat-Bordeaux" du Festival Trente Trente de Bordeaux Métropole – Boulazac.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709080.jpg?v=1706630157" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Aimons-nous vivants"</strong></span>       <br />
       Théâtre-Cirque, travail en cours.       <br />
       Conception : MMFF – Arnaud Saury.       <br />
       Écriture et interprétation : Arnaud Saury et Samuel Rodrigues.       <br />
       Collaboration artistique : Suzanne Joubert et Marie Vaissière.       <br />
       Coach Mât Chinois : Kinane Srirou.       <br />
       Lumière : Jean Ceunebroucke et Alix Veillon.       <br />
       Régie générale : Paul Fontaine.       <br />
       Durée actuelle : 30 minutes.       <br />
       <b>A été représenté le vendredi 19 et le samedi 20 janvier à L'Atelier des Marches - Le Bouscat.</b>       <br />
       Création le 21 mars 2024 à L'Agora de Boulazac (24).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709478.jpg?v=1706630460" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Encrages"</strong></span>       <br />
       Musique-concert.       <br />
       Artiste sonore : Audrey Poujoula.       <br />
       Durée : 35 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier au Marché de Lerme à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709491.jpg?v=1706630532" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Hire me, Please"</strong></span>       <br />
       Performance  - Chypre. Première française.       <br />
       Chorégraphie et interprétation : Panos Malactos.       <br />
       Dramaturgie : Odysseas I. Konstantinou et Panos Malactos.       <br />
       Costumes : Eleni Papavasiliou.       <br />
       Vidéos : Suzana Phialas.       <br />
       Durée : 15 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier à la Halle des Chartrons à Bordeaux.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78086854-56709513.jpg?v=1706630622" alt="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" title="Festival Trente Trente 2024 Épisode 2 "Aimons-nous vivants", "Encrages", "Hire me, Please", "Je dis elle"" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Je dis elle"</strong></span>       <br />
       Théâtre création.       <br />
       D'après "Cet amour-là" de Yann Andréa et "Écrire" de Marguerite Duras       <br />
       Cie Monsieur Kaplan.       <br />
       Mise en scène et adaptation : Arnaud Poujol.       <br />
       Avec : Aline Le Berre, Élise Servières et Yacine Sif El Islam.       <br />
       Regard et lumières : Jean-Luc Terrade.       <br />
       Création musicale : Benjamin Ducroq.       <br />
       Création lumière : Antoine Auger.       <br />
       Vidéo : Erwin Chamard.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
       <b>Représenté le samedi 20 janvier à La Manufacture CDCN à Bordeaux.</b>       <br />
              <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-2024-Episode-2-Aimons-nous-vivants--Encrages--Hire-me-Please--Je-dis-elle_a3803.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…</title>
   <updated>2024-01-30T17:11:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-XXIe-edition-de-l-evenement-bordelais-qui-bouleverse-normes-et-prejuges_a3800.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/77982622-56638216.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-01-25T07:14:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
De même que l'automne se confond en terres bordelaises avec les vendanges, le Festival Trente Trente du début d'année est attendu comme un rite faisant partie intégrante du paysage. Durant quinze jours (du 16 janvier au 2 février), dans pas moins de dix lieux culturels de la métropole bordelaise et de Boulazac (Dordogne), nombre de propositions associant danse, performance, cirque, musique, théâtre, installation - traversées toutes par la même exigence, celle de la prise de risque artistique - sont offertes à notre curiosité mise à vif par Jean-Luc Terrade, l'instigateur de "l'événement" (au sens fort du mot).     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638216.jpg?v=1706107596" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"The very last northen white rhino"</strong></span>, du chorégraphe Gaston Core et de son interprète, le danseur Oulouy, ouvre le festival par une chorégraphie au potentiel sensible décuplé, l'homme-danseur et l'animal rhinocéros en voie d'extinction "faisant corps"…        <br />
              <br />
       Dans le lieu mythique de La Manufacture CDCN, les murs de béton gris prennent subitement vie sous l'effet de la présence charismatique de l'artiste puisant dans le répertoire des danses urbaines et africaines son inspiration à fleur de peau. En symbiose avec le sort réservé par ses semblables aux rhinocéros blancs sacrifiés sur l'autel du profit, l'homme-danseur déploie des figures intranquilles d'une puissance telle que le déséquilibre menaçant constamment son imposante silhouette devient palpable, au point de créer le vertige en nous.       <br />
              <br />
       D'emblée, sa posture agenouillée dévoile la prière de celui qui se sait condamné. Ses mains jointes se délient pour glisser sur son visage apeuré, ses doigts entamant alors un étrange ballet guerrier où la lenteur le dispute à la tension retenue.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638274.jpg?v=1706107701" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      Accompagnés par le son du violon, de musiques discordantes, de bruits lointains de moteurs et de paroles inaudibles, les bras s'élancent et les pieds glissent jusqu'à désarticuler la carcasse jusqu'à la faire choir. Il est à cet instant le rhinocéros blanc, lui l'homme noir dont le regard inquiet scrute l'environnement hostile. Et lorsque traqué, ballotté par la musique s'amplifiant de cris stridents, il tourne sur lui-même jusqu'à s'écrouler à genoux dans un silence absolu précédent son immobilisation au sol, on ressent au plus profond de notre chair la brûlure de la mise à mort.       <br />
              <br />
       Parcourant toute la gamme des émotions &quot;humaines&quot;, de la mélancolie enveloppante à l'effroi paralysant, de la joie innocente à la combativité active, le corps se fait porte-parole des traversées en territoires sauvages pour, soutenu par des musiques et lumières idoines, porter jusqu'à nous l'indicible des disparitions programmées.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638327.jpg?v=1706108291" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Doublure du réel"</strong></span>, de Christophe Schaeffer, propose une fabuleuse plongée immersive dans la banalité d'un quotidien recomposé par ses soins. Par l'entremise de courts films expérimentaux "projetant" un regard – le sien – sur des situations réelles extraites de l'existence telle qu'elle se présente à nos yeux ensommeillés, le réalisateur scénographe philosophe (il est, entre autres, l'auteur d'une thèse sur la transcendance) invite à son tour le regardeur à créer sa propre fantasmagorie.       <br />
              <br />
       Casque aux oreilles, yeux rivés sur l'un des six écrans… Les arcanes des mondes que l'on porte en soi se dévoilent alors pour dire d'eux ce que nous ignorions l'instant d'avant…        <br />
              <br />
       Par les interstices des réalités "revues" se glissent d'autres réalités laissant place au champ de "l'autre scène". Comme si, par d'inattendues et minuscules lignes de failles spatio-temporelles, on pénétrait de plain-pied – telle Alice au pays des merveilles – de l'autre côté du miroir pour y entrevoir, comme on l'avait jamais vue, la réalité transcendée, le sacré et le profane réunis en un tout.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638455.jpg?v=1706108332" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      Des titres empruntant au registre de l'ordinaire leur nom – &quot;Old man&quot;, &quot;Le vol&quot;, &quot;La Plage&quot;, &quot;La rencontre&quot;, &quot;Le casque&quot;, &quot;Le parapluie jaune&quot;, &quot;Le plongeoir&quot;, &quot;La mouette&quot;, &quot;La Forêt&quot;, &quot;Les cheveux&quot;, &quot;En terrasse&quot;, etc. – font office de cartons du cinéma muet, le spectateur étant celui par qui la parole sera donnée aux images projetées et aux fonds sonores les accompagnant.       <br />
              <br />
       Cette invitation ludique au voyage intérieur – réalisé grâce à la mise en pause salutaire du continuum d'images déferlantes imposées par une existence évidant les sens – a pour effet de &quot;reconsidérer&quot; la banalité du quotidien afin de voir en lui le lieu du surgissement des sens. Une expérience sensorielle et philosophique à nulle autre pareille, un temps suspendu venant trouer la vision standardisée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638507.jpg?v=1706108842" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"The very last northen white rhino"</strong></span>       <br />
       Danse - Barcelone, Espagne.       <br />
       Concept et mise en scène : Gaston Core.       <br />
       Interprétation : Oulouy.       <br />
       Chorégraphie : Gaston Core en collaboration avec le danseur.       <br />
       Collaboration : Aina Alegre.       <br />
       Photo &amp; Video : Alice Brazzit.       <br />
       Musique : Jorge da Rocha.       <br />
       Lumières : Ivan Cascon.       <br />
       Technique : Manu Ordenavia.       <br />
       Stylisme : Eva Berna.       <br />
       Durée : 40 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Vu le mardi 16 janvier à La Manufacture CDCN à Bordeaux dans le cadre du festival Trente Trente.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/77982622-56638629.jpg?v=1706108898" alt="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" title="Festival Trente Trente XXIe édition de l'événement bordelais qui bouleverse normes et préjugés…" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"La Doublure du réel"</strong></span>       <br />
       Projection de films expérimentaux en continu.       <br />
       Et rencontre avec le réalisateur Christophe Schaeffer.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 18 janvier à Éclats à Bordeaux.</b>       <br />
       Représenté en continu le mercredi 17 janvier (de 18 h à 21 h), le jeudi 18 janvier (de 18 h à 20 h), le samedi 20 janvier (de 15 h à 18 h) à Éclats, Bordeaux (gratuit, en accès libre).       <br />
       Représenté en continu les vendredi 26 et samedi 27 janvier (de 20 h à 23 h) au Glob Théâtre, Bordeaux.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 16 janvier au 2 février 2024.</span>       <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       XXIe Rencontres de la Forme Courte dans le Spectacle Vivant       <br />
       Bordeaux Métropole - Boulazac.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">>> trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-Trente-Trente-XXIe-edition-de-l-evenement-bordelais-qui-bouleverse-normes-et-prejuges_a3800.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Trente Trente", les rencontres de la forme courte, exceptionnellement programmées en juin</title>
   <updated>2021-06-04T10:55:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Trente-Trente--les-rencontres-de-la-forme-courte-exceptionnellement-programmees-en-juin_a2950.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/56861014-42237810.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-06-04T10:35:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
"Trente Trente", initié et porté par la compagnie de théâtre Les Marches de l'Été et son metteur en scène Jean-Luc Terrade, défend depuis sa création en 2004 une programmation des formes courtes hybrides et pluridisciplinaires.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56861014-42237810.jpg?v=1622796917" alt=""Trente Trente", les rencontres de la forme courte, exceptionnellement programmées en juin" title=""Trente Trente", les rencontres de la forme courte, exceptionnellement programmées en juin" />
     </div>
     <div>
      Réunissant cette année une vingtaine de propositions artistiques, cette manifestation née à Bordeaux poursuit son rayonnement sur l'ensemble du territoire de Bordeaux Métropole mais aussi en région Nouvelle-Aquitaine.       <br />
              <br />
       Son but : dévoiler, diffuser ou découvrir les écritures contemporaines avec une programmation à la fois éclectique et exigeante valorisant la richesse et la particularité de la nouvelle scène, aussi bien locale, nationale, qu'internationale. Tous les arts peuvent être propulsés dans les espaces de jeu de &quot;Trente Trente&quot; : musique, danse, performance, théâtre, workshops hors normes, cirque et autres sont tous bienvenus ici à condition de présenter des événements n'excédant pas 30 minutes (certains, il est vrai vont jusqu'à 40 min).       <br />
              <br />
       La période de programmation de l'événement est d'ordinaire le mois de janvier. Cette année, la compagnie Les Marches de l'Été a décidé, dès octobre dernier, de scinder la manifestation en deux saisons. La Saison Froide (qui a eu lieu en janvier 2021) a accueilli, à l'Atelier des Marches au Bouscat, six artistes en résidence dont certains présenteront leurs créations lors de cette Saison Chaude qui se déroulera du 6 juin au 3 juillet 2021. <span style="font-style:italic">&quot;Presque toute la programmation prévue à l'origine a été repoussée pour cette édition d'été&quot;,</span> indique Jean-Luc Terrade.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56861014-42237825.jpg?v=1622796948" alt=""Trente Trente", les rencontres de la forme courte, exceptionnellement programmées en juin" title=""Trente Trente", les rencontres de la forme courte, exceptionnellement programmées en juin" />
     </div>
     <div>
      L'objectif de cette 18e édition reste et demeure, entre autres, de <span style="font-style:italic">&quot;faire connaître des artistes pas encore reconnus avec des propositions hybrides, dérangeantes, volontairement dérangeantes&quot;,</span> ajoute ce dernier.       <br />
              <br />
       <b>Festival Trente Trente</b>       <br />
       Bordeaux et région Nouvelle-Aquitaine.       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 8 juin au 3 juillet 2021.</span>       <br />
       Durée des spectacles : de 8 à 45 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Les artistes invités :</b>       <br />
       Arnaud Poujol, Thomas Laroppe &amp; Biño Sauitzvy, Frédéric Jouanlong, Gilles Baron, Leila Ka, La Cavale, Volmir Cordeiro et Marcela Santander Corvalán, Un loup pour l'homme, Dromosphère, Sofia Fitas, Joachim Maudet, Benjamin Begey, Yaïr Barelli, Nicolas Fraiseau &amp; Christophe Huysman, Étienne Saglio, Cridacompany, Antoine Linsale, Cie Crazy R, Johann Le Guillerm.       <br />
              <br />
       Infos et réservations :       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>       <br />
       Tél. : 05 56 17 03 83.       <br />
              <br />
       <b>Lieux :</b>       <br />
       Manufacture CDCN Nouvelle Aquitaine Bordeaux, Bordeaux.       <br />
       La Chapelle de la DRAC, Bordeaux.       <br />
       Jardin Botanique, Bordeaux.       <br />
       Atelier des Marches, Le Bouscat.       <br />
       Marché de Lerme, Bordeaux.       <br />
       AGORA PNC, Auditorium, Boulazac (24).       <br />
       Le Cube Cirque, Boulazac (24).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Trente-Trente--les-rencontres-de-la-forme-courte-exceptionnellement-programmees-en-juin_a2950.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac</title>
   <updated>2020-02-08T17:25:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-festival-Trente-Trente-au-Pole-National-du-Cirque-de-Boulazac_a2643.html</id>
   <category term="Festivals" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/42113283-35210395.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-01-24T15:56:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ce mardi 21 janvier avait lieu la première soirée du festival Trente Trente qui déroule sa programmation à Bordeaux et aux environs jusqu'au 1er février. Celle-ci était dédiée au cirque dans les bâtiments du Pôle National du Cirque de Boulazac. Deux heures de car depuis Bordeaux pour assister à quatre spectacles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42113283-35210395.jpg?v=1579879235" alt="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" title="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" />
     </div>
     <div>
      Au programme, des formes courtes qui sont la marque de fabrique de ce festival hors normes qui, depuis 15 ans, propose sur une dizaine de jours, des petites formes qui font appel à une infinité de disciplines artistiques : musicales, chorégraphiques, plastiques, performances en tous genres, spectacles vivants de tous styles, de toutes durées… Bref, un catalogue large de ce que la création scénique peut receler comme trésors et que Jean-Luc Terrade, fondateur et directeur artistique du festival, déniche sur tout le continent.       <br />
               <br />
       Ce soir-là, ce fut donc cirque !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans ma chambre - Épisode 2"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42113283-35210418.jpg?v=1579879530" alt="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" title="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" />
     </div>
     <div>
      <b>Théâtre/Cirque</b>       <br />
       Sur le plateau, un lit, un panneau de planches de bois blanc, quelques tranches d'arbre et sur le devant un échelle simple, tenue par un des deux interprètes. L'autre est juché en haut des échelons. Passe à travers les barreaux. Dialogue avec celui qui tient l'échelle. Un dialogue comme volé à une réalité. Pendant que les spectateurs s'installent dans la salle de l'Agora, le jeu d'équilibre et le dialogue lapidaire se poursuivent. Des mots simples, comme ceux qu'échangent deux personnes en train d'effectuer une tâche quelque peu périlleuse… Bref, des conseils et des plaintes et des mises en garde que la situation vaguement absurde rend drôles.       <br />
              <br />
       Ce mode de comédie détachée va continuer tout au long de cette demi-heure de spectacle qui mêle, avec une ironie tranquille, jeu de théâtre et équilibre. Tout le spectacle est à mi-distance entre réalité et exceptionnalité. Il raconte une relation entre amour et amitié, entre passion et dévouement. Comme s'il était un pont entre la magie - que porte en lui l'art du cirque - et le réel. D'ailleurs, cet art du cirque, de l'équilibre, il en est question ici dans l'aide aux personnes âgées dans ce qu'ils nomment : le cirque adapté.       <br />
              <br />
       Mais ce qui ressort, essentiel, au travers de cette humeur drôle et tendre qui se décline tout au long du spectacle, c'est la sensation d'assister à un moment d'intense tolérance. Arnaud Saury, d'essence comédien, et Édouard Peurichard, artiste circassien, posent aussi la question des corps, du corps de l'autre, qui devient lieu d'escalade, planche d'envol, soutien.       <br />
              <br />
       Compagnie Mathieu Ma Fille Foundation, Marseille.       <br />
       Conception : Arnaud Saury.       <br />
       Écriture et interprétation : Arnaud Saury et Édouard Peurichard.       <br />
       Lumière : Zoé Dada.       <br />
       Son : Manuel Coursin.       <br />
       Régie générale : Paul Fontaine.       <br />
       Durée : 35 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Tantric Équation"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42113283-35210607.jpg?v=1579880731" alt="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" title="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" />
     </div>
     <div>
      <b>Musique</b>       <br />
       Une performance musicale qui réunit une douzaine de musiciens, avec essentiellement des guitares et basses électriques, qui déclinent durant vingt minutes exactement des évolutions autour d'un unisson si riche qu'il devient presque tactile. Le son des basses quitte définitivement sa vertu rythmique pour devenir nappe et vibration quasi palpable. Ce long morceau aux mouvements semblant serpentaires, se développe moitié en improvisation, mais suit pourtant une partition précise, établie.       <br />
              <br />
       On croirait que, pour Tantric Équation, le temps et le tempo s'égrènent dans deux modes différents. Musique contemporaine ou performance sonore originale, l'impression de forces sourdes et de musicalité, variant comme des ondes physiques, captivent l'attention.       <br />
              <br />
       Érik Baron/D-Zakord.       <br />
       Formation bordelaise.       <br />
       Basses électriques : Alain Guyon, Alivier Lafont, Michel Pierna, Yves Sternicha, Érik Baron.       <br />
       Guitares électriques : Dominique Badia, Olivier Bobinnec, Françoise Courrech, Francis Rateau, Bruno Rémazeilles.       <br />
       Gongs : Jean-Marc Aléhaux, Valérie Capdepont, Thierry Jardinier.       <br />
       Durée : 20 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dans ton cirque (Pour en finir avec la finesse)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42113283-35210788.jpg?v=1579882030" alt="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" title="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" />
     </div>
     <div>
      <b>Création 2020 - Cirque/Corde lisse</b>       <br />
       Dans une autre salle, le Cube, se dresse une haute structure métallique à laquelle pend une corde lisse. Sur le côté, une table de régie où siègent deux interprètes qui vont être parties prenantes du spectacle. Un spectacle qui questionne le cirque sur son utilité. Au travers une série de phrases volées sur le net et en exposant l'évolution de cet art depuis les années soixante (la &quot;Piste aux étoiles&quot; et la voix de Roger Lanzac !), &quot;Dans ton cirque&quot; jette sur la piste des morceaux de réponses.       <br />
              <br />
       Et cela commence par un clin d'œil énorme à cette Piste aux étoiles que la télévision française retransmettait toutes les semaines dans les années soixante à soixante-dix. Sur la piste, une voltigeuse toute de lingerie vêtue et un porteur qui va faire tourner la donzelle de plus en vite en haut de sa corde lisse. À l'époque, les rôles étaient distribués. Passé ce court et drôle intermède, les deux acrobates se changent à vue dans leurs loges pour revenir dans notre siècle et s'envoler sans étourdissements le long de cette corde lisse qui est comme un fil de vie tombé du ciel.       <br />
              <br />
       D'une main ferme, d'un pied agile, les deux corps s'imbriquent, deviennent topographie l'un pour l'autre, se jettent dans le vide et se rattrapent. Maintenant, les rôles se partagent. Elle est autant porteuse que lui est voltigeur. C'est aussi, une partie de ce discours qui veut fissurer les vieux clivages, les vieilles différences entre hommes et femmes.       <br />
              <br />
       C'est d'ailleurs quelque chose que les trois spectacles visuels de cette soirée ont en commun : qu'ils impliquent le monde dans l'art et l'art dans le monde réel. Et pour renforcer encore cette idée d'action sur le monde, d'implication, le public est convié à la fin à envahir le plateau, à écrire sur une vaste toile son sentiment sur le monde actuel et à trinquer et échanger avec les artistes.       <br />
              <br />
       L'Association du Vide.       <br />
       Une création collective avec :       <br />
       Roselyne Burger (la productrice), Léa Gadbois-Lamer (la costumière), Lawrence Williams (le compositeur).       <br />
       Les musiciens : Julien Chamla, Benjamin Glibert, Sébastien Cirotteau, Lawrence Williams.       <br />
       Le sondier : Alexis Auffray.       <br />
       Le régisseur général : Adrien Maheux.       <br />
       Le génie de la lampe : Clément Bonin.       <br />
       Les artificiers : Boris Abalain et Loïc Chauloux.       <br />
       Les directeurs de piste : Anna Tauber, Fragan Gehlker, Vivi Roiha.       <br />
       Durée : 30 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"À nos vertiges"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/42113283-35211028.jpg?v=1579882713" alt="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" title="Le festival Trente Trente au Pôle National du Cirque de Boulazac" />
     </div>
     <div>
      <b>Cirque</b>       <br />
       &quot;À nos vertiges&quot; est un spectacle muet, mais pas silencieux, au contraire, il parle énormément à l'imaginaire. Le dispositif scénique est ici primordial. Un plateau de bois, grand comme un radeau, qui va se détacher du sol pour s'envoler, se balancer tourner puis se démultiplier comme une balançoire géante, une balançoire de rêve.       <br />
              <br />
       On peut voir ainsi une femme marcher dans les airs, un homme changer de place sans se déplacer lui-même, tout est en mouvement, dans des équilibres parfois difficiles et parfois dangereux lorsque les plateaux voltigent et se précipitent sur les interprètes.       <br />
              <br />
       Ils sont deux, un homme et une femme qui semblent avoir gardé leurs âmes d'enfants. Corentin Diana et Emma Verbèke sont autant acrobates que danseurs. Leurs courses, leurs sauts, leurs glissades et leurs figures sont tout emplis de grâce et de dynamisme. &quot;À nos vertiges&quot; porte bien son titre car certains passages donnent le vertige. Mais surtout, il fascine tant les mouvements des immenses balançoires forcent les corps à une recherche constante de rééquilibre.       <br />
              <br />
       Même s'il reste essentiellement visuel, la bande-son, très élaborée, appuie les scènes narratives et apportent une ambiance riche qui amplifie la poésie visuelle de cette création. Et l'histoire en filigrane, qui évite de tomber dans la banale histoire d'amour, raconte une complicité sur un plan d'égalité. Le choix des costumes permet d'imaginer ces acrobaties dans un quotidien, ce qui renforce encore le décalage. Seule la robe rouge finale me semble personnellement superflue.       <br />
              <br />
       De et avec : Corentin Diana et Emma Verbèke.       <br />
       Création lumière : Clément Soumy.       <br />
       Création sonore : Philippe Foch et Jérôme Fèvre.       <br />
       Regard extérieur : Mathurin Bolze.       <br />
       Scénographie : Didier Goury.       <br />
       Accompagnement technique : Julien Mugica.       <br />
       Durée : 35 minutes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Ces spectacles ont été vus le 21 janvier 2020 à l'Agora du Pôle National du Cirque de Boulazac (24) dans le cadre du Festival Trente Trente.       <br />
       <a class="link" href="http://www.trentetrente.com/" target="_blank">&gt;&gt; trentetrente.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Le-festival-Trente-Trente-au-Pole-National-du-Cirque-de-Boulazac_a2643.html" />
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