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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-21T09:58:14+02:00</updated>
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   <title>"Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi</title>
   <updated>2026-03-13T16:21:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-proces-d-une-vie-L-hommage-a-une-grande-dame-l-avocate-Gisele-Halimi_a4501.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-13T20:04:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pièce librement inspirée du procès de Bobigny et du livre relatant celui-ci, Barbara Lamballais et Karina Testa en dressent un tableau historique en y mêlant, pour Gisèle Halimi, un portrait à la fois de femme et d'avocate, autant des causes féministes que des indépendantistes algériens.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684638.jpg?v=1773342398" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Le procès de Bobigny est resté dans les annales judiciaires et le retentissement en France fut majeur. Il s'est tenu d'octobre à novembre 1972 et a servi de prémices à la loi contre l'interruption volontaire de grossesse portée par Simone Veil en 1975.       <br />
              <br />
       L'entame de la pièce le contextualise. Avant même que le rideau ne s'ouvre, elle débute dans le public avec cinq femmes, dont Gisèle Halimi (Clotilde Daniault) et Simone de Beauvoir (Jeanne Arènes), qui interpellent l'assistance. Nous sommes dans une &quot;Assemblée générale des femmes&quot;, comme stipulé sur le rideau de scène. L'une des protagonistes lit le &quot;Manifeste des 343&quot; (avril 1971), pétition appelant à la légalisation de l'avortement en France, signée, entre autres, par un ensemble de personnalités dont Gisèle Halimi.       <br />
              <br />
       Une énumération de leurs noms s'effectue quand débute sur scène le plaidoyer de celle-ci qui déclare : <span style="font-style:italic">&quot;Je ressens avec une plénitude jamais connue à ce jour un accord parfait entre mon métier qui est de plaider, qui est de défendre et ma condition de femme. Je ressens donc, au premier plan, au plan physique, il faut le dire, une solidarité fondamentale avec ces quatre femmes et avec les autres&quot;</span>, et ce, à l'inverse du serment des avocats qui stipulait un devoir d'obéissance aux lois et aux institutions, ainsi que le respect des &quot;bonnes mœurs&quot; et de l'État. En 1982, grâce à elle et à Robert Badinter (1928-2024), le serment a évolué pour stipuler : <span style="font-style:italic">&quot;Je jure, comme avocat, d'exercer la défense et le conseil avec dignité, conscience, indépendance et humanité&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684642.jpg?v=1773342431" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Son argumentaire s'est articulé contre la loi de 1920 (loi Bérard-Clément). Hors contexte scénique, elle retournait la position des victimes d'accusées, bien que violée pour l'une, Marie-Claire Chevalier (Maud Forget), 16 ans à l'époque des faits, et pour ses trois comparses (Jeanne Arènes, Karine Testa et Déborah Grall) avec sa mère (Céline Toutain) de l'avoir aidée à avorter, en accusatrices de cette loi qui occultait la responsabilité du violeur, la femme violée devant justifier son avortement en cas de danger. L'avocate dénonçait aussi le manque d'éducation sexuelle de la société par les pouvoirs publics et l'impunité des personnalités du &quot;Manifeste des 343&quot;, les condamnations n'étant à l'encontre que des &quot;Madame Marie-Claire&quot;, de condition sociale fragile.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Je me souviens toujours de ce que je disais à mon père quand j'avais 10 ans : Je veux être avocate, car je veux me défendre&quot;</span>, comme le racontera plus tard Gisèle Halimi dans une interview. &quot;Procès d'une vie&quot; en fait écho, parce que sont mêlées dans de courtes scènes, ses vies privée et professionnelle où, pour cette dernière, on la voit préparer ses audiences et ses plaidoiries. Deux jalons essentiels dans ses combats sont présentés, le premier avec Djamila Bouchapa, militante indépendantiste algérienne qui a été torturée et violée par l'armée française pendant plus d'un mois et accusée d'avoir posé une bombe, qui n'a pas explosé grâce aux artificiers, à la &quot;Brasserie des facultés&quot; à Alger (1959). Le second avec Marie-Claire Chevalier pour le procès de Bobigny.       <br />
              <br />
       L'objectif était de <span style="font-style:italic">&quot;faire de ce procès un événement pour populariser les injustices que subissaient les femmes en n'étant pas maîtresses de leur propre corps (...) quelqu'un qui n'est pas maître ou maîtresse de son propre corps est esclave&quot;</span> comme Gisèle Halimi le racontera dans une interview beaucoup plus tard. Aussi, elle a fait venir des personnalités de notoriété publique, telles que Simone de Beauvoir (1908-1986) et Michel Rocard (1930-2016), ou des scientifiques de renom comme Jacques Monod (1910-1976) et François Jacob (1920-2013).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684649.jpg?v=1773342451" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Barbara Lamballais et Karina Testa est aussi une plongée, toujours rapide et furtive, dans sa vie où on la voit reprocher à sa mère Fritna (Déborah Grall) son éducation traditionnelle et sexiste en clamant son refus de faire le ménage pour ses frères. Hors contexte scénique, elle avait donc entamé une grève de la faim durant trois jours, &quot;sa première victoire&quot; comme elle le dira plus tard.       <br />
              <br />
       La création est superbe dans sa conception dramaturgique. Clotilde Daniault (Gisèle Halimi) fait osciller sa voix dans un large spectre qui va de la puissance de la déclamation, pour sa plaidoirie, à un timbre posé pour ses entretiens avec Marie-Claire Chevalier et Djamila Boupacha. Il y a plusieurs recoupements entre le judiciaire et le privé, entre les faits historiques et le quotidien. Gisèle Halimi est appréhendée dans ces deux versants, montrant ainsi, sous sa robe d'avocate, la femme dans un cadre familial.       <br />
              <br />
       Alternent des moments de vie qui se chevauchent avec, à différents instants, une scène qui débute, côté cour, pour ensuite être reprise par une autre, côté jardin. Le plateau est souvent découpé en deux aires distinctes délimitant deux intimités différentes qui alternent toujours avec des jeux de lumières où quand une pièce s'allume, l'autre reste dans l'ombre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684650.jpg?v=1773342473" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      La création se découpe en quatre temps forts dans quatre lieux différents. Il s'agit du cabinet de l'avocate où elle prépare ses audiences avec Marie-Claire Chevalier et Djamila Boupacha. La scénographie découvre aussi son chez-soi ainsi que celle de la famille Chevalier, ainsi que la boîte de nuit, avec la rencontre fatale de Marie-Claire avec son violeur (Julien Urrutia), seul moment comique lors des danses frénétiques. Ce décentrage, autant scénique que temporel, montre nos protagonistes hors de tout contexte judiciaire, permettant de les rendre plus proches.       <br />
              <br />
       La pièce est très bien construite avec de courtes scènes rapides, qui s'enchaînent, brassant dans le passé des moments sous la coupe du présent ou se projetant dans le futur. Ce va-et-vient crée une dynamique permettant ainsi de donner à la représentation un volume dramaturgique dans une échelle de temps bousculée, les faits se faisant écho les uns aux autres sous couvert de l'Histoire.       <br />
              <br />
       Le soir de la représentation (le 25 février), il y avait dans le public une dame de 92 ans qui était présente au procès de Bobigny. Époque lointaine et pourtant actuelle, car jamais définitivement gagnée, les propos sexistes et racistes tapissent en effet très et trop dangereusement les discours de nos politiques.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Le procès d'une vie"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95291702-66684654.jpg?v=1773342505" alt=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" title=""Le procès d'une vie" L'hommage à une grande dame, l'avocate Gisèle Halimi" />
     </div>
     <div>
      Texte : Barbara Lamballais et Karina Testa.       <br />
       Oeuvre librement inspirée de la vie de Gisèle Halimi et de &quot;Le procès de Bobigny - Choisir La Cause Des Femmes&quot; aux Éditions Gallimard.       <br />
       Mise en scène : Barbara Lamballais, assistée de Armance Galpin.       <br />
       Avec Jeanne Arènes, Clotilde Daniault, Maud Forget, Déborah Grall, Karina Testa, Céline Toutain, Julien Urrutia.       <br />
       Scénographie : Antoine Milian.       <br />
       Lumières : Rémi Saintot.       <br />
       Son et musique : Benjamin Ribolet.       <br />
       Costumes : Marion Rebmann.       <br />
       Perruques : Julie Poulain.       <br />
       Tout public, à partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Jusqu'au 31 mai 2026.</span>       <br />
       Du mercredi au samedi à 21 h, dimanche à 15 h.       <br />
       48, rue du Faubourg Saint-Martin, Paris 10ᵉ.       <br />
       Tél. : 01 42 08 21 93.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie-lesplendid.tickandlive.com/evenement/le-proces-dune-vie" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lesplendid.com/" target="_blank">&gt;&gt; lesplendid.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique</title>
   <updated>2025-12-12T12:22:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Reconstitution-le-Proces-de-Bobigny--un-kaleidoscope-reflechissant-ou-l-on-assiste-in-situ-a-la-condamnation-d-une-loi_a4425.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/93134504-65138414.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-12-12T07:46:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Rien ne sera plus comme avant… avant le procès d'une toute jeune fille, Marie-Claire Chevalier, 16 ans, violée et appelée à comparaître en 1972 devant le tribunal des hommes pour avoir avorté. Elle sera défendue par l'avocate féministe Gisèle Halimi, transformant le procès de "la jeune-fille indigne" et des femmes qui l'ont aidée à interrompre sa grossesse, en celui des lois iniques prohibant l'avortement… Émilie Rousset, adepte d'un théâtre documentaire recyclant l'archive en s'appuyant sur l'enquête et la mise en abyme (cf. "Affaires familiales", Festival IN - Avignon 2025), s'empare de cette matière hautement combustible pour la faire (re)vivre dans un dispositif des plus originaux.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138414.jpg?v=1765439554" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Douze postes répartis équitablement dans la salle Vauthier du tnba où, tour à tour, une vingtaine de participants, casque aux oreilles et groupés en cercle autour d'une actrice ou d'un acteur, vont revivre &quot;en direct&quot; pendant une quinzaine de minutes un fragment de la reconstitution du Procès de Bobigny. Libres à chacune et chacun de choisir ses postes successifs, sachant que les deux heures et demie de &quot;Reconstitution&quot; lui permettront d'entendre huit à neuf de ces témoignages.       <br />
              <br />
       Les comédiennes et comédiens, oreillette branchée, auront pour rôle de &quot;mixer&quot; de manière la plus naturelle qui soit la parole des participantes et participants de ce procès ayant fait date dans l'histoire de ce combat exemplaire des femmes pour disposer librement de leur corps. Il y aura aussi à entendre la parole d'un militant anti-avortement, esseulé parmi les témoignages d'une sociologue (fondatrice du MLF), d'une chargée du Planning familial, d'un obstétricien-gynécologue, d'une féministe activiste polonaise, d'une professeure de droit public, d'une philosophe professeure de science politique, d'un historien, d'une spécialiste du contrôle des naissances à La Réunion, d'une journaliste (Claude Servan-Schreiber) et d'une actrice (Françoise Fabian) témoins l'une et l'autre pour avoir elles-mêmes eu recours à l'avortement.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138419.jpg?v=1765439584" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Avec la même force, celle d'une authenticité non spoliée par les aprioris conventionnels, ces propos reconstitués et retransmis avec un naturel bluffant par des artistes porte-paroles nous replongeront dans le vif du sujet. Un sujet brûlant pour le droit à l'IVG pour toutes les femmes, un droit conquis de haute lutte contre une lourde tradition patriarcale &quot;ancrée&quot; dans les mentalités des gouvernants, mais aussi du peuple asservi.       <br />
              <br />
       Gisèle Halimi, avocate de Marie-Claire Chevalier et membre co-fondatrice de l'Association &quot;Choisir&quot; (comme l'étaient notamment la journaliste Claude Servan-Schreiber, les actrices Delphine Seyrig et Françoise Fabian, l'écrivaine Simone de Beauvoir, appelées toutes à témoigner de leur propre avortement), a eu l'intuition lumineuse de montrer, contre un Procureur des plus empressés à exclure du débat toute tentative à vouloir l'élever, que les vraies accusées n'était pas celles appelées à comparaître, mais la loi de 1920 réprimant l'avortement… En effet, ce qui était exposé par l'avocate sous les projecteurs des médias, c'étaient les prérogatives que s'arrogent de tout temps les hommes (les puissants surtout, mais aussi ceux pris dans la globalité du genre) pour dominer le corps des femmes, et au-delà de l'assignation à la maternité désirée ou pas, asservir le genre féminin soumis sexuellement et économiquement (travail domestique non rémunéré) à n'être que… des sous-hommes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138430.jpg?v=1765439637" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Élever le débat en faisant comparaître des femmes libres ayant pu avorter dans des cliniques sécurisées grâce à leurs moyens financiers et à leur statut social les rendant &quot;intouchables&quot;, et à leurs côtés des médecins dont les travaux sur le vivant conféraient une légitimité scientifique, ébranlait dans ses fondements une loi s'appuyant sur des archaïsmes à consonance religieuse. En effet, comment prétendre qu'un fœtus de quelques semaines est une personne humaine – <span style="font-style:italic">&quot;une absurdité du point de vue biologique&quot;</span> – après avoir entendu la déposition du Professeur Jacques Monod, prix Nobel de physiologie et de médecine ?        <br />
              <br />
       Comment pouvoir prétendre qu'en réprimant l'avortement, on était du côté de la vie, alors que de très nombreuses jeunes filles et femmes modestes, contraintes d'y recourir clandestinement, mouraient chaque année sous l'effet de pratiques barbares ? Comment ne pas penser qu'en légalisant l'avortement, non seulement on permettait aux femmes d'y recourir dans des conditions satisfaisantes de sécurité médicale et de sérénité morale, mais aussi de faire reconnaître que <span style="font-style:italic">&quot;la femme est un homme comme un autre&quot;</span>, responsable de l'entièreté de son corps qui n'appartient qu'à elle ?
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138437.jpg?v=1765439676" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Tout ce questionnement insufflé par les témoins étant encore enrichi par l'apport d'une spécialiste du contrôle des naissances, rappelant comment un député de la droite française, partisan farouche en Métropole du combat contre la contraception et l'avortement, s'est fait adepte de ces pratiques quand il s'est agi de régir la &quot;démographie galopante&quot; de l'île de l'Océan Indien dont il était député. Que dire alors de sa récupération de la politique du Planning Familial pour généraliser le Depo Provera injecté aux Réunionnaises comme contraceptif à longue durée d'action ? Ou encore des ligatures des trompes imposées à leur insu à ces mêmes femmes, sous prétexte d'appendicite aiguë à opérer ? La &quot;morale catholique&quot; serait-elle à géométrie variable et exclurait-elle – au nom bien sûr de l'intérêt supérieur de la lutte contre la pauvreté et pour favoriser le bien des gens – certaines populations de sa doctrine ? <span style="font-style:italic">&quot;Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà&quot;</span> (Blaise Pascal).       <br />
              <br />
       Autre contribution, celui d'un historien mettant en perspective les différentes étapes de cette lutte pour la libération des femmes au travers du droit à l'IVG… Du dépôt des fleurs disposées en 1970 sur &quot;la tombe de la femme du Soldat inconnu&quot; par quelques femmes du MLF, en passant en 1971 par &quot;le manifeste des 343 salopes&quot; – signé entre autres par Delphine Seyrig, Catherine Deneuve, Gisèle Halimi – publié dans Le Nouvel Observateur et appelant à la légalisation de l'avortement, à la loi Veil de 1974 rendant légal l'avortement (uniquement dans trois cas précis) jusqu'à l'inscription en mars 2024 du droit à l'avortement (sans conditions à réunir et élargi aux mineures) dans la constitution française (article 34), c'est toute une épopée courageuse qui nous est contée, celle dont Gisèle Halimi fut incontestablement l'une des héroïnes.       <br />
              <br />
       Spectacle vivant s'il en est, servi superbement par des comédiennes, comédiens et une metteuse en scène – Émilie Rousset – mettant en jeu les documents d'archive du Procès de Bobigny, pour se les approprier afin de servir sur un plateau de théâtre &quot;la cause des femmes&quot;.       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 26 novembre 2025, Salle Vauthier du tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine) à Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Reconstitution : le Procès de Bobigny"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138438.jpg?v=1765439717" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Création octobre 2019 au T2G – Théâtre de Gennevilliers dans le cadre du Festival d'Automne à Paris.       <br />
       Conception et écriture : Émilie Rousset et Maya Boquet.       <br />
       Mise en scène et dispositif : Émilie Rousset.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Élina Martinez.       <br />
       Pièce pour quinze interprètes, avec (en alternance depuis la création) : Véronique Alain, Renaud Bertin, Aymen Bouchou, Hélène Bressiant, Antonia Buresi, Barbara Chanut, Rodolphe Congé, Suzanne Dubois, Stéphanie Farison, Thomas Gonzalez, Anaïs Gournay, Nan Yadji Ka-Gara, Emmanuelle Lafon, Anne Lenglet, Mélanie Martinez Llense, Olivier Normand, Aurélia Petit, Gianfranco Poddighe, Lamya Régragui, Ghita Serraj, Anne Steffens, Nanténé Traoré, Kevin Tussidor, Manuel Vallade, Margot Viala, Jean-Luc Vincent.       <br />
       Dispositif vidéo : Louise Hémon.       <br />
       Dispositif lumière : Laïs Foulc.       <br />
       Dispositif son : Romain Vuillet.       <br />
       Dramaturgie : Maya Boquet.       <br />
       Montage vidéo : Carole Borne.       <br />
       Régie son et vidéo : Romain Vuillet en alternance avec Cristián Sotomayor.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93134504-65138507.jpg?v=1765440433" alt=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" title=""Reconstitution : le Procès de Bobigny", un kaléidoscope "réfléchissant" où l'on assiste in situ à la condamnation… d'une loi inique" />
     </div>
     <div>
      Régie générale et lumière : Jérémie Sananes et Ludovic Rivière.       <br />
       Durée : 2 h 30.       <br />
              <br />
       <b>Représenté du mardi 25 au vendredi 28 novembre 2025 au tnba (Théâtre national Bordeaux Aquitaine).</b>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       22 janvier 2026 : L'Atelier à spectacle, Vernouillet (28).       <br />
       28 janvier 2026 : Théâtre, Corbeil-Essonnes (91).       <br />
       5 et 6 février 2026 : La Grange, Lausanne (Suisse).       <br />
       27 février et 1er mars 2026 : Bonlieu - Scène nationale, Annecy (74).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Reconstitution-le-Proces-de-Bobigny--un-kaleidoscope-reflechissant-ou-l-on-assiste-in-situ-a-la-condamnation-d-une-loi_a4425.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti</title>
   <updated>2025-02-03T18:52:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Palombella-Rossa--Mathieu-Bauer-fait-revivre-les-doutes-les-coleres-les-fantaisies-l-humanite-et-les-flots-de_a4144.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/86168988-61331997.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-02-03T18:33:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Nicolas Bouchaud apparaît dans le public. C'est Michele, le personnage interprété par Nanni Moretti dans son film sorti en 1989. Il est amnésique suite à un accident d'automobile. Que fait-il là ? Il ne sait pas. Perdu parmi tous les spectateurs, comme s'il avait, pour on ne sait quelle raison, été jeté hors de son rôle, hors de lui-même, hors de scène. Dépouillé de son rôle, on peut dire. Un rôle dans la vie qu'il va tenter de retrouver tout au long du spectacle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86168988-61331997.jpg?v=1738605466" alt="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" title="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit à la fois d'une perte de mémoire et d'une sorte de combat pour en retrouver les bribes vitales. Une situation dramatique dont le tragique est vite renversé, mais aussi amplifié par l'humour du cinéaste italien et le jeu tout en délicatesse de Nicolas Bouchaud. Ce combat ne sera pas sanglant, il va se dérouler sous la forme d'un match de water-polo, dans une piscine.       <br />
              <br />
       C'est ce match qui va être la première pierre de cette tentative de reconstruction. L'urgence du présent appelle notre personnage sur scène : c'est l'heure d'enfiler son maillot de bain et son bonnet, et de plonger dans le bassin pour épauler son équipe. Une heure et demie durant laquelle les phases de jeu vont être traversées par des dizaines de personnages et de souvenirs, de réminiscences qui arriveront comme des boules de bowling culbuter les convictions de Michele, et mettre en question tous ses choix, et en premier lieu ses choix politiques puisque Michele est député, député PCI (parti communiste italien), à l'heure de la grande déroute des pays communistes de l'époque (1989, chute du mur de Berlin, Nanni Moretti avait réalisé son film bien avant).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86168988-61331998.jpg?v=1738605523" alt="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" title="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" />
     </div>
     <div>
      Rendu vulnérable, puisque le corps vêtu simplement d'un maillot et d'un bonnet de pauliste, recouvrer la mémoire s'accompagne alors d'une prise de conscience, comme si le personnage, non seulement revivait ces moments, mais était soudain capable de les regarder de l'extérieur et d'en estimer le prix et la valeur.       <br />
              <br />
       Ce sont un monde en crise, un personnage en crise, une équipe de water-polo dominée par un adversaire bien plus riche en individualités performantes, voilà le cocktail détonnant que Mathieu Bauer parvient à faire tenir sur une scène dans un lieu unique. Féru de cinéma, celui-ci est coutumier de l'adaptation de films pour la scène et ce lieu unique devient, grâce à une scénographie extraordinairement belle et bien pensée ainsi qu'à des projections vidéos qui nous plongent littéralement dans l'eau, un lieu multiple, à la fois piscine, coulisses, vestiaires, buvette, gradins, studio de télévision…       <br />
              <br />
       Sur la droite du plateau, un espace intégré à la buvette pour la musique qui rythme en permanence la pièce. Clémence Jeanguillaume (clavier et chant), Sylvain Cartigny (guitares) et Mathieu Bauer (percussion) jouent ici une partition musicale et théâtrale très importante pour le spectacle. En alternant les interventions sonores, les créations contemporaines et les chansons populaires italiennes, ils provoquent des ruptures, cadencent les actions et ouvrent des espaces nostalgiques, éphémères qui font intégralement partie des traversées de souvenirs qui structurent l'histoire.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86168988-61332030.jpg?v=1738605551" alt="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" title="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" />
     </div>
     <div>
      Tout l'esprit de Nanni Moretti, avec sa faconde, ses réflexions existentielles et sa poésie sentimentale, trouve sa place dans cette adaptation qui évite autant que possible d'être trop datée dans l'histoire. D'innombrables passages font référence à ce que nous vivons actuellement, peut-être grâce à l'adaptation de Mathieu Bauer ou grâce aux textes d'Anne-James Chaton qui y ont été intégrés, mais aussi peut-être parce que quelque chose de terriblement ressemblant existe de fait entre les bouleversements politiques du monde de 1989 et le délabrement populiste de nos politiques de 2025.       <br />
              <br />
       Que dire d'autre sinon que la mise en scène vive, musicale, visuelle de Mathieu Bauer donne à &quot;Palombella Rossa&quot; un rythme intense. Les changements de lieux, les changements d'époques, les interventions des multiples personnages se font en un éclair. Il s'appuie également sur des actrices, des acteurs et des musiciennes, et des musiciens qui possèdent à la fois des personnalités singulières, fortes, et un sens très travaillé de l'harmonie. Un peu comme dans un sport d'équipe finalement. Et comme le stipule Michele tout au long du spectacle : &quot;Siamo uguali, ma siamo diversi&quot;, nous sommes pareils, nous sommes différents.       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86168988-61332037.jpg?v=1738605583" alt="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" title="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" />
     </div>
     <div>
      Une phrase qui peut être prise comme le point commun entre ces deux crises, celle, personnelle, de Michele qui met en balance le passé par rapport au présent, et celle, sociale et partagée, du PC italien de l'époque, qui rappelle plutôt l'unité entre les citoyens.       <br />
              <br />
       &quot;Palombella Rossa&quot; est, pour finir, un beau terrain de jeu sportif et métaphorique où s'affrontent deux visions : celle du rapport de force, de la brutalité, du pouvoir physique et celle de l'esquive, de la feinte, du lob. Visions sombres et visions légères valsent à un rythme rapide pour raconter cette histoire drôle et poignante où la désillusion tente de grignoter vainement toute forme d'espoir et de poésie, sans y parvenir vraiment.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vu au Théâtre Molière à Sète (34).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Palombella Rossa"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/86168988-61332048.jpg?v=1738605628" alt="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" title="Avec "Palombella Rossa", Mathieu Bauer fait revivre les doutes, les colères, les fantaisies, l'humanité et les flots de mots de Nanni Moretti" />
     </div>
     <div>
      D'après le film de Nanni Moretti et des textes d'Anne-James Chaton.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Mathieu Bauer.       <br />
       Assistante mise en scène : Anne Soisson.       <br />
       Composition musicale et collaboration artistique : Sylvain Cartigny.       <br />
       Avec : Mathieu Bauer, Nicolas Bouchaud, Sylvain Cartigny, Matthias Girbig, Gulliver Hecq, Clémence Jeanguillaume, Jeanne Lepers.       <br />
       Scénographie et costumes : Chantal de la Coste       <br />
       Création sonore : Alexis Pawlak       <br />
       Création vidéo et régie générale : Florent Fouquet       <br />
       Création et régie lumière : Stan-Bruno Valette       <br />
       Images : Matthias Girbig       <br />
       Régie son : Jean-Baptiste Nirascou       <br />
       Avec la collaboration du Cercle des Nageurs Noiséens, club de water-polo de Noisy-le-Sec.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 40.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 14 février 2025.</span>       <br />
       Mercredi, jeudi, vendredi à 20 h, samedi à 18 h, dimanche à 16 h.       <br />
       MC93, maison de la culture de Seine-Saint-Denis, Salle Oleg Efremov, Bobigny (93),        <br />
       <a class="link" href="https://www.mc93.com/" target="_blank"></a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       25 et 26 février 2025 : Le Lieu Unique, Nantes (44).       <br />
       10 et 11 mars 2025 : Grand Théâtre, Albi (81).       <br />
       13 mars 2025 : L'Empreinte, Scène Nationale de Brive-Tulle, Brive (19).       <br />
       Du 3 au 14 juin 2025 : Théâtre Silvia Monfort, Paris 15ᵉ.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Palombella-Rossa--Mathieu-Bauer-fait-revivre-les-doutes-les-coleres-les-fantaisies-l-humanite-et-les-flots-de_a4144.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93</title>
   <updated>2019-03-19T08:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Une-Chauve-souris-degrisee-a-la-MC93_a2360.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/31767485-29838782.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-03-19T08:01:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La perle de l'opérette viennoise, "La Chauve-souris" de Johann Strauss Fils, a été choisie pour le spectacle phare de la saison des jeunes artistes de l'Académie de l'Opéra de Paris. Créée à la MC93 de Bobigny avant une tournée à venir en région, la production de Célie Pauthe convoquant les fantômes de Terezin convie à une fête plus sinistre que grisante.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31767485-29838782.jpg?v=1552980249" alt="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" title="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" />
     </div>
     <div>
      C'est d'une voix (off) blanche et monocorde que la directrice du CDN Besançon Franche-Comté ouvre son spectacle, expliquant le cheminement de sa création sur fond de murs grisâtres d'une cellule. L'Opéra national de Paris lui ayant passé commande d'une &quot;Chauve-souris&quot; avec les forces de l'Académie maison, ses recherches lui ont ouvert une voie surprenante.       <br />
              <br />
       Le chef-d'œuvre de Strauss Fils, symbole suprême de la fête impériale habsbourgeoise créé en 1874, a figuré parmi les spectacles joués <span style="font-style:italic">(1)</span> dans la forteresse prison de Theresienstadt. Dans des conditions de dénuement absolues, en février 1944, quelques mois avant la liquidation de ce ghetto (connu sous le nom de Terezin) dans lequel les Nazis ont déporté de toute l'Europe l'élite artistique et intellectuelle juive. C'est cette histoire qui nous sera racontée.       <br />
              <br />
       Sa proposition posera effectivement une question obsédante tout au long du spectacle : pourquoi ce divertissement ironique et joyeux dont la seule finalité semble être de faire l'éloge du champagne et d'une &quot;ébriété salvatrice&quot; <span style="font-style:italic">(2)</span> a-t-il été choisi dans cet enfer concentrationnaire ? Frosch, le gardien de prison (Gilles Ostrowsky un peu trop ricanant), commentant l'odieux film de propagande nazi sur Terezin <span style="font-style:italic">(3)</span> au début du troisième acte, avouera ne pouvoir y répondre.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31767485-29838818.jpg?v=1552980292" alt="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" title="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" />
     </div>
     <div>
      La mise en scène de Célie Pauthe, quant à elle, s'inscrit entre soulignements des doubles-sens du livret (largement réécrit pour les dialogues parlés avec de nombreux éléments exogènes tels des vers de Baudelaire tirés du poème &quot;Spleen&quot;) et évocation du fameux spectacle monté avec des bouts de ficelle par des artistes en sursis. Et ce, sur fond de vidéo filmée lors de deux voyages effectués dans l'actuelle Theresienstadt par le vidéaste François Weber et la metteuse en scène.       <br />
              <br />
       Cette &quot;Chauve-souris&quot; aura été, nous dit-elle ici, l'occasion pour cette élite condamnée aux chambres à gaz d'Auschwitz de résister collectivement dans le rire et l'oubli et de se moquer de ses conditions précaires (bouteilles de champagne et assiettes sont désespérément vides dans un bal masqué qui les exalte en de célébrissimes airs). Les superbes valses, polkas et czardas de cette opérette s'effaceront parfois dans la mélancolie d'un fidl klezmer ou d'une chanson yiddish - les chanteurs rejoignant alors les sept musiciens de l'orchestre côté jardin (dévolu à un autre espace-temps, celui de la représentation de 1944). Le spectacle, tel un acrobate, court le fil au-dessus de l'abîme sur le fond comme sur la forme : la griserie du bal masqué de l'acte II s'échouant entre deux autres actes minés par la tragédie - rappelée donc entre autres par la vidéo.       <br />
              <br />
       Et c'est cet équilibre fragile qui ne fonctionne pas tout à fait. Outre l'emploi de costumes contemporains (jeans, baskets) pour certains personnages (creusant une référence actualisatrice sans grand intérêt), le malaise prend le pas constamment entre les numéros (du coup trop ?) hilarants du Marquis Renard (Gabriel von Eisenstein) et du Chevalier Corbeau (le Chevalier Chagrin de l'opérette) rejouant les vers de la fable ou le marivaudage (trop ?) comique des infidèles (Rosalinde et le ténor Alfred) et les rappels obsédants des conditions de la représentation de Terezin - comme des états d'âme des artistes.       <br />
              <br />
       La réduction pour version de chambre due à Didier Puntos fonctionne plutôt bien dans l'économie générale du spectacle parvenant même à faire entendre le raffinement et le lyrisme extrême de cette superbe partition. Mentionnons le très beau violon de Marin Lamacque, le piano de Edward Liddall et les bois de Marlène Trillat et Norma Rousseau au sein des prometteurs musiciens de l'Académie et de l'Orchestre-Atelier Ostinato sous la direction de Fayçal Karoui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31767485-29838821.jpg?v=1552980325" alt="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" title="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" />
     </div>
     <div>
      Le chœur Unikanti se fond également parfaitement parmi des chanteurs (deux distributions en alternance) toujours talentueux. Dans la (seconde) distribution se distinguent l'abattage du baryton Timothée Varon (impayable Gabriel von Eisenstein) et la grâce légère de la soprano russe Liubov Medvedeva (à vingt et un ans elle campe une irrésistible Adèle) - tous deux nouveaux venus à l'Académie. Parmi les plus anciens Adriana Gonzalez est une excellente Rosalinde (au chant sensuel montant aisément au contre-ut dans le trio initial) tandis que Tiago Matos incarne un Franck burlesque à souhait. On n'oubliera pas non plus le Ténor idéal de Jean-François Marras et l'élégant Danylo Matviienko en Dr Falke.       <br />
              <br />
       Si la thèse évoquée de la mélancolie d'une &quot;Chauve-souris&quot; straussienne pressentant l'apocalypse fin de siècle semble bien exagérée (en 1874), le compositeur Viktor Ullmann, se retournant sur cette époque, remarquait justement avec une amertume poignante (dans son compte-rendu du spectacle de Terezin) <span style="font-style:italic">&quot;qu'on a(vait) dansé sur les tombes du futur et à (leurs) dépens&quot;}i. À condition d'accepter le lourd dégrisement (volontairement cruel) que distille cette production, celle-ci se révèle sans nul doute salutaire dans notre époque troublée.       <br />
              <br />
       i[(1) Les concerts et spectacles furent encouragés dans le ghetto par les Nazis pour tromper la Croix Rouge invitée deux fois à visiter le camp en juin et août 1944.       <br />
       (2) Note d'intention de mise en scène.       <br />
       (3) &quot;Hitler offre une ville aux Juifs&quot;, film de propagande nazi.</span>       <br />
              <br />
       <b>Spectacle vu le 16 mars 2019.</b>       <br />
              <br />
       Prochaines dates :       <br />
       <span class="fluo_jaune">mardi 19, mercredi 20, vendredi 22 mars à 19 h 30.        <br />
       Samedi 23 mars 2019 à 17 h 30. </span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/31767485-29838909.jpg?v=1552980731" alt="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" title="Une "Chauve-souris" dégrisée à la MC93" />
     </div>
     <div>
      MC93.       <br />
       Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis.       <br />
       9, boulevard Lénine, Bobigny (93).       <br />
       Tél. : 01 41 60 72 72.       <br />
       <a class="link" href="https://www.mc93.com/" target="_blank">&gt;&gt; www.mc93.com</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Die Fledermaus&quot; (1874).</b>       <br />
       Opérette en trois actes.       <br />
       Musique de Johann Strauss Fils (1825-1899).       <br />
       Livret de Richard Genée et Karl Haffner.       <br />
       En français et en allemand surtitré en français.       <br />
       Durée : 3 h (avec deux entractes).       <br />
              <br />
       <b>En tournée d'avril à mai 2019 :</b>       <br />
       3 et 5 avril 2019 : Les 2 Scènes, Besançon (25).       <br />
       26 avril 2019 : Théâtre Impérial, Compiègne (60).       <br />
       15 et 17 mai 2019 : Maison de la Culture, Amiens (80).       <br />
       22 et 24 mai 2019 : MC2, Grenoble (38). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Une-Chauve-souris-degrisee-a-la-MC93_a2360.html" />
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   <title>Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris</title>
   <updated>2019-01-24T08:47:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Concert-de-gala-de-l-Academie-de-l-Opera-de-Paris_a2329.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2019-01-24T07:22:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour le concert de gala de son Académie, l'Opéra de Paris a une fois encore mis à l'honneur le talent de ses jeunes chanteurs au Palais Garnier. Une soirée charmante qui s'inscrit dans la tradition déjà longue d'une institution où fleurissent les belles promesses.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30030502-28821669.jpg?v=1548262108" alt="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" title="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Il serait vain de vouloir nommer ici tous les chanteurs de grand talent qui sont passés par l'école de l'Opéra de Paris, devenue Atelier lyrique sous la direction de Christian Schirm en 2004, puis Académie en 2015 sous celle de Myriam Mazouzi (avec un élargissement des actions et des recrutements) - Christian Schirm devenant alors son directeur artistique.       <br />
              <br />
       Avec sa triple mission de transmission, de formation et de création, l'Académie offre donc un cursus d'excellence sur deux ans et des projets facilitant l'insertion professionnelle à douze jeunes chanteuses et chanteurs, quatre pianistes et chefs de chant, un(e) metteur(se) en scène, des musiciens(nes) et des artisans d'art sélectionnés sur concours parmi des centaines de candidats(es) venus(es) du monde entier.       <br />
              <br />
       On se souvient que de cette école sont sorties les mezzos Marianne Crebassa, Aude Extrémo, les sopranos Nathalie Dessay, Elena Tsallagova mais aussi les barytons Ludovic Tézier, Florian Sempey et Alexandre Duhamel sans oublier les ténors Cyrille Dubois, Stanislas de Barbeyrac - pour ne citer qu'eux, vrais ornements de nos scènes*. Avec de prometteurs nouveaux venus depuis septembre, tels les barytons Timothée Varon, Alexander York, la soprano Liubov Medvedeva, la troupe ne cesse de se reconfigurer.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30030502-28821806.jpg?v=1548316295" alt="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" title="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Après l'Ouverture traditionnelle par l'Orchestre de l'Opéra de Paris dirigé par Jean Deroyer (&quot;Der Schauspieldirektor&quot;, un Mozart enjoué et radieux), le ténor Maciej Kwasnikowski ne convainc pas totalement (malgré un très joli timbre) dans &quot;Un'aura amorosa&quot;, extrait de &quot;Cosi fan tutte&quot;. Suit l'air fameux de &quot;Zaïde&quot; (&quot;Ruhe sanft, mein holdes Leben&quot;) dans lequel la soprano irlandaise Sarah Shine se révèle absolument délicieuse, incarnant très joliment l'esclave amoureuse avec un timbre fruité et des aigus adamantins.        <br />
              <br />
       C'est cependant à la fin de la première partie du concert que vont briller particulièrement deux des meilleures recrues de l'Académie. Après Donizetti, place à Jules Massenet dont toute la troupe va donner des extraits du premier tableau de l'acte III de &quot;Manon&quot;. Le superbe baryton Danylo Matviienko remporte aisément les faveurs du public avec un Lescaut subtile, ce superficiel et joyeux cousin de Manon (dans le livret de Meilhac et Gille). Charisme et élégance du chant s'affirment idéalement ici, comme son abattage après l'entracte dans le Figaro du &quot;Barbier de Séville&quot; (&quot;All'idea di quel metallo&quot;).       <br />
              <br />
       Et la Manon de la soprano franco-belge Marianne Croux se révèle exceptionnelle avec son célébrissime air &quot;Je marche sur tous les chemins&quot; (&quot;Profitons bien de la jeunesse&quot;) avec un charme crâne, une sûreté technique et tout l'éclat d'une voix de riche étoffe. Voilà bien l'entrée triomphale d'une artiste épousant parfaitement celle de son personnage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/30030502-28831554.jpg?v=1548316484" alt="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" title="Concert de gala de l'Académie de l'Opéra de Paris" />
     </div>
     <div>
      Il faut ensuite attendre le quatrième air de la deuxième partie du gala - et la première scène de l'acte III de &quot;Werther&quot; pour vibrer aux accents magnifiques de la Charlotte de Jeanne Ireland (&quot;Werther !… Ces lettres&quot;). Malgré une diction française encore perfectible, la jeune mezzo américaine se révèle une tragédienne hors-pair, d'un chant à l'intensité pénétrante au cri de la passion la plus vive.        <br />
              <br />
       Abandonnant la discrétion d'un accompagnement attentif aux chanteurs, l'orchestre atteint alors des sommets dans l'évocation des sentiments (avec d'admirables vents et trémolos de cordes), rendant justice à la beauté absolue de cette musique. Il déploie aussi son grand art sensuel dans la première scène du dernier acte du &quot;Roméo et Juliette&quot; de Gounod (la &quot;Nuit d'hyménée&quot;), dans laquelle la soprano Angélique Boudeville, impressionnante dans chaque spectacle vu depuis son arrivée en 2017, ne nous transporte pas ce soir-là tout à fait comme espéré (de même que sa Donna Anna un peu plus tôt).        <br />
              <br />
       Avec ce genre de gala à enchaînement de numéros, ce n'est pas toujours des plus facile pour les artistes. La soirée se termine avec le Finale de l'acte II de &quot;La Chauve-souris&quot; de Johann Strauss que la troupe donnera dans une création de Célie Pauthe à la MC93 de Bobigny dès mars 2019. La troupe au grand complet parvient à nous entraîner avec un bel élan et une vraie complicité au bal masqué du Prince Orlofsky - nous donnant envie de les revoir bientôt dans ce joyau de l'opérette viennoise.        <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">* Citons aussi Damien Pass, Armelle Khourdoïan, Pauline Texier, Mikhail Timoshenko, Adriana Gonzalez, Tomasz Kumiega, Juan de Dio Mateos, entre nombreux autres talentueux académiciens du passé.</span>       <br />
              <br />
       <b>Prochain spectacle des artistes de l'Académie :       <br />
       &quot;La Chauve-souris&quot; de Johann Strauss (1874).</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">13, 15, 19, 20, 22 mars 2019 à 19 h 30.        <br />
       16 et 23 mars 2019 à 17 h 30.</span>       <br />
              <br />
       MC93 - Maison de la Culture de Seine-Saint-Denis       <br />
       9 Boulevard Lénine, Bobigny (93).       <br />
       Tél. : 01 41 60 72 72.       <br />
       <a class="link" href="https://www.mc93.com/" target="_blank">&gt;&gt; mc93.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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