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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-23T01:11:06+02:00</updated>
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   <title>•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances</title>
   <updated>2025-07-29T11:47:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Yes-Daddy-Memoire-brisee-eclats-d-un-passe-recompose-Un-fabuleux-huis-clos-a-multiples-resonances_a4336.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
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   <published>2025-07-29T11:19:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Il est des spectacles où l'on ressort ébranlé, avec le sentiment fort d'avoir vécu un moment théâtral important. Même si – ou justement parce que… – toutes les occurrences ne sont pas élucidées, nous laissant avec plus de questions que de réponses. "Yes Daddy", des Palestiniens Bashar Murkus et Khulood Basel est sans conteste de ceux-là. Ce tête à tête entre ces deux hommes, le vieil homme et l'escort boy qu'il a convié chez lui pour distraire sa solitude, ce corps à corps sanglant, de qui est-il le nom ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90201162-63652183.jpg?v=1753781041" alt="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" title="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" />
     </div>
     <div>
      Est-ce une fable sur les pouvoirs de la mémoire et de la manipulation du passé recomposé ? Est-ce une parabole de l'histoire du peuple palestinien privé depuis 1948 de &quot;la clé de sa maison&quot;, comme suite à la représentation, le suggérait une inconnue avisée ? Après une heure un quart d'intensité dramatique distillée par la seule présence – sur un plateau occupé par un fauteuil roulant, une machine à laver, une table et des cloisons amovibles – de deux acteurs confrontés l'un à l'autre dans un rapport des plus énigmatiques, mouvant et émouvant, on ne sait plus très bien &quot;où on habite&quot;…       <br />
              <br />
       Un vieil homme impotent vit seul ici, ou plus exactement en compagnie des fantômes de son passé, eux bien vivants dans sa tête apparemment affaiblie. On frappe à la porte. Il dit ne pas trouver la clé pour ouvrir. Il dit ne pas se souvenir d'avoir invité ce jeune homme qui a dû forcer le verrou pour pouvoir entrer. Il dit reconnaître en lui son fils aimé, ou/et son camarade d'école quand il était petit. Il dit à sa femme morte depuis longtemps et cuisinant dans la pièce d'à côté, de venir les rejoindre. Le jeune homme, lui, réclame son argent. Il ne partira pas tant qu'il n'aura pas été payé. Mais avant, il faudra trouver où le vieux les planque ces billets dont il dit ne pas se souvenir. Un temps nécessaire à la confrontation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90201162-63652184.jpg?v=1753781248" alt="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" title="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" />
     </div>
     <div>
      Les cloisons de l'appartement disparaissent à vue pour réapparaître dans une autre configuration, modulant l'espace de ce huis clos au gré des mouvements de l'intrigue sous-jacente. C'est que, dans ce que l'on peut entrevoir de la nature des relations entre les deux, des mouvements de bascule s'opèrent. Le vieil homme régresse à l'état de bébé implorant à grands cris le sein de sa mère… que le jeune homme ayant revêtu perruque et robe lui donnera volontiers. Comme si la mémoire brisée du vieil homme en quête de re-connaissance entrait par effraction dans celle du jeune homme épousant sa volonté.       <br />
              <br />
       Lui, rétif au début, devient acteur de la mémoire brisée du vieil homme pour recomposer à ses côtés un passé chargé qui ne passe pas. Le trouble du jeune homme ira jusqu'à se faire filmer en direct et brouiller son image en passant un pinceau rageur sur l'objectif. Faisant du dé-lire de ce que, par paresse, on nomme réalité, un délire partagé… Partagé jusqu'à un certain point avec nous, spectateurs de ce huis clos, puisque des pans de l'intimité vécue par ces deux hommes réunis dans un espace-temps faisant fi de toute chronologie resteront à jamais dissimulés derrière les cloisons étanches. Ainsi en est-il du buste du jeune homme, ensanglanté, jaillissant de l'un des paravents, comme atteint par les stigmates d'un traumatisme qui n'était pas le sien, mais celui d'un autre, celui du vieil homme…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90201162-63652243.jpg?v=1753781269" alt="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" title="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" />
     </div>
     <div>
      … à moins qu'il s'agisse de la réitération parabolique d'un traumatisme sanglant élargi à un peuple entier, les Palestiniens arrachés à leurs terres par décision de l'ONU avec promesse de pouvoir y retourner… Ce mystérieux coffret renfermant des clés que le vieillard dissimulait sciemment, n'offrirait-il pas &quot;une clé de compréhension&quot; de ce qui se joue à notre insu devant nous… Ces clés que les Palestiniens ont naguère précieusement emportées avec eux, dans l'espoir qu'elles serviraient à ouvrir plus tard les portes des maisons qu'ils avaient dû abandonner… Et ce drame présent, conçu et joué par des Palestiniens souffrant d'une liberté contrainte pour se produire à l'étranger, n'en serait-il pas l'illustration ? Tout cela n'étant qu'une lecture engageant le seul regard – libre – de celui ou celle qui la produit.       <br />
              <br />
       De rebondissement en rebondissement, d'in-version en in-version, on est entrainé par la magie d'un théâtre créatif dans le sillage d'une mémoire apparemment faillible et pourtant s'avérant productrice de fragments éclatant comme des vérités projetées face à nous. Vérités toutes relatives, l'une s'ajoutant à la précédente en la contredisant tout en l'étayant… Fabuleusement dérangeant. Réellement passionnant…       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le samedi 26 juillet 2025 au Théâtre Benoît XII à Avignon.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Yes Daddy - حاضر يا أبي"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90201162-63652246.jpg?v=1753781305" alt="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" title="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" />
     </div>
     <div>
      Palestine. Création 2024. Première en France.       <br />
       En arabe surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Bashar Murkus.       <br />
       Dramaturgie : Khulood Basel.       <br />
       Avec : Anan Abu Jabir, Makram J. Khoury.       <br />
       Scénographie : Majdala Khoury.       <br />
       Lumière : Muaz Al Jubeh.       <br />
       Direction technique : Moody Kablawi       <br />
       Machinerie : Basil Zahran.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Nancy Mkaabal.       <br />
       Traduction française et anglaise pour le surtitrage : Lore Baeten.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon In 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Représenté les 24, 25 et 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Théâtre Benoît XII, Avignon.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/fr/billetterie" target="_blank">Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com" target="_blank">>> festival-avignon.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/90201162-63652247.jpg?v=1753781335" alt="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" title="•In 2025• "Yes Daddy" Mémoire brisée… éclats d'un passé recomposé. Un fabuleux huis clos à multiples résonances" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       6 et 7 novembre 2025 : Biennale des Arts de la Scène en Méditerranée - Théâtre des 13 vents, Montpellier (34).       <br />
       14 novembre 2025 : Théâtre Alibi, Bastia (20).       <br />
       18 et 19 novembre 2025 : Théâtre Joliette, Marseille (13).       <br />
       Du 24 au 26 novembre 2025 : Mungo Park Theatre, Allerød (Danemark).       <br />
       Du 19 au 21 mars 2026 : Espoon Theatre, Espoo (Finlande).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/In-2025-Yes-Daddy-Memoire-brisee-eclats-d-un-passe-recompose-Un-fabuleux-huis-clos-a-multiples-resonances_a4336.html" />
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   <title>•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…</title>
   <updated>2022-07-17T12:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2022-Milk-Tableau-de-femmes-au-visage-tragique-une-affaire-d-Etat_a3350.html</id>
   <category term="Avignon 2022" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/66105192-47032746.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2022-07-17T11:55:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sur un sol de dalles grises, des femmes vêtues de combinaisons anciennes émergent de la nuit du plateau. Elles portent dans leurs bras des mannequins inertes et leur visage semble refléter la gravité de celles dont on assassine les enfants. Lentement, pas à pas, elles s'avancent vers le front de scène, le bercement se fait de plus en plus rapide et les bruits associés, plus haletants. Pour un peu, on se croirait dans un tableau de Rembrandt ou encore du Caravage tant un clair-obscur nimbe cette étrange procession.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66105192-47032746.jpg?v=1658054641" alt="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" title="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" />
     </div>
     <div>
      Après son sidérant &quot;Musée&quot; présenté l'an dernier où Bashar Murkus nous immergeait dans une scène de crime odieux (le meurtre de 49 enfants dans un musée israélien) pour assister avec lui aux tout autant odieuses dernières heures du terroriste condamné à mort, le metteur en scène palestinien d'Haïfa (directeur artistique du Théâtre Khashabi, politiquement et économiquement indépendant) revient avec force. Si la mort est toujours la pierre angulaire du propos, celle-ci est abordée ici sous l'angle chorégraphique, excluant toutes paroles. Par l'incroyable impact de ces corps souffrants, animés d'une énergie sourde et éclairés picturalement, la détresse nous est rendue physiquement palpable.       <br />
              <br />
       Le chœur silencieux de femmes, échappé de la nuit des temps pour venir faire effraction dans notre présent, tressaute, pousse quelques ahanements désarticulés comme les mannequins que ces femmes sans âge laissent choir à leurs pieds. Leurs mamelles, désormais privées de leur fonction nourricière, laissent couler leur lait - inutile - qui échoue sur la face livide de celluloïds à taille humaine, jusqu'à disparaître un temps en coulisses, portant à la main la brassière de leurs mamelons désertés par la vie. Ainsi s'enchaîneront des tableaux troublants, projetant poétiquement - politiquement - l'enfer vécu.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66105192-47032747.jpg?v=1658054694" alt="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" title="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" />
     </div>
     <div>
      Leur désir d'amour maternel est si grand qu'elles en viennent à embrasser la matière inerte, à lisser les cheveux absents, le visage sans expression qu'elles gratifient - réflexe ancestral - d'attendrissantes chatouilles. Sur une musique venue des profondeurs, sous l'effet du manque, elles hallucinent leurs enfants morts pour combler en elles le vide abyssal de leur disparition. Et, soudain, dans ce paysage de désolation brute, surgit une femme au ventre rond porteur d'une espérance inouïe…       <br />
              <br />
       Chants d'oiseaux, bouquets de fleurs, musiques douces, la vie est là qui semble de nouveau frémir… Un enfant adulte est annoncé. L'humain enfant, venu des limbes où il séjournait, apparu pour tenter de sauver une humanité abîmée par sa folie guerrière. Miracle humain aussitôt célébré par les seaux de lait des femmes l'aspergeant frénétiquement... Mais ainsi en va-t-il du sacrifice féminin, en enfantant, la vie est parfois ravie aux mères porteuses d'espérance. Et comme si les hallucinations rédemptrices se diluaient dans les miasmes présents, une à une, les femmes se retirent, laissant désemparé &quot;l'enfant homme&quot; qu'elles finiront (très beau tableau christique) par porter à l'horizontale, après avoir lavé de lait ses blessures sanguinolentes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66105192-47032855.jpg?v=1658054730" alt="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" title="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" />
     </div>
     <div>
      Ces Mères Courage, privées des fruits de leur ventre, n'auront de cesse de soulever avec énergie les plaques du sol d'Haïfa pour, tel Sisyphe et son rocher, tenter de réaménager la terre d'Haîfa appropriée par les Israéliens. Travail colossal qui les amènera à gravir unies le sommet de leur Terre volée, dans un impressionnant tableau où, alignées, elles nous feront front, silencieusement. Mais les happy-ends n'existant que dans les (mauvais) contes pour enfants, la chute - tout aussi saisissante - leur réservera un tout autre destin.       <br />
              <br />
       Sous l'effet de chorégraphies picturales, de lumières et musiques envoûtantes et d'interprétations portées par des actrices &quot;hors norme&quot;, le spectacle &quot;prend vie&quot;. Ainsi, au-delà du tragique de la situation vécue, est délivré un sentiment de plénitude, celle que seule la grâce (païenne) tutoyée procure… Il n'y a pas mieux que la beauté d'une écriture corporelle sculpturale pour exprimer l'indicible de la mort d'un enfant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le jeudi 14 juillet à L'autre Scène du Grand Avignon-Vedène, Vedène.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Milk  مِلْك"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66105192-47032860.jpg?v=1658054771" alt="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" title="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" />
     </div>
     <div>
      Création 2022, spectacle Indiscipline.       <br />
       Conception et mise en scène : Bashar Murkus.       <br />
       Assistant à la mise en scène : Abed Al Jubeh.       <br />
       Avec : Firielle Al Jubeh, Eddie Dow, Samera Kadry, Shaden Kanboura, Salwa Nakkara, Reem Talhami, Samaa Wakim.       <br />
       Dramaturgie : Khulood Basel.       <br />
       Musique : Raymond Haddad.       <br />
       Scénographie et costumes : Majdala Khoury.       <br />
       Lumière : Muaz Al Jubeh.       <br />
       Accessoires : Khaled Muhtaseb.       <br />
       Production : Khashabi Theatre (Haïfa), Khulood Basel 2022.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 10 au 16 juillet.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h, relâche le mercredi.       <br />
       L'Autre Scène du Grand Avignon - Vedène, avenue Pierre de Coubertin, Vedène.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66105192-47032865.jpg?v=1658054814" alt="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" title="•In 2022• "Milk" Tableau de femmes au visage tragique, une affaire d'État…" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…</title>
   <updated>2021-07-28T17:06:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/In-2021-Le-Musee-Autopsie-in-vivo-d-une-mort-annoncee_a3037.html</id>
   <category term="Avignon 2021" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/57970679-42872573.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-07-28T16:12:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour le moins déstabilisante l'expérience d'être immergé - sans possibilités de fuite, si ce n'est une sortie improbable de la salle - dans la scène d'un crime odieux et d'assister avec lui aux tout autant odieuses dernières heures du condamné à mort. Sur un plateau où caméras et micros omniprésents filment et projettent en direct l'affrontement de deux hommes - le criminel et l'inspecteur de police ayant instruit son dossier -, nous oscillons entre deux versions d'une même monstruosité. L'un et l'autre incarnant, n'en déplaise aux bonnes âmes, les zones sombres et/ou lumineuses tapies dans les replis de ce qui fait de nous… des humains.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57970679-42872573.jpg?v=1627484648" alt="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" title="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" />
     </div>
     <div>
      Tout distingue a priori le terroriste, ayant exécuté sans frémir quarante-neuf enfants en visite dans le Musée avec leur professeur, de l'inspecteur de police ayant la charge de l'interroger. Et pourtant… Si, au départ, seul le premier apparaît dans le halo de lumière alors que l'autre, le représentant de la loi, est invisible derrière la caméra d'où il lui intime l'ordre de répéter l'itinéraire exact et les moindres gestes du jour du massacre, lorsque la lumière se fera au plateau, on s'apercevra que ces deux hommes ne diffèrent pas fondamentalement. Même âge, même allure, même détermination. Après cet interrogatoire éprouvant - inutile au demeurant, le jugement ayant déjà été rendu et l'exécution, programmée - une première question surgit…       <br />
              <br />
       Si, théâtralement parlant, il pouvait être nécessaire de faire réentendre cet interrogatoire afin que les spectateurs prennent précisément connaissance des faits survenus sept ans auparavant, d'un point de vue strictement humain, comment justifier cette épreuve sans enjeux visibles puisque tout était &quot;joué&quot;… S'agirait-il de l'impérieux besoin ressenti par l'homme représentant la loi de tenter - en les faisant répéter pour la énième fois - d'user en lui l'impact &quot;impensable&quot; de ces mots porteurs d'horreurs ? Ou s'agirait-il de la perversité ordinaire de celui qui, protégé par sa fonction, laisse libre cours à ses pulsions vengeresses en sadisant le condamné avant que la mort, administrée elle en toute légalité, vienne le soustraire à sa haine fondamentale ?
     </div>
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57970679-42872614.jpg?v=1627484683" alt="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" title="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" />
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      Le récit de son acte reconstitué minute par minute par le terroriste - dont le visage est projeté en champ contrechamp avec celui de son interrogateur - donne à entendre une action réfléchie, raisonnée et accomplie sciemment sans qu'aucun remords ne vienne par la suite travailler sa conscience. Lui le diplômé d'université, issu d'un milieu modeste, lui, qui avait choisi de travailler dur dans la boucherie où son père s'échinait, a investi le lieu du Musée pour dessiner en rouge sur ses murs immaculés - comme de l'art contemporain - la barbarie d'État réduisant son peuple à lui, les Palestiniens, au statut de colonisés asservis.       <br />
              <br />
       Là où l'inspecteur voit, au-delà même du massacre scandaleux d'innocents, la souillure innommable infligée à un monument grandiose, l'autre, le terroriste, revendique une œuvre artistique pérennisant la &quot;cène&quot; de l'extinction programmée de son peuple, la peinture au sang des cerveaux explosés étant la garantie d'une inscription pérenne. Que reste-t-il aux damnés d'ici-bas que le détour par &quot;l'art cru&quot; pour dire le sort qui leur est réservé dans le monde barricadé d'aujourd'hui ?       <br />
              <br />
       Arrive la dernière nuit, celle où le condamné, selon ses dernières volontés, a convié à son dernier repas l'inspecteur qui en a accepté l'offre. Pour cinq actes, comme dans une tragédie dont on connaît à l'avance l'issue <span style="font-style:italic">&quot;nous qui n'avons pas à mourir ce soir&quot;</span> (prologue d'&quot;Antigone&quot;), celui qui dans quelques heures n'entendra plus son cœur battre se retrouve face à celui qui se réjouit de l'exécution annoncée.       <br />
              <br />
       Affrontements sans concessions où aucun des deux n'épargne l'autre. Le prisonnier, avec ses questions crues allant fouiller l'intime jusque dans le cerveau de son adversaire pour harceler sans répit ses défenses. L'interrogateur, avec sa force de dominant appuyant sur ses blessures volontaires et jouant de sa supériorité pour le torturer et humilier ses croyances. Jusqu'à l'énonciation par le détail des différentes étapes de l'exécution à laquelle il va avoir droit… à moins que là, il ne s'agisse d'autres raisons que celles de vouloir faire mal au condamné vivant ses dernières heures.       <br />
              <br />
       De violences verbales touchant à la religion ou à la sexualité, aux gestes brutaux infligés avec le sentiment d'être dans son droit, l'inspecteur tente désespérément de résister aux assauts du condamné s'étant immiscé dans son existence… Ce criminel face à lui serait donc un homme… et ça, c’est encore moins acceptable que le carnage commis, seul un monstre aurait pu commettre un tel acte…
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     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57970679-42872630.jpg?v=1627484718" alt="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" title="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" />
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      Si le doute s'instille en lui, même subrepticement, ce sont toutes les justifications proclamées à longueur de temps par son gouvernement qui vacillent. Si celui que l'on désigne à la vindicte populaire comme odieux &quot;terroriste&quot; est le résistant d'une cause juste ne pouvant trouver d'autre moyen d'expression que spectaculaire, des innocents devraient-ils en mourir, la lecture des événements devient plus complexe… Ainsi l'excitation avec laquelle il lui détaille son exécution (cf. plus haut) a-t-elle quelque chose à voir avec le flux intérieur qui le menace ; et dont il doit absolument se protéger en se réfugiant derrière un débit outrancier.       <br />
              <br />
       Au micro, il s'avance pour une adresse : <span style="font-style:italic">&quot;la condamnation a été exécutée, vous pouvez sortir de la salle&quot;</span>. La salle… celle où les témoins et les familles des victimes ont pris place pour assister en direct à la mise à mort, mais aussi la salle où nous spectateurs nous sommes assis depuis près de deux heures pour assister à cette joute sans merci opposant la violence d'un homme à la violence d'État. Décidément, jusqu'au bout, toute possibilité de fuite nous aura été interdite… Cette affaire est - décidément - la nôtre…       <br />
              <br />
       <b>Vu le dimanche 25 juillet 2021 à 19 h, à La Chapelle des Pénitents Blancs à Avignon.</b>
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     <div><b>"Le Musée"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/57970679-42872798.jpg?v=1627485512" alt="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" title="•In 2021• Le Musée Autopsie in vivo d'une mort annoncée…" />
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      Créé le 14 novembre 2019 au Khashabi Theatre (Haïfa).       <br />
       Première en France pour le Festival d'Avignon.       <br />
       Spectacle en arabe surtitré en français et en anglais.       <br />
       Texte et mise en scène : Bashar Murkus.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Samera Kadry.       <br />
       Avec : Henry Andrawes, Ramzi Maqdisi.       <br />
       Dramaturgie et production : Khulood Basel.       <br />
       Co-chercheur : Majd Kayyal.       <br />
       Musique : Nihad Awidat.       <br />
       Scénographie : Majdala Khoury.       <br />
       Lumière et direction technique : Muaz Aljubeh.       <br />
       Traduction en français et en anglais pour le surtitrage : Lore Baeten       <br />
       Durée : 1 h 50.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon In 2021•</b>       <br />
       <b>A été représenté du 20 au 25 juillet 2021.</b>       <br />
       À 19 h, relâche le 22 juillet.       <br />
       La Chapelle des Pénitents Blancs, Avignon (84).       <br />
       <a class="link" href="https://festival-avignon.com/" target="_blank">&gt;&gt; festival-avignon.com</a>       <br />
       Réservations : 04 90 14 14 14.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">13 au 15 août 2021 :</span> Noorderzon Festival of Performing Arts &amp; Society, Groningen (Pays-Bas).       <br />
       8 octobre 2021 : Baltic House International Theatre Festival, Saint-Petersbourg (Russie).       <br />
       18 et 19 novembre 2021 : Théâtre des 13 Vents, dans le cadre des Rencontres des arts de la scène Méditerranée, Montpellier (34).       <br />
       9 au 18 décembre 2021 : Khashabi Theatre, Haïfa (Israël).       <br />
       20 au 22 janvier 2022 : Schlachthaus Theatre, Berne (Suisse).
     </div>
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    ]]>
   </content>
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