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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-16T04:32:14+02:00</updated>
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   <title>Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle</title>
   <updated>2020-12-22T10:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Festival-d-Aix-en-Provence-2021-une-edition-qui-s-annonce-exceptionnelle_a2854.html</id>
   <category term="Festivals" />
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   <published>2020-12-22T10:38:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Pour sa nouvelle édition du 30 juin au 25 juillet 2021, le Festival d'Aix-en-Provence a mis au point une programmation exceptionnelle d'ouvrages lyriques variés, après le remplacement de celle de l'an dernier par #LaSceneNumerique en raison de la situation sanitaire. La grande ambition de la saison à venir sera placée en outre sous la royauté des femmes, personnages d'opéras ou compositrices, tel que l'a souhaité son nouveau directeur artistique, Pierre Audi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/52499558-40015880.jpg?v=1608574611" alt="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" title="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" />
     </div>
     <div>
      Les nouvelles productions de l'édition 2021 ont tout pour nous donner l'eau à la bouche. Outre le nouvel opéra de la compositrice finlandaise Kaija Saariaho, &quot;Innocence&quot;, répété l'an dernier à huis-clos à Aix, comme &quot;Le Coq d'Or&quot; de Rimski-Korsakov dans une mise en scène de Barrie Kosky, huit nouvelles productions et un ouvrage en version concert seront offerts au public. Le Beau Théâtre de l'Archevêché sera en 2021 l'écrin de trois spectacles à la place des deux habituels.       <br />
              <br />
       Du jamais vu à plus d'un titre - même si fidèle à son identité profonde, le festival donnera l'occasion de découvrir un large éventail de styles et d'époques, du Baroque à l'esthétique contemporaine. Ce sera l'occasion de découvrir les Monteverdi, Cavalli, Rossi et autres Mozart et Rimski donc, sans oublier Verdi, Wagner et la création la plus contemporaine. Le cycle &quot;Incises&quot; soumettra deux créations mondiales à notre soif de voyages, &quot;Innocence&quot; l'opéra de K. Saariaho (mise en scène par Simon Stone au Grand Théâtre de Provence) et &quot;L'Apocalypse arabe&quot; (par Pierre Audi à la Fondation LUMA d'Arles), un oratorio ayant pour thème la guerre du Liban par Samir Odeh-Tamimi, compositeur israélo-palestinien. En création française, le public applaudira le plaidoyer pour l'émancipation des femmes d'une jeune compositrice libanaise, Bushra El-Turk. Ce sera &quot;Woman at Point Zero&quot; au Conservatoire Darius Milhaud dès le 9 juillet.       <br />
              <br />
       Force est de constater que le festival entend se saisir des grands enjeux du monde contemporain et proposer - comme il le fait depuis quelques années - un vrai dialogue des cultures entre continents. Il s'agit là encore de donner à entendre d'autres styles musicaux et d'autres langues. On l'a vu, les femmes sont également au cœur de cette nouvelle édition : des compositrices, des metteuses en scène (Lotte de Beer, Silvia Costa), des cheffes d'orchestres (Susanna Mälkki, Kanako Abe) et des écrivaines inspiratrices ou librettistes telles que Sofi Oksanen, Etel Adnan (autrice du poème à l'origine de &quot;L'Apocalypse arabe&quot;) et Nawal El Saadawi.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/52499558-40015883.jpg?v=1608574662" alt="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" title="Festival d'Aix-en-Provence 2021, une édition qui s'annonce exceptionnelle" />
     </div>
     <div>
      En ce qui concerne les autres spectacles, on retrouvera l'Ensemble Correspondances de Sébastien Daucé mettant à l'honneur la fine fleur des chanteurs tels que Lucile Richardot, Nicolas Bazola et Nicolas Brooymans dans Monteverdi, Rossi et Cavalli réunis pour &quot;Combattimento, la théorie du Cygne noir&quot; au Théâtre du Jeu de Paume dès le 3 juillet. &quot;I due Foscari&quot; de G. Verdi sera proposé avec Leo Nucci (Francesco Foscari), le Chœur et Orchestre de l'Opéra de Lyon dirigés par Daniele Rustioni le 16 juillet au Grand Théâtre.       <br />
              <br />
       Mêmes forces musicales et chef pour le &quot;Falstaff&quot; du même Verdi, ouvrage qui sera donné dès le 1er juillet à l'Archevêché avec Christopher Purves, Stéphane Degout. C'est dans ce même sublime écrin que Daniele Rustioni à la tête de son orchestre lyonnais dirigera Dmitry Ulyanov en Tsar Dodon du &quot;Coq d'Or&quot;, sans oublier l'excellent Thomas Hengelbrock à la tête du Balthasar Neumann Ensemble pour des &quot;Nozze di Figaro&quot; très attendues avec Jacquelyn Wagner, Gyula Orendt, Julie Fuchs et Léa Desandre, dans la mise en scène de Lotte de Beer (dès le 30 juin).       <br />
              <br />
       Enfin, Graal inespéré pour des mélomanes wagnériens privés du Ring parisien, Sir Simon Rattle aura la mission de présenter &quot;Tristan und Isolde&quot; de Wagner (pour la première fois à Aix) à la tête du London Symphony Orchestra. Une nouvelle production de Simon Stone pensée pour le Grand Théâtre (dès le 2 juillet) avec une distribution de luxe : Stuart Skelton, Nina Stemme et Franz-Josef Selig.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En attendant le détail de la programmation qui sera dévoilée en janvier 2021, le public aixois a d'ores et déjà l'assurance de retrouver les manifestations gratuites d'&quot;Aix en juin&quot;, les actions de l'Académie et de la Méditerranée, celles de &quot;Passerelles&quot; et la reconduction d'une saison numérique (#La SceneNumerique). En attendant l'été, nous croiserons les doigts bien fort, déjà assurés que le Festival d'Aix mettra tout en œuvre pour nous offrir les meilleures conditions possibles en cette période très particulière - où nous avons plus que jamais besoin d'utopie, de musique et de beauté.       <br />
              <br />
       <b>Festival d'Aix-en-Provence</b>        <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 30 juin au 25 juillet 2021.</span>       <br />
              <br />
       Ouverture des abonnements le 5 février 2021.       <br />
       Vente des places à partir du 19 février 2021.       <br />
       <a class="link" href="https://festival-aix.com/fr" target="_blank">&gt;&gt; festival-aix.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille</title>
   <updated>2019-11-30T10:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Maitres-Chanteurs-du-Prince-Igor-a-Bastille_a2613.html</id>
   <category term="Lyrique" />
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   <published>2019-11-30T10:07:00+01:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Entrée fracassante au répertoire de l'Opéra national de Paris du "Prince Igor" d'Alexandre Borodine. La belle partition du plus original des membres du Groupe des Cinq se révèle parfaitement défendue par une distribution de très haute volée sous la direction racée et puissante de Philippe Jordan.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40240758-34283299.jpg?v=1575106007" alt="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" title="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Il est des soirs historiques telle cette entrée au répertoire de l'unique opéra d'Alexandre Borodine, médité et composé pendant vingt ans et pourtant resté inachevé. &quot;Le Prince Igor&quot; au livret inspiré par l'épopée du Prince Igor de Novgorod-Siéviérski, souverain médiéval d'avant l'unification de la Russie, est une de ces œuvres pénétrée de l'âme slave et de la revendication panrusse caractéristique du XIXe siècle. Elle se situe naturellement dans la lignée de l'esthétique voulue par le Groupe des Cinq <span style="font-style:italic">(1)</span> auquel appartenaient Borodine et Rimski-Korsakov <span style="font-style:italic">(2)</span>.        <br />
              <br />
       Grand opéra national donc, mettant en scène de vastes mouvements de foules (avec de nombreuses interventions de chœurs), des personnages historiques, une intrigue politique mais aussi sentimentale et une partition ouverte au folklore comme à la tradition vocale orthodoxe, &quot;Le Prince Igor&quot; se signale aussi par l'exaltation du mariage entre cultures russe et orientalisante - avec ses célèbres danses polovtsiennes (un mariage métaphorisé par celui du fils d'Igor et de la fille du Khan). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40240758-34283309.jpg?v=1575106106" alt="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" title="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Le public de l'Opéra de Paris a enfin pu découvrir sur scène une magnifique partition et ce, en dépit d'un livret remanié pour aller au plus fidèle (du projet de Borodine) et au plus court - trois heures quinze de musique quand même. Exit la majeure partie du troisième acte de 1890 (sur quatre) avec les rodomontades du Khan Gzak flanqué de ses guerriers, disparus aussi les scènes de supplication puis de trahison de la Kontchakovna pour les beaux yeux de Vladimir, fils d'Igor, et les débats houleux à la cour du Khan Kontchak après la fuite du prince. L'ouverture est également déplacée au début du troisième (en fait quatrième) acte comme le second monologue d'Igor.       <br />
              <br />
       Un pur bonheur d'abord venu de la fosse. Philippe Jordan galvanise son orchestre, le hissant à la hauteur d'un théâtre à la fois lyrique et épique. Par sa vision, il en extrait une matière sonore sombre et lumineuse souvent fascinante. La ferveur, ici, sert autant l'invention mélodique, le riche pouvoir évocateur des climats que la grande variété des contrastes (puissance rythmique des six épisodes des fameuses danses de l'acte II, déplorations et confidences d'Igor et de sa femme Iaroslavna, celles des chœurs - admirables - tour à tour peuple orphelin ou soldats prisonniers, truculence des bouffons). Les chanteurs, quant à eux, transcendent la soirée.       <br />
              <br />
       Elena Stikhina apporte sa jeunesse et son éclat au personnage de Iaroslavna. Avec une voix étendue, au beau timbre homogène dans tous les registres, elle montre tour à tour une vraie bravoure lirico spinto et une belle musicalité en interprète sensible et dévouée. Dans le second rôle féminin (hélas raccourci) de Kontchakovna, la mezzo géorgienne Anita Rachvelishvili est proprement fantastique. Dotée d'une voix au volume naturellement dense et ample, à la vocalité solide et incisive (sachant parfaitement jouer de sa raucité parfois), elle livre une interprétation tout simplement splendide. Face à elle, son amoureux, le Vladimir de Pavel Cernoch, use au mieux de ses qualités d'acteur et de ses possibilités vocales (avec un excès de fausset parfois).       <br />
              <br />
       Et c'est aussi le festival des grandes basses russes. Ildar Abdrazakov, tel son Boris Godounov sur cette même scène, est un Igor superlatif à la déclamation noble et expressive avec une souplesse, une densité et une ampleur de voix sans défaut. Il se montre capable d'élans sonores impressionnants comme de subtilité, et son charisme royal sert clairement un personnage peu gâté par le metteur en scène. Face à lui, le Khan Kontchak de Dimitry Ivashchenko n'offre pas moins de graves pleins et sonnants, de clairs-obscurs et de prestance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40240758-34283315.jpg?v=1575106142" alt="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" title="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      Dmitry Ulyanov, en Prince Galitski, mêle avec équilibre la faconde comique et l'insolence d'un personnage de débauché aux bouffées tyranniques. Ils pimentent tous une mise en scène assez terne, qui contredit constamment le livret et son contenu idéologique. Avec Barrie Kosky, dont c'est le premier travail à l'Opéra de Paris, le Prince Igor n'est plus un héros russe surmontant par amour (y compris patriotique) la honte de la défaite et de l'emprisonnement mais un chef malade, qui déçoit les attentes chimériques de son peuple.       <br />
              <br />
       Ce peuple versatile, caché dans les ténèbres du premier (et quasi unique beau) tableau du spectacle, comprend seulement à la fin de l'opéra - en pleine lumière et occupant toute la scène -  qu'il doit prendre son destin en mains (en se moquant des oripeaux du Chef guerrier). Les deux déserteurs Skoula et Iérochka (Adam Palka et Andrei Popov vocalement un peu en retrait) se révèlent étonnement les héros de ce final anti-borodinien au possible.       <br />
              <br />
       Avec son parti-pris généralisant un propos devenu scie chez nos metteurs en scène (un peuple, des chefs d'état quelconques), ses costumes banals, son décor de villa laide avec piscine, ses soldats en treillis et avec mitraillettes (vu cent fois ailleurs), son morceau d'autoroute au dernier tableau et des exilés devenus très à la mode sur les plateaux <span style="font-style:italic">(3)</span>, l'opéra ne brille guère du lustre attendu. Les ballets (entre danses urbaine et contemporaine) d'Otto Pichler, à tout le moins originaux, ne le desservent pas. Heureusement, les chœurs, les chanteurs et l'orchestre nous offrent magistralement l'épopée et les frissons attendus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/40240758-34283318.jpg?v=1575106932" alt="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" title="Les Maîtres Chanteurs du "Prince Igor" à Bastille" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">(1) Le Groupe des Cinq militant pour un art national russe.       <br />
       (2) Rimski-Korsakov et son élève Glazounov orchestrèrent les parties inachevées de l'opéra et en écrirent d'autres.        <br />
       (3) La scène d'opéra comme miroir de notre époque ? Oui, mille fois oui, mais à condition que la vision du metteur en scène soit conforme à l'esprit du livret (ce qui n'est absolument pas le cas ici). Barrie Kosky n'a pas tout à fait volé les sifflets dont il a fait les frais lors de la première.</span>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 novembre au 26 décembre 2019.</span>       <br />
       Captation en direct dans les cinémas français le 17 décembre 2019.       <br />
       Sur France Musique le 25 janvier 2020 à 20 h.       <br />
       Opéra national de Paris.       <br />
       Place de la Bastille Paris 12e.       <br />
       Tél. : 08 92 89 90 90.        <br />
       <a class="link" href="https://www.operadeparis.fr/" target="_blank">&gt;&gt; operadeparis.fr/</a>       <br />
              <br />
       <b>&quot;Le Prince Igor&quot; (1890).</b>       <br />
       Opéra en quatre parties (trois actes).        <br />
       Musique et livret d'Alexandre Borodine (1834 - 1887).       <br />
       Livret en russe surtitré en anglais et en français.       <br />
       Direction musicale : Philippe Jordan.       <br />
       Mise en scène : Barrie Kosky.       <br />
       Décors : Rufus Didwiszus.       <br />
       Costumes : Klaus Bruns.       <br />
       Lumières : Franck Evin.       <br />
       Chorégraphie : Otto Pichler.       <br />
       Chef des Choeurs : José Luis Basso.       <br />
       Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris.       <br />
       Durée : 3 h 45 avec un entracte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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