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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-06-08T10:59:31+02:00</updated>
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   <title>"Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"</title>
   <updated>2026-02-19T10:46:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Dance-Theatre-of-Harlem-ne-un-jour-de-1969-d-un-coup-de-grace_a4483.html</id>
   <category term="Danse" />
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   <published>2026-02-19T10:09:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Si le pasteur afro-américain Martin Luther King n'avait pas été assassiné l'année précédente par un suprémaciste blanc… peut-être qu'Arthur Mitchell – premier danseur étoile afro-américain du New York City Ballet ayant déjà, à l'époque, attiré les foudres d'une Amérique ségrégationniste pour avoir été choisi dans un duo avec une ballerine blanche – ne serait pas revenu au lendemain du 4 avril 1968 dans le quartier noir de son enfance cabossée pour créer, dans le sous-sol d'une église de Harlem, "Dance Theatre of Harlem"… première Compagnie de ballet classique afro-américaine.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94655479-66138659.jpg?v=1771492764" alt=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" title=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" />
     </div>
     <div>
      Débutant sa tournée par Bordeaux avant trois autres villes – Roubaix, Paris et Lyon –, cette troupe animée par des valeurs humanistes chevillées au corps revient en France après une longue absence de quelque quarante années. À son programme deux menus en alternance, l'un et l'autre tissés de compositions musicales et dansées à dé-concerter tous les conservatismes établis… si toutefois – improbable vu la réelle politique d'ouverture de l'Opéra National de Bordeaux –, certains de leurs représentants se seraient égarés, ce soir de première, dans les loges du théâtre à l'italienne de la Cité dont Montaigne fut maire (il y a belle lurette, certes…).       <br />
              <br />
       En ouverture des deux programmes (un par soirée), une intervention de Robert Garland, actuel directeur artistique de la troupe, souligne, non sans à-propos, l'ADN de la Compagnie, de ses origines à nos jours. S'exprimant en anglais, puis sa voix doublée en français – belle intention s'inscrivant dans le droit fil de démocratisation du monde du Ballet, chacun n'ayant pas vocation à avoir &quot;naturellement&quot; accès à la langue de Shakespeare –, il rappelle la profession de foi de &quot;Dance Theatre of Harlem&quot; : re-présenter des œuvres classiques, néo-classiques et contemporaines en ayant pour ambition de faire du ballet <span style="font-style:italic">&quot;un langage pour toutes et tous, le ballet appartenant à tout le monde&quot;…</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94655479-66138660.jpg?v=1771492825" alt=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" title=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" />
     </div>
     <div>
      Marque de fabrique indéfectible du DTH, la synthèse de la rigueur classique et de l'innovation contemporaine de ballets inspirés présentement par des musiques alternant Carolyn Franklin, Radiohead, Jean-Sébastien Bach et James Blake annonce en ce soir d'ouverture (Programme A) un mixte audacieux propre à exciter l'intérêt.       <br />
              <br />
       La pièce inaugurale, &quot;Return&quot;, nous plonge d'emblée dans la soul explosive de James Brown, l'une des figures du mouvement Black Power, pour des instants de danse radieuse où les corps exultent, dans une alternance de mouvements d'inspiration classique et de dancefloor, de pointes et de déhanchés sensuels. Hommage chorégraphié à &quot;la musique de l'âme&quot;, cette musique adulée dès les années soixante par la jeunesse noire contestataire pour réagir face à la domination de la communauté blanche américaine.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Take me with you&quot;, un duo hypnotique, l'inspiration résolument contemporaine s'affirme sur une musique rock alternatif de Radiohead… quand dans &quot;New Bach&quot;, la tradition du ballet classique est complètement assumée, non sans, là encore, quelques clins d'œil à la modernité.       <br />
              <br />
       C'est dans la pièce de clôture, &quot;Blake Works IV (The Barre Project)&quot;, que le point de fusion entre classique et contemporain semble parfaitement atteint. Dans un jeu acrobatique et extatique, William Forsythe invite chaque danseur à &quot;affronter&quot; la barre, symbole de travail et d'exigence. Chacun, en tête-à-tête, dialogue avec elle, se débat puis… s'échappe. L'émotion est palpable.       <br />
              <br />
       Comptant dans le monde clos du Ballet parmi les noms les plus prisés, &quot;Dance Theatre of Harlem&quot; est devenu au cours de ces soixante dernières années une institution incontournable. Offrant jusqu'à notre époque – l'Histoire ayant fâcheuse tendance à bégayer – un démenti aux visées ségrégationnistes de l'Amérique trumpiste, la venue de &quot;Dance Theatre of Harlem&quot; – dans l'Hexagone menacé lui aussi par des relents nauséabonds – fait figure d'événement politique, mais aussi artistique… lui qui s'est donné comme mantra de promouvoir ce dont Jean Vilar et Antoine Vitez rêvaient pour le Théâtre : <span style="font-style:italic">&quot;Un Ballet élitaire pour tous&quot;.</span>       <br />
       <b>◙ Yves Kafka</b>       <br />
              <br />
       Vu le mercredi 11 février 2026, soir de Première, à l'Opéra National de Bordeaux.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Dance Theatre of Harlem"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94655479-66138697.jpg?v=1771493010" alt=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" title=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" />
     </div>
     <div>
      <b>Représenté du 11 au 15 février 2026 à l'Opéra National de Bordeaux.       <br />
       Programme A (11, 13, 14 et 15 février).</b>       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Return"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Garland.       <br />
       Musique : James Brown, Alfred Ellis, Aretha Franklin, Carolyn Franklin.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Take Me With You"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Bondara,        <br />
       Musique : Radiohead.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"New Bach"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Garland.       <br />
       Musique : Jean Sébastien Bach.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Blake Works IV (The Barre Project)"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : William Forsythe.       <br />
       Musique : James Blake.       <br />
       Durée : 1 h 45.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94655479-66138790.jpg?v=1771493825" alt=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" title=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" />
     </div>
     <div>
      <b>Programme B (14 et 15 février).</b>       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Higher Ground"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Garland.       <br />
       Musique : Stevie Wonder.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Take Me With You"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Bondara.       <br />
       Musique : Radiohead.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Donizetti Variations"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : George Balanchine.       <br />
       Musique : Gaetano Donizetti.       <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>"Nyman String Quartet n° 2"</strong></span>       <br />
       Chorégraphie : Robert Garland.       <br />
       Musique : Michael Nyman.       <br />
       Durée : 2 h.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       Du 19 au 21 février 2026 : Le Colisée, Roubaix (59).       <br />
       Du 26 au 28 février 2026 : Palais des Congrès, Paris (75).       <br />
       Du 5 au 7 mars 2026 : Bourse du Travail, Lyon (69).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94655479-66138806.jpg?v=1771493919" alt=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" title=""Dance Theatre of Harlem"… né un jour de 1969… d'un "coup de grâce"" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !</title>
   <updated>2024-12-27T12:23:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Come-Bach-Un-concert-insolite-pour-explorer-Bach-sur-tous-les-tempos-_a4112.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/85169821-60751713.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-27T08:40:00+01:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un très joli périple artistique que propose le metteur en scène Gérard Rauber qui fait voyager les compositions de Bach dans des champs musicaux et théâtraux facétieux. Composé d'un quatuor d'artistes, le spectacle rivalise d'humour en mariant, entre autres, du classique et des chansons de variété et à texte.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85169821-60751713.jpg?v=1735250818" alt=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" title=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" />
     </div>
     <div>
      Elles sont quatre et enchaînent, pendant une heure quinze, de la musique classique, essentiellement baroque, avec Bach, une composition de Saint-Saëns et des chansons, dont, parfois, certaines sont liées ou s'inspirent du compositeur et musicien allemand, comme celles, entre autres, de Maxime Le Forestier, Marie-Paule Belle et François Morel. Une contrebassiste (Amandine Dehant ou Jeanne Bonnet), une pianiste (Claude Collet ou Christine Fonlupt), une hautboïste - également au cor anglais - (Anne Regnier ou Ariane Bacquet) et une chanteuse soprano (Anne Baquet) animent, aux sens propre et figuré, toute la représentation.       <br />
               <br />
       Le spectacle a un côté déjanté, les compositions de Bach étant bousculées dans leur trame, autant dans les instruments utilisés que dans les chants qui l'accompagnent, avec, notamment, &quot;Badinerie&quot; repris vocalement et de plus en plus en accéléré par nos quatre interprètes à tour de rôle. Quand, plus loin, la &quot;Toccata en ré mineur&quot; est jouée en chœur avec quatre petits claviers reliés par un tube fin aux bouches des artistes. Elles sont assises et donnent, à travers, entre autres, cette scène, une connotation populaire du compositeur allemand lui permettant d'être accessibles à tous, mélomanes ou néophytes. L'approche du metteur en scène Gérard Rauber est de proposer un style de jeu où les facéties sont portées autant par la voix que les instruments, avec un jeu corporel très marqué de nos artistes, élément essentiel sur lequel les tableaux sont construits.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85169821-60751735.jpg?v=1735250857" alt=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" title=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" />
     </div>
     <div>
      Tout est mouvement avec un quatuor qui montre un visage artistique de Bach, à la fois festif et cocasse. Dès l'entame du spectacle, le pendant comique apparaît avec un répondeur téléphonique, un rapport à l'espace à dessein débridé et des chansons, parfois en chœur, souvent amusantes. Le compositeur allemand est ainsi appréhendé au travers de l'humour, de la gestuelle et du chant. Anne Baquet se prend, par exemple, à chanter de façon presque à tue-tête, en longeant plusieurs fois la scène.       <br />
              <br />
       Le spectacle est séquencé en plusieurs tableaux. Nous traversons les époques dans une approche toute personnelle de l'œuvre de Bach. Chaque morceau est revisité. Quand celui-ci est pour une flûte, c'est un hautbois, une contrebasse ou un piano qui est aux commandes. Au-delà des instruments, c'est aussi sa structure mélodique qui est bousculée. Le chant y a une part très importante et joue de cocasserie. Chanter et jouer Bach musicalement et théâtralement, c'est s'immiscer dans un univers où la créativité et l'audace doivent être au rendez-vous. Et elles le sont.       <br />
              <br />
       La disposition des artistes sur scène et leurs déplacements regorgent de dynamisme, contrebalancés par des moments où le tempo se love parfois dans un rythme lent, créant ainsi différentes ruptures. Et puis faire redécouvrir Bach ne dispense pas d'apporter une touche pédagogique avec une explication sur le contrepoint, effectuée avec amusement. Seul moment qui n'est d'ailleurs pas forcément nécessaire à la trame du spectacle.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85169821-60752939.jpg?v=1735250947" alt=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" title=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" />
     </div>
     <div>
      Nous basculons autant dans les grands classiques que dans la légèreté et l'humour. Ils sont revisités, avec espièglerie, dans des humeurs et approches contemporaines. Tout est sous l'effet de la surprise, chaque scène apportant son lot d'éclats. Beaucoup d'inspiration dans ce spectacle avec un canevas, celui de bousculer les codes et de faire du piano, de la contrebasse et du hautbois des alliés autant de &quot;Si j'avais un marteau&quot; (1963) que de Bach et Saint-Saëns.       <br />
       <b>◙ Safidin Alouache</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Come Bach"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85169821-60752948.jpg?v=1735251015" alt=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" title=""Come Bach" Un concert insolite pour explorer Bach sur tous les tempos !" />
     </div>
     <div>
      Mise en scène : Gérard Rauber.       <br />
       Avec : Anne Baquet (voix), Claude Collet ou Christine Fonlupt (piano), Amandine Dehant ou Jeanne Bonnet (contrebasse), Anne Regnier ou Ariane Bacquet (Hautbois et cor anglais).       <br />
       Production : Compagnie Le Renard.       <br />
       Coréalisation : Théâtre Le Lucernaire.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 13 novembre 2024 au 12 janvier 2025.</span>       <br />
       Relache : 25 décembre 2024 et 1er janvier 2025.       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre Lucernaire, Théâtre Noir, Paris 6e, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce</title>
   <updated>2024-05-30T12:32:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Requiem-s-L-art-dans-toutes-ses-tendances-et-toute-sa-grace_a3924.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80633273-58172532.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-05-30T11:53:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une superbe création, Angelin Prejlocaj crée un univers mêlant différents styles de danse et de musique. Autour du contemporain, du classique et de l'urbain, le chorégraphe marie, entre autres, Bach et Mozart à System of a Down, Jóhannsson et des chants médiévaux. Chaque tableau est un moment de théâtre corporel où le chorégraphe marie le geste aux notes et, parfois, à la parole de Deleuze.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80633273-58172532.jpg?v=1717065951" alt=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" title=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" />
     </div>
     <div>
      C'est une pièce pour dix-neuf danseurs avec, au démarrage, trois filets, comprenant chacun un protagoniste à l'intérieur, suspendus au-dessus d'un cercle d'interprètes pour chacun d'entre eux. Ceux-ci ont les bras tendus vers ce personnage emprisonné comme pour se mettre en communion avec lui. Qui est-il pour autant ? Nous sommes presque dans une scène à connotation religieuse, dans une sorte de recueillement, avec les bras tendus comme pour rentrer en résonance avec un au-delà, du moins avec une présence lointaine ou non accessible.        <br />
              <br />
       Le tout est baigné dans un clair-obscur de toute beauté, dans une lumière blanche et éclatante qui éclaire les trois groupes d'artistes alors que leur protagoniste respectif emprisonné est dans une semi-obscurité. Puis cela se poursuit par des couples de danseurs alignés sur trois rangées différentes aux mouvements élancés, les bras jetés vers le haut avec les corps qui se replient ou s'étendent selon les couples en se déplaçant longitudinalement. Il y a une synchronisation qui est effectuée entre couples d'une même ligne.       <br />
              <br />
       Le spectacle est une succession de tableaux où décors, costumes et mise en scène sont propres à chacun d'eux. C'est, à chaque fois, une histoire, réelle ou imaginée, car participant à une construction de fable qui est racontée corporellement, même si une voix off, celle de Gilles Deleuze, intervient. Pas de fil rouge en particulier, les univers étant très variés, multiples et hétérogènes. Ceux-ci sont accompagnés d'une kyrielle de styles de musiques, autant classiques que contemporains.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80633273-58172535.jpg?v=1717065991" alt=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" title=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" />
     </div>
     <div>
      On y découvre ainsi, entre autres, Mozart, Bach, System of a Down, Jóhannsson et des chants médiévaux. Les chorégraphies ont des gestuelles autant courbes, que brisées et hachées quand elles ne sont pas angulaires. D'amplitudes plus ou moins étendues, elles participent aussi à donner un poids, une gravité, dans un contexte dramaturgique à chaque fois différent, à des corps qui peuvent, selon les tableaux, être animés de légèreté ou de force, voire d'agressivité.       <br />
              <br />
       Ainsi, &quot;Requiem(s)&quot; peut être appréhendé comme une pièce de théâtre corporel avec sa trame et ses décors. Car Angelin Preljocaj décline sa création dans une démarche autant dansée, musicale que théâtrale, avec des touchers, des prises, des élans et des chutes où les corps fuient, roulent, courent ou restent fixes dans des gestiques toujours très empreintes d'expressivité. C'est un cocktail de mouvements dont l'allure et la trajectoire sont souvent surprenantes, les contextes dramaturgiques s'enchaînant dans un ensemble de scènes avec des ruptures artistiques pour chacun d'eux. Il n'y a, à dessein, aucune linéarité entre elles, donnant ainsi à voir des artistes dans différents rôles, le geste donnant presque lieu à une réplique.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80633273-58172546.jpg?v=1717066015" alt=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" title=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" />
     </div>
     <div>
      Il y a une évolution autant artistique qu'émotionnelle dans le spectacle, comme si les tableaux étaient une succession à différents stades d'une histoire racontée dans une échelle de temps longue et brisée comme appartenant à différents lieux et espaces-temps. Là, ce sont des corps qui sont allongés comme des feuilles fragiles, ici, c'est tout en force que les déplacements se font, ailleurs, les danseurs se recueillent comme en prière quand, plus loin, ils courent pour fuir ou pour atteindre quelque chose.       <br />
              <br />
       Difficile de présenter des moments en particulier tant chacun a son propre cachet, aussi, nous n'en listons que quelques-uns comme celui où les mouvements sont par à-coups avec un interprète qui met ses deux poignets sur son tronc, avec les coudes brisés en angle droit, suivi par d'autres gestiques synchronisées et de même acabit quand autour les danseurs sont statiques puis sont pris par une même contagion artistique les uns après les autres.       <br />
              <br />
       Ailleurs, ce sont deux personnages qui s'effleurent, se prennent, se touchent, avec l'un d'eux allongé quand l'autre est debout, prêt à la prendre, mais qui l'effleure et de son corps la recouvre comme une gisante. Puis la scène qui suit, c'est avec le visage masqué d'un collant noir que d'autres protagonistes arrivent et prennent d'autres, allongés, dans des mouvements vifs.       <br />
              <br />
       La création est d'une grande richesse chorégraphique. La légèreté et la force sont présentes à chaque moment, faisant de chaque artiste un baromètre émotionnel de l'instant joué avec une gestuelle déclinée dans une expressivité superbe de grâce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Requiem(s)"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80633273-58172560.jpg?v=1717066050" alt=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" title=""Requiem(s)" L'art dans toutes ses tendances et toute sa grâce" />
     </div>
     <div>
      Création 2024.       <br />
       Chorégraphie : Angelin Preljocaj.       <br />
       Danseurs : Lucile Boulay, Elliot Bussinet, Araceli Caro Regalon, Leonardo Cremaschi, Lucia Deville, Isabel García López, Mar Gómez Ballester, Paul-David Gonto, Béatrice La Fata, Tommaso Marchignoli, Théa Martin, Víctor Martínez Cáliz, Ygraine Miller-Zahnke, Max Pelillo, Agathe Peluso, Romain Renaud, Mireia Reyes Valenciano, Redi Shtylla, Micol Taiana.       <br />
       Musiques : György Ligeti, Mozart, System of a Down, Bach, Hildur Guðnadóttir, Gilles Deleuze, Chants médiévaux (anonymes), Olivier Messiaen, Georg Friedrich Haas, Jóhann Jóhannsson, 79D.       <br />
       Lumières : Éric Soyer.       <br />
       Costumes : Eleonora Peronetti.       <br />
       Vidéo : Nicolas Clauss.       <br />
       Scénographie : Adrien Chalgard.       <br />
       Assistant, adjoint à la direction artistique : Youri Aharon Van den Bosch.       <br />
       Assistante répétitrice : Cécile Médour.       <br />
       Choréologue : Dany Lévêque.       <br />
       Costumière : Tania Heidelberger.       <br />
       Direction technique : Luc Corazza.       <br />
       Régie générale/son : Martin Lecarme, Mathieu Viallon.       <br />
       Régie lumière : Anaïs Silmar.       <br />
       Régie vidéo : Fabrice Duhamel.       <br />
       Production : Ballet Preljocaj.       <br />
       Durée : 1 h 30.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 mai au 6 juin 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.       <br />
       Exceptionnellement le lundi 3 juin à 20 h et le mercredi 5 juin à 21 h.       <br />
       Grande halle de la Villette, Paris 19ᵉ, 01 40 03 75 75.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lavillette.com/manifestations/angelin-preljocaj-3/" target="_blank">&gt;&gt; lavillette.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Requiem-s-L-art-dans-toutes-ses-tendances-et-toute-sa-grace_a3924.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Suites absentes… présences tout en décalé</title>
   <updated>2023-05-26T11:29:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Suites-absentes-presences-tout-en-decale_a3589.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/73095095-50862024.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-05-26T10:52:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une création qui mêle compositions de Bach, danse et mime, l'absurde trône en présence d'un bouc. D'un récital de musique classique, la situation échappe à son interprète qui la reprend en la détournant de son but initial. Tout est ainsi décalé et le chorégraphe-danseur Pierre Rigal nous invite dans un voyage de déconstruction où les convenances sociales sont bousculées et où le paraître trébuche pour laisser libre cours à l'être.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862024.jpg?v=1685092622" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Avec Pierre Rigal, l'originalité et la surprise sont toujours frères créateurs dans ses spectacles. Face à un piano automatique qui joue de lui-même quelques œuvres de Bach (1685-1750), le défi artistique d'habiter un vide, un rien, une absence ou plutôt une présence, celle d'un musicien qui ne fait pas de musique, n'est pas de tout repos. Le lien entre instrument et interprète se pose et c'est dans ce rapport inversé où le premier est, ici, maître du second que les relations entre l'un et l'autre s'établissent et évoluent en prenant une tournure où le pianiste se doit d'exister en dehors de son outil artistique. C'est par ce contexte décalé que le spectacle débute.       <br />
              <br />
       Un descriptif succinct de la vie du protagoniste et de ce qui se joue sur scène est surtitré, à quelques moments, en arrière-scène. C'est l'artiste qui s'exprime par ce biais, la parole étant remplacée par le silence et la danse. Les expressions faciales sont aussi un élément des plus importants où le visage devient le repère initial où toutes les émotions, interrogations défilent au travers de regards perdus, de moues de bouche, de fronts plissés et de sourcils relevés. Puis au fil de la représentation, c'est le corps qui prend le relais. Les attitudes deviennent des plus expressives où celui-là prend de plus en plus de volume et ses aises alors que le visage était porte-parole, au démarrage du spectacle, de surprises, de gêne et de contrariété.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862028.jpg?v=1685092732" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Nous retrouvons Pierre Rigal dans un terrain de jeu qu'il avait déjà pratiqué dans &quot;Même&quot; avec, un moment, un bout de scène de quelques secondes qui revient plusieurs fois pour rejouer la même chose, de façon rapide et répétée. Nous basculons ainsi dans un univers qui rappelle le mime, comme dans ces anciens films muets où la répétition fait le comique de situation.       <br />
              <br />
       Le chorégraphe comble la distance autant physique que symbolique qui existe entre lui et son outil artistique de manière corporelle pour la distance physique. Les bras, les jambes entrent en jeu dans des proportions des plus mesurées pour ensuite s'étendre de plus en plus durant la représentation. D'une position assise, elle devient debout et parfois diagonal, alternant par intermittence entre équilibres et déséquilibres. Les déplacements sont aussi de la partie où, côtés cour et jardin, l'interprète s'aide d'entrées et sorties pour incarner un questionnement, une mise en situation énigmatique, et aussi amener d'autres éléments.       <br />
              <br />
       Pour la distance symbolique qui incarne l'absence de relation musicale entre le pianiste et son instrument, le chorégraphe danseur utilise une gestuelle où les accessoires, tel le banc de piano, sont utilisés. Celui-ci devient un accessoire de gymnastique. La veste queue-de-pie est aussi déviée de sa source pour devenir un costume loufoque dans lequel se découvre un tee-shirt de motard. Tout est détourné dans un contexte où rien n'est dans un état de normalité. Pierre Rigal n'accompagne pas cette absurdité de situation. Il l'exploite pour aller dans les retranchements presque ubuesques de celle-ci.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862029.jpg?v=1685092828" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Il s'agit de quoi après tout ? De lever le couvercle d'une apparence trompeuse d'un homme dont on sait, entre autres et grâce aux surtitres, qu'il ne sait pas jouer du piano. S'enchaînent de façon automatique prélude, fugue, chaconne et autres compositions de Bach face à un pianiste qui n'en est pas un. Est-ce le signe d'une révolte ou de l'indépendance musicale déclarée d'un instrument face à un manque de compétence de son interprète ? Le spectacle va vers une autre direction. Est construit tout un ensemble de tableaux où, entre autres, le pianiste devient motard, transforme sa veste queue-de-pie en costume loufoque, joue du banc de piano pour faire quelques figures d'équilibriste.       <br />
              <br />
       Présence énigmatique, un bouc vient aussi sur scène pour bêler, lâcher quelques crottins et bousculer, presque en les mangeant, quelques partitions. Sur ces différents terrains, le piano, qui était l'élément central du spectacle, finit par donner une place à part entière à l'interprète qui devient le clou du spectacle. Il réussit à exister en dehors de son instrument comme ce dernier l'avait fait initialement avec lui. Le rapport devient inversé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862344.jpg?v=1685093917" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Ce qui se joue est un condensé de ce qu'est un être humain qui déconstruit autant physiquement, un contexte dont il ne maîtrise pas les tenants, que socialement, une représentation que le monde, à savoir le public, pouvait avoir de lui. Les faux-semblants sont ainsi biffés d'un geste. De l'image policée et timide qui apparaissait au début, c'est un homme au visage enfariné avec une perruque bouffante grise et habillé d'un tee-shirt Yamaha sans manche qui clôt le spectacle.       <br />
              <br />
       Le caché devient visible. Ce qui n'était pas osé montrer le devient faisant de ce lieu, non plus une scène de musique classique, mais un endroit où le bouc et l'artiste prennent leurs aises en prenant le pouvoir sur Bach. Presque une analyse psychanalytique où la partie consciente laisse émerger le désir et son inconscient. Dans un dernier joli tableau, le chorégraphe danseur s'immisce entre le meuble, la table d'harmonie et le couvercle pour s'allonger dans une lumière tamisée, comme dans un lit.       <br />
              <br />
       <b>Ce spectacle s'est joué du 15 au 17 mai 2023.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Suites absentes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/73095095-50862346.jpg?v=1685093981" alt="Suites absentes… présences tout en décalé" title="Suites absentes… présences tout en décalé" />
     </div>
     <div>
      Danse, conception : Pierre Rigal         <br />
       Musique de Johann Sebastian Bach jouée en direct par un piano automatique.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       <b>Programme musical</b>       <br />
       Johann Sebastian Bach : Capriccio sopra la lontananza del suo fratello dilettissimo BWV 992,       <br />
       Suite Anglaise n°3 en sol mineur BWV 808.       <br />
       Johann Sebastian Bach, Franz Liszt : Prélude &amp; Fugue BWV 543.       <br />
       Johann Sebastian Bach : Praeludium &amp; Fuga VIII* en mi bémol mineur (BWV 853).       <br />
       Johann Sebastian Bach, Ferruccio Busoni : Chaconne en ré mineur BWV 1004.        <br />
              <br />
       <a class="link" href="https://philharmoniedeparis.fr/fr" target="_blank">&gt;&gt; Philharmonie de Paris</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Suites-absentes-presences-tout-en-decale_a3589.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis</title>
   <updated>2023-02-08T19:30:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Magnifiques--danseuses-et-danseurs-resplendissent-dans-la-choregraphie-pleine-d-espoir-de-Michel-Kelemenis_a3511.html</id>
   <category term="Danse" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/70667582-49261515.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-02-09T07:18:00+01:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La danse était à l'honneur ce 2 février au Théâtre Molière de Sète avec cette production du chorégraphe Michel Kelemenis qui dirige depuis plus de dix ans le Klap, Maison pour la danse, à Marseille. Une création dont l'inspiration est presque à l'opposée de son spectacle "Coup de grâce", diffusé en 2019, qui faisait référence aux attentats terroristes de Paris. Aujourd'hui, le chorégraphe évacue la noirceur de cette période pour chercher dans la jeunesse la lumière, la fantaisie et l'espoir.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70667582-49261515.jpg?v=1675881756" alt="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" title="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" />
     </div>
     <div>
      De cette jeunesse neuve confrontée aux dérèglements planétaires, au virtuel et au bannissement des binarités sexistes, le chorégraphe extrait une explosion d'énergie et une approche différente des corps et des contacts. C'est pourtant sur la base d'une œuvre classique que le spectacle a été conçu : le &quot;Magnificat&quot; de Jean-Sébastien Bach. Souvenir d'une illumination de jeunesse, cette composition vocale trouve ici, dans la vision de Michel Kelemenis, une modernité intéressante.       <br />
              <br />
       Un ballet inspiré par cette musique sacrée aurait pu être totalement désuet ou, au contraire, par un excès de modernisation, aurait pu tordre l'œuvre au contemporain, en transformant la musique sacrée en accessoire pittoresque. Ce n'est pas le cas ici. La chorégraphie de Michel Kelemenis parvient à suggérer des gestes et des danses populaires, à créer des images et des postures inspirées de tableaux d'inspiration sacrée (sous la forme d'arrêts sur image), mais aussi à utiliser toute la panoplie du contemporain pour exprimer l'élan de la jeunesse toujours renouvelé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70667582-49261516.jpg?v=1675881787" alt="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" title="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" />
     </div>
     <div>
      Les compositions d'Angelos Liaros Copola s'intercalent régulièrement dans le &quot;Magnificat&quot;. Elles parviennent à s'intégrer à l'œuvre originale soit en se coulant dans son rythme et ses tonalités, soit en rupture, usant d'instrumentations actuelles. Elles sont le ressort dynamique qui éclaire le spectacle et donne un relief différent et un sens lui aussi différent aux évolutions des danseurs et leurs interactions. Car le cœur du spectacle, ce sont eux, les neuf interprètes de &quot;Magnifiques&quot;.       <br />
              <br />
       Tantôt évoluant en groupe, formant des rondes, des spirales, des enroulements quasi géométriques qui les intègrent tous aux mêmes mouvements comme une harmonie un peu nostalgique, ou bien brisant ce formalisme pour former d'autres contacts, des duos, des couples, des groupes plus individualistes, plus indépendants. Le chorégraphe développe ici tout un vocabulaire gestuel inventé à partir des mains. Les postures sacrées de dévotion ou de prières alternent avec les effleurements, des enlacements, les contacts charnels qui érotisent par moments le spectacle le transformant en ode au désir, à la recherche de l'autre, sans se cantonner aux antiques stéréotypes hétérosexuels.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70667582-49261525.jpg?v=1675881819" alt="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" title="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" />
     </div>
     <div>
      Difficile de classifier le style de danse employé ici : le mélange est volontairement recherché, assumé. Parfois un geste des plus classiques, un porté, apparaît, mais il est vite emporté dans le mouvement toujours fluide de la chorégraphie qui semble, hormis les arrêts sur image, mouvement perpétuel. Il faut également parler de la lumière de Jean-Bastien Nehr qui, elle aussi, participe aux différentes atmosphères. Elles passent du large cercle rouge où brûlent le désir et l'énergie de groupe à des points lumineux qui forment comme un jeu de poursuite pour les danseuses et danseurs. Elles rappellent aussi la lumière utilisée par les peintres classiques et fortifient la référence. Elles transforment aussi parfois les mouvements de bras lancés comme les ailes de moulin en orbes lumineux, telles des apparitions éphémères d'auréoles dorées.       <br />
              <br />
       Chorégraphié mais également mis en scène et construit comme un véritable récit avec ce passage de la noirceur des costumes du début à la naissance puis l'avènement de la couleur, du multicolore, révélant la multiplicité des êtres, des genres, &quot;Magnifiques&quot; raconte l'espoir confié à la prochaine jeunesse et la foi dans son énergie, son inventivité et la capacité qu'elle aura à trouver les liens nécessaires pour vivre, aimer et créer ensemble. L'énergie est là, le refus d'étiquette aussi, l'envie de vivre ses propres désirs sans contrainte aussi, avec l'accent mis sur ce qui relie, ce qui est commun et ce qui perdure.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Magnifiques"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/70667582-49261532.jpg?v=1675881846" alt="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" title="Avec "Magnifiques", danseuses et danseurs resplendissent dans la chorégraphie pleine d'espoir de Michel Kelemenis" />
     </div>
     <div>
      Conception générale, chorégraphie, scénographie : Michel Kelemenis.       <br />
       Musique : Jean-Sébastien Bach.       <br />
       Création musicale : Angelos Liaros Copola.       <br />
       Avec : Gaël Alamargot, Maxime Gomard, Claire Indaburu, Anthony La Rosa, Hannah Le Mesle, Marie Pastorelli, Anthony Roques, Mattéo Trutat, Valéria Vellei.       <br />
       Costumes : Camille Panager assistée de Sandrine Collomb.       <br />
       Lumière : Jean-Bastien Nehr.       <br />
       Tout public à partir de 10 ans.       <br />
       Durée : 1 heure.       <br />
              <br />
       A été représenté le 2 février 2023 au Théâtre Molière, Sète (34).       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">15 février 2023 :</span> Hivernales - CDCN d'Avignon, L'autre Scène, Vedène (84).       <br />
       2 décembre 2023 : La Scène 55, Mougins (06).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Avec-Magnifiques--danseuses-et-danseurs-resplendissent-dans-la-choregraphie-pleine-d-espoir-de-Michel-Kelemenis_a3511.html" />
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