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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-05-17T11:12:16+02:00</updated>
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   <title>•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques</title>
   <updated>2026-05-15T17:26:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Avec-Les-Justes--Camus-questionne-la-legitimation-du-crime-a-des-fins-politiques_a4558.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
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   <published>2026-05-16T08:12:00+02:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
L'adaptation resserrée de Maxime d'Aboville porte haut et fort la parole du philosophe. Fondée sur des faits historiques survenus en 1905, la pièce de Camus résonne toujours avec autant d'acuité. Peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause ? Tel est le dilemme cornélien auquel sont confrontés les protagonistes. "Même dans la destruction, il y a des limites", nous dit Camus.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329183.jpg?v=1758631932" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Sur la petite scène du Théâtre de Poche, un homme apparaît à l'avant-scène, aux aguets et silencieux – nous apprendrons sous peu que ce quinquagénaire est Boris Annenkov, le chef du parti socialiste révolutionnaire. L'homme attend. Un silence pesant règne dans la pièce, une sorte d'entrepôt désaffecté. La tension est palpable. Une jeune femme blonde prénommée Dora, âgée d'une trentaine d'années, guette avec Annenkov le retour imminent de Stepan, un camarade évadé du bagne. Stepan arrive, puis tous trois sont rejoints par un quatrième compagnon, Kaliayev.       <br />
              <br />
       L'heure est grave. La cellule révolutionnaire prépare un attentat contre le grand-duc Serge, symbole du despotisme tsariste. Kaliayev a été désigné pour lancer la bombe, au grand désespoir de Stepan qui souhaitait s'en charger. Le lendemain, Dora et Annenkov sont à la fenêtre, à l'affût de l'explosion. La bombe doit être jetée au passage de la calèche du grand-duc pendant son trajet au théâtre. L'anxiété est à son comble. Un silence assourdissant règne. Un roulement lointain de calèche se fait entendre. De plus en plus proche, celui-ci finit par disparaître progressivement. Aucune détonation.       <br />
              <br />
       Alors qu'Annenkov et Dora conjecturent sur les faits qui auraient pu mener à l'échec de l'opération, Kaliayev entre, le visage défait. Les neveux du grand-duc se trouvaient avec celui-ci dans la calèche et il n'a pas eu le courage de lancer la bombe. Mais si l'Organisation décide de tuer les enfants, il lui est encore possible de lancer la bombe à la sortie du théâtre…
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329184.jpg?v=1758631970" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Au dilemme cornélien auquel sont confrontés ces révolutionnaires – peut-on sacrifier des innocents au nom d'une cause supérieure et juste ? –, Les avis divergent. Stepan, à qui toute empathie est étrangère, s'oppose à Kaliayev et à Dora. Jusqu'au-boutiste, il ne fait pas dans le sentiment. Pour lui, la fin justifie les moyens, et la mort de deux enfants n'est rien si elle permet de bâtir une Russie libérée du despotisme. Kaliayev, lui, se cramponne à sa dignité humaine et à sa conception de l'honneur : <span style="font-style:italic">&quot;(…) tuer des enfants est contraire à l'honneur&quot;</span>.       <br />
              <br />
       Dora prône un ordre moral et défend une révolution par amour de la vie : <span style="font-style:italic">&quot;Mais la mort des neveux du grand-duc n'empêchera aucun enfant de mourir de faim. Même dans la destruction, il y a un ordre, il y a des limites&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Le discours de Camus (1913-1960) nuance les pensées de chacun, scrute les failles, les exaltations, les contradictions et les doutes. Maxime d'Aboville signe ici l'adaptation et la mise en scène. Il a resserré le texte de Camus à l'extrême et réduit la distribution à quatre interprètes. Le spectacle dure 1 h 15 au lieu des 2 h, voire des 2 h 20, attendues. Et c'est pour le mieux. Ici, point d'abondance de paroles, de répétitions ou de verbiage amoureux entre Kaliayev et Dora. Le texte en ressort plus fort, plus puissant.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329185.jpg?v=1758632002" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      Pour la mise en scène, Maxime d'Aboville a pris le parti du statisme. Les personnages sont figés dans l'attente, dans la peur, dans l'angoisse. Point d'agitation inutile, de mouvements superflus. Tout comme le texte, les déplacements vont à l'essentiel, dans un raidissement de rigueur. La fièvre est palpable, la situation de péril imminent, glaçante. Cette tension sourde est amplifiée par la création sonore de Jason Del Campo qui rend les silences encore plus lourds, les ruptures, plus nettes.       <br />
              <br />
       Les quatre comédiens, tous excellents, se partagent les sept rôles de la distribution : Marie Wauquier, Dora et la grande-duchesse ; Arthur Cachia, Stepan et le directeur du département de police Skouratov ; Étienne Ménard, Annenkov et le détenu Foka ; et Oscar Voisin, Kaliayev.       <br />
              <br />
       Dans un jeu sobre et incarné, ils font tous preuve d'une grande justesse. Marie Wauquier, stoïque et fragile à la fois, incarne une Dora tiraillée entre son engagement et son désir de vivre. Arthur Cachia campe un Stepan proche du fanatisme, refusant toute concession et toute faiblesse, prêt à mener la révolution jusqu'au bout. Oscar Voisin figure un Kaliayev sensible et courageux, un poète exalté, bousculé dans ses sentiments et dans sa foi en la révolution. Étienne Ménard, en chef de parti, affiche une autorité calme et raisonnée.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96576533-67329186.jpg?v=1758632030" alt="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" title="•Off 2026• Avec "Les Justes", Camus questionne la légitimation du crime à des fins politiques" />
     </div>
     <div>
      La scénographie conçue par Charles Templon répond, elle aussi, à ce désir de sobriété : un espace dépouillé aux murs gris avec, en fond de scène, une toile peinte par Marguerite Danguy des Déserts, déjà utilisée par Maxime d'Aboville dans son seul-en-scène &quot;Je ne suis pas Michel Bouquet&quot; (2019). Un clin d'œil à Michel Bouquet qui fut l'interprète de Stepan, aux côtés de Maria Casarès et de Serge Reggiani, lors de la création de la pièce en 1949 au Théâtre Hébertot. Et, pour tout décor, une chaise. Dans ce cadre minimaliste, seuls importent les voix et les corps. La parole du prix Nobel de littérature n'en est que plus puissante.       <br />
              <br />
       Et c'est sans doute la phrase que lance le directeur du département de police Skouratov à Kaliayev qui résume le mieux la pensée de l'auteur : <span style="font-style:italic">&quot;Pourquoi, en ce cas, avez-vous épargné la grande-duchesse et ses neveux ? (…) Je vais vous dire pourquoi. Une idée peut tuer un grand-duc, mais elle arrive difficilement à tuer des enfants. Voilà ce que vous avez découvert. Alors, une question se pose : si l'idée n'arrive pas à tuer les enfants, mérite-t-elle qu'on tue un grand-duc ?&quot;</span>       <br />
              <br />
       La pensée de Camus résonne aujourd'hui avec toujours autant d'acuité, alors que, dans plusieurs parties du monde, l'absolu idéologique prime sur toute considération humaine. Un spectacle salutaire !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Justes"</b></div>
     <div>
      Texte : Albert Camus.       <br />
       Adaptation et mise en scène : Maxime d'Aboville.       <br />
       Avec : Arthur Cachia, Étienne Ménard, Oscar Voisin et Marie Wauquier.       <br />
       Scénographie et costumes : Charles Templon, assisté de Pixie Martin.       <br />
       Lumières : Alireza Kishipour.        <br />
       Création sonore : Jason Del Campo.       <br />
       Toile peinte : Marguerite Danguy Des Déserts.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Gémeaux, Salle du Dôme, 10, rue du Vieux Sextier, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 88 60 72 20.       <br />
       <a class="link" href="https://indiv.themisweb.fr/0700/fChoixSeanceWidget.aspx?idstructure=0700&EventId=81&request=QcE+w0WHSuDuCZkki2yATaAg5JfRtHo3H4cZag+6wo+9VpWAP/nBkf+kYg2TBFTL" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesgemeaux.com/" target="_blank">>> theatredesgemeaux.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud </title>
   <updated>2026-05-14T21:40:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Toute-la-mer-du-monde-ou-Le-poete-c-est-celui-qui-derobe-le-feu-comme-disait-Rimbaud_a4557.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96562463-67319455.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-15T07:35:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sommairement, c'est l'histoire d'un homme, un rocker, qui revient sur scène après dix ans d'absence. Plus il en parle de cette absence, moins il chante, mais plus on est embarqué dans sa vie, au parcours intranquille et largement sinueux. Et on oublie qu'on est venu assister à un concert ! Pourtant, Sabine, sa régisseuse "son" à ses côtés, sur le plateau, est là pour l'épauler. Elle fait ce qu'elle peut pour comprendre Delmastro et saisir au vol ses improvisations imprévues.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96562463-67319455.jpg?v=1778783837" alt="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " title="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Là, vous n'avez pas vu, mais pendant que je parlais, je pensais en même temps… parce que ça ne se voit pas quand je pense… je fais deux choses à la fois… c'est comme disent les philosophes : &quot;penser suscite souvent l'indifférence générale&quot;… en clair, tout le monde s'en fout quand tu penses&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Ainsi vont les mots des maux d'Alexis Delmastro au fil de ce seul-en-scène aux allures d'ovni extraterrestre, mais tellement ancré dans la réalité. Dans sa réalité à lui, rien qu'à lui, inscrite au creux de longs silences de cinq ans entre chaque création. Parce qu'il en a besoin de ces silences pour continuer à penser en sourdine, même si tout le monde s'en fout, et pour transmettre aussi ! C'est sa recette à lui, une nécessité pour que les choses de l'acte créatif émergent gentiment sur scène, et explosent littéralement, avec brio, comme des pop-corn sucrés.       <br />
              <br />
       Au début du spectacle, dans le noir, des pas résonnent sur la scène, puis un son de guitare et des applaudissements. La lumière apparaît et dévoile une silhouette toute de noir vêtue, perruque décoiffée, noir de jais, blouson en cuir et santiags. Alors, d'une voix grave, l'artiste prend la parole et, en l'espace d'une seconde, un tsunami d'émotions submerge les spectateurs en les enveloppant dans une poésie philosophico-mélancolique de la plus belle teneur.       <br />
              <br />
       Et ce, dès les premiers mots d'Alexis Delmastro, hybrides, morcelés, éparpillés, chantés ou parlés. Peu importe, à vrai dire, car ils sont bien là tous les maux de l'artiste sous ses mots stratosphériquement virevoltants, tantôt aux allures d'un Coluche, d'un Gainsbarre, d'un Stéphane De Groodt ou encore d'un Groucho Marx.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96562463-67319456.jpg?v=1778783869" alt="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " title="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " />
     </div>
     <div>
      Son message si particulier et si abscons à la fois nous captive rapidement, sous couvert d'un humour décalé et d'une scénographie pour le moins déjantée. Là où réside surtout sa performance d'acteur, c'est dans son jeu grandement maîtrisé alors que pourtant tout semble improvisé. Du grand art de comédien !       <br />
              <br />
       Comme il aime à le rappeler, Alexis Delmastro vient de nulle part et de partout à la fois. C'est un elfe, un korrigan qui se dissimule derrière les pendrillons d'un plateau aux côtés d'Édouard Baer, par exemple, ou dans les rues, ou ailleurs, mais qui apprécie quand même la lumière des projecteurs. &quot;Toute la mer du monde&quot; fait partie d'un triptyque dans lequel, à chaque fois il <span style="font-style:italic">&quot;fait de la réalité un théâtre&quot;</span>, avec &quot;Mon toit de monde à moi, c'est toi&quot; et &quot;Tout le monde peut en cacher un autre&quot;.       <br />
              <br />
       Et puis il y a aussi &quot;Tout le monde pleut&quot;, création 2026, où déjà deux représentations ont eu lieu pour un spectacle… pas encore créé ! Le ton est donné au sujet de notre artiste aux allures de clown poétiquement facétieux qui, dans l'écriture, n'est pas sans rappeler les envolées littéraires d'un Henri Michaux, à certains moments. Des titres ô combien poétiques à la frontière, aussi, de l'Oulipo, des Haïkus japonais qui cherchent à saisir un instant, une sensation, une image du quotidien ou encore des poèmes de Saint-John Perse.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96562463-67319464.jpg?v=1778783892" alt="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " title="•Off 2026• "Toute la mer du monde" ou Le poète, c'est celui qui dérobe le feu… comme disait Rimbaud " />
     </div>
     <div>
      Dans ce spectacle, Alexis Delmastro revêt des allures de pitre mélancolique et nostalgique, pour le plus grand bonheur des spectateurs. France Cartini, dans le rôle de Sabine, la technicienne son, œuvre en silence et tente tant bien que mal de remettre sur pied ce qui se fracasse sur scène. La complicité des deux artistes est émouvante, bien rodée et très efficace.       <br />
              <br />
       Auteur, compositeur-interprète, Delmastro est un écorché vif qui fait de la réalité et de ses questionnements sa certitude. Celle, peut-être que la vie vaut la peine d'être vécue, que la contemplation du monde est nécessaire, voire indispensable, et que l'amour est le maître du monde.       <br />
              <br />
       Entrez vite au Théâtre l'Albatros, posez-vous sur les ailes d'Alexis pour décoller vers son ailleurs improbable et loufoque, et pour prendre une gigantesque salve d'air qui vous réconciliera avec la Vie et ce qu'il y a tout autour !       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>       <br />
              <br />
       Spectacle vu en avant-première à Paris le 4 mai sur la Péniche &quot;Grande Fontaine&quot;, Quai de l'Oise à Paris.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Toute la mer du monde"</b></div>
     <div>
      Textes : Alexis Delmastro.       <br />
       Guitare et chant : Alexis Delmastro.       <br />
       Musique et figuration : France Cartigny       <br />
       Coach vocal : Muriel Benazeraf.       <br />
       Tout public à partir de 6 ans.       <br />
       Compagnie de l'Autre.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 3 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 20 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre l'Albatros, Salle Côte rue, 29, rue des Teinturiers, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 86 11 33.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/page/comment-reserver" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent</title>
   <updated>2026-05-14T10:05:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Sens-la-foudre-sous-ma-peau-Quand-les-blessures-se-rouvrent-et-parlent_a4555.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96553707-67313834.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-14T09:47:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Un orage sur une plage, un éclair déchire en deux le ciel, la terre et la vie de la jeune fille qui revient seule, la nuit tombante, d'un bain de mer avec ses amies, ses rires, ses éclaboussures, par la route presque déserte. "La nuit tombe vite sur mon île" extrait du texte comme un présage du basculement de ce rire à… l'obscur. C'est une foudre qui pulvérise les clichés touristiques sur la Réunion en éclats de lave refroidis, durs et coupants comme des silex, qui déchire l'âme et la chair de l'adolescente de quinze ans agressée à son retour de baignade, pulvérisant ses grains de sable et sa joie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96553707-67313834.jpg?v=1771505968" alt="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" title="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" />
     </div>
     <div>
      Le silence ensuite sur cette blessure : &quot;Tais-toi !&quot;. La mère, personne ne doit savoir, la honte, &quot;Va te laver ! Et n'en parle jamais !&quot; Jamais.       <br />
              <br />
       Il y a des tombes à l'intérieur des humains, des tombes où ces douleurs sont enfouies pendant des années, des dizaines d'années, des concessions à perpétuité qui font un drôle d'écho à ces condamnations à perpétuité auxquelles la violence faite aux femmes, aux enfants ressemble. Le silence, la honte, la culpabilité ressentie injustement, imposée par l'environnement social, voici la machine infernale, la source de Sens la foudre sous ma peau, cette foudre qui déchira le ciel, la terre, l'âme et le corps de Joséphine.       <br />
               <br />
       On l'appelle plutôt Jo. Jo a obtenu son bac avec mention. Elle a droit à une bourse pour venir en métropole poursuivre ses études. Des études de littérature moderne. Elle est prof. Elle reste en métropole. Elle se passionne pour ses élèves traversés de flambées d'adolescence qui les éclairent et qui les troublent. Les deux comédiennes interprètent JO, ses élèves, garçons, filles, leurs émois, leurs doutes, leurs désirs, leurs blessures, leurs ignorances et leurs certitudes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96553707-67313835.jpg?v=1771506020" alt="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" title="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" />
     </div>
     <div>
      Tout est fluide, presque liquide dans le passage entre les scènes et les personnages du texte magnifiquement pudique et incisif de Catherine Verlaguet, allié à la mise en scène de Philippe Baronnet. Comme s'il fallait cette souplesse, cette douceur sans rupture pour tenter d'exprimer par contraste les tourments fulgurants de l'adolescence. Le rapport de la prof Jo et de ses élèves est lui-même dans cette empathie (l'empathie, c'est l'arme des faibles face aux forts – dixit l'un des personnages de la pièce), cette approche généreuse, attentive, inquiète (un bel hommage à ce métier de transmission).       <br />
               <br />
       Dans cette classe surgissent des filles, des garçons, des flirts et des comportements extrêmes. Face à tout cet échantillonnage de vie, et les similitudes qui la percutent particulièrement face à une élève au comportement &quot;libéré&quot;, affranchie et mal jugée par ses camarades, Jo est soudain ramenée 25 ans en arrière dans la terreur subie sur cette route au retour de la plage par cet homme aux yeux bleus.       <br />
               <br />
       Avec délicatesse et un sens très fort de la vivacité des échanges entre les personnages, le texte de Catherine Verlaguet parvient à faire résonner les attentes, les illusions et les désillusions de l'adolescence, se plaçant sans complaisance à leur place. Elle parvient à ouvrir des brèches sur les conséquences toujours implacables de la colonisation, spécialement ici, dans l'île de la Réunion. À cet âge où tout est encore possible, et où tout est encore si fragile qu'il peut briser des vies, ou les ruiner en un soir.
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     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96553707-67313836.jpg?v=1771506060" alt="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" title="•Off 2026• "Sens la foudre sous ma peau" Quand les blessures se rouvrent et parlent" />
     </div>
     <div>
      Jo, incarnée alternativement par les deux comédiennes, la Jo de 15 ans et celle de 40, est comme une figure belle, forte et emblématique de la volonté de ne pas ployer sous le joug de l'histoire, le joug de la violence, le joug de la force masculine dopée aux soumissions du souvenir de la colonisation. L'inconscient ici est un gouffre, mais un gouffre que les laves du volcan charriées par le cœur et la fierté finiront par combler.       <br />
               <br />
       &quot;Sens la foudre sous ma peau&quot; est une ode à la prise de parole comme bouclier contre les peurs enfouies, les violences injustes et l'espoir d'un changement de société mis en scène avec légèreté et précision de Catherine Verlaguet. Deux dispositifs sont proposés : soit en configuration de salle de spectacle, soit en configuration de salle non dédiée, salle de classe ou salle polyvalente. Une belle performance des deux comédiennes, Léone Louis et Manon Allouch, qui donne la parole aux femmes, aux adolescentes et aux adolescents, pour libérer les âmes et se reconstruire.       <br />
               <br />
       C'est l'île de la Réunion dont il est question, et les références y sont fortes, avec quelques insertions de créole dans les dialogues, mais le message que porte le spectacle est valable partout ailleurs. Peut-être tout de même un peu plus ici, où la gangue du colonialisme et ses conséquences sur le droit des individus à la parole et à la liberté ajoutent un poids à la cruauté.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>       <br />
              <br />
       Vue au Festival MOMIX 2026 à Kingershein (68) le 7 février 2026.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Sens la foudre sous ma peau"</b></div>
     <div>
      Création 2025. Prix MOMIX 2026.       <br />
       Texte : Catherine Verlaguet..       <br />
       Mise en scène : Philippe Baronnet.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Camille Kolski.       <br />
       Avec : Léone Louis et Manon Allouch.       <br />
       Avec la voix de Jean-Laurent Faubourg.       <br />
       Scénographie : Estelle Gautier.       <br />
       Création lumière : Valérie Becq.       <br />
       Régie lumière : Charlotte Micheneau Woehling.       <br />
       Musiques : Thierry Th Desseaux et Ann Oaro.       <br />
       Costumes et accessoires : Camille Pénager.       <br />
       Production Cie Baba Sifon, Cie Les Échappés vifs.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 23 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 17 h 35. Relâche le vendredi.       <br />
       TOMA, Théâtre du Verbe Incarné, 21G, rue des Lices, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 14 07 49.       <br />
       <a class="link" href="https://www.festivaloffavignon.com/page/comment-reserver" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.verbeincarne.fr" target="_blank">>> verbeincarne.fr</a>       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">21 mai 2026 :</span> La Fabrik - CDN Océan Indien, Saint-Denis de La Réunion (97).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Sens-la-foudre-sous-ma-peau-Quand-les-blessures-se-rouvrent-et-parlent_a4555.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va</title>
   <updated>2026-05-13T10:34:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec_a4554.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96525602-67297085.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-13T17:15:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
À Troie, quelques heures avant l'arrivée d'Ulysse, le négociateur grec, le débat fait rage. Hélène a été enlevée par Pâris, prince troyen. Hélène, reine de Sparte, c'est la beauté à l'état pur. Si elle n'est pas rendue aux Grecs, ces derniers attaqueront Troie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297085.jpg?v=1774975955" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      À Troie, il y a deux camps : ceux qui veulent la guerre comme Cassandre et ceux qui cherchent à l'éviter comme Andromaque, la femme d'Hector. Faut-il alors se défendre face à l'agression grecque et déclarer la guerre ? Faut-il l'éviter et, surtout, de quelle manière ? Mais à cause du bellicisme d'un petit nombre et de la passivité d'une majorité silencieuse, <span style="font-style:italic">&quot;la guerre s'enfante d'elle-même&quot;</span>, et ce, malgré celles et ceux qui se battent pour l'empêcher.       <br />
              <br />
       Il est fort probable qu'à l'heure où nous écrivons cet article, des scènes semblables au contexte de notre pièce se déroulent à travers le monde, dans de nombreuses salles de négociations diplomatiques ou autre bureau ovale. Certes, les héros antiques ne s'y trouvent pas. Ulysse, Pâris, Hélène, Hector, Hécube ou encore Troïlus sont de &quot;l'histoire ancienne&quot;.       <br />
              <br />
       Et si, à bien y regarder, seuls les noms avaient changé et que la responsabilité politique, l'illusion de la paix, le pouvoir des mots et de la diplomatie, la critique des nationalismes étaient pourtant toujours à l'ordre du jour ?       <br />
              <br />
       Écrite en 1935, &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot; de Jean Giraudoux est une pièce qui parle des tensions politiques des années trente en Europe, mais qui se présente avant tout comme un avertissement. Avertissement autour du cynisme des politiciens, de la notion de droit et de la montée des dictatures en analysant les mécanismes diplomatiques qui la rendent inévitable. Ainsi, adapter cette pièce incontournable du théâtre français est de bon augure par <span style="font-style:italic">&quot;nos temps qui courent bien dangereusement&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297086.jpg?v=1774975980" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      C'est le pari qu'a fait Édouard Dossetto, jeune comédien et metteur en scène du collectif &quot;Nuit Orange&quot; au parcours particulier et pour le moins original. Formé au cours Simon, puis au CRR de Paris pour ce qui est de sa sphère artistique, il développe un travail sur le corps à travers la danse contemporaine, et sur les liens entre physique quantique et théâtre… Auparavant, notre artiste a été ingénieur des Ponts, Eaux et Forêts, a obtenu son agrégation de mécanique et a poursuivi un master à l'École Polytechnique avant d'être reçu à Sciences Po en 2015.       <br />
              <br />
       Cursus et parcours pour le moins époustouflants qui ont éveillé en lui un réel désir de recherche, et un goût prononcé pour la pluridisciplinarité. Sans oublier de belles amitiés (sic). Il est probable que des amitiés, il en ait également trouvé au sein du Collectif &quot;Nuit Orange&quot;, une troupe dans laquelle la pluridisciplinarité est le maître-mot, tout comme les notions d'Union et de Force, de Diversité et de Richesse, de Curiosité et de Générosité.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;L'originalité de ce texte de Giraudoux, c'est qu'il se situe juste avant la guerre autour de laquelle il y a les belliqueux qui veulent les honneurs, les intérêts financiers ou symboliques qu'elle engendre, et les pacifistes qui sont prêts à tout, même au pire. Et puis il y a les autres, aussi, ceux qui ne s'y opposent pas, mais qui, par leur silence, se font complices de l'inéluctable&quot;,</span> précise le metteur en scène.       <br />
              <br />
       Certes, il y a tout cela chez Giraudoux, et bien plus encore ! Mais &quot;Les Orangers&quot; aussi ont du talent et de l'originalité ! Et ce ne sont pas les adaptations de cette célèbre pièce de Giraudoux qui manquent au programme des tentatives théâtrales depuis des années. Ici, c'est un pari largement gagné et nous regrettons beaucoup de n'avoir pas pu amener nos élèves assister à cette remarquable adaptation, moderne, intelligente, et dans un profond respect du texte et de la force de ses arguments.       <br />
              <br />
       La scénographie minimaliste, tout comme la mise en scène sobre, mais efficace, apportent à ce très grand texte de la littérature française un élan vertigineux auquel les jeux des comédiennes et comédiens, intenses et investis participent largement.       <br />
              <br />
       Notons tout de même, au regard de l'intensité du texte d'origine, quelques moments au cours desquels les spectateurs doivent revêtir une grande armure d'écoute, guerrière et soutenue, si tant est qu'ils souhaitent ne pas perdre une miette des enjeux du propos. Mais il en est parfois ainsi du rôle de spectateur, n'est-ce pas !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297087.jpg?v=1774976008" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Ce n'est pas tant l'adaptation de la pièce qui en est la cause unique, ni la mise en scène, ni le jeu des comédiens et comédiennes… Disons que c'est un tout. Car &quot;La Guerre de Troie n'aura pas lieu&quot;, c'est un texte investi d'une argumentation dramatique plutôt que sur une action mettant en avant une tension réelle entre raison individuelle et fatalité collective.       <br />
              <br />
       Rien de simple que d'adapter sur les planches cette pièce monumentale à la large dimension philosophique dont on ne garde malheureusement qu'un souvenir trop imprécis lors de nos années au lycée. Oser adapter du Théâtre d'idées est déjà grandement méritoire. Celle-ci en est la preuve !       <br />
              <br />
       Le Collectif &quot;Nuit Orange&quot; et Édouard Dessanto l'ont fait avec une grande énergie de laquelle, à certains moments, se dégage une ironie subtile salvatrice, comme la scène du casque bleu de l'ONU, savoureuse et intemporelle. L'énergie des six artistes est palpable et leur complicité évidente. Du moins celle du soir de notre venue. Gageons qu'à chaque représentation, il doit en être ainsi.       <br />
              <br />
       Un bien joli moment de la pièce que celui interprété par Édouard Dossetto dans le rôle d'Hector, lors de l'évocation des morts dans une tirade flamboyante ô combien émouvante. Nous vous invitons à aller découvrir la pièce pour en mesurer sa portée au regard des tumultes actuels. Osons un hommage, ici, à notre soldat français, Arnaud Frion, tué en Irak par un drone.       <br />
              <br />
       Et remémorons-nous ces mots de Giraudoux : <span style="font-style:italic">&quot;Ô vous qui ne nous entendez pas (…), nous sommes les vainqueurs. Cela vous est bien égal, n'est-ce pas ? Vous aussi, vous l'êtes. Mais nous, nous sommes les vainqueurs vivants. C'est ici que commence la différence. C'est ici que j'ai honte.(…). Nous, nous voyons le soleil (…), et ce que j'ai à vous dire aujourd'hui, c'est que la guerre me semble la recette la plus sordide et la plus hypocrite pour égaliser les humains, et je n'admets pas plus la mort comme châtiment ou comme expiation au lâche que comme récompense aux vivants&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Depuis vingt-huit siècles, on lit &quot;L'Iliade et l'Odyssée&quot;, prologue de &quot;Troie&quot;. En 1935, Louis Jouvet jouait la pièce au Théâtre de l'Athénée. En 2026, on connaît la guerre, encore. La volonté pacificatrice d'Hector ne suffit pas contre tous les autres acteurs de la guerre et nous sommes nombreux à nous interroger sur le réel pouvoir du chef d'État ukrainien, Volodymyr Zelensky, à œuvrer comme il le fait avec autant de pugnacité depuis des mois et des mois, tel Hector…       <br />
              <br />
       Malgré tout cela, nous vous invitons à aller assister à cette nouvelle adaptation par Edouard Dossetto et &quot;Nuit Orange&quot; afin d'essayer peut-être de comprendre ce qu'est la guerre et à quel point cette dernière n'est jamais que le résultat de facteurs humains amplifiés par l'orgueil, la politique et le discours.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La Guerre de Troie n'aura pas lieu"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96525602-67297088.jpg?v=1774976034" alt="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" title="•Off 2026• "La Guerre de Troie n'aura pas lieu" Quand les forces vives du théâtre agissent bien brillamment en écho avec notre monde comme il va" />
     </div>
     <div>
      Texte : Jean Giraudoux.       <br />
       Mise en scène : Édouard Dossetto.       <br />
       Avec : Marie Benati, Rémi Couturier, Édouard Dossetto en alternance avec Gaspard Baumhauer, Leslie Gruel, Guillaune Villiers Moriamé.       <br />
       Lumières : Raphaël Bertomeu.       <br />
       Son : Martin Benati.       <br />
       Régie : Anaïs Ansart-Grosjean.       <br />
       Par le Collectif Nuit Orange.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 50. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre des Brunes, 32, rue Thiers, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 84 36 00 37.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/momo-petit-prince-des-bleuets" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredesbrunes.fr/" target="_blank">>> theatredesbrunes.fr</a>       <br />
              <br />
       <b> Tournée</b>       <br />
       31 juillet, 1ᵉʳ et 2 août 2026 : Festival Théâtres de Bourbon, Bourbon-l'Archambault (Allier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-La-Guerre-de-Troie-n-aura-pas-lieu-Quand-les-forces-vives-du-theatre-agissent-bien-brillamment-en-echo-avec_a4554.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !</title>
   <updated>2026-05-12T15:51:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Syndrome-d-Ulysse-Mal-du-siecle-_a4552.html</id>
   <category term="Avignon 2026" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/96509927-67287753.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2026-05-12T15:51:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Poésie et engagement sont les deux fondations sur lesquelles s'érige "Le Syndrome d'Ulysse". Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia se sont retrouvés sur ce projet dans une même quête : comprendre et exprimer ce que le déracinement, l'exil, la migration imposée engendrent. Pour cela, ils convoquent un verbe imaginatif, les chants vibrants de la solitude et du déchirement, et les histoires inscrites dans les corps.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96509927-67287753.jpg?v=1773824490" alt="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" title="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" />
     </div>
     <div>
      L'histoire commence par l'évocation du &quot;déplacement&quot; de milliers d'enfants réunionnais au début des années soixante dans le but de repeupler certaines régions de la métropole comme la Creuse. Des enfants que l'autorité de l'époque arracha de leur terre et sema dans les campagnes sans leur demander leur avis, mais avec la promesse d'un meilleur avenir.       <br />
              <br />
       Le propos ensuite s'élargit et embrasse, dans ses références, l'épopée méditerranéenne de l'antique Ulysse et un large éventail des migrations plus modernes dont nous voyons les drames tous les jours au large des côtes européennes. Pour ne pas se cantonner à l'anecdotique, le spectacle engage très vite un dialogue avec le public et choisit l'expression de la poésie et de la musique pour à la fois faire revivre quelques passages de l'œuvre d'Homère et ancrer ces références à nos vies actuelles.       <br />
              <br />
       Le titre rend bien compte de cette démarche qui tente d'exprimer le désarroi des exilés involontaires dont les racines ont été définitivement arrachées et qui peinent parfois toute leur vie à s'implanter ailleurs. En psychiatrie, ce syndrome désigne en effet un état de stress aigu qui touche celles et ceux qui émigrent et tous les symptômes inhérents à ce traumatisme.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96509927-67287754.jpg?v=1773824514" alt="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" title="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" />
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     <div>
      Ici, pourtant, c'est plutôt l'émotion du voyage, de la traversée, avec ses craintes, ses désirs, ses souvenirs obsédants qui nous est donnée. Quelques citations de Césaire, d'Edouard Glissant et des poèmes de Derek Walcott sèment le texte de leurs pensées fulgurantes et imagées, et les chants magnifiques (berbères et arabes) de Théodora Carla et Aïni Iften, parfois en polyphonie, parfois en dialogue, font vibrer l'émotion comme une présence sensible dans toute la salle du Théâtre du Balcon.       <br />
              <br />
       Des chants accompagnés au piano, au saxo et à l'accordéon par Jérémy Bourges, et à l'harmonica par Bass Dhem. Tous deux sont également personnages : moussaillon pour le premier et conteur d'une force fascinante pour le second. Quant à Serge Barbuscia, il apparaît dans un rôle fluctuant entre professeur apportant sa touche de référence aux récits et personnage facétieux jouant sur les mots et les noms issus de l'Odyssée ou incarnant les obstacles modernes auxquels les migrants sont confrontés de nos jours (administration, douane, langue, etc.).       <br />
              <br />
       La force de ce spectacle est la liberté rare dont il fait preuve dans sa forme. Il est comme libéré des contraintes, avec des interventions parlées, chantées, dans différentes langues où chaque interprète semble un électron libre, mais dont les interventions, les scènes, prouvent un partage très touchant et la volonté de raconter les mêmes histoires. Un équipage en fait pour ce navire (dont le décor se transforme effectivement en pont de bateau) qui emporte les spectateurs dans un voyage initiatique à la recherche d'une plus grande compréhension de l'exil et des migrations forcées.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
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     <div><b>"Le Syndrome d'Ulysse"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/96509927-67287755.jpg?v=1773824543" alt="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" title="•Off 2026• "Le Syndrome d'Ulysse"… Mal du siècle !" />
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      Texte : Ali Babar Kenjah et Serge Barbuscia.       <br />
       Mise en scène : Serge Barbuscia.       <br />
       Avec : Serge Barbuscia, Jérémy Bourges, Théodora Carla, Bass Dhem, Aïni Iften.       <br />
       Direction musicale : Jérémy Bourges.       <br />
       Arrangement vocal : Théodora Carla.       <br />
       Création lumière : Sébastien Lebert.       <br />
       Costumes : Annick Serret.       <br />
       À partir de 14 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2026•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 4 au 25 juillet 2026.</span>       <br />
       Tous les jours à 15 h 15. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre du Balcon, 38, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservation : 04 90 85 00 80.       <br />
       <a class="link" href="https://www.vostickets.fr/Billet/FR/representation-THEATRE_DU_BALCON-33660-0.wb" target="_blank">>> Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredubalcon.org/" target="_blank">>> theatredubalcon.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2026-Le-Syndrome-d-Ulysse-Mal-du-siecle-_a4552.html" />
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