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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-14T16:25:35+02:00</updated>
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   <title>"L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie</title>
   <updated>2026-03-04T09:09:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Ecole-des-femmes-Une-vision-intemporelle-et-contemporaine-du-patriarcat-dans-laquelle-la-langue-de-Moliere-n-a-jamais_a4493.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-03-05T07:39:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Fauvel</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans cette représentation contemporaine de "L'École des femmes" voulue par Frédérique Lazarini, la douce Agnès évolue sous caméras de surveillance, privée de toute intimité. Éduquée dans l'ignorance et isolée du monde par son tuteur, l'ingénue devra attendre le pouvoir libérateur de l'amour pour ébranler l'ordre patriarcal et s'extraire de sa cage. Si Molière fut féministe avant l'heure, le combat s'avère toujours d'actualité…     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592713.jpg?v=1772610291" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Lors de sa création en 1662, le scandale mêlé au succès de &quot;L'École des femmes&quot; fut tel qu'il donna naissance à une &quot;querelle&quot; à laquelle Molière se fit un plaisir de répondre l'année suivante par une autre comédie intitulée &quot;La Critique de l'École des femmes&quot;. Mais de quoi parle exactement la pièce pour avoir fait autant de bruit ? Arnolphe, un bourgeois de 42 ans, aimerait jouir du bonheur conjugal sans passer par la case cocufiage. Pour ce faire, il a pris sous son aile une enfant qu'il a fait élever dans un couvent et, aujourd'hui adolescente, tient enfermée à l'abri du monde.       <br />
              <br />
       Afin de s'assurer qu'elle devienne une épouse totalement soumise et dépendante, il a bien pris soin qu'elle ne reçoive aucune éducation véritable, reste totalement idiote et innocente. Mais son plan se voit contrecarré par l'arrivée d'un beau jeune homme du nom d'Horace, fils de son ami Oronte, qui s'éprend de la belle. Et réciproquement. S'ensuit une série de quiproquos et de manipulations où Arnolphe tente désespérément de garder la jeune fille pour lui.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592719.jpg?v=1772610351" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      C'est par la porte de la salle côté jardin qu'Arnolphe fait une entrée tonitruante, son ami Chrysalde sur les talons. Loin du vieux barbon libidineux vu dans de nombreuses productions, Arnolphe (Cédric Colas) s'avère ici un sémillant quinquagénaire, bien de sa personne, élégamment vêtu d'un costume cravate. Ce parti pris de mise en scène, très intéressant, rend le loup d'autant plus dangereux qu'il n'a rien de repoussant, bien au contraire.       <br />
              <br />
       La scène d'introduction entre les deux amis se joue en bord de plateau, décor caché, devant un rideau de scène d'un délicat rose pâle, symbole de pureté et d'innocence. Ce dialogue enflammé n'est pas sans rappeler une autre scène d'introduction d'une pièce plus tardive de Molière, &quot;Le Misanthrope&quot; (1666), où l'ami (Philinte) tente de faire entendre raison au protagoniste (Alceste).       <br />
              <br />
       Aux <span style="font-style:italic">&quot;Qu'est-ce donc ? Qu'avez-vous ?/Laissez-moi, je vous prie&quot;</span> se substituent <span style="font-style:italic">&quot;Vous venez, dites-vous, pour lui donner la main ?/Oui, je veux terminer la chose dans demain&quot;.</span> Lors de ce discours, Arnolphe expose son plan de mariage à son ami Chrysalde (Guillaume Veyre) qui tente de l'en dissuader. Mais le bon sens ne semble avoir aucune prise sur Arnolphe qui se montre encore plus fou que calculateur et se révèle véritablement épris d'Agnès, tel Humbert Humbert avec Lolita dans le roman de Nabokov. <span style="font-style:italic">&quot;Un air doux et posé, parmi d'autres enfants,/M'inspira de l'amour pour elle dès quatre ans (…)&quot;</span>, confie-t-il, nous laissant entrevoir la profondeur du mal.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592720.jpg?v=1772610380" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Dès la scène suivante, le rideau tiré, un décor des plus glaçants se dévoile progressivement à nous : à jardin, un immense écran de télésurveillance qui suit Agnès (Sara Montpetit) dans ses moindres mouvements ; à cour, une jolie cage de verre, avec lit à couette rose et machine à coudre trônant au centre de la pièce, chambre à coucher de la jeune prisonnière. Car Agnès n'est rien d'autre que la prisonnière d'Arnolphe, et le maître de maison, tel le Humbert Humbert de Nabokov ou Le Narrateur avec Albertine chez Proust, est un jaloux compulsif dont le mal relève de l'ordre de la psychiatrie.       <br />
              <br />
       Cette vision mise en avant par Frédérique Lazarini est fort intéressante. La comédie, même si elle comporte des passages très drôles, relève dès lors pleinement de la tragédie. Tragédie d'un homme épris d'une enfant, tragédie de l'innocente vivant cette surveillance continue comme une normalité. Il faudra à la docile Agnès découvrir l'amour d'Horace pour ouvrir les yeux.       <br />
              <br />
       La scène de la promenade, lorsque Arnolphe retrouve Agnès après quelques jours d'absence et tous deux se promènent, échangeant les nouvelles, en se tenant gentiment par la main, est d'ailleurs emblématique de la situation. Ce joli moment est d'autant plus troublant qu'il est d'une grande poésie. Il s'en faudrait de peu pour que le tuteur et sa pupille ne passent pour un couple d'amoureux… La coulée verte, un gazon et quelques arbres méticuleusement ordonnés, imaginée par le scénographe François Cabant contribue à la magie de cet instant où la langue de Molière touche au sublime.       <br />
              <br />
       L'interprétation remarquable de Cédric Colas et de Sara Montpetit porte haut et fort le parti pris de la metteuse en scène. Tous deux sont d'une justesse et d'une finesse de jeu éblouissantes. La scène de la promenade est un moment d'anthologie qui peut nous faire oublier un temps celle d'Isabelle Adjani et de Bernard Blier. L'émotion est au rendez-vous. Guillaume Veyre campe un Chrysalde fort convaincant. Se positionnant en contrepoint moral d'Arnolphe, il souligne brillamment la folie de celui-ci.       <br />
              <br />
       Par ailleurs, si le parti pris dramaturgique de la metteuse en scène s'avère totalement pertinent dans son principe, en élargissant le propos à notre époque actuelle, il aurait gagné néanmoins à être un peu moins appuyé et moins excessif quant à l'usage de la vidéo. Cette utilisation à tout-va ne laisse plus vraiment de place à l'imaginaire du spectateur.       <br />
              <br />
       Ce bémol mis à part, ce spectacle comporte de véritables moments de grâce et c'est un véritable plaisir d'entendre la langue de Molière aussi magnifiquement dite. À voir !       <br />
       <b>◙ Isabelle Fauvel</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'École des femmes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/95077028-66592723.jpg?v=1772610406" alt=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" title=""L'École des femmes" Une vision intemporelle et contemporaine du patriarcat dans laquelle la langue de Molière n'a jamais semblé aussi jolie" />
     </div>
     <div>
      Texte : Molière.        <br />
       Mise en scène : Frédérique Lazarini.       <br />
       Scénographie et lumière : François Cabanat.       <br />
       Costumes : Dominique Bourde et Isabelle Pasquier.       <br />
       Musique et son : François Peyrony.       <br />
       Vidéo : Hugo Givort.       <br />
       Avec : Cédric Colas, Sara Montpetit, Hugo Givort, Guillaume Veyre, Emmanuelle Galabru, Alain Cerrer et la voix de Michel Ouimet.       <br />
       Tout public.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 23 février au 3 mai 2026.</span>       <br />
       Mardi 20 h, mercredi 17 h (20 h le 11 mars), jeudi 19 h, vendredi 20 h 30, samedi 17 h et 20 h 30, dimanche 15 h.        <br />
       Théâtre Artistic Athévains, 45 rue Richard Lenoir, Paris 11ᵉ.        <br />
       Téléphone : 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/lecole-des-femmes/#billetterieecole" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !</title>
   <updated>2022-08-22T12:49:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Moi-Dian-Fossey-Lutte-amour-et-a-mort-_a3379.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-08-22T12:22:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans un beau monologue de Pierre Tré-Hardy où est retracée la vie de Dian Fossey, ce personnage haut en couleur, dans une mise en scène de Gérard Vantaggioli, est incarné avec beaucoup de force intérieure par Stéphanie Lannier autour de ses combats et de sa passion pour les gorilles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66859022-47410558.jpg?v=1661164998" alt=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" title=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" />
     </div>
     <div>
      Lumière sombre sur la scène laissant découvrir des panneaux blancs sur lesquels, durant toute la représentation, est projeté un film sur des branches d'arbres. Des bruits de nature accompagnent l'entrée de Stéphanie Lannier (Dian Fossey).       <br />
              <br />
       Dian Fossey (1932-1985) est une primatologue américaine. Spécialiste du comportement des gorilles de l'Est, elle a travaillé régulièrement dans les montagnes du Rwanda. Reconnue comme une référence dans son domaine, son travail scientifique a permis, entre autres, la reconnaissance légale des animaux comme des &quot;êtres vivants doués de sensibilité&quot; et ses luttes contre le braconnage ont permis d'en sauver vraisemblablement un grand nombre avant qu'elle ne soit sauvagement assassinée le 26 décembre 1985 dans la chambre de sa hutte dans les montagnes des Virunga (Rwanda). On ignore encore à ce jour l'auteur du crime. Son livre &quot;Gorilles dans la brume&quot; (Gorillas in the mist, 1983) reste encore une référence sur les gorilles des montagnes où elle relate aussi sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66859022-47410563.jpg?v=1661165036" alt=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" title=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" />
     </div>
     <div>
      Se détache de la scène une voix très profonde portée par la comédienne, comme venant d'outre-tombe. Le texte de Pierre Tré-Hardy parle de voix de l'esprit et a pour contexte cette nuit où la primatologue a été assassinée. Est ainsi jouée la personne corporelle de Dian Fossey mais aussi ce qu'elle représente avec l'esprit qui l'a animé. Ce personnage qui se raconte peut être situé dans différentes grilles de lecture. Comme celle d'être à cheval entre un organe vocal qui revendique haut et fort sa passion à l'égard des primates et son corps qui dégage une puissance physique avec des regards souvent fixes et les yeux toujours grands ouverts pour incarner sa lutte. Ainsi, les deux aspects, autant intérieur qu'extérieur, habillent le personnage, montrant une intimité certaine alliée à une représentation extérieure marquée politiquement pour la préservation de la Nature, par ses combats contre le braconnage.        <br />
              <br />
       Rien n'est dans la tiédeur et l'incarnation qui en est faite est à l'intersection d'un présent, la nuit du meurtre, d'un passé où est racontée sa vie et d'un appel au futur pour la sauvegarde des gorilles. Cette temporalité a pour toile de fond cette passion qui a été l'essence de sa vie et pour laquelle, durant treize années, elle a vécu seule dans les montagnes du Rwanda avec ces primates. Une musique accompagne parfois le monologue, créant ainsi des ruptures de jeu permettant des pauses dans un rythme toujours intensif.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66859022-47410567.jpg?v=1661165068" alt=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" title=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" />
     </div>
     <div>
      Le texte de Pierre Tré-Hardy, dans une mise en scène de Gérard Vantaggioli, met en exergue toute la puissance d'engagement d'une femme qui a tracé sa propre voie, seule, sans formation scientifique au préalable, à la reconnaissance bien avant l'heure d'une Nature et de sa préservation avec des compétences scientifiques de premier plan et reconnues unanimement. Cet engagement est essentialisé par la voix comme celle d'une flamme intérieure ayant éclairé et porté toute la destinée de la primatologue. Comme une partie d'elle-même, telle son ADN.       <br />
              <br />
       Le jeu de Stéphanie Lannier est très physique dans les postures, les regards, le maintien corporel fort et dynamique, ainsi que des attitudes souvent tranchées. Le monologue est jeté, dans le bon sens du terme, comme une bouteille à la mer avec son message à l'intérieur, pour marquer le dernier combat de notre héroïne afin que le monde puisse changer par rapport aux gorilles et par extension à la Nature. Et ce, avant tout le monde.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Moi Dian Fossey"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/66859022-47410737.jpg?v=1661166308" alt=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" title=""Moi Dian Fossey"… Lutte amour et à mort !" />
     </div>
     <div>
      Texte : Pierre Tré-Hardy.       <br />
       Mise en scène : Gérard Vantaggioli.       <br />
       Avec : Stéphanie Lanier.       <br />
       Création lumière : François Cabanat.       <br />
       Musique originale : Éric Breton.       <br />
       Son et images : Laurent Préyale.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 25 juillet au 26 août 2022.</span>       <br />
       Mardi à 20 h, mercredi à 15 h, jeudi à 19 h, vendredi à 20 h 30, samedi à 18 h 30, dimanche à 17 h.       <br />
       Théâtre Artistic Athévains, Paris 11e, 01 43 56 38 32.       <br />
       <a class="link" href="https://artistictheatre.com/" target="_blank">&gt;&gt; artistictheatre.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
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