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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-20T15:05:27+02:00</updated>
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   <title>"Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide</title>
   <updated>2026-02-06T09:39:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2026-02-06T09:07:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est le souvenir d'une enfance algérienne, entre 1962 et 1975, qui se poursuit en France jusqu'à l'âge adulte, bercée par une relation mère-fils tendre et poignante. C'est, en filigrane, une évocation de l'exil émaillée de références historiques où le personnel rejoint l'universel.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660046.jpg?v=1770365390" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Dès les premiers instants de la pièce, l'émotion est palpable grâce, en grande partie, aux lumières ocre et chaleureuses de Denis Schlepp et à la musique orientale de Fabien Martin. Trois élégants panneaux brillent de mille feux et côtoient de grands voiles projetant immédiatement le public vers l'Algérie et l'incontournable Constantine.       <br />
              <br />
       Puis, au fil du spectacle, les lumières se ternissent passablement autour de l'évocation de la guerre d'Algérie, du FLN, du communisme, mais ne tardent cependant pas à se rallumer rapidement via des clins d'œil à Albert Camus ou encore à l'éducation judéo-musulmane joyeusement chatoyante.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Comme tu pleures, comme tu ris… C'était ça l'Algérie. Une anisette, mon trésor !        <br />
       Et puis on est partis un peu comme des souris. Adieu parfums d'orangers, senteurs d'oliviers.       <br />
       L'Algérie, c'est fini. À nous Villeurbanne, le béton et la France&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660055.jpg?v=1770365518" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Il y a quelque chose de Roger Hanin et d'Enrico Macias chez Marc Samuel qui, dès les premiers instants de la pièce, captive le public par sa présence bien ancrée sur les planches. Plus tard, il se révélera tantôt narrateur, tantôt personnage, en ne perdant rien de son jeu juste et authentique. Sur le plateau épuré de décors superflus, il virevolte sobrement et élégamment en établissant une relation de confiance immédiate avec le public, en émaillant son jeu de tendresse et d'humanité émouvantes.       <br />
              <br />
       Très vite, à ses côtés, apparaît une bien jolie silhouette. Celle de la comédienne Magali Bonfils, chanteuse et directrice musicale aussi, que l'on retrouvera cet été au festival d'Avignon dans &quot;La Plume et l'épée&quot;, ainsi que dans la reprise de &quot;Caruso&quot; aux côtés de Roberto Alagna.       <br />
              <br />
       Ici, c'est une mère chaleureuse et protectrice qu'elle incarne avec justesse. Une mère que l'on aimerait toutes et tous avoir ancrée dans la réalité et empêchant l'effondrement de son enfant. Tenace et concrète dans son jeu, Magali Bonfils séduit le public en habitant véritablement ce rôle de mère, sans démonstration ni ostentation, mais en la rendant largement crédible.       <br />
              <br />
       Les deux partenaires pétillent de mille feux dès leurs premiers échanges, entre tendresse, poésie et humour libérateur. En parvenant à ne pas seulement &quot;se montrer ensemble&quot;, Marc Samuel, dans le rôle du fils, et Magali Bonfils dans celui de la mère, font exister un lien sincère fait d'écoute et de confiance mutuelle auréolées d'un amour sans failles.       <br />
              <br />
       La petite salle intimiste de la Scène Parisienne renforce particulièrement cet angle tout particulier, et octroie à ce récit autobiographique des échos universels fort émouvants.       <br />
              <br />
       Incontestablement touché par le jeu des deux comédiens complices, il est probable que le spectateur pourrait être encore plus sensible à des évocations moins linéaires du point de vue dramaturgique, ce qui apporterait à cette bien jolie pièce encore plus de saveur.       <br />
              <br />
       D'une sincérité incontestable, l'écriture reste par moments trop proche du simple témoignage personnel et peine à s'émanciper d'un simple registre narratif pour accéder à des moments d'émotions plus palpables encore, notamment lors des évocations historiques.       <br />
              <br />
       Mais &quot;Mon Trésor&quot;, actuellement à l'affiche de la Scène Parisienne, a l'énorme mérite de mettre l'amour filial au sommet de l'affiche, cet amour maternel qui a fondé l'existence même de l'auteur et d'aucuns d'aucunes pourraient être jaloux(ses)…       <br />
              <br />
       Le tout est auréolé avec rigueur par la mise en scène de Raphaëlle Cambray, également comédienne, laquelle a décroché l'an dernier le Molière de la comédienne dans un second rôle pour la pièce de Jean-Philippe Daguerre, &quot;Du charbon dans les veines&quot;.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon Trésor"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/94140330-65660146.jpg?v=1770366159" alt=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" title=""Mon Trésor" Tout est possible quand l'amour est là, franc et solide" />
     </div>
     <div>
      Texte : Marc Samuel en co-écriture avec Raphaëlle Cambray.       <br />
       Mise en scène : Raphaëlle Cambray.       <br />
       Avec : Magali Bonfils et Marc Samuel.       <br />
       Scénographie : Pauline Gallot.       <br />
       Bande son : Fabien Martin.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Costumes : Agnès Falque.       <br />
       Compagnie Samich-Michèle Loho.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 12 janvier au 1er avril 2026.</span>       <br />
       Lundi à 19h 30 et mercredi à 21 h.       <br />
       La Scène Parisienne, Salle 2, 34, rue Richer, Paris 4e.       <br />
       Téléphone : 01 42 46 03 63.       <br />
       <a class="link" href="https://billetterie.lasceneparisienne.com/events/3731" target="_blank">&gt;&gt; Billetterie en ligne</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.lasceneparisienne.com/" target="_blank">&gt;&gt; lasceneparisienne.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-Tresor-Tout-est-possible-quand-l-amour-est-la-franc-et-solide_a4471.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse</title>
   <updated>2025-04-15T23:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2025-L-Etrangere--une-relecture-originale-de-Camus-et-un-bel-hommage-a-la-transmission-et-au-regard-neuf-et_a4196.html</id>
   <category term="Avignon 2025" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/87940166-62314512.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2025-04-16T21:56:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
C'est un double récit qui se combine, se tisse et s'imbrique tout au long de la représentation de la pièce. Le premier de ces récits se déroule en temps réel sur scène entre un professeur de français et l'unique élève qui s'est déplacée pour venir à son cours. Le second récit va parcourir les péripéties du texte d'Albert Camus et nous en faire revivre une partie des scènes marquantes.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87940166-62314512.jpg?v=1744747223" alt="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" title="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" />
     </div>
     <div>
      Une partie seulement (et des extraits du texte original finement insérés et interprétés dans la pièce), car il s'agit ici pour le professeur et son élève de survoler l'œuvre en partant d'un point de vue particulier, celui de Marie Cardona, la compagne durant le temps du livre du héros de l'Étranger, Meursault.  Elle n'est dans l'histoire qu'un second rôle, et pourtant, elle est d'un bout à l'autre du livre, témoin, souvent proche de l'action, jusqu'au procès qui va condamner Meursault.       <br />
              <br />
       C'est la jeune élève, un rôle créé avec beaucoup de talent, de sincérité et de sensibilité par Marion Bajot, qui propose de revisiter l'ouvrage de Camus depuis le regard de Marie Cardona. Et c'est ainsi que le prof et l'élève, tantôt débattent, tantôt se replongent dans la lecture du roman pour y déceler des indices de sa présence tout au long du texte, mais surtout pour tenter d'imaginer ce que ressent ce personnage face à l'homme qu'elle aime, devenu meurtrier et passé au crible de sa condamnation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87940166-62314514.jpg?v=1744747345" alt="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" title="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" />
     </div>
     <div>
      La pièce évite soigneusement et avec habileté toute théorisation. Jean-Baptiste Barbuscia, auteur et metteur en scène, a misé sur l'art du jeu théâtral pour s'interdire de donner des leçons. Il a ainsi écrit des scènes très vivantes où ses interprètes passent rapidement de rôles à d'autres. Il profite également des très grands talents de sa comédienne, qui s'identifie parfaitement à cette jeune élève, vive, sans filtre, de notre époque, et à son comédien, Fabrice Lebert, capable de camper une bonne partie des personnages qui traversent le roman avec un art consommé de la comédie.       <br />
              <br />
       Usant d'un tableau noir doublé d'un tulle sur lequel vont s'accumuler les symboles des lieux et des personnages du roman au fil de la pièce, d'un pupitre et d'une lampe, puis d'un grand drap pour nous transporter sur la plage brûlée de soleil d'Algérie où se déroule le drame, sa mise en scène fonctionne parfaitement et permet de suivre les bonds et les rebonds de l'enquête menée par l'élève et le prof. C'est ingénieux, bien soutenu par les lumières de Sébastien Lebert, manié à vue et en jeu par les deux interprètes sans que le rythme en soit affecté.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87940166-62314547.jpg?v=1744747380" alt="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" title="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" />
     </div>
     <div>
      Une question se pose à la fin du spectacle : comprend-on tout ce dont il est question si l'on n'a pas lu le roman de Camus ? Il y a un véritable effort pour rendre compréhensible et vivant l'histoire originale, à l'aide de visuels, d'échanges et de scènes interprétées, mais cela suffit-il ? Quoi qu'il en soit, le premier récit, celui de la relation naissante et de l'attrait commun et passionné pour l'enquête qu'ils mènent, au travers des feuillets du livre, entre l'élève et le prof, est déjà une intrigue passionnante, bien menée, drôle et percutante. À elle seule, elle fait goûter avec plaisir l'esprit vif et percutant de la pièce.       <br />
              <br />
       Jean-Baptiste Barbuscia a pris le prétexte de la lettre envoyée par Camus à son instituteur lorsqu'il reçoit son prix Nobel de littérature, pour faire surgir de ses souvenirs une professeure qui lui fit découvrir, lorsqu'il était enfant, la littérature. Une jolie manière de rendre hommage aux miracles qui peuvent parfois exister entre un enfant, une enfant et un professeur ou une professeure. Des rencontres qui peuvent servir de base à toute une vie.       <br />
       <b>◙ Bruno Fougniès</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Étrangère"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/87940166-62314552.jpg?v=1744747426" alt="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" title="•Off 2025• "L'Étrangère", une relecture originale de Camus et un bel hommage à la transmission et au regard neuf et aiguisé de la jeunesse" />
     </div>
     <div>
      Librement inspiré de "L'Étranger" d'Albert Camus ( aux Éditions Gallimard).       <br />
       Adaptation : Jean-Baptiste Barbuscia.       <br />
       Mise en scène : Jean-Baptiste Barbuscia.       <br />
       Avec : Marion Bajot et Fabrice Lebert.       <br />
       Créateur lumière et vidéo : Sébastien Lebert.       <br />
       Arrangement musical : Benjamin Landrin.       <br />
       À partir de 13 ans.       <br />
       Durée : 1 h15.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>•Avignon Off 2025•</strong></span>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 26 juillet 2025.</span>       <br />
       Tous les jours à 13 h 30. Relâche le jeudi.       <br />
       Théâtre du Balcon, 3, rue Guillaume Puy, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 85 00 80.       <br />
       Courriel : <a class="link" href="javascript:protected_mail('contact@theatredubalcon.org')" >contact@theatredubalcon.org</a>       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredubalcon.org/" target="_blank">>> theatredubalcon.org</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie</title>
   <updated>2024-12-16T10:55:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Je-ne-suis-pas-arabe-Une-fresque-memorielle-emouvante-interpretee-avec-brio-humour-et-grande-poesie_a4096.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/84750706-60500845.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-12-05T19:50:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Mahdjouba Akrour est née à Oran en 1942. Elle a toujours dit à son petit-fils Elie de "laisser les morts tranquilles". Elle n'est pas arabe. Elle est française. Oran, ça n'existe pas. À l'aube de devenir père, soutenu par sa famille, Elie se demande pourquoi son enfant ne vient toujours pas au monde. Sa grand-mère, Mahdjouba, manque à l'appel… Nous sommes dans l'Oran des années trente et nous voilà embarqués dans une épopée onirique et surréaliste, entre situations absurdes et Histoire.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84750706-60500845.jpg?v=1733426107" alt=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" title=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Un conte fantastique, une auto-fiction, une réalité revisitée, un récit picaresque, une épopée familiale ? &quot;Je ne suis pas arabe&quot; d'Elie de Boissière et Ben Popincourt, c'est un peu tout ça à la fois. Mais c'est surtout l'histoire de Mahdjouar Akrour, la grand-mère d'Elie, qui a demandé à changer de prénom et qui est devenue Magda Akrour, un personnage un peu fou, mystique, rempli de contradictions et d'énigmes (sic).       <br />
              <br />
       Qui parmi nous n'a pas un jour cherché à connaître ses racines, ses origines exactes, quand bien même ces dernières semblaient pourtant connues et acquises ? Question existentielle qui, quand elle n'a pas de réponse, peut devenir obsédante, voire davantage…       <br />
              <br />
       Élie Boissière, on l'a vu déjà jouer dans &quot;Tom à la ferme&quot;, de l'auteur québécois Michel-Marc Bouchard, dans une mise en scène de Vincent Marbeau. Dans cette pièce aux allures de thriller, évoquant déjà le thème de la famille, le jeu organique du comédien était palpable, dense et investi. Non sans un bon mélange de force et de fragilité.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84750706-60500847.jpg?v=1733426151" alt=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" title=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      Il semblerait que les goûts éclectiques du comédien, ses différents et nombreux projets déjà réalisés, et sa passion pour le théâtre, entre autres, l'aient enfin conduit à être seul en scène. Alors, qu'en est-il de cette arène aride où, cette fois-ci, les partenaires sont absents, et où il faut s'imposer seul, comme un grand ? Enfin, presque seul, car une myriade de personnages sont quand même largement évoqués dans ce spectacle. Certains ont vraiment existé. D'autres sont totalement issus de l'imaginaire des deux complices à l'écriture.       <br />
              <br />
       Et puis il y a la musique sur scène qui occupe une place centrale, celle de l'oud, cet instrument originaire du Moyen-Orient dont joue le musicien Ahmed Amine Ben Feguira, passionné aussi de jazz et diplômé en musicologie.       <br />
              <br />
       Ce son apparaît comme un personnage à part entière qui transporte les spectateurs dans un voyage d'émotions bien palpables, consolidant fort justement la narration et l'interprétation du comédien. Peut-être l'instrument et son interprète auraient-ils pu se mouvoir davantage sur le plateau et se lever de leur place à nos yeux un peu trop statique… Pour envelopper encore davantage la sensibilité du propos.       <br />
              <br />
       &quot;Tom à la ferme&quot;, comme déjà signalé plus haut, était déjà une pièce sur le poids du secret de famille, sur le fatum, les silences, les non-dits. &quot;Je ne suis pas arabe&quot; aussi, le premier spectacle de la jeune Compagnie &quot;Les Yeux Larges&quot; et dont la genèse a commencé dans une maternité, celle où l'enfant d'Elie et Donia doit venir au monde. Mais ce bébé, il tarde à pointer le bout de son nez ! Quelqu'un qui ne &quot;pointe pas non plus le bout de son nez&quot;, c'est Magda, la grand-mère d'Elie, elle qui lui a toujours répété qu'elle était française (l'Algérie l'était à ce moment-là).       <br />
              <br />
       Elle n'est pas là malgré la profusion de joie et de plats cuisinés de toutes origines. Moment &quot;culinaire&quot; interprété de façon particulièrement remarquable par Elie Boissière. Alors Elie fonce droit devant, pour comprendre son absence, en faisant un bond en arrière dans les années trente en Algérie. En vrai ou pas ! En faisant venir Magda à Paris, dans son appartement, réellement ou pas ! Pour savoir. Pour crever l'abcès des non-dits de ses parents d'origine normande et maghrébine, convertis tous deux au judaïsme.       <br />
              <br />
       Toutes <span style="font-style:italic">&quot;ces gueules différentes du côté maternel&quot;</span>, tous ces gens, nombreux, il fallait qu'il les découvre, qu'il aille à leur rencontre. Qu'il sache… Qu'il cesse de botter en touche ! À un moment, ça suffit !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84750706-60500850.jpg?v=1733426173" alt=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" title=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Ma grand-mère constitue la mémoire vivante de la famille. Je brûlais d'envie de jouer un spectacle sur elle. Je me devais de capturer ses souvenirs pour les transmettre à mon tour, et faire parler les silences&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en scène d'Alexis Sequera a privilégié la sobriété et l'épure. Une simple toile blanche derrière laquelle le comédien se meut en ombres chinoises suffit à transporter le public dans son nécessaire voyage-requête et à nous le faire partager.       <br />
              <br />
       Osons entrevoir dans ce drap blanc, peut-être, l'idée de ce &quot;voile-linceul&quot; qui ne cesse de se dresser entre la France et l'Algérie… Le Blanc pas si blanc du colonialisme, présent-absent, encore et encore, et ses ombres en mémoire que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître…       <br />
              <br />
       Dans l'évocation des différents personnages qu'interprète le comédien, l'interprétation frôle parfois des dimensions caricaturales dignes de certains one-man-show, aux allures du &quot;Djamel Comédie Club&quot;. Cela dit, Elie Boissière y excelle largement, mais gageons que ce parti pris aurait pu être minimisé au profit d'autres moments de poésie, d'émotions et de nostalgie bien plus en phase avec le thème de la pièce, comme la scène finale par exemple ou encore l'évocation de la &quot;politique injustice&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84750706-60500851.jpg?v=1733426213" alt=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" title=""Je ne suis pas arabe" Une fresque mémorielle émouvante interprétée avec brio, humour et grande poésie" />
     </div>
     <div>
      La caricature de Mamie Magda, entre autres, relève d'un véritable talent d'acteur tant sur le plan de la pantomime que corporel ! Celle des têtes de chèvres sur les étals du marchand aussi.       <br />
       À certains moments, la diction et le phrasé du comédien ne sont pas sans nous rappeler ceux d'Abd-Al-Malik, et nous transportent dans de bien jolies références poétiques.       <br />
              <br />
       Mais créer, c'est faire une large place à des choix sans être souvent en mesure de renoncer !       <br />
       Dans cette petite salle intimiste du Théâtre La Reine Blanche, le voyage d'Elie Boissière dépasse largement les trois murs du plateau, grâce à son talent, et nous invite à songer à nos propres origines, avec humour, fine sensibilité et talent assuré.       <br />
              <br />
       Pour ce qui est du quatrième, courez-y en faire partie pour découvrir par vous-mêmes ce à quoi il vous expose.       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Je ne suis pas arabe"</b></div>
     <div>
      Texte : Elie Boissière et Ben Popincourt.       <br />
       Mise en scène : Alexis Sequera.       <br />
       Avec : Elie Boissière et le musicien Ahmed Amine Ben Feguira.       <br />
       Lumières : Nathan Sebbagh.       <br />
       Musiques : Ahmed Amine Ben Feguira.       <br />
       Compagnie Les Yeux Larges.       <br />
       Durée : 1 h 10.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 novembre au 21 décembre 2024.</span>       <br />
       Mardi et jeudi à 21 h, samedi à 20 h. Relâche : 26 novembre, 10 et 17 décembre.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche - Scène des Arts et des Sciences, Salle Marie Curie, Paris 18ᵉ, 01 40 05 06 96.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Je-ne-suis-pas-arabe-Une-fresque-memorielle-emouvante-interpretee-avec-brio-humour-et-grande-poesie_a4096.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux</title>
   <updated>2024-10-23T20:23:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/En-quoi-cette-nuit-Porter-les-souvenirs-et-les-traditions-au-sommet-de-la-vie-essentiels-et-fondamentaux_a4067.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/83697541-59868516.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-10-23T19:55:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Nathalie prépare le repas traditionnel. Elle a promis. Promis de célébrer cette fête. À sa mère, comme une tradition. C'est la fête de la Pessa'h, la Pâque juive. Guillaume est à l'étage, il répète pour un concert. Lui aussi aime les fêtes. Ils ne sont pas croyants. Une tradition, c'est une occasion. Tout le monde sera là.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868516.jpg?v=1729707502" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Nathalie est heureuse. Élise va venir plus tôt pour aider sa mère. Elle a conduit Sarah à son cours de piano. C'est un mercredi. Sarah a six ans. Elle est inquiète, il est question qu'ils changent de maison. Pourtant, c'est à deux pas ! Cette soirée est belle. On rit, on s'amuse, on se souvient des absents, des présents. Et surtout, on &quot;lit&quot; l'histoire. On la raconte. On la reconsidère…       <br />
              <br />
       La vie, il faut la célébrer, tout y célébrer, comme les traditions, sans oublier les souvenirs qui doivent s'entretenir pour que chacune et chacun s'y agrippe, notamment lorsque le doute s'installe.       <br />
              <br />
       Pour les auteurs, Barbara et Renaud Tissier, sœur et frère dans la vie, ce projet théâtral a été une évidence, centré sur l'idée que les souvenirs ont participé à comprendre et à transmettre une part d'eux-mêmes.       <br />
              <br />
       Nathalie, c'est la mère juive par excellence. Elle est née en Algérie, mais elle est mariée à un catholique. Guillaume, lui, il est là sans y être vraiment, répète son violon à l'étage pour un futur concert, et ne répond jamais… Élise, c'est la fille de Nathalie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ça ne veut rien dire. J'ai fait ma communion, et je ne parle pas latin&quot;.</span> Elle ne comprend pas tout. Elle s'inquiète des appréhensions récurrentes de sa fillette à déménager, même si la nouvelle maison est toute proche. Elle sent que c'est sur elle que tout se cristallise…       <br />
              <br />
       L'originalité de l'écriture de cette pièce réside sans doute sur ce point particulier ! Que le père, cet homme absent-présent, ne réponde pas. Que les autres personnages ne soient pas là non plus. Mais que, par contre, Sarah, la fillette, de six ans juste, évoque aussi, mais tellement présente, s'interroge, et pose plein de questions, avec, en elle, la crainte de quitter sa maison, comme un déracinement, pour elle aussi !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868524.jpg?v=1729707533" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Qu'y aura-t-il de différent ce soir-là ? &quot;En quoi cette nuit… ?&quot; fait-elle vaciller, d'une certaine manière, l'idée de croyance et de traditions indéboulonnables ancrées comme du granit dans les corps et les âmes de chacune et chacun d'entre nous, jusqu'à la faire chavirer ?       <br />
              <br />
       La célébration de la Pâque juive, ici, n'est finalement qu'un prétexte qui confère à la pièce une dimension très fine et hautement sensible. Le tout étant remarquablement interprété par les deux seules comédiennes, Barbara Tissier et Camille Timmerman, qui jouent tous les personnages ou, en tout cas, s'adressent à eux, en réussissant avec brio à nous faire croire, grâce à leur talent, qu'ils sont tous sur scène : Rebecca, David, Guillaume, Natacha, Déborah, Samuel, Nhat-Nam, ou encore Paul.       <br />
              <br />
       Barbara Tissier, sous des faux airs de Catherine Frot, est éblouissante de justesse, et parvient à dépasser les moments émouvants sans pathos aucun, mais avec un véritable talent d'interprétation. Après avoir tourné à l'âge de dix ans dans &quot;Passion&quot; de Godard, il lui a paru évident qu'elle deviendrait comédienne. La saison 2023-2024, elle la passe au Théâtre Hébertot dans une reprise du &quot;Repas des Fauves&quot; avec Thierry Frémont.       <br />
              <br />
       Camille Timmerman, quant à elle, parvient à transmettre par son jeu très investi et organique un brillant éclairage sur le présent, que l'on doit au passé, certes, qui nous unit, certes, mais qui doit aussi s'inscrire dans le futur.       <br />
              <br />
       Sa fillette, Sacha, c'est le futur, mais dans l'écriture de la pièce, c'est surtout le symbole du présent et de la vie qui va, contre vents et marées, entre traditions et avancées inéluctables.       <br />
              <br />
       Le musicien-guitariste Alban Losseroy accompagne sur scène les deux comédiennes, faisant résonner bien joliment, grâce à ses notes attendrissantes, leurs mots, leurs intentions et leurs émotions partagées bien palpables.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/83697541-59868525.jpg?v=1729707557" alt="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" title="En quoi cette nuit… ?" Porter les souvenirs et les traditions au sommet de la vie, essentiels et fondamentaux" />
     </div>
     <div>
      Le passage retraçant le dîner de famille est tout simplement exceptionnel de créativité, dans lequel les deux voix des comédiennes se cognent admirablement comme dans un match de tennis de table, se répondent, alertes et virevoltantes. Un très très beau moment de spectacle dû, peut-être, au souffle créativement scientifique de Renaud Tissier, chercheur, vétérinaire, Docteur d'Université et Professeur de Pharmacologie.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Un frère et une sœur, deux constructions professionnelles différentes, et pourtant, une création commune évidente&quot;.</span>       <br />
              <br />
       La mise en scène de David Nathanson confère, par moments, au propos de la pièce des allures de huis clos, mais qui est largement galvanisé par l'énergie des deux comédiennes.       <br />
              <br />
       &quot;En quoi cette nuit&quot; est une bien jolie pièce sur le poids des traditions, non dénuée d'humour, ce qui n'est pas sans apporter une certaine légèreté à des situations qui pèsent parfois très lourd dans les familles…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"En quoi cette nuit… ?"</b></div>
     <div>
      Texte : Barbara et Renaud Tissier.       <br />
       Mise en scène : David Nathanson.       <br />
       Avec : Barbara Tissier, Camille Timmerman ou Hannah-Jazz Mertens (en alternance), Alban Losseroy.       <br />
       Scénographie : Marie Hervé.       <br />
       Musicien : Alban Losseroy.       <br />
       Compositeur : Michel Mella.       <br />
       Lumières : Denis Schlepp.       <br />
       Compagnie &quot;En quoi cette nuit&quot;, avec le soutien de l'Espace Rachi de Paris.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 24 septembre au 3 novembre 2024.</span>       <br />
       Mardi à 19 h et dimanche à 16 h.       <br />
       Théâtre de la Reine Blanche, Paris 18ᵉ, 01 42 05 47 31.       <br />
       <a class="link" href="https://www.reineblanche.com/" target="_blank">&gt;&gt; reineblanche.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/En-quoi-cette-nuit-Porter-les-souvenirs-et-les-traditions-au-sommet-de-la-vie-essentiels-et-fondamentaux_a4067.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire</title>
   <updated>2024-06-10T17:10:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Les-Paravents-Une-opposition-entre-immobilite-et-mouvement-aux-frontieres-de-notre-actualite-migratoire_a3938.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/80875173-58307801.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-10T16:38:00+02:00</published>
   <author><name>Safidin Alouache</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une scénographie qui mêle des éléments de grandes dimensions à la blancheur de leurs couleurs, le metteur en scène Arthur Nauzyciel décline symboliquement "Les Paravents" dans un contexte dramaturgique où se mouvoir et trouver sa place, dans un rapport asymétrique de violence et de pouvoir, reste à chaque instant problématique.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80875173-58307801.jpg?v=1718032097" alt=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" title=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" />
     </div>
     <div>
      La scène découvre un très grand escalier blanc, pentu et haut de dix-sept marches. Il recouvre tout le plateau et est durant la représentation un élément qui pose un cadre délimité et délimitant dans les trajets et postures des personnages. Il est l'élément contraignant par nécessité pour planter une situation dans laquelle tout est contrainte pour ceux qui y sont logés. La guerre d'Algérie est en fond de décor avec ses relents racistes envers la figure de l'Arabe, encore tristement d'actualité, et ce, depuis de nombreuses années. Jean Genet a écrit &quot;Les paravents&quot; (1961) durant cette période et a été représenté la première fois en 1966. Les thèmes de l'oppression, du pouvoir et de la violence sont le fil rouge de chacune des scènes.       <br />
              <br />
       Les voix, dans les premières répliques, se perdent dans une scénographie imposante où le blanc immaculé cache une oppression tel un paravent. La blancheur occulte en effet, avant qu'ils ne se montrent ensuite d'eux-mêmes, le mépris et le racisme où le silence cajole une misère que la parole dévoile et où chaque marche sur laquelle se posent, entre autres, Saïd (Aymen Bouchou) et Leïla (Hinda Abdelaoui), est une étape d'un après qui ne dessine pas son horizon, sauf celle d'une fuite en avant vers une autre misère ou vers la mort.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80875173-58307802.jpg?v=1718032138" alt=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" title=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" />
     </div>
     <div>
      Cet escalier, qui fait l'éclat et la marque des décors de Riccardo Hernández et de Léa Tubiana, en devient aussi son pendant lunaire, car le déplacement, dans ces conditions, est un partenaire difficile. Aussi, la voix devient centrale et la poésie de Genet bascule parfois, comme à son habitude, sur une franchise des mots en témoignage d'un contexte social.       <br />
              <br />
       Les personnages sont comme avalés par un monde où la démesure est mesure, à l'image de la scénographie et de la poésie du verbe, paravent élégant et cruel de la violence des oppresseurs. Dans ce va-et-vient entre déplacements contraints et répliques poétiques, la lecture et l'attention du public peuvent être troublées par ce visage théâtral à la Janus.       <br />
               <br />
       Les protagonistes se meuvent par de grandes enjambées, parfois à la vitesse d'un écoulement de secondes. On reconnaît chez Saïd une façon particulière de se déplacer, élégante et raffinée. L'escalier influe dans les relations des uns et des autres suivant qu'ils soient assis ou allongés, debout ou se mouvant sur celui-ci. Il témoigne, aussi pour eux, d'une difficulté à exister socialement et physiquement par rapport aux légionnaires (Mohamed Bouadla, Océane Caïraty, Xavier Gallais, Romain Gy, Jan Hammenecker, Brahim Koutari, Mounir Margoum, Maxime Thébault) situés souvent en dehors de l'escalier.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/80875173-58307842.jpg?v=1718032165" alt=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" title=""Les Paravents" Une opposition entre immobilité et mouvement aux frontières de notre actualité migratoire" />
     </div>
     <div>
      Regroupés parfois comme un régiment militaire avec leurs gestiques rythmées et machinales, ils sont fréquemment en bas de scène, habillés entre autres de leurs bottes et de leurs longues chaussettes. Durant la représentation, apparaissent de très beaux tableaux dans lesquels les voix se chevauchent à dessein avec de belles réparties humoristiques.       <br />
              <br />
       En écho à l'époque où Genet a écrit &quot;Les Paravents&quot;, les escaliers deviennent la symbolisation d'un djebel dans lequel nombre de colonisés algériens se terraient, se cachaient ou vivaient, étrangers à leur propre terre, car dépossédés. Les personnages apparaissent parfois en haut des marches, comme pour une attaque. Ou immobile quand ils ne montent pas vers le sommet. Le moindre mouvement devient action et attention, la chute, autant sociale que létale, pouvant intervenir comme à la toute fin de la représentation où tous s'évanouissent en plongeant comme des corps morts du haut des marches.       <br />
              <br />
       La deuxième partie démarre avec une vidéo d'un ancien appelé qui lit quelques lettres envoyées à sa famille, cassant quelque peu la dynamique de jeu et plongeant la pièce dans une vue historique qui n'était pas nécessaire. La mise en scène d'Arthur Nauzyciel plante aussi un univers où l'immobilité et le mouvement sont deux axes sur lesquels oscillent nos personnages, l'insécurité sociale et physique demeurant à chaque instant. Sa lecture nous rappelle cruellement notre actualité dans nos temps durs et mêlés où chacun d'entre eux peut être la figure autant d'un colonisé, d'un immigré, d'un migrant que d'un laissé-pour-compte malmenés par l'oppression d'un État.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Les Paravents"</b></div>
     <div>
      Texte Jean Genet.       <br />
       Mise en scène : Arthur Nauzyciel.       <br />
       Avec : Hinda Abdelaoui, Zbeida Belhajamor, Mohamed Bouadla, Aymen Bouchou, Océane Caïraty, Marie-Sophie Ferdane, Xavier Gallais, Hammou Graïa, Romain Gy, Jan Hammenecker, Brahim Koutari, Benicia Makengele, Mounir Margoum, Farida Rahouadj, Maxime Thébault, Catherine Vuillez et la voix de Frédéric Pierrot.       <br />
       Dramaturgie : Leila Adham.       <br />
       Travail chorégraphique : Damien Jalet.       <br />
       Lumières : Scott Zielinski.       <br />
       Scénographie et accessoires : Riccardo Hernández, avec la collaboration de Léa Tubiana.       <br />
       Sculpture : Alain Burkhart, assistée de Jeanne Leblon Delienne.       <br />
       Son :  Xavier Jacquot.       <br />
       Vidéo : Pierre-Alain Giraud.       <br />
       Costumes, maquillages, coiffures et peinture des djellabas : José Lévy.       <br />
       Coiffures et maquillages : Agnès Dupoirier.       <br />
       Habillage : Charlotte Gillard.       <br />
       Accessoires : Fanny Martel.       <br />
       Réalisation du décor : Ateliers du Théâtre du Nord.       <br />
       Réalisation des costumes : Ateliers du Théâtre national de Bretagne.       <br />
       Durée : 4 h (avec l'entracte de 15 minutes).       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 31 mai au 19 juin 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h 30, dimanche à 15 h.       <br />
       Représentations surtitrées en anglais les samedis 1er, 8 et 15 juin.       <br />
       Odéon Théâtre de l'Europe, Paris 6e, 01 44 85 40 40.       <br />
       <a class="link" href="https://theatre-odeon.eu/" target="_blank">&gt;&gt; theatre-odeon.eu</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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