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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-06T01:22:17+02:00</updated>
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   <title>"Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction</title>
   <updated>2026-01-20T15:29:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Semeurs-de-reves-Une-evocation-du-pouvoir-des-enfants-et-de-leur-possible-force-de-conviction_a4456.html</id>
   <category term="Pitchouns" />
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   <published>2026-01-21T07:04:00+01:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans le village de Griseville, les habitants travaillent dur. C'est sans doute tout ce qu'ils savent faire. Leur communauté est bien réglementée. On ne doit rien y changer ! Ceux qui sortent des rails deviennent parjures et le serpent arrive à ses côtés sans jamais les quitter.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493503.jpg?v=1657452162" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      Un jour, deux étrangers un peu saltimbanques, un homme et une femme, arrivent dans le village, suscitant le mécontentement des Grisillois, adultes et enfants confondus, et tous sans exception les rejettent d'emblée. On les considère comme <span style="font-style:italic">&quot;des romanichels, des utopistes, bref des parasites&quot;</span>. Ces deux nouveaux arrivants découvrent une maison abandonnée, s'y installent et décident de lui redonner vie. Mais ces deux-là possèdent des graines de rêve qui contiennent la patience, le courage et la persévérance.       <br />
              <br />
       Ces graines parviendront-elles à transformer les habitudes sectaires et rigides des Grisillois ?       <br />
              <br />
       Lors du festival d'Avignon 2019, &quot;Semeurs de rêves&quot; a obtenu le prix de la jeune création de la région Sud et, toujours en 2019, le prix &quot;Coup de pouce&quot; du jury au festival Au bonheur des mômes en Haute-Savoie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493504.jpg?v=1657452222" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      Un spectacle comme celui-ci a toujours pour nous quelque chose d'enchanteur et de galvanisant. Notre longue expérience festivalière ne le démentira pas. Sans doute parce que la journée balbutie avant l'effervescence à venir que l'esprit s'éveille encore un peu dans les limbes du sommeil, prêt en tout cas à recevoir, à entendre, à se laisser guider. Simplement.       <br />
              <br />
       Ce fut le cas à nouveau en ce premier jour du festival d'Avignon (spectacle vu lors de celui-ci en 2022) et, à nouveau, nous n'avons pas été déçus(es). D'emblée, le spectateur est plongé dans les aventures des deux amis dans lesquels les propos sérieux et largement &quot;politiques&quot; en filigrane n'étouffent pas la magie du conte, loin de là. Les enfants y prendront un plaisir incontestable, non sans s'interroger sur la raison pour laquelle des Grisillois laissent partir leurs veaux à l'abattoir ou encore (pour les plus éveillés peut-être) sur les raisons qui ont poussé une grand-mère à sacrifier sa vie en laissant de côté son amour de la chanson.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493505.jpg?v=1657452263" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      &quot;Semeurs de rêves&quot; est une forme quelque peu hybride qui ne dure que 55 minutes, mais on a la douce sensation d'avoir vécu une très longue histoire pleine de rebondissements. Le spectacle propose une esthétique fine entre un texte justement écrit et les arts mêlés conjuguant les marionnettes, le théâtre d'ombre, le film d'animation, le chant, la musique et la comédie.       <br />
              <br />
       Pas de revendications affichées de façon ostentatoire alors que portant, on y parle de préjugés, de conditionnements sociaux, de sexisme, de xénophobie ou encore de spécisme, d'alimentation végan ou encore de la consommation de la viande.       <br />
              <br />
       Les plus jeunes spectateurs y découvriront un bien joli conte dans lequel le pouvoir des enfants et leur force de conviction sont nettement évoqués. Les adultes, quant à eux, y réfléchiront longtemps après et, si tant est qu'ils aient gardé leur âme d'enfant, ils passeront, eux aussi, une heure de spectacle poétique et magique sans se poser trop de questions sur les conditionnements sociaux envahissants pourtant évoqués.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493506.jpg?v=1657452325" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;Semer des rêves, c'est impossible ! Pas sûr, répond la comédienne, il tient à chacun de semer sa graine à rêver et à continuer à la regarder pousser !&quot;</span>       <br />
              <br />
       La Compagnie Les Vagabonds des Étoiles et ses deux comédiens à Avignon, Charlotte Clément et Stefan Mandine, sont animés par une grande force de conviction. La scène, ils aiment ça et ils l'investissent avec brio pour notre plus grand plaisir.       <br />
              <br />
       Nous aurions bien aimé nous aussi, à la fin du spectacle, obtenir une de ces graines à rêver et quand la comédienne à la fin de la représentation nous a demandés quel était notre rêve personnel, nous sommes restés silencieux ! Ou alors, nous aurions dû suggérer que des spectacles, comme celui-ci, nous soient proposés plus souvent. Surtout par les temps que nous traversons…       <br />
       <b>◙ Brigitte Corrigou</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Semeurs de rêves"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493507.jpg?v=1657452377" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      Texte : Charlotte Clément.       <br />
       Mise en scène : Charlotte Clément.       <br />
       Avec : Charlotte Clément, Stefan Mandine.       <br />
       Musiques originales et films d'animation : Stefan Mandine.       <br />
       Décors et dessins : Benjamin Olinet.       <br />
       Création lumières : Greg Mittelberger, Arnaud Bunel.       <br />
       Par la Cie Les Vagabonds des Étoiles.       <br />
       Pour toutes et tous à partir de 6 ans.       <br />
       Durée :  55 minutes.       <br />
              <br />
       <b>Tournée</b>       <br />
       13 janvier 2026 : Espace NoVa, Velaux (13).       <br />
       <span class="fluo_jaune">27 janvier 2026 :</span> Théâtre de l'Étoile, Châteaurenard (13).       <br />
       25 février 2026 : Salle du citoyen, Lognes (77).       <br />
       13 et 14 mars 2026 : La Castélorienne, Montval-sur-Loir (72).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/93795113-65493508.jpg?v=1657453251" alt=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" title=""Semeurs de rêves" Une évocation du pouvoir des enfants et de leur possible force de conviction" />
     </div>
     <div>
      
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  <entry>
   <title>"L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement</title>
   <updated>2025-01-09T11:31:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/L-Odeur-de-la-guerre-La-vie-qui-brule-dedans-et-le-corps-qui-eclate-soudainement_a4120.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2025-01-09T05:26:00+01:00</published>
   <author><name>Isabelle Lauriou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Julie Duval, seule sur le plateau de la petite salle de La Scala nous tend les bras. Indirectement car, pendant que le public, nombreux ce soir-là, s'installe paisiblement, la comédienne s'échauffe comme une boxeuse avant de monter sur le ring.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85406383-60872298.jpg?v=1736337363" alt=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" title=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" />
     </div>
     <div>
      Justement ! Julie Duval est également boxeuse et sa tenue le souligne.       <br />
       Dans cette pièce, &quot;L'odeur de la guerre&quot;, tel un uppercut émotionnel, Julie se prénomme &quot;Jeanne&quot;. Simple et belle.       <br />
              <br />
       Traits fins et visage qui, déjà, racontent un parcours ou, plus simplement, un chemin. Le sien.       <br />
       La douceur de sa voix se transforme tout au long de ce &quot;combat&quot; théâtral quand elle endosse et incarne des personnages.       <br />
              <br />
       D'abord le père, la figure, ce père à qui il est important de plaire que l'on ait 6 ou 20 ans.       <br />
       Puis la mère, celle dont on parle mais qui ne dit rien, ou si peu, et qui aime tellement son chien. Cet animal qui reçoit l'amour quand l'enfant l'attend, toujours…       <br />
              <br />
       La sœur qui ne porte pas de prénom et qu'elle appelle &quot;ma sœur&quot;. Sœurs complices qui se soutiennent quand l'enfance prend soudain un autre visage.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85406383-60872299.jpg?v=1736337452" alt=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" title=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" />
     </div>
     <div>
      La grand-mère qui, comme une fée consciente de ses erreurs passées, souhaite pour &quot;Jeanne&quot; le meilleur dans cette étrange société.       <br />
              <br />
       Julie petite, Jeanne Julie, adolescente et cette vie qu'elle nous raconte dans une ville où se faire une place n'est pas facile. Fuir ? Est-ce bien utile ? Et que fuit-elle ? Une famille ? Cet homme qui a profité salement d'elle ? Ses &quot;modèles&quot; de femmes dans lesquels elle ne se reconnaît pas ?       <br />
              <br />
       Où voyage-t-elle quand elle ne s'écoute pas ? Quand une autre prend le pas et qu'elle ne se reconnaît pas. Quand elle vit une autre vie dont, justement, elle ne veut pas !       <br />
               <br />
       Boxer combattre le mal qui ronge et dans lequel elle replonge même partie à des centaines de kilomètres de son nid. Boxer. Frapper. Cogner. Exorciser telle une aventurière de son âme dont la boxe guide ses pas.       <br />
              <br />
       Des coups ! Elle en aura reçus avant de &quot;frapper&quot; à la porte d'une salle de boxe. Cette coach génialement incarnée qui sûrement dans un coin du ring l'a sauvée. Parce qu'à un moment le mâle devient danger et qu'il est temps de se libérer.        <br />
              <br />
       Son père, alors qu'elle n'était qu'une enfant, lui enseignait des petites frappes pour passer le temps. Plus qu'un souvenir, c'est un cadeau qu'elle a su ouvrir à retardement. Et elle a bien fait de prendre ce temps. De sentir la vie autrement pour devenir elle-même et de faire d'un jeu d'enfant une passion qui l'anime.       <br />
              <br />
       Comédienne talentueuse. Animée, passionnée et terriblement généreuse, Julie Duval est sublimée par une mise en scène élégante et une lumière minutieusement travaillée.       <br />
              <br />
       &quot;L'odeur de la guerre&quot; est un arôme qui lui ressemble. La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement.       <br />
              <br />
       Cette année au festival d'Avignon, j'ai pris quelques claques. Celle qu'offre Julie Duval m'a, en plus, tiré quelques larmes. De ses coups au corps et coups au cœur, ses cris venus de l'intérieur font désormais briller ses poings de grande artiste. Et perso, K-O j'ai été !       <br />
       <b>◙ Isabelle Lauriou</b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu à la Scala Provence à Avignon.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"L'Odeur de la guerre"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/85406383-60872300.jpg?v=1736337492" alt=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" title=""L'Odeur de la guerre" La vie qui brûle dedans et le corps qui éclate soudainement" />
     </div>
     <div>
      Texte : Julie Duval.       <br />
       Mise en scène : Juliette Bayi et Élodie Menant.       <br />
       Avec : Julie Duval.       <br />
       Collaboration dramaturgie : Juliette Bayi et Élodie Menant.       <br />
       Création Lumières : Thomas Cottereau.       <br />
       Compositeurs : Rodolphe Dubreuil et Rob Adans.       <br />
       Chorégraphie : Julie Cash.       <br />
       Par la Compagnie C'est pour ça.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 19 janvier au 18 mai 2025.</span>       <br />
       Dimanche à 21 h, à 17 h 30 les dimanches de mai.       <br />
       Théâtre La Scala, Paris 10ᵉ, 01 40 03 44 30.       <br />
       <a class="link" href="https://lascala-paris.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lascala-paris.fr</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité</title>
   <updated>2024-11-27T10:50:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante-modernite_a4090.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-11-27T16:59:00+01:00</published>
   <author><name>Gil Chauveau</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Dans une forme de narration chamarrée, joyeusement déjantée et tonitruante, les Épis Noirs nous offrent un Britannicus revisité en une tragédie féroce et jubilatoire fondée sur l'art des saltimbanques, circassiens et autres bateleurs. De cette création aux accents désespérément tragiques sont révélés monstres et monstruosités. Et si l'âme romaine voulut par Racine est préservée, se fait jour néanmoins l'imparable modernité des propos nous rappelant qu'un hideux serpent sommeille toujours en chacun de nous, que notre face obscure est toujours prompte à faire œuvre dans certains moments de notre vie.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361142.jpg?v=1657975965" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Les tragiques rouages de cette mécanique implacable et féroce – qui font passer nos héros de la lumière à la noirceur et de vie à trépas pour l'inconsistant frère de Néron, ci-devant Britannicus, à l'innocence amoureuse – sont, comme chacun sait, un vol qualifié d'amante, d'ignominieuses trahisons assumées nourrissant moult complots et poisons, un inceste consommé, un emprisonnement avec cage à l'ancienne, un harcèlement minutieux et d'une moderne lourdeur… et autres cruelles réjouissances, initialement à la sauce romaine, mais ici transformés en un consommé riche et bariolé, burlesque et impertinent, grâce à la mise en scène audacieuse et inventive de Pierre Lericq et le jeu énergique, voire impétueux des comédiennes et comédiens de ce théâtre ambulant sous la férule despotique de Monsieur Loyal.       <br />
              <br />
       Chaque scène déterminante de la pièce est exprimée et construite comme un numéro de cirque, de dressage, sous l'emprise tyrannique de Monsieur Loyal – dresseur de fauves ? Qui sait ! –, ce dernier assénant un tonitruant &quot;Admirez le dressage !&quot;, fier et satisfait, à la foule spectatrice et repris à l'envi à chaque séquence. Celui-ci, fouet en main, toujours prêt à bondir, rappelle aux protagonistes qui est le patron, orchestrant cette tragédie revisitée en cirque et fête foraine et, en adresse au public, jetant de temps en temps un bouquet imagé de commentaires moqueurs ou d'injonctions acérées, comme une expression existentialiste, un besoin d'affirmation du chef, harangue provocatrice du forain attirant le client.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361143.jpg?v=1657976209" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Premier numéro annoncé : &quot;L'innocence, entre le divin et le néant&quot;. Sur la piste poussiéreuse, paraissent Britannicus et la douce, innocente, Junie, inéluctables amants contrariés. Puis tout s'enchaîne rapidement, l'une des grandes réussites de la mise en scène étant d'insuffler un rythme endiablé à la succession des différentes situations dramatiques, porté par dix chansons (compositions originales de Pierre Lericq) qui illustrent avec efficacité et pertinence la tragédie ainsi déroulée en une partition rock and roll, coloré et enthousiaste.       <br />
              <br />
       Suivent le discours d'Agrippine, les remarques des serviteurs de Néron, Narcisse et Albin, prônant pour l'un l'honnêteté, pour l'autre la tyrannie, le message du messager - &quot;le mariage est compromis&quot; -, le coup de foudre de Néron pour la compagne de Britannicus et Junie kidnappée par le despote, envoyée aux enfers. Ici sont le crime contre la vertu, la ruse et la dissimulation contre la sincérité, le pouvoir par la force, sans la justice, dans l'abjection et dans la honte.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361144.jpg?v=1657976539" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Agrippine annonce à Britannicus que Néron lui a piqué sa douce amante. Pendant ce temps, Néron met en place son chantage, poussant la belle innocente à l'aimer sinon il tue Britannicus. La tragédie se joue, inexorablement, et, au passage, l'inceste s'affirme entre Agrippine, toujours aussi branchée sur sa libido, et Néron. Elle : &quot;aujourd'hui, tu n'as pas fait l'amour à ta mère&quot; et lui rappelle que c'est elle qui l'a mis sur le trône. Puis vient, les retrouvailles de Britannicus et Junie, tous deux ignorant que déjà le complot se trame et que la mort frappera bientôt à sa porte.       <br />
              <br />
       Chaque seconde est inattendue et la mise en scène laisse une impression permanente d'imprévue, riche de surprises. Il en est de même pour l'interprétation des personnages, chaque comédienne et comédien donnant une énergie, une densité tragique à chaque protagoniste, tout en y imprimant un &quot;cachet&quot; burlesque, parfois clownesque du meilleur effet.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361145.jpg?v=1658041854" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Cette histoire est avant tout l'histoire de Néron, le &quot;monstre naissant&quot; et, sous des dehors de tragédie foraine, empreinte d'humour décalé et un rien trash dans la force de l'expression musicale notamment, il est donné <span style="font-style:italic">&quot;à voir et à entendre le monstre qui est en chacun de nous que nous enfermons dans notre cage thoracique et notre for intérieur à coup d'éducation et de culture&quot;.</span>       <br />
       <b>◙ Gil Chauveau</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Britannicus Tragic Circus"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361146.jpg?v=1658041898" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      Texte et musique originale : Pierre Lericq.       <br />
       Mise en scène : Pierre Lericq.       <br />
       Assistante à la mise en scène : Bérangère Magnani.       <br />
       Avec : Jules Fabre, Pierre Lericq, Gilles Nicolas, Marie Reache, Juliette de Ribaucourt et Tchavdar.       <br />
       Scénographie : Yves Kuperberg.       <br />
       Lumière : François Alapetite.       <br />
       Costumes : Chantal Hocdé Del Pappas.       <br />
       Production Atelier Théâtre Actuel, Louis D'or production et Arts et Spectacles production       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
       Par les Épis Noirs.       <br />
       Durée : 1 h 20.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 27 novembre 2024 au 9 février 2025.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 21 h, dimanche à 18 h.       <br />
       Relâche : 25 décembre 2024, 1ᵉʳ, 17 et 18 janvier 2025.       <br />
       Le Lucernaire, Théâtre Rouge, Paris 6ᵉ, 01 45 44 57 34.        <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       Rencontre avec l’équipe artistique le vendredi 13 décembre à l’issue de la représentation.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/84538067-60361147.jpg?v=1658041926" alt=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" title=""Britannicus Tragic Circus" Une tragédie revisitée d'où surgit monstres et monstruosités d'une inquiétante modernité" />
     </div>
     <div>
      <b>Tournée</b>       <br />
       17 et 18 janvier 2025 : Thonon-les-Bains (74).       <br />
       6 mars 2025 : Issoudun (36).       <br />
       23 mars 2025 : Le Malherbois (45).       <br />
       29 mars 2025 : Fresnes (94).       <br />
       2 avril 2025 : Saint-Malo (35).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Britannicus-Tragic-Circus-Une-tragedie-revisitee-d-ou-surgit-monstres-et-monstruosites-d-une-inquietante-modernite_a4090.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps</title>
   <updated>2024-06-19T15:56:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Eurydice-aux-Enfers-Vivre-comme-mourir-engage-l-etre-tant-dans-son-ame-que-dans-son-corps_a3961.html</id>
   <category term="Avignon 2024" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/81081175-58457977.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-06-20T07:42:00+02:00</published>
   <author><name>Brigitte Corrigou</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ayant perdu son épouse Eurydice, Orphée pleure sa mort durant la cérémonie funèbre. Zeus, voyant le chagrin du jeune homme, l'autorise à descendre aux Enfers pour qu'il aille chercher sa bien-aimée. Une seule condition lui est imposée : qu'il ne croise le regard d'Eurydice à aucun moment.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81081175-58457977.jpg?v=1656007908" alt="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" title="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" />
     </div>
     <div>
      Accueilli d'abord avec hostilité par les Esprits infernaux, Orphée est ensuite guidé par les Ombres heureuses dans le paysage des Champs-Élysées et elles lui rendent Eurydice. Tous deux chantent le bonheur retrouvé et Orphée veille à ne pas regarder son épouse. Mais celle-ci commence à douter de l'amour d'Orphée qui lui refuse tout contact. Tenu au silence, Orphée finit pourtant par briser le serment et témoigne son amour à Eurydice : la jeune femme s'effondre aussitôt, laissant à nouveau Orphée seule. Toutefois, grâce à l'intervention de l'Amour, ils seront bientôt unis pour l'éternité.       <br />
              <br />
       Tel est le résumé du célèbre mythe d'Orphée et Eurydice. Mais c'est avec une grande modernité et une grande audace que la Compagnie de l'Eau qui Dort, sous la houlette de Gwendoline Destremau, a revisité ce dernier. Ici, c'est Eurydice qui traverse la croûte terrestre pour retrouver son amant Orphée décédé. Elle rencontre de multiples cadavres et créatures qui font de sa route vers l'amour un véritable chemin initiatique. La mise en scène, d'une modernité heureuse et lumineuse, met l'accent sur une incontestable dimension féminine sans toutefois afficher de grandes revendications féministes auxquelles on est souvent confronté ! Car dans cette pièce, tout est soigneusement sobre à ce sujet, juste et subtile.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81081175-58457978.jpg?v=1656007939" alt="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" title="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" />
     </div>
     <div>
      La comédienne Louise Herrero en est en grande partie &quot;responsable&quot; tant son jeu est captivant, sensible et tellement bouleversant. Dès les premiers instants de la pièce, elle est là, sans l'être vraiment. On la voit, on la devine. Elle va apparaître bientôt. Les trois comédiens qui scandent le texte d'ouverture nous la rendent déjà assurément présente : <span style="font-style:italic">&quot;Eurydice, c'est une pelleteuse enragée. Elle suit la route inconnue des Enfers. Elle va plus vite que la mort. Rien ne l'arrête ! Quelle femme. Quelle nageuse. En voilà une qui ne se laisse pas abattre. Je répète. En voilà une qui ne se laisse pas abattre&quot;</span>. Le ton est donné ! Et tout au long de la pièce, le spectateur ne perdra pas une miette des péripéties de l'héroïne qui se bat contre la mort pour le droit suprême de celui de la vie.       <br />
              <br />
       Le texte est écrit avec force et sobriété tout en mélangeant avec parcimonie comique et tragique, sans pathos ni dérives larmoyantes. La mise en scène, quant à elle, peaufine ce dernier sans artifices inutiles. Le spectateur est balancé tantôt dans les souvenirs d'Eurydice, tantôt dans les entrailles des Enfers. C'est efficace, bouleversant. On est ému. On sourit. C'est une ode à la vie, tout simplement. Mais rien n'est jamais simple quand il s'agit de parler de la mort. Pourtant, la pièce y parvient joliment. Parler du deuil par le biais d'un mythe aussi célèbre que celui d'Orphée et Eurydice n'est-ce pas avant tout parler la vie ?       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">&quot;Ils ne savaient pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait&quot;</span> a dit Mark Twain. Peut-être, Gwendoline Destremau s'est-elle inspirée de cette maxime bien connue pour revisiter ce célèbre mythe et elle a eu bien raison ! Ou il y a peut-être autre chose… C'est le cas. Il y a par exemple les méandres sournois de la vie quand elle frappe un grand coup comme ceux vécus par une de ses meilleures amies le jour où son compagnon a décidé de mettre fin à ses jours ! Gwendoline sera à ses côtés lors de cette épreuve tragique et elle la verra tantôt exaltée, désemparée, fragile et forte à la fois.       <br />
              <br />
       Eurydice, c'est toutes les femmes réunies, celles qui parfois &quot;foutent le bordel&quot; comme elle dans les Enfers, parce qu'il faut bien souvent mettre du désordre pour réveiller les consciences ! Dans l'ascenseur qui la descend aux Enfers, Eurydice a besoin du &quot;pass cadavre&quot; qu'elle n'a pas. Elle y descendra malgré tout grâce à sa seule volonté et à sa force décuplée. Eurydice creuse la terre avec ses ongles pour retrouver Orphée à l'image de toutes les femmes du monde qui se battent et qui creusent, elles aussi, petit à petit un sillon nécessaire à leur reconnaissance.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81081175-58457979.jpg?v=1656008203" alt="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" title="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" />
     </div>
     <div>
      Le spectateur est conquis et happé sans ménagement du début jusqu'à la fin de la pièce par l'interprétation complice des quatre jeunes comédiens et du musicien masqué à la présence virevoltante et pour le moins énigmatique. Les effets de lumière ne sont pas en reste qui nous projettent dans des univers chatoyants et nous transportent.       <br />
              <br />
       Une bien jolie pièce à voir ou à revoir coûte que coûte… Car comme le dit si merveilleusement le grand écrivain et académicien François Cheng, <span style="font-style:italic">&quot;vivre engage l'être tout entier : un corps, un esprit, une âme qui sont reliés à l'univers&quot;</span>. En Chine, cela s'appelle &quot;le Mandat du Ciel&quot;. <span style="font-style:italic">&quot;La Vie a la prééminence,</span> dit-il, <span style="font-style:italic">mais nous sommes dans le pétrin&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Eurydice aux Enfers"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/81081175-58457980.jpg?v=1656008231" alt="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" title="•Off 2024• "Eurydice aux Enfers" Vivre comme mourir engage l'être tant dans son âme que dans son corps" />
     </div>
     <div>
      Texte : Gwendoline Destremau.       <br />
       Mise en scène : Gwendoline Destremau.       <br />
       Avec : Anthony Devaux, Émilie Bouyssou, Pierre-Louis Gastinel, Louise Herrero.       <br />
       Musicien : Arthur Dupuy.       <br />
       Création lumière : Bertille Fridérich.       <br />
       Costumes : Maxence Rapetti-Mauss.       <br />
       Par la Cie L'Eau qui Dort.       <br />
       Tout public dès 10 ans.       <br />
       Durée : 1 h 05.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2022•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 21 juillet 2024.</span>       <br />
       Tous les jours à 18 h 25, relâche le mardi.       <br />
       Théâtre des Carmes André Benedetto, 6, place des Carmes, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 82 20 47.       <br />
       <a class="link" href="http://theatredescarmes.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredescarmes.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2024-Eurydice-aux-Enfers-Vivre-comme-mourir-engage-l-etre-tant-dans-son-ame-que-dans-son-corps_a3961.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)</title>
   <updated>2024-03-03T15:38:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Artaud-Passion-Le-Theatre-et-son-double-Antonin-A-et-William-M-ou-l-inverse_a3830.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/78703069-57099333.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2024-03-03T15:28:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Regard halluciné, crâne planté de filins, corps tétanisé secoué de minuscules soubresauts - autant de traces erratiques des électrochocs de neuf ans d'internement - Artaud-Mesguich "apparaît" et fait voler en éclats la bien-pensance molle, fût-ce celle de ceux qui auraient voulu l'idéaliser "à bon compte". La voix d'outre-tombe de "l'interprète" (jamais ce mot ne fut plus approprié tant l'acteur se fond en son modèle) se cherche, s'enfle, et prend corps, amplifiée par la voûte de la chapelle.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78703069-57099333.jpg?v=1654848944" alt=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" title=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" />
     </div>
     <div>
      De la rencontre de Florence Loeb, toute jeune fille de seize ans, dans la galerie parisienne où son père exposait les dessins de l'auteur du &quot;Van Gogh, le suicidé de la société&quot;, et d'Antonin Artaud, &quot;vieillard&quot; de cinquante ans, émacié et édenté au sortir des années psychiatrisées, Patrice Trigano, envoûté par l'écrivain hors normes dont il a dévoré très jeune la monumentale œuvre, a tiré un écrit saisissant mêlant les textes du visionnaire à sa propre écriture.       <br />
              <br />
       Recueillant, dans l'après coup, le témoignage de celle qui entretint pendant deux ans - jusqu'à sa mort, en 1948 - une relation ambigüe (un père ? un amant potentiel ?) avec le poète dramaturge, il livre les fragments de ce passé recomposé à l'aune de sa fascination. La mise en jeu d'Ewa Kraska sert d'écrin à l'émergence du sentiment d'assister à la résurrection d'un Artaud plus vrai que nature réincarné par William Mesguich fondu en lui.       <br />
              <br />
       Il s'agit bien d'hallucinations démultipliées… D'abord, celles de Florence, narratrice troublée qui fait revivre l'auteur du &quot;Théâtre de la cruauté&quot; si intensément que ce dernier s'immisce progressivement dans son espace-temps pour venir, être fantomatique, déclamer, éructer, son manifeste théâtral révolutionnaire. Ensuite, celles du poète visionnaire halluciné par la syphilis qui le rongeait, les drogues qu'il utilisait pour calmer ses souffrances, et habité par ses incantations prophétiques. Enfin, les nôtres, hallucinations ; immergés sous le flux de ces borborygmes désarticulés et phrases divinatoires lâchées en pleine face, nous perdons pied.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78703069-57099334.jpg?v=1654848973" alt=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" title=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" />
     </div>
     <div>
      <span style="font-style:italic">&quot;J'ai choisi le domaine de la douleur et de l'ombre comme d'autres celui du rayonnement et de l'entassement de la matière&quot;</span>, profère-t-il. Sur le lit, le corps de Florence recroquevillé se déploie et elle raconte elle et lui, son mentor à jamais adulé. Sa beauté lorsque, jeune, il était le Marat du &quot;Napoléon&quot; d'Abel Gance… Ses engouements pour Lautréamont, Hölderlin, Nerval, le livre des morts tibétain…       <br />
              <br />
       Un voyage sans fin où sa liberté prenait la forme du salut d'un corbeau - croa croa croa -  adressé à un séminariste en longue soutane noire. Revers, sa santé fragile, les flacons de laudanum (opium) pour soulager ses douleurs intestinales, lui gisant au milieu d'une flaque de sang ou de ses excréments.       <br />
              <br />
       Les yeux exorbités, &quot;il&quot; nous fait soudain face. i[&quot;Pour en finir avec le Jugement de dieu&quot;], un cri terrifiant s'échappe de sa gorge et résonne à l'infini sous les voûtes. Ses glossolalies inarticulées creusent la langue pour cracher à la face du monde un nouveau sens dont il faudra bien qu'il se débrouille pour qu'advienne l'homme. <span style="font-style:italic">&quot;Dieu est-il un être ? S'il en est un c'est de la merde. S'il n'en est pas un, il n'est pas&quot;</span>.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78703069-57099335.jpg?v=1654849292" alt=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" title=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" />
     </div>
     <div>
      Et, toujours sans remarquer sa présence, elle prend le relais pour conter sa rencontre avec les indiens Tarahumaras où, lavé des miasmes de l'Occident, il est &quot;initié&quot; et devient magiquement l'un des leurs en ingérant du peyotl, champignon hallucinogène procurant ivresse, transe et liberté. Vient le moment de &quot;La Conférence du Vieux Colombier&quot;, où Artaud-Mesguich prend le devant pour éructer ses glossolalies effrayantes… Devant un parterre de choix (il y a là dans la salle, Paulhan, Gide, Adamov, Bataille, Picasso, Braque, Michaux, Breton…), il ne pourra pas en articler un seul mot, des mots qui chutent comme son corps s'effondrant.       <br />
              <br />
       Secoué de part en part par la violence des électrochocs, le corps de l'acteur se tétanise douloureusement alors que des éclairs électriques le transpercent. Et Artaud commentera lui-même : <span style="font-style:italic">&quot;qu'est-ce qu'un aliéné ? C'est un homme qui a préféré devenir fou, dans le sens où socialement on l'entend, plutôt que de forfaire à une certaine idée supérieure de l'honneur humain&quot; (&quot;Van Gogh le suicidé de la société&quot;).</span> Faute de vouloir entendre l'insupportable vérité, la société &quot;rend fou&quot;.       <br />
              <br />
       Exalté, pénétré par le poète visionnaire, William Mesguich délivre le texte au vitriol de Patrice Trigano avec une telle vérité que l'on se dit qu'Artaud a trouvé là son double. Lui qui voulait que le théâtre double la vie - et non la singe - pour la percuter de plein fouet, lui qui exigeait du théâtre qu'il soit <span style="font-style:italic">&quot;La terre de Feu, les lagunes du Ciel, la bataille des rêves&quot;, s'en serait trouvé pleinement &quot;entendu&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Quant au spectateur, comment pourrait-il, en ces temps de consensus mou érigé en art de &quot;vivre&quot;, ne pas se sentir profondément dérangé dans ses petits arrangements avec la médiocrité divertissante promue en viatique. Il y a là, à coup sûr, un brûlot paroxysmique, une violence révolutionnaire salutaire, de nature à secouer les indifférences.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Artaud-Passion"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/78703069-57099336.jpg?v=1654849429" alt=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" title=""Artaud-Passion" Le Théâtre et son double, Antonin A. et William M. (ou l'inverse)" />
     </div>
     <div>
      Texte : Patrice Trigano (éditions Maurice Nadeau).       <br />
       Mise en scène : Ewa Kraska.       <br />
       Scénographie : Ewa Kraska.       <br />
       Avec : William Mesguich, Nathalie Lucas.       <br />
       Musique : Olivier Sens.       <br />
       Lumières : Richard Arselin.       <br />
       Régie : Gildas Le Gurun.       <br />
       Vidéo : Stéphane Bordonaro.       <br />
       Maquillage : Éva Bouillot.       <br />
       Costumes : Delphine Poiraud.       <br />
       Regard chorégraphique : Gaëlle Astier Perret.       <br />
       Tous public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h.       <br />
       Production Compagnie Itek.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 22 février au 10 mars 2024.</span>       <br />
       Du jeudi au samedi à 19 h, dimanche à 14 h 30.       <br />
       Théâtre de L'Épée de Bois, Salle en bois, Cartoucherie, Paris 12e, 01 48 08 39 74.       <br />
       <a class="link" href="https://www.epeedebois.com/" target="_blank">&gt;&gt; epeedebois.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Artaud-Passion-Le-Theatre-et-son-double-Antonin-A-et-William-M-ou-l-inverse_a3830.html" />
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