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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-09-08T11:25:52+02:00</updated>
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   <title>"La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains</title>
   <updated>2022-12-22T12:16:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/La-reponse-des-Hommes-Repliques-humaines-aux-commandements-dits-vains_a3479.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2022-12-22T11:53:00+01:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
La bonté divine est fabuleuse, chose entendue depuis l'an 01 de notre ère. Ainsi sa générosité est-elle sensée racheter les fautes du genre humain en réalisant, en coopération avec les pécheurs réels ou potentiels, des actes de bienfaisance pour soutenir les plus éprouvés… Des quinze œuvres de Miséricorde prescrites par l'Évangile de Saint-Matthieu, Tiphaine Raffier (dont le prénom vient de Théophane, "Dieu" et "lumineux") en retient neuf qu'elle met en jeu avec une belle liberté… Mais qu'annonce cette mystérieuse affiche présente à toutes les étapes du chemin terrestre, "Nous sommes désolés" : désolés de quoi, et de qui ?     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714322.jpg?v=1671708213" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      Les pieds ancrés dans des &quot;réalités fictionnelles&quot; à faire vaciller les plus mécréants des hommes, elle invente avec ses comédien(ne)s complices des tableaux saisissants d'humanité en actes. D'&quot;Assister les malades&quot;, à &quot;Visiter les prisonniers&quot;, en passant par &quot;La Sauvegarde de la Création&quot; (ajout miséricordieux du Pape François en 2016), elle réinterroge avec maestria les actes d'entraide humaine. Pour ce faire, elle a recours à des saynètes grandeur nature, certaines filmées en gros plan et projetées en direct, soutenues par une envoûtante musique baroque et électro jouée en live par les musiciens au plateau. Cousus entre eux par des éléments récurrents (dont le retentissement d'une inquiétante sirène), ces tableaux vivants forment un ensemble fascinant conduisant… à une chute radicale.       <br />
              <br />
       D'emblée une jeune femme git, filmée sur son lit d'hôpital. La couronne florale qu'on lui scelle sur le crâne dans son cauchemar est à l'image de sa souffrance psychique. Autour d'elle vont se relayer une infirmière, un médecin, une sage-femme, un psychologue et même un photographe appelé là pour tenter de revaloriser en elle l'image d'une maternité vécue comme morbide. En effet, engagée corps et biens auprès du Programme Alimentaire Mondial, elle se sent submergée par les crises alimentaires de plus en plus nombreuses, de plus en plus sévères. Alors &quot;Donner à manger aux affamés&quot; envahit son champ psychique, obligeant à un choix draconien (qui nourrir ? qui laisser mourir ?) la laissant sans ressources… pour alimenter son propre bébé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714323.jpg?v=1671708239" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      Une machine émet ses &quot;bip-bip&quot; réguliers tandis qu'un jeune homme attend fébrilement que son téléphone sonne. En quête d'une greffe vitale, ses dialyses occupent plus d'un tiers de son existence esseulée depuis que son compagnon l'a quitté. Le reste du temps, il le passe en visionnant des vidéos, parmi elles celle culte de Fred Astaire. Seule la mort d'un inconnu pourrait le sauver en lui procurant le précieux rein nécessaire à sa survie… &quot;Prier Dieu pour les vivants… et pour les morts&quot;.       <br />
              <br />
       La cérémonie du jeu familial - consistant à devoir offrir le cadeau que l'on a reçu à qui en fera la demande - met à l'épreuve de la réalité la générosité de chacun. Don contre don, sans calcul aucun… Qu'en sera-t-il alors, pour la mère, de la reproduction du Caravage &quot;Les Sept Œuvres de miséricorde&quot;, vues à Naples en l'Église du Pio Monte della Misericordia, ou, pour le père, du brûlant secret de famille… Échangeant en boucle le carburateur de moto, la boussole cassée du grand-père ayant sauvé l'ancêtre d'une balle meurtrière, ou encore une bouteille de gin, ce jeu explore in vivo les arcanes du don (dés)intéressé.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714325.jpg?v=1671708270" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      L'enjeu de &quot;Visiter les prisonniers&quot; prend corps dans un face à face édifiant entre un visiteur de prison miséricordieux dans l'âme et un repris de justice à l'intelligence déliée. De leurs vifs échanges resurgit - au travers de l'itinéraire d'une vertueuse visiteuse pénitentiaire, devenant meurtrière pour n'avoir pu supporter que l'on s'affranchisse de ses soins &quot;généreux&quot; - la question essentielle de &quot;l'intérêt&quot; du don.       <br />
              <br />
       Deux frères - l'un docteur en psychologie, l'autre en musicologie - se livrent à une joute épique dont les enjeux métaphoriques abordent les tensions entre sacré et profane, entre sacré et sacrilège. Car, si la musique sacrée est soumise aux soubresauts de la crise qui la traverse, elle véhicule dans ses plis des secrets inavoués, naviguant entre harmonie recherchée et disharmonie vécue. Ainsi d'&quot;Assister les malades&quot; où l'on voit des pédophiles au profil des plus variés - certains souffrent atrocement, d'autres restent coincés dans le déni, d'autres encore en sont à revendiquer leur attirance au nom de l'amour sincère - bénéficier d'une écoute ouverte, seul comptant le cheminement conduisant à une prise de conscience des pulsions prédatrices afin d'accompagner cette humanité souffrante, sans jugement (dernier).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714394.jpg?v=1671708319" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      D'autres scènes encore de la vie humaine, tel dans un kaléidoscope géant fourmillant d'inventivité, se donneront à voir jusqu'à éclairer le dernier précepte, celui de la &quot;Sauvegarde de la création&quot;. La chute - spectaculaire - sera propre à dévoiler le sens du &quot;Nous sommes désolés&quot;, accompagnant de tableau en tableau ce voyage émouvant au centre de l'humain… L'humain libéré de la sujétion au divin et devant désormais compter sur lui seul pour sa survie (ou pas). L'humain immergé dans une scénographie idoine, un décor oppressant exaltant superbement les enjeux présents et à venir. Bouleversant.       <br />
              <br />
       <b>Vu le vendredi 16 décembre 2022, Grande Salle Vitez du TnBA Bordeaux.       <br />
       A été représenté du 14 au 17 décembre.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"La réponse des Hommes"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714400.jpg?v=1671708354" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      Texte et mise en scène : Tiphaine Raffier       <br />
       Avec : Sharif Andoura, Salvatore Cataldo, Éric Challier, Teddy Chawa, François Godart, Camille Lucas, Édith Mérieau, Judith Morisseau, Catherine Morlot, Adrien Rouyard.       <br />
       Et l'Ensemble Miroirs Étendus : Guy-Loup Boisneau, Émile Carlioz, Clotilde Lacroix en alternance avec Amélie Potier, Romain Louveau en alternance avec Flore Merlin.        <br />
       Dramaturgie : Lucas Samain.       <br />
       Musique : Othman Louati.       <br />
       Scénographie : Hélène Jourdan.       <br />
       Son : Frédéric Peugeot et Hugo Hamman.       <br />
       Lumière : Kelig Le Bars.       <br />
       Vidéo : Pierre Martin Oriol.       <br />
       Cadreur : Raphaël Oriol.       <br />
       Costumes : Caroline Tavernier, assistée de Salomé Vandendriessche.       <br />
       Chorégraphie : Pep Garrigues et Salvatore Cataldo.       <br />
       Production : La femme coupée en deux ; La Criée - Théâtre national de Marseille.       <br />
       Production musicale : Miroirs Étendus.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/69720965-48714401.jpg?v=1671708400" alt=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" title=""La réponse des Hommes" Répliques humaines aux commandements dits vains" />
     </div>
     <div>
      Durée : 3 h 20 entracte compris.       <br />
              <br />
       <b>Tournées</b>       <br />
       26 et 27 avril 2023 : La Coursive, La Rochelle (17).       <br />
       11 et 12 mai 2023 : L'Archipel, Perpignan (66).       <br />
       23 et 24 mai 2023 : Maison de la Culture, Bourges (18).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>"Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris</title>
   <updated>2015-06-29T17:30:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Dernier-Evangile-de-Thierry-Escaich-a-Notre-Dame-de-Paris_a1381.html</id>
   <category term="Concerts" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/7960999-12377440.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2015-06-29T08:45:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le 30 juin 2015 le compositeur Thierry Escaich donnera son oratorio "Le Dernier Évangile" à Notre-Dame de Paris dans une version pour deux orgues. Il tiendra lui-même le grand orgue de la cathédrale.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7960999-12377440.jpg?v=1435562266" alt=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" title=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" />
     </div>
     <div>
      Alors qu'il vient d'être officiellement installé au sein de l'Académie des beaux-arts en tant que membre de la section de composition, son opéra &quot;Claude&quot; créé en 2013 à l'Opéra de Lyon vient de sortir en DVD. Rencontre avec une figure majeure de la scène musicale contemporaine.        <br />
              <br />
       <b>Christine Ducq pour La Revue du Spectacle - Vous donnez votre oratorio le 30 juin avec l'organiste Yves Castagnet. Il ne s'agit pas de la version composée en 1999 ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Je l'ai écrit en 1999 mais cette pièce a été créée en 2000 ou 2001 pour les commémorations des deux mille ans du Christianisme dans une version pour orgue, orchestre et chœur. J'avais aussi écrit une transcription pour deux orgues, dont un pour chœur. C'est la version retenue pour le concert du 30 juin.       <br />
              <br />
       <b>Est-ce un oratorio pour un double chœur mixte ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Oui. C'est une division que j'apprécie beaucoup. Chaque chœur a une partie différente. L'un a une partition poétique avec un texte en français, l'autre chante en latin d'après des textes anciens – bibliques et prophétiques. Entre les deux, il y a des repons voire des superpositions. Je tiens beaucoup à deux sources sonores.       <br />
              <br />
       <b>Je vous ai trouvé avec vos étudiants du conservatoire de Paris en plein cours (en classe d'improvisation NDLR). Cette activité d'enseignement nourrit-elle votre travail de compositeur ou êtes-vous plutôt intéressé par l'idée de transmission ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Les deux. J'ai toujours aimé enseigner le piano, l'harmonie, l'orgue. Dans mes cours d'improvisation je vais glaner des idées qui vont inspirer le compositeur et vice-versa. Il n'est pas d'arrêt dans ma vie entre les moments où je viens au conservatoire et les autres. Je ne cesse jamais d'être compositeur.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7960999-12377594.jpg?v=1435574852" alt=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" title=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" />
     </div>
     <div>
      <b>Vos activités de compositeur et d'improvisateur se nourrissent-elles mutuellement ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Oui. Il y a bien une liaison constante entre tous ces domaines de mon existence. J'ai la chance de composer à tout moment, de pouvoir me retirer en moi-même pour réfléchir à mon travail où que je sois même dans le métro ! [Il rit]. Ensuite, il suffit que prenne mon papier à musique pour commencer à écrire. C'est vrai que je me livre à de nombreuses activités, les concerts, les cours, l'écriture qui gouverne ma vie. J'ai choisi cette vie-là pour pouvoir m'exprimer sur tous les plans. C'est vital pour moi.        <br />
              <br />
       <b>Vous avez écrit un opéra magnifique en collaboration avec Robert Badinter au livret. C'est &quot;Claude&quot; qui vient de sortir en DVD. En avez-vous un autre sur votre bureau ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Oui. Je n'ai pas encore le sujet. Nous sommes en train d'y travailler avec le directeur de l'Opéra de Lyon [Serge Dorny NDLR] qui m'en a passé commande pour la saison 2018-2019.       <br />
              <br />
       <b>Vous avez trouvé votre librettiste ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Pas encore. Nous en sommes au stade de la réflexion et explorons plusieurs pistes avec Serge Dorny. Mais ce projet aboutira à coup sûr.        <br />
              <br />
       <b>Vous avez écrit pour quasiment tous les instruments et pour des effectifs très variés. Qu'est-ce qui vous tenterait encore ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Il reste quelques instruments pour lesquels je n'ai pas encore écrit. La guitare par exemple ou des instruments en solistes comme la flûte. Ce que j'aimerais faire.        <br />
       Je pense aussi explorer différemment des formations pour lesquelles j'ai déjà composé comme le trio pour violon, violoncelle et piano. Si j'en compose un deuxième, il sera complètement différent. Il est des pans entiers de la musique que j'aimerais arpenter. Une seconde collaboration avec le ballet se dessine. J'ai aimé travailler avec Benjamin Millepied à New York, il y a quatre ou cinq ans (&quot;The Lost Dancer&quot; pour le New York City Ballet en 2010 Ndlr). J'aime le mélange danse-vidéo - cette voie m'intéresse énormément.       <br />
              <br />
       <b>Vous aimez les chemins de traverse - accompagner des films, écrire des chansons. Tous les langages vous intéressent ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Beaucoup ! Quand j'accompagne des films muets - non soumis à un impératif commercial donc - je peux exactement faire du Escaich. Un concertiste dialogue avec un cinéaste qui n'est plus et sa musique participe de l'interprétation qu'on peut faire du film. Les Murnau, les Fritz Lang m'intéressent mais j'aimerais aussi composer pour des films actuels. J'aime le cinéma.       <br />
              <br />
       Les chansons, quant à elles, sont le fruit de rencontres amicales, celle de Jean Guidoni notamment. Beaucoup de mes collègues mais aussi mes aînés tels Auric, Cosma ont écrit des chansons et des symphonies. Je m'inscris là dans une lignée de compositeurs qui ont participé à la vie de la cité.        <br />
              <br />
       <b>Vous êtes titulaire du grand orgue de Saint-Etienne-du-Mont à Paris. De quelle nature est votre mission ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Nous sommes deux titulaires en poste une semaine sur deux. Je partage le poste avec Vincent Varnier. C'est vrai que j'ai tendance à être un peu moins présent désormais mais je m'efforce de jouer souvent un week-end complet c'est-à-dire pour quatre offices.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7960999-12379763.jpg?v=1435580022" alt=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" title=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" />
     </div>
     <div>
      <b>Est-ce la foi qui inspire votre vie ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> C'est une vraie relation avec le sacré, avec l'idée de transcendance. J'ai toujours été animé par cette recherche sans laquelle je n'aurai pas passé autant de temps dans les églises depuis que j'ai sept ans ! Cette recherche nourrit mon œuvre même si celle-ci ne se réduit pas au sacré. Certaines pour orgue ne sont pas forcément sacrées. Mais je fais partie de ces compositeurs qui ont réinvesti depuis quelques années le domaine de la musique sacrée - qui avait été délaissé dans les années soixante. Nous sommes quelques-uns à nous y intéresser à nouveau tel Philippe Hersant par exemple.       <br />
              <br />
       <b>Où vous situez-vous dans le paysage de la musique contemporaine ? Cela vous énerve-t-il qu'on qualifie votre musique de tonale ou néo-tonale ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Non, cela ne me dérange pas. Entre compositeurs - quand nous parlons de ceux du passé - nous discutons tendances. Balzac n'appartient pas à la même écurie que Hugo mais quand nous parlons de ces deux-là nous savons qu'ils ont du talent. Quand nous parlons de Brahms et de Wagner nous savons qu'ils n'appartiennent pas à la même famille. Mais, au bout du compte, nous avons de l'estime pour les deux.       <br />
              <br />
       C'est normal qu'on veuille me situer dans tel ou tel mouvement mais il ne faut pas que cela devienne une obsession - comme cela l'a été un moment. Celui-ci est tonal, celui-là est atonal - cela ne suffit pas à expliquer une œuvre. Ma musique est essentiellement tonale mais elle est bien plus que cela. Si vous les écoutez, mes œuvres utilisent un champ assez large et la tonalité est là comme une sorte d'assise - assez forte. Je ne suis pas néo-tonal mais tonal puisque la musique tonale n'a jamais disparu que je sache. Chostakovitch pourrait être mon grand-père car il a vécu jusque dans les années soixante-dix ! J'ai enchaîné. La musique de ceux qui ont prétendu la remplacer n'a pas forcément pris date. Certains engagés dans d'autres recherches sont revenus à une écriture tonale ou modale. C'est vraiment la musique qui s‘écrit maintenant.       <br />
              <br />
       Mais j'ai ma propre vision et ma façon particulière d'utiliser polytonalité et polymodalité. J'ai construit progressivement mon style en cherchant des couleurs spécifiques d'accords. Ce qui compte c'est que le langage soit original, qu'il apporte une intensité, un éclairage qui soit différent de ceux qui l'ont précédé. J'hérite d'un matériau que je transforme et quelqu'un d'autre s'en emparera un jour. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/7960999-12379815.jpg?v=1435580513" alt=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" title=""Le Dernier Évangile" de Thierry Escaich à Notre-Dame de Paris" />
     </div>
     <div>
      <b>Qui sont vos grands ancêtres ? On cite souvent Messiaen et Dutilleux.</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> Ligeti aussi, ne serait-ce que parce qu'il fait un lien avec Béla Bartok, un compositeur qui m'a énormément inspiré. Je m'inscris naturellement dans la lignée des compositeurs français. Messiaen et Dutilleux viennent aussi de Dukas, Tournemire, Franck et du plain-chant grégorien.        <br />
              <br />
       <b>Qu'avez-vous emprunté à Bartok ?</b>       <br />
              <br />
       <b>Thierry Escaich -</b> D'abord la rythmique très forte, intense, travaillée et aussi sa construction extrême - encore beethovénienne. Et la façon de mettre au point un système d'écriture, une grammaire personnelle faite de beaucoup d'éléments différents - la tonalité, la modalité, le sérialisme, le dodécaphonisme par moment et les emprunts à la musique populaire. Avec tout cela il a réussi à créer un style unique et très reconnaissable. C'est un exemple pour beaucoup et notamment pour moi.        <br />
              <br />
       <b>Le 10 juin vous serez installé à votre fauteuil au sein de l'Académie des beaux-arts. Cette reconnaissance vous importe-t-elle ?</b>       <br />
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       <b>Thierry Escaich -</b> Je suis heureux d'y avoir été élu en 2013. Je fréquente là-bas depuis deux ans déjà des artistes fantastiques venus de tous les horizons. A l'Académie se nouent des liaisons entre les arts, des rencontres et cela me plaît énormément. Vous échangez avec des cinéastes, des sculpteurs, des photographes, des peintres. Nous discutons de nos travaux respectifs dans une sorte de bouillonnement créatif. Ce n'est donc pas une question de reconnaissance - que je trouve dans l'existence de mes propres œuvres. Mais je suis heureux d'être parmi eux - dialoguer régulièrement avec quarante artistes de ce niveau c'est rare !       <br />
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       <span style="font-style:italic">Interview réalisée le 2 juin 2015.</span>       <br />
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       <span class="fluo_jaune">Concert à Notre-Dame de Paris le 30 juin 2015 à 20 h 30.</span>       <br />
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       <b>&quot;Le Dernier Evangile&quot; (1999).</b>       <br />
       Version pour deux orgues.       <br />
       Musique : Thierry Escaich.       <br />
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       Maîtrise Notre-Dame de Paris.       <br />
       Yves Castagnet, orgue de chœur.       <br />
       Thierry Escaich, grand orgue.       <br />
       Henri Chalet, direction.        <br />
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       <b>● DVD &quot;Claude&quot; (2013).</b>       <br />
       Opéra en un prologue, seize scènes, deux interscènes et un épilogue.       <br />
       Musique : Thierry Escaich.       <br />
       Livret : Robert Badinter d'après &quot;Claude Gueux&quot; de Victor Hugo.       <br />
       Enregistré en avril 2013 à l'Opéra national de Lyon.       <br />
       Label : Bel Air classique.       <br />
       Distribution : Harmonia Mundi.       <br />
       Sortie : 21 avril 2015.       <br />
       Durée : 123 minutes (avec bonus).
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