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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-07-19T17:16:31+02:00</updated>
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   <title>"Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées</title>
   <updated>2021-05-24T19:31:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Mon-visage-d-insomnie-Nager-sous-l-inquietante-surface-des-consciences-troublees_a2941.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/56566208-42091044.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-05-24T18:55:00+02:00</published>
   <author><name>Bruno Fougniès</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Chaque être humain est une énigme, une équation à plusieurs inconnues que les situations finissent par révéler en partie : les trois personnages de cette histoire inquiétante vont en être la preuve, en direct. Le vrai, le faux, le caché, l'omis, l'apparent et le soupçonné en sont les moteurs dramatiques et la source de tensions, d'incertitudes, de stupeurs par moments. Une pièce qui ne se permet aucune seconde de relâchement d'intensité.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091044.jpg?v=1621876566" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      En premier lieu, il y a l'écriture de Samuel Gallet qui a su poser ses personnages dans une situation originale et développer son intrigue en laissant planer les doutes jusqu'aux dernières minutes. Ses dialogues qui, sous l'apparence de la quotidienneté, se révèlent riches de non-dits, de silences et d'esquives, distillent scène après scène autant de doutes que de certitudes. Un véritable art du suspens est ici mis en œuvre intriguant autant les personnages que les spectateurs. Mais l'intelligence de son texte ne s'arrête pas à la forme, la situation où il fait se dérouler sa trame donne à son texte une envergure beaucoup plus vaste et une matière plus touchante, plus profonde.       <br />
               <br />
       Tout se déroule dans un centre de vacances du bord de mer transformé en centre d'accueil pour mineurs isolés venus des pays d'Afrique et d'Europe de l'Est. C'est l'hiver. Les maisons secondaires sont vides, fermées, et les habitants restent à l'écart de cette vingtaine de jeunes, pour la plupart noirs, qui ont pris possession du centre où les éducateurs les aident à apprendre le français et à se former pour tenter d'obtenir la nationalité française. C'est sous l'auspice de cette &quot;crise des migrants&quot; et de la manière dont ceux-ci sont accueillis par les méfiants autochtones que se déroule la pièce.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091070.jpg?v=1621876597" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      En plus de cette situation aux tensions perceptibles, le texte de Samuel Gallet ajoute les tensions induites par les trois personnages, eux-mêmes chacun en crise personnelle. Élise, la jeune éducatrice, s'apprête à quitter le centre pour aller s'occuper de sa mère malade ; André, la cinquantaine, arrive en début de pièce pour prendre son poste d'éducateur après avoir fui avec dégoût son emploi en Ehpad ; et Harouna, jeune réfugié, rescapé de la mer, tellement rongé par la peur qu'il est persuadé que les habitants du village veulent le tuer. Il faut encore ajouter à cette gerbe de tension, la disparition depuis quelques jours de Drissa, le compagnon de périple et d'exil d'Harouna.       <br />
               <br />
       Voilà le tableau. Inutile de raconter plus avant le déroulement de la pièce construite comme un thriller. Il faut maintenant parler de la mise en scène remarquable de Vincent Garanger. Celui-ci ne s'est pas contenté de suivre l'intelligence du texte de Samuel Gallet, il parvient à créer sur scène un univers qui finit par englober toute la salle et tout le public. Il utilise pour cela des moyens visuels et sonores extrêmement ciselés.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091078.jpg?v=1621877621" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      Le décor (scénographie de Damien Caille-Perret), qui représente la salle commune du centre, s'ouvre en grand sur une baie vitrée derrière laquelle l'océan, le ciel, le vent, la pluie, les mouettes et les navires donnent le ton et le temps. Le dispositif de projection ainsi que les vidéos graphiques sont d'une force à la fois onirique et réaliste impressionnante. On ressent cette vision large qui semble ouvrir totalement le fond de la scène comme un horizon infini, mais aussi comme le mur liquide d'une prison. Et puis cette constante présence de l'eau, réaffirmé sans cesse par une bande-son (création sonore de Fred Bühl) très précise et très efficace, elle aussi, ramène à chaque instant l'image inconsciente de ces terribles noyades que les migrants risquent dans leur traversée. Elle est pleinement un ressort tragique de la mise en scène.       <br />
              <br />
       La création lumière de Stéphane Hulot et Rafi Wared est également très léchée. Elle permet entre autres d'extraire par moments les interprètes de la réalité pour les emporter dans un monde onirique, un monde de pensées. Ceux-ci incarnent leur personnage de façon très juste, sans relâche, avec une énergie constante. Didier Lastère, en nouvel éducateur arrivant, possède une belle aisance de jeu qui lui permet de donner à son personnage une partition large, pleine de couleurs.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091119.jpg?v=1621877470" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      Cloé Lastère, sa fille à la ville, crée une Élise extrêmement juste, qui rassemble dans son personnage les doutes et les drames de cette jeune génération prise dans les incertitudes de notre époque, impliquée et perdue, elle distille une tension émouvante qui la rend fragile comme cristal. Djamil Mohamed est également très vrai. Incarnant Harouna, il sème la fougue de la jeunesse, mais aussi la violence du drame que son personnage porte. Il parvient lui aussi à incarner au-delà de son rôle, tous les enfants, tous les jeunes qui viennent échouer sur les côtes de l'Europe, à qui il faut donner du temps et du respect pour soigner les terribles blessures.       <br />
               <br />
       Avec &quot;Mon visage d'insomnie&quot;, Vincent Garanger et son équipe parviennent à créer une véritable histoire, visuelle, sonore, narrative qui touche un sujet grave sans jamais alourdir le propos ni tomber dans le pathétique, mais en restant toujours tracté par l'intrigue liant les personnages. Un spectacle qui restera dans la mémoire pour l'harmonie de sa forme autant que pour la tendresse et le tragique de son propos.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Mon visage d'insomnie"</b></div>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/56566208-42091320.jpg?v=1621877743" alt=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" title=""Mon visage d'insomnie" Nager sous l'inquiétante surface des consciences troublées" />
     </div>
     <div>
      Texte : Samuel Gallet.       <br />
       Mise en scène : Vincent Garanger.       <br />
       Avec : Cloé Lastère, Didier Lastère, Djamil Mohamed.       <br />
       Création lumière : Stéphane Hulot et Rafi Wared.       <br />
       Création sonore : Fred Bühl.       <br />
       Scénographie : Damien Caille-Perret.       <br />
       Collaboration artistique : Jean-Louis Raynaud.       <br />
       Costumes : Natasha Massicotte.       <br />
       Durée : 2 heures.       <br />
              <br />
       <b>A été représenté du 19 au 23 mai 2021.</b>       <br />
       Mercredi, jeudi et vendredi à 18 h 30, samedi à 17 h et dimanche à 15 h.       <br />
       Théâtre Paul Scarron, Place des Jacobins, Le Mans (72).       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatre-ephemere.fr/infos-pratiques/le-theatre-paul-scarron/" target="_blank">&gt;&gt; Théâtre Paul Scarron</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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   <title>•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix</title>
   <updated>2019-07-21T11:24:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2019-Ils-n-avaient-pas-prevu-qu-on-allait-gagner-Les-oublies-donnent-de-la-voix_a2506.html</id>
   <category term="Avignon 2019" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/35779358-32232055.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-07-21T10:50:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Lorsque la révolte enkystée, faisant corps avec les jeunes en errance, trouve enfin une voix chorale pour pouvoir se dire, elle fait trembler les murs du foyer d'accueil d'urgence où se retrouvent tous les oubliés, placés là d'office par mesures de protection de l'enfance en danger. Éducateurs, psychologue, comédienne animatrice de l'atelier théâtral, devront faire front à leurs assauts répétés, sans vaciller, si malmenés soient-ils à leur tour.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35779358-32232055.jpg?v=1563700169" alt="•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix" title="•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix" />
     </div>
     <div>
      En effet, c'est de leur capacité à résister, à eux aussi adultes, que de cette rude confrontation pourra, ou non, advenir un changement radical dans son rapport à la société et à elle-même de cette jeunesse malmenée, salie, brisée. Les professionnels le savent, ils ont choisi ce métier en connaissance de cause. Aucune dérobade ne leur est permise car c'est de leur authentique solidité, ils en sont convaincus, que le lien de confiance pourra se retisser.       <br />
              <br />
       La violence qui éclate sous les sunlights médiatiques est toujours l'effet d'une violence souterraine subie, moins spectaculaire mais ô combien plus pérenne. Le parcours singulier de chaque jeune est là pour en attester. S'extrayant du canapé où avachis les uns contre les autres, ils se donnaient un peu de chaleur, ils vont débouler un à un &quot;face au public&quot;.       <br />
              <br />
       La jeune fille volubile qui rêve de jouer Bérénice, le jeune homme slameur dont l'idole est l'antisémite Dieudonné, le Vietnamien emmuré dans un silence agressif qui s'est fait prendre à Roissy avec de la drogue, le jeune homme qui rêvait d'études pour devenir chirurgien massacré par un père rejetant, la jeune fille qui se fait frapper dur par son beau-père… Un échantillon représentatif de ce foyer en ébullition où chacun, venu fuir la violence extérieure, va trouver la violence des autres.       <br />
              <br />
       Chacun, à sa manière, va croiser les parcours des autres pensionnaires en un point commun : sans exception, ils ont tous connu peu ou prou l'humiliation, la domination arbitraire, les coups répétés, les violences sexuelles et les bleus à l'âme, et - surtout - le sentiment bien réel qui ne les quitte désormais plus, d'être abandonné parce que &quot;l'on est de trop&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/35779358-32232056.jpg?v=1563700201" alt="•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix" title="•Off 2019• Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner Les oubliés donnent de la voix" />
     </div>
     <div>
      Alors pour exister, pour se faire entendre, pour adresser au-delà de leurs comportements hors règles un cri d'appel, jusqu'ici ils n'ont trouvé que le passage à l'acte répété à l'envi, les délivrant d'une angoisse sans parole articulée à leur mal. L'enjeu actuel, est d'articuler leur mal à leur parole pour que celle-ci puisse, sinon les en délivrer, du moins les apaiser.       <br />
              <br />
       Mission complexe pour ceux qui - face au public comme les jeunes précédemment - ont leur moment de doute. Interrompant alors le jeu de leur personnage pour une adresse directe ayant effet de coup de poing, ils lâchent : <span style="font-style:italic">&quot;leur champ de bataille a envahi ma vie&quot;</span>. Les métamorphoses sont longues parfois à venir et cheminent avec des allers-retours aussi nécessaires qu'éprouvants. Fernand Deligny, anarchiste et éducateur disait déjà, dans &quot;Graine de crapule&quot; (1945) à ceux qui font profession (de foi) d'éduquer : <span style="font-style:italic">&quot;si tu crois avoir réussi avec celui-ci et que le jour d'après il rechute, si tu t'en trouves affecté et te décourages, alors change de métier&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Par le biais d'une écriture qui traduit l'intensité des zones de turbulences traversées, par l'entremise de ce &quot;mentir vrai&quot; que le poète Louis Aragon assignait au contrat littéraire, la vérité à laquelle chacun est en quête va exp(l)oser ses ramifications vivaces empruntant le corps et la voix de vrais acteurs porte-parole sur un plateau de théâtre qui devient le lieu du réel recomposé.       <br />
              <br />
       Sans angélisme aucun, ni souci d'un happy end édifiant, l'action se déroule percutée d'éclats, pour faire entendre la détresse des jeunes et de ceux qui sont en charge d'eux, leur extrême violence mais aussi leur désir émouvant de tendresse, et de pauses réflexives, pour traduire leurs interrogations intimes. Et si la &quot;réussite&quot; en ce domaine reste toujours un épiphénomène ardemment souhaité, le travail de fond ne peut se mesurer à la seule aune de critères comptables.       <br />
              <br />
       Ainsi, la gigantesque pendule, immobile et sans aiguille, suspendue au-dessus de la cage de verre où l'autorité se dit, prend-elle valeur de symbole en rappelant à qui l'aurait oublié, la nécessité en matière éducative, de laisser du temps au temps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Ils n'avaient pas prévu qu'on allait gagner"</b></div>
     <div>
      Texte : Christine Citti.       <br />
       Mise en scène et scénographie : Jean-Louis Martinelli.       <br />
       Avec : Christine Citti, Yoann Denaive, Loic Djani, Zakariya Gouram, Yasmine Hadj Ali, Yasin Houicha, Elisa Kane, Kenza Lagnaoui, Margot Madani, François-Xavier Phan, Mounia Raoui, Samira Sedira.       <br />
       Chorégraphie : Thierry Thieû Niang.       <br />
       Costumes : Élisabeth Tavernier.       <br />
       Création lumière : Jean-Marc Skatchko.       <br />
       Création son : Sylvain Jacques.       <br />
       Construction décor : Ateliers de la MC93.       <br />
       Cie Allers/Retours.       <br />
       Durée : 1 h 35.       <br />
       À partir de 12 ans.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2019•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 5 au 28 juillet 2019.</span>       <br />
       Tous les jours à 11 h, relâche le mardi.       <br />
       <b>Théâtre des Halles, Salle Chapitre</b>        <br />
       4, rue Noël Biret.       <br />
       Réservations : 04 32 76 24 51.       <br />
       <a class="link" href="https://www.theatredeshalles.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatredeshalles.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>Tournée 2019-2020</b></div>
     <div>
      4 et 5 octobre 2019 : Châteauvallon - Scène Nationale, Ollioules (83).       <br />
       8 et 9 octobre 2019 : Théâtre du Gymnase, Marseille (13).       <br />
       17 et 18 octobre 2019 : l'Espace des Arts - Scène nationale, Chalon-sur-Saône (71).       <br />
       5 au 7 novembre 2019 : la MC2 - Scène nationale, Grenoble (38).       <br />
       23 et 14 novembre 2019 : Théâtre de Sartrouville - CDN, Sartrouville (78).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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