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 <title>La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.</title>
 <subtitle><![CDATA[Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et de tous les arts de la scène, pour le grand public comme pour les professionnels, sans frontières !]]></subtitle>
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 <updated>2026-04-10T19:00:04+02:00</updated>
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   <title>"Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite</title>
   <updated>2024-08-24T16:37:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Truffaut-Correspondance-L-enfant-sauvage-du-cinema-francais-l-homme-qui-aimait-que-la-verite-soit-dite_a4030.html</id>
   <category term="Théâtre" />
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   <published>2024-08-24T16:30:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
François Truffaut tel qu'en lui-même, c'est l'enjeu du passage au plateau des morceaux choisis de la correspondance du cinéaste phare de la nouvelle vague… grand amoureux du genre épistolaire, homme dans toute la vérité de sa nature, homme doué d'une sensibilité blessée mâtinée d'une intelligence aiguisée et d'un caractère ne souffrant aucune concession. Lui qui vécut en effet jusqu'à ses douze ans dans le mensonge du père que l'on lui avait caché, avait fait de la vérité un viatique, et ses lettres sont là pour en témoigner superbement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112805.jpg?v=1724511508" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      C'est cette détermination à fleur de peau, cette exigence presque maladive de sincérité, dont David Nathanson et son pianiste vont être les &quot;passeurs&quot; au travers d'une interprétation aussi sobre que &quot;parlante&quot;. Aucun effet &quot;spectaculaire&quot;, mais au contraire un effacement derrière le réalisateur de cinéma pour que l'homme puisse reprendre vie par le truchement des mots qu'étaient les siens. Ainsi, par touches successives, au son de notes délicates échappées d'un piano, la mosaïque de ce que l'on pouvait connaître (ou pas) du réalisateur des &quot;Quatre cents coups&quot; va se (re)constituer pour donner naissance à un Truffaut plus vivant que jamais.       <br />
              <br />
       Un salon des années soixante-dix où une table basse accueille, pêle-mêle, livres, lettres, photos couleur sépia et autres archives personnelles recréant le monde de François Truffaut. Au second plan, émergeant de l'ombre, un écran sur lequel sera projetée – amplifiée par un zoom grossissant – la matière inerte des documents ci-dessus, recréant ainsi concrètement le lien &quot;lumineux&quot; entre cinéma et écriture, deux visages indissociables de son art. Sur le côté, un grand piano et son pianiste égrenant les petites notes échappées de sa filmographie. Et, au centre, le comédien délivrant le texte en faisant entendre, au-delà des mots articulés, les uns aux autres, les états émotionnels qui parcouraient leur auteur au moment où, de sa fine écriture, il couchait sur le papier rien moins que sa vie.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112806.jpg?v=1690104385" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Sa liberté totale de parole, dont il se faisait une règle absolue, éclatera dès les premières réponses à des inconnues l'ayant sollicité. À l'une d'elles, après les rapides considérations d'usage, son jugement tombe comme un couperet : <span style="font-style:italic">&quot;Chère Mademoiselle, j'ai bien reçu votre synopsis, mais je ne comprends pas pourquoi vous me l'avez envoyé. Désolé de ne pouvoir rien faire pour vous&quot;.</span> Ou encore à une autre jeune dame le sollicitant pour réaliser une adaptation d'&quot;Un amour de Swann&quot;, il répond : <span style="font-style:italic">&quot;Seul un charcutier pourrait adapter le salon des Verdurin. Aller voir plutôt du côté de René Clément.&quot;</span>, réglant par la même occasion son compte à ce cinéaste vraiment trop traditionnel à ses yeux.       <br />
              <br />
       Sa franchise extrême l'amènera dans le même temps à encenser d'autres cinéastes comme Louis Malle : <span style="font-style:italic">&quot;Mon cher Louis, votre Zazie m'a troublé. J'ai rarement souhaité le succès d'un autre comme le vôtre. Grandes amitiés&quot;.</span> Quand il parle de son enfance et adolescence compliquées (cf. &quot;Les quatre cents coups&quot; qui en sont le copié-collé), il confie avec grande émotion sa reconnaissance infinie pour André Bazin, le fondateur des &quot;Cahiers du cinéma&quot; dont des précieux exemplaires garnissent la table du salon. À deux reprises, lui qu'il considérait comme son père adoptif, l'a sorti du milieu carcéral et lui a ouvert les portes du septième art en lui confiant un travail de rédacteur dans ses &quot;Cahiers&quot;. Là, il développera l'art d'une critique furieuse au gré de ses coups de foudre et des coups de grâce qu'il rendait.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112807.jpg?v=1690104408" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Habité par un idéal de liberté qu'il porte haut, il prendra fait et cause pour Chris Marker dont, en 1963, &quot;Le joli mois de mai&quot;, est menacé de censure, le traitement de la Guerre d'Algérie étant jugé sulfureux par le gouvernement français. Il s'adressera alors au ministre en place pour lui écrire : <span style="font-style:italic">&quot;Monsieur le Ministre, le sort du &quot;Joli mois de mai&quot; est entre vos mains. C'est la confrontation des avis qui seule peut préserver la liberté du cinéma&quot;.</span>       <br />
              <br />
       C'est au nom de ce même engagement que, lorsqu'il apprend qu'il lui sera interdit aux &quot;Dossiers de l'écran&quot; d'aborder le problème de la censure lors du débat programmé sur son adaptation de &quot;Fahrenheit 451&quot; de Ray Bradbury, il déclinera net l'invitation des &quot;dossiers noirs des dossiers de l'écran&quot;. Sur la table du salon, la couverture des &quot;Cahiers du cinéma&quot; représentant &quot;A Bout de Souffle&quot; frappé d'une interdiction aux moins de dix-huit ans par la Commission de Censure, et une photographie de &quot;La Religieuse&quot; de Jacques Rivette, interdite en 1966 par le ministre gaulliste de l'époque, sont zoomées et projetées.       <br />
              <br />
       De même, lorsqu'il écrira au Président de la Cour de Sûreté pour défendre la liberté de la presse remise en cause par la saisie des numéros de &quot;La Cause du Peuple&quot; de Jean-Paul Sartre. Il préconise, avec l'ironie cinglante dont il sait faire preuve, de conseiller désormais aux vendeurs de journaux de porter chemise blanche (comme la sienne, lui qui n'a pas été arrêté) et de réfléchir avant de refuser le Nobel (en hommage à Jean-Paul Sartre, emmené au commissariat).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112808.jpg?v=1690104436" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Mais son engagement &quot;gauchisant&quot; l'amènera tout autant à gloser sur les révolutionnaires de pacotille qui épousent ces idées pour paraître plus jeunes… Visé en premier lieu, un certain Jean-Luc Godard dont la lettre au vitriol qu'il lui adressera est lue avec les accents d'une colère irrépressible… Jean-Pierre Léaud, l'Antoine Doinel des &quot;Quatre cents coups&quot;, humilié par ce fumiste dandy se faisant passer pour l'éternelle victime de sa relation à Anna Karina, lui qui est un falsificateur notoire, incapable de la moindre empathie pour quiconque. Reçu pour solde de tout compte...       <br />
              <br />
       La charge peut être terrible comme on vient de l'entendre, mais les témoignages d'amitié seront tout autant forts. Ainsi de sa lettre à Jean-Louis Bory, le génial critique de cinéma emblématique du combat homosexuel, souffrant d'une grave dépression : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai admiré votre courage au &quot;Masque et la Plume&quot;. Vous aurez la force de revenir parmi nous&quot;.</span> Celle à Alain Souchon dont il apprécie la grande sensibilité, ou encore celle rédigée au moment du décès à quarante ans de son protecteur, André Bazin : <span style="font-style:italic">&quot;Depuis, je n'ai plus de parents. C'est lui qui m'a appris le cinéma. Il est mort. Je ne peux que pleurer&quot;.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112809.jpg?v=1690104462" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      Quant au témoignage d'amour paternel adressé depuis Hollywood à ses filles, il résonne comme l'antidote de la missive adressée à ses parents lors de la sortie des &quot;Quatre cents coups&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;L'enfant sournois, voleur que vous avez fabriqué en me laissant seul pour partir tous les deux à Fontainebleau, ne venant même pas me chercher pour que je puisse me présenter à l'examen de repêchage pour l'entrée en sixième, m'a servi de modèle. J'ai constamment pensé à vous en écrivant ce film&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il ressort de cette traversée de la &quot;Correspondance&quot;, un portrait saisissant de cet homme, réalisateur d'une existence vécue au sceau de ses convictions. Et si nous n'avons pas plus évoqué l'acteur, c'est qu'il a su magnifiquement s'effacer derrière le sujet de sa belle interprétation.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 15 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Truffaut Correspondance"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/82379068-59112810.jpg?v=1690104489" alt=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title=""Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      D'après le recueil de correspondance de François Truffaut.       <br />
       Mise en scène : Judith d'Aleazzo et David Nathanson       <br />
       Avec : David Nathanson.       <br />
       Au piano : Antoine Ouvrard ou Pierre Courriol.       <br />
       Musique : Antoine Ouvrad.       <br />
       Scénographie : Samuel Poncet.       <br />
       Lumières : Julie Lola Lanteri et Erwan Temple.       <br />
       Décor : Samuel Poncet.       <br />
       Par la Cie Les Ailes de Clarence.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 18 septembre au 10 novembre 2024.</span>       <br />
       Du mardi au samedi à 19 h, dimanche à 15 h 30.        <br />
       Relâche le 11 octobre 2024.       <br />
       Le Lucernaire, Salle Paradis, Paris 6ᵉ, 01 45 44 57 34.       <br />
       <a class="link" href="https://www.lucernaire.fr/theatre/" target="_blank">&gt;&gt; lucernaire.fr</a>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Rencontre avec l’équipe artistique le vendredi 18 octobre à l’issue de la représentation.</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
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  </entry>
  <entry>
   <title>•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite</title>
   <updated>2023-07-23T11:27:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Truffaut-Correspondance-L-enfant-sauvage-du-cinema-francais-l-homme-qui-aimait-que-la-verite-soit-dite_a3696.html</id>
   <category term="Avignon 2023" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/74206155-51621757.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2023-07-23T10:46:00+02:00</published>
   <author><name>Yves Kafka</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
François Truffaut tel qu'en lui-même, c'est l'enjeu du passage au plateau des morceaux choisis de la correspondance du cinéaste phare de la nouvelle vague… grand amoureux du genre épistolaire, homme dans toute la vérité de sa nature, homme doué d'une sensibilité blessée mâtinée d'une intelligence aiguisée et d'un caractère ne souffrant aucune concession. Lui qui vécut en effet jusqu'à ses douze ans dans le mensonge du père que l'on lui avait caché, avait fait de la vérité un viatique, et ses lettres sont là pour en témoigner superbement.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621756.jpg?v=1690104364" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
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      C'est cette détermination à fleur de peau, cette exigence presque maladive de sincérité, dont David Nathanson et son pianiste vont être les &quot;passeurs&quot; au travers d'une interprétation aussi sobre que &quot;parlante&quot;. Aucun effet &quot;spectaculaire&quot;, mais au contraire un effacement derrière le réalisateur de cinéma pour que l'homme puisse reprendre vie par le truchement des mots qu'étaient les siens. Ainsi, par touches successives, au son de notes délicates échappées d'un piano, la mosaïque de ce que l'on pouvait connaître (ou pas) du réalisateur des &quot;Quatre cents coups&quot; va se (re)constituer pour donner naissance à un Truffaut plus vivant que jamais.       <br />
              <br />
       Un salon des années soixante-dix où une table basse accueille, pêle-mêle, livres, lettres, photos couleur sépia et autres archives personnelles recréant le monde de François Truffaut. Au second plan, émergeant de l'ombre, un écran sur lequel sera projetée – amplifiée par un zoom grossissant – la matière inerte des documents ci-dessus, recréant ainsi concrètement le lien &quot;lumineux&quot; entre cinéma et écriture, deux visages indissociables de son art. Sur le côté, un grand piano et son pianiste égrenant les petites notes échappées de sa filmographie. Et, au centre, le comédien délivrant le texte en faisant entendre, au-delà des mots articulés, les uns aux autres, les états émotionnels qui parcouraient leur auteur au moment où, de sa fine écriture, il couchait sur le papier rien moins que sa vie.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621757.jpg?v=1690104385" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Sa liberté totale de parole, dont il se faisait une règle absolue, éclatera dès les premières réponses à des inconnues l'ayant sollicité. À l'une d'elles, après les rapides considérations d'usage, son jugement tombe comme un couperet : <span style="font-style:italic">&quot;Chère Mademoiselle, j'ai bien reçu votre synopsis, mais je ne comprends pas pourquoi vous me l'avez envoyé. Désolé de ne pouvoir rien faire pour vous&quot;.</span> Ou encore à une autre jeune dame le sollicitant pour réaliser une adaptation d'&quot;Un amour de Swann&quot;, il répond : <span style="font-style:italic">&quot;Seul un charcutier pourrait adapter le salon des Verdurin. Aller voir plutôt du côté de René Clément.&quot;</span>, réglant par la même occasion son compte à ce cinéaste vraiment trop traditionnel à ses yeux.       <br />
              <br />
       Sa franchise extrême l'amènera dans le même temps à encenser d'autres cinéastes comme Louis Malle : <span style="font-style:italic">&quot;Mon cher Louis, votre Zazie m'a troublé. J'ai rarement souhaité le succès d'un autre comme le vôtre. Grandes amitiés&quot;.</span> Quand il parle de son enfance et adolescence compliquées (cf. &quot;Les quatre cents coups&quot; qui en sont le copié-collé), il confie avec grande émotion sa reconnaissance infinie pour André Bazin, le fondateur des &quot;Cahiers du cinéma&quot; dont des précieux exemplaires garnissent la table du salon. À deux reprises, lui qu'il considérait comme son père adoptif, l'a sorti du milieu carcéral et lui a ouvert les portes du septième art en lui confiant un travail de rédacteur dans ses &quot;Cahiers&quot;. Là, il développera l'art d'une critique furieuse au gré de ses coups de foudre et des coups de grâce qu'il rendait.
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621790.jpg?v=1690104408" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
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      Habité par un idéal de liberté qu'il porte haut, il prendra fait et cause pour Chris Marker dont, en 1963, &quot;Le joli mois de mai&quot;, est menacé de censure, le traitement de la Guerre d'Algérie étant jugé sulfureux par le gouvernement français. Il s'adressera alors au ministre en place pour lui écrire : <span style="font-style:italic">&quot;Monsieur le Ministre, le sort du &quot;Joli mois de mai&quot; est entre vos mains. C'est la confrontation des avis qui seule peut préserver la liberté du cinéma&quot;.</span>       <br />
              <br />
       C'est au nom de ce même engagement que, lorsqu'il apprend qu'il lui sera interdit aux &quot;Dossiers de l'écran&quot; d'aborder le problème de la censure lors du débat programmé sur son adaptation de &quot;Fahrenheit 451&quot; de Ray Bradbury, il déclinera net l'invitation des &quot;dossiers noirs des dossiers de l'écran&quot;. Sur la table du salon, la couverture des &quot;Cahiers du cinéma&quot; représentant &quot;A Bout de Souffle&quot; frappé d'une interdiction aux moins de dix-huit ans par la Commission de Censure, et une photographie de &quot;La Religieuse&quot; de Jacques Rivette, interdite en 1966 par le ministre gaulliste de l'époque, sont zoomées et projetées.       <br />
              <br />
       De même, lorsqu'il écrira au Président de la Cour de Sûreté pour défendre la liberté de la presse remise en cause par la saisie des numéros de &quot;La Cause du Peuple&quot; de Jean-Paul Sartre. Il préconise, avec l'ironie cinglante dont il sait faire preuve, de conseiller désormais aux vendeurs de journaux de porter chemise blanche (comme la sienne, lui qui n'a pas été arrêté) et de réfléchir avant de refuser le Nobel (en hommage à Jean-Paul Sartre, emmené au commissariat).
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      Mais son engagement &quot;gauchisant&quot; l'amènera tout autant à gloser sur les révolutionnaires de pacotille qui épousent ces idées pour paraître plus jeunes… Visé en premier lieu, un certain Jean-Luc Godard dont la lettre au vitriol qu'il lui adressera est lue avec les accents d'une colère irrépressible… Jean-Pierre Léaud, l'Antoine Doinel des &quot;Quatre cents coups&quot;, humilié par ce fumiste dandy se faisant passer pour l'éternelle victime de sa relation à Anna Karina, lui qui est un falsificateur notoire, incapable de la moindre empathie pour quiconque. Reçu pour solde de tout compte...       <br />
              <br />
       La charge peut être terrible comme on vient de l'entendre, mais les témoignages d'amitié seront tout autant forts. Ainsi de sa lettre à Jean-Louis Bory, le génial critique de cinéma emblématique du combat homosexuel, souffrant d'une grave dépression : <span style="font-style:italic">&quot;J'ai admiré votre courage au &quot;Masque et la Plume&quot;. Vous aurez la force de revenir parmi nous&quot;.</span> Celle à Alain Souchon dont il apprécie la grande sensibilité, ou encore celle rédigée au moment du décès à quarante ans de son protecteur, André Bazin : <span style="font-style:italic">&quot;Depuis, je n'ai plus de parents. C'est lui qui m'a appris le cinéma. Il est mort. Je ne peux que pleurer&quot;.</span>
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     <div>
      Quant au témoignage d'amour paternel adressé depuis Hollywood à ses filles, il résonne comme l'antidote de la missive adressée à ses parents lors de la sortie des &quot;Quatre cents coups&quot; : <span style="font-style:italic">&quot;L'enfant sournois, voleur que vous avez fabriqué en me laissant seul pour partir tous les deux à Fontainebleau, ne venant même pas me chercher pour que je puisse me présenter à l'examen de repêchage pour l'entrée en sixième, m'a servi de modèle. J'ai constamment pensé à vous en écrivant ce film&quot;.</span>       <br />
              <br />
       Il ressort de cette traversée de la &quot;Correspondance&quot;, un portrait saisissant de cet homme, réalisateur d'une existence vécue au sceau de ses convictions. Et si nous n'avons pas plus évoqué l'acteur, c'est qu'il a su magnifiquement s'effacer derrière le sujet de sa belle interprétation.       <br />
              <br />
       <b>Vu le samedi 15 juillet 2023 au Théâtre Transversal à Avignon.</b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Truffaut Correspondance"</b></div>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/74206155-51621820.jpg?v=1690104489" alt="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" title="•Off 2023• "Truffaut  Correspondance" L'enfant sauvage du cinéma français, l'homme qui aimait que la vérité soit dite" />
     </div>
     <div>
      D'après le recueil de correspondance de François Truffaut.       <br />
       Mise en scène : Judith d'Aleazzo et David Nathanson       <br />
       Avec : David Nathanson.       <br />
       Au piano : Antoine Ouvrard ou Pierre Courriol.       <br />
       Scénographie : Samuel Poncet.       <br />
       Lumières : Julie Lola Lanteri et Erwan Temple.       <br />
       Par la Cie Les Ailes de Clarence.       <br />
       Tout public à partir de 12 ans.       <br />
       Durée : 1 h 15.       <br />
              <br />
       <b>•Avignon Off 2023•</b>       <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 7 au 25 juillet 2023.</span>       <br />
       Tous les jours à 14 h 40. Relâche le mercredi.       <br />
       Théâtre Transversal, Salle 1, 10, rue Amphoux, Avignon.       <br />
       Réservations : 04 90 86 17 12.       <br />
       <a class="link" href="https://theatretransversal.com/" target="_blank">&gt;&gt; theatretransversal.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Off-2023-Truffaut-Correspondance-L-enfant-sauvage-du-cinema-francais-l-homme-qui-aimait-que-la-verite-soit-dite_a3696.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>De l'opéra, du théâtre et du ballet pour tous au cinéma !</title>
   <updated>2021-09-22T08:01:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/De-l-opera-du-theatre-et-du-ballet-pour-tous-au-cinema-_a3059.html</id>
   <category term="Lyrique" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/59052624-43463584.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2021-09-22T06:58:00+02:00</published>
   <author><name>Christine Ducq</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Les spectacles de la Comédie-Française, du Metropolitan Opera et les ballets du Bolchoï retrouvent le chemin des salles obscures françaises pour une nouvelle saison 2021-2022.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59052624-43463584.jpg?v=1632248446" alt="De l'opéra, du théâtre et du ballet pour tous au cinéma !" title="De l'opéra, du théâtre et du ballet pour tous au cinéma !" />
     </div>
     <div>
      Plus de 150 cinémas vont diffuser en 2021-2022 leurs merveilleux spectacles grâce aux cinémas Pathé, Gaumont et autres Méga CGR (sans oublier les salles indépendantes). Si vous ne pouvez aller les admirer in loco, ils seront donc disponibles sur vos écrans à travers le territoire et ce, à prix modéré.       <br />
              <br />
       La Comédie-Française nous donne rendez-vous pour une saison exceptionnelle dédiée à Molière à l'occasion du 400e anniversaire de sa naissance avec quatre spectacles inédits. Jeudi 14 octobre, ce sera &quot;le Malade imaginaire&quot; puis, le 15 janvier en direct, &quot;Le Tartuffe&quot; dans la mise en scène d'Ivo van Hove (une première suivie de l'hommage de la troupe au Génie français, patron des lieux). Le 12 avril, toujours en direct, &quot;L'Avare&quot;, sans oublier &quot;Le Bourgeois gentilhomme&quot; le 9 juin 2022 par Christian Hecq et Valérie Lesort.        <br />
              <br />
       Cinq ballets du Théâtre Bolchoï de Moscou seront diffusés dès le 7 novembre avec &quot;Spartacus&quot; (Chorégraphie : Y. Grigorovitch). Ce ballet sera suivi par &quot;Casse-Noisette&quot; le 19 décembre, &quot;Joyaux&quot; le 23 janvier en direct, puis le 6 mars &quot;Le Lac des Cygnes&quot;. La saison sur écrans se terminera avec &quot;La Fille du pharaon&quot; le dimanche 1er mai 2022 (Chorégraphie : Pierre Lacotte). 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/59052624-43463594.jpg?v=1632248494" alt="De l'opéra, du théâtre et du ballet pour tous au cinéma !" title="De l'opéra, du théâtre et du ballet pour tous au cinéma !" />
     </div>
     <div>
      Le Metropolitan Opera ne sera pas en reste avec dix opéras retransmis en direct par satellite. Dès le samedi 9 octobre, le public applaudira René Pape dans le rôle titre de &quot;Boris Godounov&quot;. Suivront &quot;Rigoletto&quot;, &quot;Don Carlos&quot;, &quot;Lucia di Lammermoor&quot;, &quot;Ariane à Naxos&quot; et &quot;Turandot&quot; entre autres. La création contemporaine ne sera pas oubliée avec &quot;Eurydice&quot; de Matthew Aucoin, avec Erin Morley et Jakub Jòzef Orliński (le 4 décembre), &quot;Comme un feu dévorant renfermé dans mes os&quot; de Terence Blanchard, avec Angel Blue (le 23 octobre) et &quot;Hamlet&quot; de Brett Dean le 4 juin 2022.        <br />
              <br />
       <b>Informations pratiques et réservations :</b>       <br />
       <a class="link" href="https://www.pathelive.com/programme/metropolitan-opera-21-22" target="_blank">&gt;&gt; pathelive.com</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/De-l-opera-du-theatre-et-du-ballet-pour-tous-au-cinema-_a3059.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves</title>
   <updated>2020-07-21T09:17:00+02:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Nos-films-Faire-vibrer-le-cinema-meme-absent-au-coeur-de-nos-reves_a2759.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/48325953-37963248.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2020-07-21T09:11:00+02:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Cendre Chassanne, femme de théâtre amoureuse de cinéma, rend hommage au 7e art. À sa manière. En mettant en scène "Nos films" sur un plateau de théâtre quasi vide. Le spectateur est face à un acteur seul sur le plateau éclairé chichement. Un micro et, au lointain, quelques légendes filmiques peu visibles.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963248.jpg?v=1595260949" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Il n'y a pas de ces images animées en contrepoint du jeu. De celles qui fascinent et dispersent l'attention. Ce qui est rare de nos jours… L'acteur se trouve dans la situation commune du spectateur qui, à la sortie de la séance de cinéma, conserve la vivacité de son émotion, son plaisir. Comme un trop-plein de sensations à transmettre.       <br />
              <br />
       Sur scène, l'acteur se trouve au point focal, au point neutre, face au public, mis en position de raconter. Sommé en quelque sorte de raconter. La représentation proposée par Cendre Chassanne est celle de la prise de parole. Après coup, après la représentation. Comme si celle-ci devait être réitérée pour mieux exister. Des fragments, des bribes, comme extraites de la projection.       <br />
              <br />
       Le projet de Cendre Chassanne prévoit neuf films portés par neuf comédiens en trois trilogies successives qui seront achevées en 2020. La première porte sur la &quot;nouvelle vague&quot; - François Truffaut, Jacques Doillon, Agnès Varda. Trois monologues distincts. Trois témoignages. Trois comédiens différents. Trois pépites théâtrales.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963249.jpg?v=1595260975" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Sur le plateau, les premiers gestes sont un peu gauches, avec des hésitations, des maladresses d'expression, une volubilité du verbe qui signalent la progression de l'émotion, la vivacité du plaisir éprouvé. Dans &quot;Nos films&quot;, peu à peu, il est fait recours à l'accessoire, au mime, à l'attitude. Être le héros fugace et temporaire du récit que l'on campe et auquel, pour mieux en fixer la mémoire, y entremêler les souvenirs personnels, les circonstances. Et, trouver un fil conducteur, et la manière d'émotion, non maîtrisée ou pas !       <br />
              <br />
       Elle peut être une image, un rythme, un grain de plaisir corrélé à l'icône filmique que l'on décrit, au souvenir que l'on veut en garder. C'est une chanson souvent car le paradoxe, c'est que l'émotion, quand elle habite un corps et une conscience, peut se réduire à un petit air, un refrain ou bien un simple geste, ébauche d'une gestuelle typée. Des mains dans les poches d'un imperméable. Une cigarette dans le jeu d'un poignet… Un accessoire, un habit et c'est la confiance trouvée. L'élaboration d'un caractère. L'apparition du film.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963250.jpg?v=1595261386" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Paradoxalement, plus Cendre Chassanne approfondit le plateau théâtral et le jeu, plus le spectateur de théâtre devient un spectateur pris sous l'emprise du cinéma. En quête de prise de vues.       <br />
               <br />
       Assurément, le spectateur entre dans le viseur et assiste à ces instants coupés au montage qui fondent les rushs. Captés, piégés par la caméra. Au spectateur de monter, de rêver le film dont il s'agit. Il n'est pas nécessaire qu'il ait vu l'ensemble pour le comprendre.       <br />
              <br />
       Dans ce spectacle, le spectateur est confronté au mot et à la chose, cette &quot;matière à contes et récits&quot; que l'on nomme &quot;cinéma&quot;. Il Imagine. Et officie dans cette cérémonie populaire inventée par les frères Lumière par laquelle le spectateur, après s'être imprégné en solitaire de sons d'images et de voix, éprouve des émotions, les raconte, les partage avec qui est supposé les avoir aussi ressenties. Et composer entre chaque spectateur comme un concerto le va-et-vient d'une génération, d'une époque. LE film. SON film. &quot;Nos films&quot;.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963251.jpg?v=1595261428" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      Il est fait par ce mode théâtral une mise en abyme de ce qui nous habite tous. Le souvenir de la chambre noire. Cette prise de conscience de l'ombre qui nous accompagne et de son reflet qui nous poursuit. Cet objet évanescent qui, depuis l'apparition de la lumière et de la chambre noire, peut être dès la caverne, assurément à la première flaque d'eau, assurément dès la première journée immobile quand seule l'ombre s'allonge et se raccourcit. Cet autre, ce semblable dédoublé entre soi et un support devant soi, ou par devers soi.L'ombre qui concrétise l'imaginaire… L'écran.       <br />
              <br />
       Dans &quot;Nos films&quot;, le cinéma, pour une fois absent de l'écran, vibre intensément au cœur de nos rêves vécus en direct. Dans &quot;Nos films&quot;, il est aussi question de théâtre. Ce qui accroît le plaisir.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">P.S. : Le spectacle a été créé au printemps, en résidence du 25 février au 7 mars 2019, à l'Atheneum de Dijon. Cendre Chassanne est maintenant artiste associée au Volcan, au Havre, mais elle renforce en même temps l'ancrage de sa compagnie au Cinéma de Tonnerre (devenu Cinéma-Théâtre) où elle vient de terminer un événement avec les habitants.</span>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Vu en octobre au Théâtre municipal Berthelot - Jean Guerrin à Montreuil (93).</span>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div><b>"Nos films"</b></div>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963252.jpg?v=1595261473" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      9 solos       <br />
       Conception, mise en scène, lumières et costumes : Cendre Chassanne.       <br />
       Musique originale Roudoudou.       <br />
       Création sonore, lumières et régie générale : Edouard Alanio.       <br />
       De et avec : Nathalie Bitan, Pauline Bolcatto, Simon Bourgade, Cendre Chassanne, Isabelle Fournier, Jean-Baptiste Gillet, Carole Guittat, Cécile Leterme, Stéphane Szestak.       <br />
       Durée : 2 h avec 2 entractes et pop-corn !       <br />
       Production : Cie Barbès 35.       <br />
       Coproduction : Le Volcan, Scène nationale du Havre, L'atheneum (Dijon).       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #1</strong></span>       <br />
       <span style="font-style:italic">Les enfants ils en savent plus que nous > Enfance et transmission.</span>       <br />
       "L'argent de poche" de François Truffaut par Carole Guittat.       <br />
       "Ponette" de Jacques Doillon par Isabelle Fournier.       <br />
       "Sans toit ni loi" d'Agnès Varda par Nathalie Bitan.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/48325953-37963442.jpg?v=1595261529" alt=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" title=""Nos films" Faire vibrer le cinéma, même absent, au cœur de nos rêves" />
     </div>
     <div>
      </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #2</strong></span>       <br />
       <span style="font-style:italic">La maison explose > Figures féminines et domination.</span>       <br />
       "Une femme sous influence" de John Cassavettes par Pauline Bolcatto.       <br />
       "Le mariage de Maria Braun" de Rainer Werner Fassbinder par Cécile Leterme.       <br />
       "Shining" de Stanley Kubrick par Cendre Chassanne.       <br />
              <br />
       </strong></span><span style="color:#990000;"><strong>Saison #3</strong></span>        <br />
       <span style="font-style:italic">To be or not to be...a man ? > Les hommes et la libération.</span>       <br />
       "Dupont Lajoie" d'Yves Boisset par Jean Baptiste Gillet.       <br />
       "La meilleure façon de marcher" de Claude Miller par Simon Bourgade.       <br />
       "La mort aux trousses" d'Alfred Hitchcock par Stéphane Szestak.       <br />
              <br />
       <b>Tournée estivale</b>       <br />
       17 et 18 juillet 2020 : Zone i - Image et Environnement (en extérieur), Thoré La Rochette.       <br />
       <span class="fluo_jaune">25 juillet 2020 :</span> Château de Chateauneuf-en-Auxois (plateau en extérieur), entrée gratuite sur réservation (L'argent de poche, Le mariage de Maria Braun, La mort aux trousses), Châteauneuf (21).       <br />
       <span class="fluo_jaune">29, 30, 31 juillet et 1er août 2020 :</span> 15e Rencontres de Monthelon (L'argent de poche, Sans toit ni loi, Shining), Château de Monthelon, Route de Montbard, Montréal (89).
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="https://www.larevueduspectacle.fr/Nos-films-Faire-vibrer-le-cinema-meme-absent-au-coeur-de-nos-reves_a2759.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>"Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible</title>
   <updated>2019-11-20T06:37:00+01:00</updated>
   <id>https://www.larevueduspectacle.fr/Le-Pas-Grand-Chose-Reapprentissage-du-monde-commun-par-un-fureteur-de-l-impossible_a2603.html</id>
   <category term="Théâtre" />
   <photo:imgsrc>https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/imagette/39736962-34071416.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2019-11-20T06:09:00+01:00</published>
   <author><name>Jean Grapin</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Sortant de la pénombre, coiffure en queue de rat, visage impavide, petit costume gris de clerc et orteils des pieds peints sur les chaussures, l'homme tire une charrette à bras bricolée en forme de landau ancien. Johann Le Guillerm, circassien de profession, est dans "Le pas grand chose, le génie d'une pensée réfractaire" à sa table de travail ambulante. Le bricolage est étudié. Le spectateur est face à un laboratoire portatif équipé d'un dispositif qui projette sur un écran la forme vue sur l'établi.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39736962-34071416.jpg?v=1574200417" alt=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" title=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" />
     </div>
     <div>
      L'homme conduit des expériences tâtonnantes et simplettes, observe des objets simples d'apparence, des presque-rien, de ces &quot;pas grand-chose&quot;, ces utilités concrètes ou abstraites négligées qui composent pourtant notre ordinaire… En tire des conclusions ébouriffantes pour le bon sens. Délirantes.       <br />
              <br />
       Le tracé des chiffres, ces formes rondes ou carrées, le un, le sept, le zéro, des traits, des spirales, des ombres qui se déforment, une banane qui se balance, des coquillettes qui dansent, une tige de céréale qui avance, sont regardés avec l'intensité de l'enfance partant en découverte. Cette enfance qui joue, cherche à réfléchir, à comprendre les objets. Et les déformations, selon différents angles de vue ou projections, prennent sens, Et les regroupe par tous les tris possibles ou improbables. Des ordres apparaissent. Troublants. Comme des gouttes d'eau tombant dans dans l'océan de la connaissance et des certitudes ; et venant en troubler la surface…       <br />
              <br />
       La voix est ferme, posée, presque monocorde. Elle est celle de celui qui sait et explique. Les gestes sont effectués avec la maîtrise, la virtuosité et la régularité d'un croupier de casino.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39736962-34071429.jpg?v=1574200447" alt=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" title=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" />
     </div>
     <div>
      L'homme dessine, déplace des pions, éclaire, manipule, présente et commente… toutes les variantes des formes qui apparaissent comme des puzzles à résoudre, autant d'énigmes qui recèlent au hasard de leurs rapprochements d'étranges harmonies. Comme une quadrature du cercle, une loi d'anamorphose universelle, un nombre d'or, une martingale du monde.       <br />
              <br />
       Il flotte bien évidemment dans le public comme le sentiment d'un tour de passe-passe de prestidigitateur, comme un soupçon d'idiotie ou de sophisme. Mais la rigueur et la logique des démonstrations de l'acteur suspendent tout jugement et le spectateur de théâtre entre dans la ronde, a le vertige. Il n'y a pas de truc ! Bien obligé de constater que la représentation de l'objet ne rend pas compte de sa totalité. Qu'il ya des espaces non représentés. Qu'une tierce dimension est à découvrir par les déformations successives. Ce que d'aucuns appellent le réel.       <br />
              <br />
       Johann le Guillerm n'est pas commun. Il est un chercheur passionné, obstiné. De ceux qui sont attentifs aux forces invisibles de la Nature. Il est mine de rien de grande pointure. Par sa présence et la méthode qu'il déploie, il percute la réalité. Fait accepter une évidence contre intuitive. Il fait de ces riens, ces pas grand-choses au centre de ses préoccupations, l'épicentre d'un tremblement de terre de la conscience, une source d'émerveillement et d'humour. Et de Connaissance.
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     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39736962-34071434.jpg?v=1574200481" alt=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" title=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" />
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      Car, avec cette méthode théâtrale empruntant à la Science, une approche comparatiste à la fois logique et insensée, le spectateur découvre au détour d'un hasard (mais est-ce un hasard ?) que ces expériences loufoques, toutes d'observation empirique, rejoignent celles des philologues, des physiciens, des géomètres, des cartographes, des architectes, des statisticiens et autres webmestres. Attentif, le spectateur a le bonheur de surprendre l'apparition fugace d'une rose de cathédrale ou d'un dendrogramme inquiétant. Il ressent l'existence d'un monde au cœur de l'homme et qui vibre avec lui alentour <span style="font-style:italic">(1)</span>. La loi des nombres. Le chant des cygnes d'Apollon, le délire des muses <span style="font-style:italic">(2)</span>.       <br />
              <br />
       Avec ce spectacle, Johann Le Guillerm renouvelle l'apprentissage du monde commun. Avec ces presque rien, ces pas grand-choses il fait exploser l'espace mental à le laisser pantois. Révèle que toutes les civilisations, ont des symboliques en commun aussi nécessaires que l'air et l'eau.       <br />
              <br />
       Johann Le Guillerm est un fureteur de l'impossible, un cueilleur de clinamen. Ce rien à mi-chemin du néant et du tout. Ce pas grand-chose, ce clin invisible qui relie au monde, cette infime inclinaison qui est déjà une inclination, une vibration, une décision de mouvement dans l'immobilité, une puissance dans le statique, un déséquilibre dans l'équilibre, une inversion des pesanteurs ; et qui, du monde de tous les possibles, fait une décision de concrétisation, l'apparition de l'intelligence au cœur de l'idiotie, l'irruption de l'imaginaire. Dans son évidence. Une goutte d'eau.       <br />
              <br />
       Johann Le Guillerm est un artiste qui trace son chemin sans se préoccuper des catégories artistiques. Une présentation des machines qu'il construit accompagne ce spectacle.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">(1) À ce moment de la critique, le mot environnement vient à l'esprit. Il désigne une manière de virer, de tournoyer avec nous. Le danger, ce serait de nous croire dans l’œil du cyclone et de se croire à l'abri… Johann le Guillerm qui en tant que circassien connaît bien la concentration de l'équilibre et du déséquilibre nous suggère avec simplicité d'observer et de comprendre.       <br />
       (2) Platon.</span>
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     <div><b>"Le Pas Grand Chose"</b></div>
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      <img src="https://www.larevueduspectacle.fr/photo/art/default/39736962-34071442.jpg?v=1574200520" alt=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" title=""Le Pas Grand Chose" Réapprentissage du monde commun par un fureteur de l'impossible" />
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      Conception, mise en scène et interprétation : Johann Le Guillerm.       <br />
       Régie lumière : Flora Hecquet.       <br />
       Régie Vidéo : David Dubost.       <br />
       Création lumière : Anne Dutoya.       <br />
       Création sonore : Alexandre Piques.       <br />
       Vidéo graphiste : Christophe Rannou.       <br />
       Costume : Anaïs Abel.       <br />
       Fabrication et construction : Silvain Ohl, Alexandra Boucan.       <br />
              <br />
       <span class="fluo_jaune">Du 6 au 28 novembre 2019.</span>       <br />
       6 novembre 2019 à 20 h, 7 et 9 novembre 2019 à 19 h, 13 novembre 2019 à 20 h, 14 et 16 novembre 2019 à 19 h, 20 novembre à 20 h, 21 et 23 novembre à 19 h, 27 novembre à 20 h, 28 novembre à 19 h.       <br />
       Maison des Métallos, Paris 11e, 01 48 05 88 27.       <br />
       <a class="link" href="https://www.maisondesmetallos.paris/" target="_blank">&gt;&gt; maisondesmetallos.paris</a>
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