La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle

Agenda des spectacles et événements
● Avignon Off 2017 ● "Suivre les Morts - Théâtre et sciences sociales" par la Cie banquet d'avril
Infos pratiques
du Jeudi 6 Juillet 2017 au Dimanche 23 Juillet 2017
Le Grenier à Sel, 2, rue du Rempart Saint-Lazare
84000 Avignon
Tel : 04 90 27 09 11
Description
En complicité avec les sociologues nantaises Anne Bossé et Elisabeth Pasquier, banquet d'avril s'empare d'un matériau scientifique pour offrir au théâtre un sujet sensible : ce que les morts font faire aux vivants.

Suivre les morts pour découvrir les routes qu'ils empruntent.
Fils et filles de migrants racontent le rapatriement de leurs morts.
Entre ici et là-bas, ces morts qui circulent plus que les autres continuent à écrire une page de l'histoire de l'immigration.
Professionnels du funéraire et du fret aérien nous renseignent sur le côtoiement de la mort au quotidien, les moyens techniques et juridiques mis au service du souhait des familles, l'invention de nouveaux rituels dans le contexte transnational.
Une fresque d'une humanité à lever les appréhensions, à renouveler les représentations sur les questions migratoires, trop souvent limitées aux deux bornes du communautarisme et de l'intégration.

"Suivre les Morts - Théâtre et sciences sociales"
Texte : Anne Bossé et Élisabeth Pasquier.
Mise en scène : Monique Hervouët.
Avec : Karim Fatihi, Gilles Gelgon, Delphine Lamand.
Scénographie et création lumières : Yohann Olivier. assisté d'Anthony Pécaud.
Régie : Erwan Tassel.
Construction décor : Atelier du Grand T.
Création son : Félix Philippe.
Costumes : Anne-Emmanuelle Pradier.

Production : banquet d'avril.
Compagnie conventionnée et soutenue par l'Etat - préfet de la Région Pays de la Loire - DRAC. Avec le soutien de La Région Pays de La Loire, Le Département 44, Les villes de Nantes et Saint-Herblain, La SPEDIDAM, L'ADAMI, le Laboratoire AAU-CRENAU (Laboratoire de sociologie – École d'architecture de Nantes, d'Onyx-La Carrière de Saint-Herblain et du Théâtre de l'Éphémère du Mans.

● Avignon Off 2017 ●
Du 6 au 23 juillet 2017.
Le Grenier à Sel,
2, rue du Rempart Saint-Lazare, Avignon.
Tous les jours à à 14 h (relâche 10 et 17).
Réservations : 04 90 27 09 11 ou avec ticket'OFF (billetterie en ligne).
Tarifs : 15 €/10 € (réduit, carte OFF) - PASS Grenier à sel : 24 € (3 spectacles).
>> banquetdavril.fr
>> grenierasel.com




Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


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À découvrir

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères

"Trahisons", Le Lucernaire, Paris

Reprise "Trahisons", la pièce de Pinter, est devenu un classique du répertoire contemporain. Un style, un mode de jeu que les élèves des écoles de comédie pratiquent chaque année en cours. Car ici, c'est la manière délicate de jouer ces échanges aux allures banales et quotidiennes qui prime sur le fond. Un théâtre du non-dit, du verbe rare, elliptique, où le sous-texte, le regard, le geste retenu valent autant que ce qui est dit, ce qui est joué.

Comme une horloge bien huilée qui remonte le temps des amours adultères
L'histoire elle-même semble toute convenue : deux amis, l'un éditeur, l'autre agent d'auteur. La femme du premier a une longue liaison avec le second. Avec ce lien d'amitié, ce lien amoureux et ce lien matrimonial se tissent une tapisserie de l'apparence qui dissimule les secrets, un voile fait de sentiments contradictoires.

Pourtant, l'originalité de cette pièce de Pinter tient dans sa construction. L'histoire commence par la fin et va remonter dix années de la vie intime de ces trois personnages. Elle tient également à la sobriété, on pourrait même dire le formalisme des scènes. Ce sont avant toute chose des Anglais de la classe moyenne haute, préoccupés par les apparences, les qu'en-dira-t-on, la politesse.

Une propreté toute javellisée des échanges. Des contacts. Des habitudes. Une organisation pratique des tromperies d'une grande méticulosité, réaliste. Ce sont de ces passions amicales et amoureuses totalement à l'opposée du feu et des flammes des passions latines.

Bruno Fougniès
24/01/2018
Spectacle à la Une

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara

Il n'est jamais aisé de s'approprier et d'interpréter des chansons créées, portées, sublimées par des artistes tels que Barbara. Mais là où beaucoup échouèrent, Lou Casa et son chanteur Marc Casa relèvent le défi avec brio et donne une lecture étonnante, poignante et incroyablement juste de six morceaux choisis de la Dame en noir.

Lou Casa… Une nouvelle résonance, étonnamment actuelle, pour les chansons de Barbara
Lou Casa, c'est deux frères, l'un au chant (Marc), l'autre au piano (Fred) et un bassiste (Julien Aeillon)… issus d'un collectif (à géométrie variable : 3 à 10 membres) qui travaillent sur des créations tant musicales (chansons, musiques improvisées) qu'expérimentales où peuvent s'associer danse, slam, poésie, vidéo, etc. Ici, après différentes productions, dont "Barbara, Quinze ans" en novembre 2012 qui initiera en 2014 le projet "Chansons de Barbara", ils décident de coucher six interprétations sur un CD intitulé "À ce jour" dont on espère que d'autres suivront.

Marc Casa donne une intonation particulière aux mots de Barbara (1), de Brel (2), de Françoise Lo (3) ou de Georges Bérard (4), portant avec élégance une certaine fêlure dans la voix qui amplifie l'émotion exprimée, la fragilité sous-tendue. En même temps, le grain légèrement rugueux donne la force et l'énergie au chant, imprimant la trame musicale soutenue par la basse toute en rythmique associée au piano percussif, notamment dans le sublime "Perlimpinpin" presque guerrier, revendicatif… Le clip est d'ailleurs très révélateur et significatif de l'interprétation choisie, exprimée par Lou Casa. Voix parlée chuchotée, prenant doucement de l'amplitude. Derrière le piano roule les notes en une rivière sautillante mi-tango mi-reggae, appuyant certains mots scandés par Marc Casa.

Gil Chauveau
17/02/2018
Sortie à la Une

"Bluebird", un rêve éveillé… ou plutôt comme l'éveil rêvé d'un autre monde

"Bluebird", en tournée

Noctambules. Insomniaques. Travailleurs aux horaires décalés. Nomades de la nuit. Tous pris en charge par Jimmy le chauffeur de taxi au volant de sa Nissan Blue Bird. Les personnages de "Bluebird" pièce écrite par l'auteur anglais Simon Stephens sont des isolés de Londres.

Des atomes qui surgissent au fil du temps, au défilement des réverbères, au surgissement des ombres, à la fragmentation des halos des devantures et repartent. Comme égrenés sous le poids de lassitude du moment.

Ce chauffeur dont le spectateur suit la tournée nocturne est comme un ange gardien. Toujours à la parade d'un danger éventuel. Le désamorçant avec talent quand il se manifeste. Avec ses petits rituels du café partagé, sa cigarette offerte, sa question posée à l'abrupt. Son silence pesé aussi. Ménageant des instants de presque confiance, propices aux confidences. Autant d'amorces, qui laissent transparaître les petits secrets des uns et des autres et qu'il amasse comme le ferait un écrivain.

Au fur et à mesure des échanges, son propre secret apparaît. Bien plus lourd que ne le laissent entendre les indices donnés à chaque client. Jimmy est toujours sur le qui vive. Jimmy avance dans l'allégement de sa conscience. C'est un secret que le critique ne peut dévoiler car c'est le ressort de la pièce.

Jean Grapin
19/01/2018