La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Cabaret Louise Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion ! - 12/07/2019

Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie...  

Au-delà des ténèbres… en famille et en guerre - 25/09/2018

Simon Abkarian revient au théâtre du Soleil dans un superbe diptyque qui raconte l'histoire d'une famille face à l'exil et à la guerre. Dans cette galerie de situations, vient affleurer tout un spectre émotionnel où se rencontrent pulsions de vie et de mort dans un combat de tous les instants. C'est un diptyque qui s'est construit à partir du premier texte de Simon Abkarian "Pénélope, ô Pénélope"...  

"L'Établi"… Chronique d'un avant mai 68… Quand des intellectuels militants côtoyèrent les masses ouvrières - 28/09/2018

Il y a 50 ans éclatait mai 68, il y a 40 ans paraissant "L'Établi", il y a 25 ans naissait la Cie du Berger. Et en 2018, retour sur une expérience ouvrière peu ordinaire, oublié, mais à l'intérêt documentaire pertinent - et plein d'enseignement - en ces temps de dislocation syndicale, de désagrégation sociale sur fond de libéralisme exacerbé. C'est la proposition de la compagnie du Berger, troupe...  

Les nouveaux guerriers involontaires de la liberté - 15/09/2018

Sous le miroir bleuté de ses flots et sous ses rives dorées par le sable et ciselées par ses criques, la Méditerranée cache depuis des millénaires des morts absurdes. Depuis les héros de la guerre de Troie, les ruines brûlantes de Sodome et d’Éphèse, depuis les naufrages des compagnons d'Ulysse jusqu'aux noyades de nos compagnons les migrants, toute l'histoire de cette mer intérieure est faite de...  

Au creux de la méditerranée s'engendrent, naissent et se perpétuent les mythes et les luttes - 12/09/2018

Une ville du pourtour de la Méditerranée avec ses courtes maisons cubiques et blanches où s'entrelacent rues étroites et venelles. Une ville imaginaire qu'on reconnaît pourtant, écrasée par le soleil, toute parcourue par les vents aux senteurs fortes et épicées, aux effluves marines, chargés des sables du désert… Une ville carrefour dont les fondations ont vu défiler peuples et civilisations...  

"Pour le meilleur et pour le dire"… Remettre la parole au centre de la relation amoureuse - 11/01/2019

Ça aurait pu être du théâtre de boulevard… mais une écriture nerveuse à l'humour décalé, des dialogues pleins de vivacité et bien rythmés, des jeux de mots parfois hasardeux mais toujours inattendus, une mise en scène construite sur un enchaînement vif et dynamique de courtes séquences et une distribution enthousiaste et énergique en ont décidé autrement. "Pour le meilleur et pour le dire" est la...  

"Pour le meilleur et pour le dire"… Dissoudre les non-dits pour remettre la parole au centre de la relation amoureuse - 11/09/2018

Enchaînements de quiproquos, de non-dits, de situations plus ou moins cocasses structurent assez rapidement une pièce vaudevillesque où l'amour est l'enjeu premier et l'art de la communication le deuxième. Avec, pour final, une joyeuse exception à la règle édictée par les Rita Mitsouko : "les...  

L'imaginaire au pouvoir dans un jeu de fausses pistes et une partition amoureuse des mots - 10/09/2018

Cela commence souvent comme ça, une histoire, par une petite phrase jetée, maladroite, en l'air ou sur le papier. Une inconséquence, un aveu d'impuissance, une mégarde. Une idée qu'on se dit à soi-même, qui normalement traverse le présent pour s'enfoncer dans le passé et sur laquelle on s'arrête soudain et qui se met à divaguer une suite, un personnage, des événements, pour à la fin créer une...  

Compagnie Opus : Étonnante, riante, veillée et visite au musée des surprises au cœur d'une joyeuse ruralité - 20/07/2018

Brioux-sur-Boutonne… Festival au village, par le village, pour le village. Village heureux d'accueillir des artistes qui s'y trouvent bien et des visiteurs tout autant ! Pour l'édition 2018 (la trentième) un long prologue a été organisé avec le soutien de vieux comparses, de vieux complices dont les spectacles peuvent être vus comme de subtiles et joyeuses mises en abyme du festival. Ainsi la...  

"Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété - 17/07/2018

C'est à Brioux, un festival au village, par le village, pour le village. Un village heureux d'accueillir des artistes qui s'y trouvent bien et des visiteurs venant de l'extérieur. Pour la trentième édition, un long prologue a été comme une joyeuse mise en abyme du festival lui-même. Aymeri Suarez-Pazos (avec sa Compagnie des Puys) entend partager le goût des mots, le goût des mets, le goût des...  
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À découvrir

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique

L'histoire se passe au Québec. Dans "Antioche" de Sarah Berthiaume, Antigone est une adolescente un peu foutrac, qui fait un peu n'importe nawak avec son djin troué et sa toga praetexta. Normal, elle voudrait jouer Anouilh et son Antigone, et articuler parfaitement le Français standard plutôt que jouer les fièvres du samedi soir…

•Off 2019• Antioche… Contradictions contemporaines… entre confort matérialiste et exaltation romantique
… Quant à sa copine Jade, elle ne vaut pas mieux qui s'emmure dans les toiles d'Internet, universelle araigne maléfique, pendant que sa mère qui a fui la Syrie fait des listes de mots pour les mémoriser.

Dans cette terre d'exil et d'accueil, dans cette terre d'immigration qui mêle réfugiés du Proche-Orient et descendants des acadiens entourés d'Anglais, cette terre qui veut échapper au globish et se pose la question de sa présence au monde, les deux copines rêvent de fugues, vivent intensément le sentiment de la liberté ou de l'enfermement. C'est que le confort matérialiste ou l'exaltation romantique sont autant de pièges à éviter. Pour elles le retour aux origines est problématique. La pièce noue les contradictions contemporaines.

Le langage est populaire, direct et inventif. Et le spectacle évolue de la comédie populaire et farcesque au drame suspendu au dessus des têtes. Les personnages connaissent des paroxysmes et dans les allers et les retours de leurs rêves, dans leurs errances, leurs désirs de fugues se lit la construction d'une mémoire et d'une identité. Jusqu'à ce que les deux héroïnes, en bordure du danger, croisent le chemin de la fatalité et du destin. Le retour aux origines devient tentation de l'intégrisme, du terrorisme.

Jean Grapin
29/06/2019
Spectacle à la Une

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !

Quand du noir complet, le faisceau de lumière de l'ampoule tombant des cintres coiffe le crâne dégarni et blanchi de Denis Lavant, hiératique derrière un bureau métallique fatigué, les yeux aimantés par un magnétophone à bande posé devant lui et absorbant dans la nuit magnétique toute son énergie, on se dit que la magie du théâtre est un leurre qui nous ravit au double sens…

•Off 2019• La dernière bande Enregistrements magnétiques… performance à donner la banane !
Plus rien n'existe alors que ce fabuleux homme né pour le théâtre qui s'apprête devant nous à renouer avec l'univers insolite de Samuel Beckett, dont il a interprété sur cette même scène des Halles, "Cap au pire" (2017), mis en jeu par le même Jacques Osinski.

Et le (très) long silence qui s'ensuit instille, dans le droit fil du choc liminaire, une étrangeté en osmose avec l'univers du dramaturge irlandais. Puis, émergeant de sa torpeur contemplative, "il" rapproche à quelques millimètres de son œil, que l'on devine à moitié aveugle, une clé extraite du fouillis de son veston loqueteux. Si le premier tiroir ouvert contenant une bobine ne l'intéresse pas dans l'immédiat, l'autre dans lequel il plonge à nouveau sa tête lui offre… une banane ! Épluchée soigneusement, elle va être tenue en bouche avant d'être mangée. La peau jetée sur le sol, lui vaudra une glissade digne d'un Buster Keaton sorti d'un film muet.

Yves Kafka
07/07/2019
Sortie à la Une

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et "bio-éthique" à dévorer tout cru

D'abord dire le choc artistique lié au mix d'un slam magnétique, d'une voix parlée aux résonances philosophiques, d'une musique live et de live painting se répondant l'une et l'autre, le tout réuni sur le même plateau pour créer l'univers poétique où deux histoires différentes - quoique… - se rencontrent au point de chute. Les contes partagent cela en commun, ils "parlent" au-delà de leur contenu et réservent des surprises "sans fin" qui nous mettent en appétit (d'ogre).

•Off 2019• Le dernier Ogre Conte slamé et
Ensuite, dire que l'on ne doit pas se laisser abuser par le mot conte… Comme beaucoup de contes, il n'est pas destiné aux enfants même s'il peut être vu avec intérêt par eux aussi… ne serait-ce que pour qu'ils expliquent aux adultes que leur faim de bien faire - rêve d'une vie bio et écologique à tous crins - peut s'avérer à la fin, "une vraie tuerie"…

(Il était une fois) un ogre dont i["À [son] retour [sa] douce avait dressé la table/Préparée comme jamais des mets gorgés d'odeur"]i (il parle, l'ogre, en alexandrins slamés) et qui aimait ses sept filles plus que tout au monde, les bisoutant, les cajolant et veillant à ce que rien ne leur manquât de nourriture raffinée et autres conforts domestiques. Un père de famille au-dessus de tout soupçon…

Certes, les mets gorgés d'odeurs mijotés par sa femme ogresse étaient exquis à son goût mais ogre il était, et son penchant "naturel" pour la chair fraîche humaine ne pouvait longtemps rester au garde-manger.

Yves Kafka
27/07/2019