La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
Théâtre

Au creux de la méditerranée s'engendrent, naissent et se perpétuent les mythes et les luttes - 12/09/2018

Une ville du pourtour de la Méditerranée avec ses courtes maisons cubiques et blanches où s'entrelacent rues étroites et venelles. Une ville imaginaire qu'on reconnaît pourtant, écrasée par le soleil, toute parcourue par les vents aux senteurs fortes et épicées, aux effluves marines, chargés des sables du désert… Une ville carrefour dont les fondations ont vu défiler peuples et civilisations...  

"Pour le meilleur et pour le dire"… Dissoudre les non-dits pour remettre la parole au centre de la relation amoureuse - 11/09/2018

Ça aurait pu être du théâtre de boulevard… mais une écriture nerveuse à l'humour décalé, des dialogues pleins de vivacité et bien rythmés, des jeux de mots parfois hasardeux mais toujours inattendus, une mise en scène construite sur un enchaînement vif et dynamique de courtes séquences et une distribution enthousiaste et énergique en ont décidé autrement. "Pour le meilleur et pour le dire" est la...  

"Pour le meilleur et pour le dire"… Remettre la parole au centre de la relation amoureuse - 11/01/2019

Ça aurait pu être du théâtre de boulevard… mais une écriture nerveuse à l'humour décalé, des dialogues pleins de vivacité et bien rythmés, des jeux de mots parfois hasardeux mais toujours inattendus, une mise en scène construite sur un enchaînement vif et dynamique de courtes séquences et une distribution enthousiaste et énergique en ont décidé autrement. "Pour le meilleur et pour le dire" est la...  

L'imaginaire au pouvoir dans un jeu de fausses pistes et une partition amoureuse des mots - 10/09/2018

Cela commence souvent comme ça, une histoire, par une petite phrase jetée, maladroite, en l'air ou sur le papier. Une inconséquence, un aveu d'impuissance, une mégarde. Une idée qu'on se dit à soi-même, qui normalement traverse le présent pour s'enfoncer dans le passé et sur laquelle on s'arrête soudain et qui se met à divaguer une suite, un personnage, des événements, pour à la fin créer une...  

Compagnie Opus : Étonnante, riante, veillée et visite au musée des surprises au cœur d'une joyeuse ruralité - 20/07/2018

Brioux-sur-Boutonne… Festival au village, par le village, pour le village. Village heureux d'accueillir des artistes qui s'y trouvent bien et des visiteurs tout autant ! Pour l'édition 2018 (la trentième) un long prologue a été organisé avec le soutien de vieux comparses, de vieux complices dont les spectacles peuvent être vus comme de subtiles et joyeuses mises en abyme du festival. Ainsi la...  

"Au Banquet de Gargantua", suivre les cycles naturels du désir, de la jouissance, de la satiété - 17/07/2018

C'est à Brioux, un festival au village, par le village, pour le village. Un village heureux d'accueillir des artistes qui s'y trouvent bien et des visiteurs venant de l'extérieur. Pour la trentième édition, un long prologue a été comme une joyeuse mise en abyme du festival lui-même. Aymeri Suarez-Pazos (avec sa Compagnie des Puys) entend partager le goût des mots, le goût des mets, le goût des...  

L'étincelante poésie de Federico Garcia Lorca va illuminer, en juillet et août, la cour du château de Grignan - 08/07/2018

Chaque été depuis plus de six lustres, la façade intérieure de ce château sert de fond de scène à une création théâtrale originale. Un lieu privilégié dans un village méridional joli comme une miniature pour ce spectacle en plein air qui inaugure la longue série des festivals… estivaux. Pour 2018, c'est l'œuvre maîtresse de l'un des auteurs espagnols les plus réputés - malgré sa disparition...  

"Tout va bien se passer"… Une sobriété élégante pour une chorégraphie de la douleur et de la purification - 13/06/2018

Le théâtre La Reine Blanche, qui facilite un dialogue entre le secteur de la connaissance scientifique et l'art du théâtre, présente "Tout va bien se passer" consacré à la fécondation in vitro. Maïa Brami décrit dans son texte la journée ordinaire d'une jeune femme actuelle marquée par une poisse maximale. Le monologue dans sa simplicité suit par le menu les événements qui conduisent une jeune...  

Ultime voyage imaginaire d'une légende du jazz… Nina Simone, femme révoltée, engagée et virtuose - 12/06/2018

Destin hors du commun, voix grave de diva, à la fois douce et puissante, oreille absolue, pianiste virtuose, du classique au jazz naît une frustration due à l'impossibilité d'une carrière de concertiste... empêchée par sa couleur noire de peau. Cette injustice forgera une femme, Africaine, fière, féministe et militante, revendiquant courageusement ses racines, qui, malgré ses addictions et sa...  

"L'Avare", une vision d'un monde cynique et individualiste… Comme un miroir tendu - 06/06/2018

Dans la mise en scène de Ludovic Lagarde pour "L'Avare" de Molière, le spectateur comprend l'origine de la richesse d'Harpagon enterrée au fond du jardin. Il est mis au parfum. Cet or, cette cassette, ces 10 000 écus qui sont tout son amour au détriment de ses enfants, découle d'une activité de l'économie parallèle. Harpagon et sa famille vivent repliés dans un entrepôt où le propriétaire...  
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À découvrir

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !

"Cabaret Louise", Théâtre Le Funambule Montmartre, Paris

Reprise Grandes ignorées de nos scolarités boutonneuses, la Commune et sa compagne Louise Michel sont tirées du passé et ici convoquées à une célébration festive et effrontée, bâtie sur un cinquantenaire soixante-huitard bienfaisant, où se réunissent de manière intempestive, ou pas, Rimbaud, Hugo, Léo et Théophile Ferré, Louise Attaque, Johnny Hallyday, Jules Ferry et Adolphe Thiers, etc., prenant vie grâce aux joyeux jeux virtuoses de Charlotte Zotto et Régis Vlachos.

Si Louise Michel m'était contée… Cabaret peu orthodoxe sur l'art de la rébellion !
En une forme de cabaret drolatique, foutraque, jouissif et impertinent, est rendu hommage à la révolte, à l'espérance d'une toujours future révolution, au souvenir de celles qui ont eu lieu - sans malheureusement toujours beaucoup d'efficience -, à celles et ceux - communards ou soixante-huitards - qui les imaginèrent sur le terreau de folles utopies. Régis Vlachos nous offre à nouveau un insolent et hilarant éloge d'une nouvelle rébellion à inventer, nous incitant, dans le respect de nos libertés individuelles, à nous indigner encore et toujours.

Cet hommage audacieux et - forcément - libertaire est associé subtilement, dans un intelligent second plan et en un judicieux contrepoint, à nos désespérantes actualités. Et, tour de force réussi, est généré, en complément inattendu et croustillant, une approche de mise en abyme conjugale du couple tentant de représenter le spectacle tout en l'interrompant de tempétueuses disputes, de tentatives de réconciliation… ou de négociation de définitive séparation... Instillant ainsi dans tous les tiroirs narratifs, une revendication féminine et féministe émanant historiquement de Louise Michel et, dans une contemporanéité militante, celle de la femme d'aujourd'hui que sont les comédiennes Charlotte Zotto et Johanna Garnier.

Gil Chauveau
22/01/2019
Spectacle à la Une

"Cassandra", cruauté et infinie tendresse pour conter le métier de comédienne

La chronique d'Isa-belle L

"Cassandra", C majuscule s'il vous plaît. Pas uniquement parce que c'est un prénom qui, aussi, introduit une phrase ou parce que c'est le titre du spectacle, mais parce que Cassandra, qu'elle soit moderne ici, mythique là-bas, mérite en capitale (C) cette jolie troisième lettre de l'alphabet à chaque recoin de mon papier. La lettre "C" comme Cassandra et comme le nom de famille de l'auteur. Rodolphe Corrion.

Deux C valent pour un troisième : Coïncidence. L'auteur, masculin, très habile répondant au nom de "Corrion" a écrit pour une comédienne à multiples facettes ce seul(e) en scène. Nous voilà à 3 C et trois bonnes raisons d'aller découvrir et applaudir ce spectacle mené de main de maîtresse par la comédienne Dorothée Girot. Jolie blonde explosive, sincère et talentueuse.

Inspiré du mythe de Cassandre, Rodolphe Corrion nous propose aujourd'hui, dans son texte à l'humour finement brodé, un personnage - Théodora -, comédienne enchaînant les castings avec peine, se retrouvant d'ailleurs en intro de spectacle, face à une conseillère Pôle Emploi. Excellent moment et monologue réjouissant. Théodora sent que quelque chose va se produire dans la vie de cette conseillère, quelque chose de… bah ! Oui. Il va se passer quelque chose… elle l'avait sentie, on ne l'a pas écoutée puis… la conseillère, elle ne l'a plus jamais revue.

Isabelle Lauriou
27/03/2019
Sortie à la Une

"An Irish Story" Une histoire des Irlandais, ces derniers bardes

"An Irish Story", Théâtre de Belleville, Paris

Son grand-père Peter 0'Farrel a disparu sans laisser d'adresse. Dans "An irish story", Kelly Rivière, la petite fille, est partie en quête puisque sa mère Margaret n'a pas voulu révéler le secret de la famille. Volubile, Kelly raconte sur scène ce qui devient vite, par elle et pour elle, une épopée. Don ou atavisme familial ? Au spectateur de décider mais il est comblé devant le collier de perles théâtrales qui lui est présenté.

Trimballé de Lyon à Dublin via Londres. Au départ, Kelly s'y prend un peu, faussement, gauchement, par un timide stand up mais l'histoire accroche. Il y a la personnalité de cet aïeul "so Irish" rejoignant étonnamment Londres pour reconstruire la ville dévastée par la guerre, qui a eu une fille, et a disparu comme bien d'autres… Disparus dans une mer d'alcool ? Peut-être… Que peut-on attendre de ces diables d'hommes, seuls garçons de fratries de filles (nombreuses) et eux–mêmes géniteurs de légendes…

À mesure que l'histoire avance, le récit devient dialogue. Le personnage est de plus en plus échauffé, de plus en plus passionné. Comme ébrié. Des paroles prises sur le vif, des personnages incarnés. Les accents à couper au couteau, ces îles de par delà la Manche ou le channel, de la mer d'Irlande Muir Éireann ou Irish sea, les rituels de la "cup of Tea", de la Guinness, la mère, les cousines, les voisins, le pub, tout y passe.

Jean Grapin
14/05/2019