La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
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Agenda des spectacles et événements
● Avignon Off 2017 ● "Suivre les Morts - Théâtre et sciences sociales" par la Cie banquet d'avril
Infos pratiques
du Jeudi 6 Juillet 2017 au Dimanche 23 Juillet 2017
Le Grenier à Sel, 2, rue du Rempart Saint-Lazare
84000 Avignon
Tel : 04 90 27 09 11
Description
En complicité avec les sociologues nantaises Anne Bossé et Elisabeth Pasquier, banquet d'avril s'empare d'un matériau scientifique pour offrir au théâtre un sujet sensible : ce que les morts font faire aux vivants.

Suivre les morts pour découvrir les routes qu'ils empruntent.
Fils et filles de migrants racontent le rapatriement de leurs morts.
Entre ici et là-bas, ces morts qui circulent plus que les autres continuent à écrire une page de l'histoire de l'immigration.
Professionnels du funéraire et du fret aérien nous renseignent sur le côtoiement de la mort au quotidien, les moyens techniques et juridiques mis au service du souhait des familles, l'invention de nouveaux rituels dans le contexte transnational.
Une fresque d'une humanité à lever les appréhensions, à renouveler les représentations sur les questions migratoires, trop souvent limitées aux deux bornes du communautarisme et de l'intégration.

"Suivre les Morts - Théâtre et sciences sociales"
Texte : Anne Bossé et Élisabeth Pasquier.
Mise en scène : Monique Hervouët.
Avec : Karim Fatihi, Gilles Gelgon, Delphine Lamand.
Scénographie et création lumières : Yohann Olivier. assisté d'Anthony Pécaud.
Régie : Erwan Tassel.
Construction décor : Atelier du Grand T.
Création son : Félix Philippe.
Costumes : Anne-Emmanuelle Pradier.

Production : banquet d'avril.
Compagnie conventionnée et soutenue par l'Etat - préfet de la Région Pays de la Loire - DRAC. Avec le soutien de La Région Pays de La Loire, Le Département 44, Les villes de Nantes et Saint-Herblain, La SPEDIDAM, L'ADAMI, le Laboratoire AAU-CRENAU (Laboratoire de sociologie – École d'architecture de Nantes, d'Onyx-La Carrière de Saint-Herblain et du Théâtre de l'Éphémère du Mans.

● Avignon Off 2017 ●
Du 6 au 23 juillet 2017.
Le Grenier à Sel,
2, rue du Rempart Saint-Lazare, Avignon.
Tous les jours à à 14 h (relâche 10 et 17).
Réservations : 04 90 27 09 11 ou avec ticket'OFF (billetterie en ligne).
Tarifs : 15 €/10 € (réduit, carte OFF) - PASS Grenier à sel : 24 € (3 spectacles).
>> banquetdavril.fr
>> grenierasel.com




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À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016