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Agenda des spectacles et événements
● Avignon Off 2017 ● "JAZ" par la Compagnie La Camara Oscura
Infos pratiques
du Vendredi 7 Juillet 2017 au Dimanche 30 Juillet 2017
Chapelle du Verbe Incarné, 21G, rue des Lices
84000 Avignon
Tel : 04 90 14 07 49
Description
Avec "JAZ", Koffi Kwahulé nous conduit au coeur de ses intuitions et glisse vers le poème musical choc. "JAZ" est le récit d'un viol, où la parole devient un exutoire, l'acte nécessaire à une certaine forme de libération ; un chant tragique où toute la violence du monde vient frapper la beauté et l'innocence de l'être.

Le chant de JAZ, c'est le corps musical qui bat de l'intérieur, une réappropriation de soi par la force de la création.

JAZ est un solo rythmé par des changements de vitesse constants, des bifurcations, des contradictions, comme dans une partition musicale, d'où une certaine sensation de déséquilibre permanent.

La fonction des motifs participe également à la création du swing propre au jazz, ce qui laisse planer la sensation d'un "danger", d'une menace latente. L'évidence du jazz apparaît dans leur libre circulation. Mais leur fonction ne se limite pas à la pure recherche sonore puisque ces motifs permettent de créer : "un horizon d'attente, pour devenir bientôt sans qu'on s'en aperçoive vraiment, à la fois des sonorités aussi familières qu'inquiétantes et les seuls enjeux narratifs de la pièce" (Koffi Kwahulé).

"JAZ"
Texte : Koffi Kwahulé.
Mise en scène : Alexandre Zeff.
Avec : Ludmilla Dabo.
Et le Mister Jazz Band :  Arthur Des Ligneris (saxophone), Louis Jeffroy (batterie), Gilles Normand (basse) et Franck Perroll (guitare).
Scénographie/création lumière : Benjamin Gabrié.
Création sonore : Antoine Cadou et Gilles Normand.
Composition : Franck Perrolle et Gilles Normand.
Arrangements : Le Mister Jazz Band.
Costumes/HMC/Régie : Claudia Dimier.
Chorégraphie : Gabrielle Eychenne.
Compagnie La Camara Oscura.
Durée : 1 h 05.

● Avignon Off 2017 ●
Du 7 au 30 Juillet 2017.
Chapelle du Verbe Incarné,
21G, rue des Lices, Avignon.
Tous les jours, à 19 h (relâche le jeudi).
Réservations : 04 90 14 07 49.
>> verbeincarne.fr
reservation@verbeincarne.fr




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À découvrir

"La Cantatrice chauve"… Une merveilleuse et brève histoire du temps*

"La Cantatrice chauve", Théâtre de Belleville, Paris

En réponse à la Seconde Guerre mondiale, un nouveau courant littéraire émerge : celui de l'absurde. Des dramaturges, tels Ionesco et Beckett pour ne citer que les plus connus, s'interrogent sur le non-sens de la vie qui conduit inéluctablement à la mort. "La Cantatrice chauve" est la première pièce se réclamant de ce genre. Ionesco la définit même comme une "anti-pièce", c'est de l'"antithéâtre".

Une pièce où le "a" privatif prime. Une trame atemporelle. Le décor est constitué de rideaux d'horloges indiquant toutes un horaire différent. Les Smith affirment qu'ils n'ont pas l'heure. On ne sait pas à quel moment de la journée se déroulent les faits, ni combien de temps il s'écoule. L'action défile, s'arrête, s'accélère, décélère, se rembobine, se répète, se multiplie… Le temps se distord, se crée, se rompt, se réinvente.

Des personnages sans visage, qui sont interchangeables. Les hommes parlent d'une voix de femme, les femmes d'une voix d'homme. Le couple des Smith devient le couple des Martin et le couple des Martin devient le couple des Smith. La famille de Bobby Watson se compose uniquement d'individus portant le même nom de Bobby Watson.

Des dialogues sans logique, sans contenu, sans échange. Ce n'est plus du langage, c'est de la langue dans la forme la plus pure qui soit. C'est une association de mots, une suite de syllabes, de sonorités, un assemblage d'images... Le concret laisse place à l'abstrait. Le sens n'a plus sa place. L'esthétique le remplace.

Ludivine Picot
25/08/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

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Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

Gauthier Fourcade charge à la Don Quichotte le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot comme un moulin à vent

"Liberté ! (Avec un point d'exclamation)", La Manufacture des Abbesses, Paris

Voilà la question. Liberté ! Au singulier et avec un point d'exclamation. Et avant tout, la liberté de choisir. C'est ce qui vient immédiatement à l'esprit face aux propositions de nos sociétés surconsommatrice, et pas seulement consommatrices en denrées, en produits manufacturés mais aussi en pensées, en pensées prêt-à-porter, en gens, en relations. En humains.

Gauthier Fourcade charge à la Don Quichotte le réalisme, le déterminisme et la logique d'un monde idiot comme un moulin à vent
Alors voilà le personnage hurluberlu de Gauthier Fourcade qui vient comme un chien dans un ballet réglé comme une machine à sous, se jeter cœur en avant avec son indécision maladive dans un monde si bien fait pour dire que les choix ont un sens. Impossible de choisir pour lui, ni la droite, ni la gauche, ni ceci, cela, rien.

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Bruno Fougniès
30/08/2017