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Théâtre

Un conte porteur de la force de la vie… une île en attente d'un arc-en-ciel

"L'Ombre de la baleine", Théâtre Paris-Villette, Paris

Avec "L'Ombre de la baleine", le spectateur découvre un étonnant et passionnant travail théâtral usant de la forme marionnettique… Très librement inspiré de "Moby Dick" d’Herman Melville.



© WilliamK.
© WilliamK.
Avec l'appui d'une marionnette qui est son sosie à taille réduite, Mikael Chirinian, l'auteur, anime le personnage d'un petit garçon dont la vie est marquée par la stupeur d'être né. Sa famille du côté du père, du côté de la mère, a été malmenée par les tempêtes d'un monde à la violence incompréhensible. Tous ont connu la peur, les massacres, la fuite, l'exil, la haine, la mort. À jamais naufragés. Jusqu'à la superstition, jusqu'à la folie de la sœur aînée qui prend tout le poids sur elle.

Et l'enfant trouve, dans le livre d'Herman Melville "Moby Dick", qui décrit le combat d'un cachalot à la taille monstrueuse et du capitaine revanchard baleinier Achab, matière à sidération mais aussi à survie, devant la violence insensée des éléments et des hommes. Le spectacle qui entremêle les situations et les souvenirs semble emprisonner le narrateur dans un filet qui serait cruel et fatal s'il ne s'appuyait sur un objet marionnettique.

© WilliamK.
© WilliamK.
Le dispositif mis en place par Anne Bouvier est plein de sensibilité et de beauté. La marionnette est un objet libérateur. En un seul geste le comédien, qui est le narrateur mais aussi le manipulateur, porte à un haut degré d'intensité chaque inflexion du jeu, apporte présence et émotion. La marionnette amplifie les effets, efface le conteur, bénéficie à l'acteur et donne au spectateur porté par le mystère de la représentation une forme de joie et de force intérieure propre à dénouer l'histoire.

Le spectacle est matière à conte qui, comme tous les contes, est porteur de la force de la vie. Et dans l'ombre de cette baleine, il est question d'un homme enfin réconcilié avec le fol espoir de raconter une nouvelle histoire, tout à fait autre d'où seraient effacées toutes traces des cauchemars. Celui d'un petit Noël, premier garçon à être né dans une terre enfin natale. L'homme rejoint son double à qui le dispositif d'Anne Bouvier offre la beauté réparatrice d'une scène finale immaculée. Apaisée. Comme une île en attente d'un arc-en-ciel.

"L'Ombre de la baleine"

© WilliamK.
© WilliamK.
Très librement inspiré de "Moby Dick" d’Herman Melville.
De et avec Mikaël Chirinian.
Mise en scène : Anne Bouvier.
Assistant à la mise en scène : Pierre Hélie.
Co-auteur : Océanerosemarie.
Musique Pierre-Antoine Durant.
Scénographie : Natacha Markoff.
Lumières : Denis Koransky.
Création marionnette : Francesca Testi.
Chorégraphie : Moustapha Ziane.
Durée : 1 h 15.

Du 18 Janvier au 11 février 2017.
18 au 29 janvier : mardi au samedi à 20 h 45.
31 janvier au 11 février : mardi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
Théâtre Paris-Villette, salle Blanche, Paris 19e, 01 40 03 72 23.
>> theatre-paris-villette.fr

Jean Grapin
Mercredi 1 Février 2017

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Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
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Jean Grapin
19/12/2016
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Jean Grapin
14/06/2017