La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Festivals

Soutenir et développer la professionnalisation du Festival Off d'Avignon 2017

Les nouveaux objectifs de l'association Avignon Festival & Compagnies - 1ère partie

Le 20 mars dernier avait lieu la conférence de presse de l'association Avignon Festival & Compagnies qui présentait les actions qui seront mises en place lors de l'édition 2017 du festival OFF. Celles-ci, dans la continuité du projet collectif validé en février 2016, visent à une plus grande et meilleure professionnalisation du Off. Nous vous en donnons ici les grandes lignes.



© AF&C/Cédric Delestrade-ACM.
© AF&C/Cédric Delestrade-ACM.
Cette rencontre avec les journalistes et les professionnels (CNV, théâtre Pandora, Sacem, etc.) était l'occasion pour la nouvelle équipe (1) d'exposer les chantiers en cours et les premières mesures prises (pour l'instant à titre expérimental) pour aider les compagnies et les théâtres à appliquer un maximum de professionnalisme dans leurs pratiques durant leur présence au festival Off ; ainsi que d'expliquer la dynamique du conseil d'administration pour les trois mois à venir.

Le point le plus important est sans aucun doute le chantier de la professionnalisation. Chaque année, nous assistons à une augmentation du nombre de spectacles (1 416 spectacles présentés en 2016) qui, si elle garantit la vitalité artistique du festival, n'en demeure pas moins problématique concernant les conditions de travail des artistes et les questions de l'emploi, toujours préoccupantes dans le domaine de l'intermittence. De nombreuses compagnies se servent des salaires comme variable d'ajustement. Ainsi lorsqu'elles ont payé tous les frais, elles n'ont plus d'argent pour salarier les comédiens.

Le conseil d'administration, bien que ne voulant pas s'immiscer dans les choix artistiques des compagnies et dans les rapports qui les lient aux théâtres d'Avignon, a considéré qu'il ne pouvait pas, en tant qu'association responsable, rester sans agir. Ayant mis en place en 2016 un projet collectif, elle a souhaité concrétiser certains points en 2017 afin de ne pas voir la situation se dégrader.

Compte tenu de la complexité des problèmes à résoudre, plusieurs chantiers ont été mis en place dont quatre seront progressivement réalisés cette année. Le premier concerne la création d'un fonds de professionnalisation ; le deuxième est un travail de réflexion sur les publics - l'économie des spectacles étant indissociable du public - ; troisièmement, une réflexion sur la mutualisation de l'affichage et sur la problématique de "l'écofestival" ; enfin quatrièmement, sur la formation des artistes.

Le fonds de soutien à la professionnalisation

© AF&C.
© AF&C.
Celui-ci a pour objectif d'aider à l’exploitation des spectacles au festival OFF d’Avignon (aide aux salaires artistiques pour les représentations ayant lieu pendant le festival).

Si l'on veut que les artistes appliquent le droit du travail et soient dans une logique d'emploi pérenne, il faut peut-être qu'ils bénéficient d'un accompagnement. L’association Avignon Festival & Compagnies et ses partenaires, considérant que cela fait partie de leurs prérogatives, ont donc décidé de créer et de financer ce fonds, à titre d'essai, d'un montant de départ d'environ 200 000 euros. Cette somme sera alimentée tout d'abord par les cartes d'accréditations professionnelles qui deviennent payantes. Celles-ci sont au nombre de 3 000 en moyenne, ce qui représentera un montant de 70 000 euros (25 euros la carte).

Ensuite, la commission prélevée sur le service "ticket’OFF" (0,95 € par place vendue) - habituellement reversée en partie aux compagnies, en partie à l'association - sera entièrement versée au fonds (30 000 euros). Autre apport : l'institution du Off ayant un fonds de réserve, 30 000 euros seront pris sur celui-ci. Enfin, les différents partenaires que sont la Sacem, la SACD, le CNV, la STP, la Spedidam, etc., contribueront dans une fourchette allant de 20 000 à 30 000 euros chacun (2).

Quid de ce fonds ?

© AF&C.
© AF&C.
L'utilisation de ce fonds va se concrétiser par une aide de 1 000 euros par artiste, plafonnée à 4 000 euros par projet. Cela veut dire qu'une compagnie désirant bénéficier du fonds de soutien doit présenter un dossier de demande d'aide et elle ne pourra le faire que si elle répond à certains critères d'éligibilité, définis tant au niveau de la structure que du projet lui-même.

Commençons par la structure. Tout d'abord, un seul dossier par structure. Celle-ci doit être titulaire de la licence d’entrepreneur de spectacles vivants de catégorie 2 (et 3 si la structure est responsable de la billetterie). Elle doit fournir des attestations de compte (URSAFF/AUDIENS/PES) à jour et être à jour du paiement de la taxe fiscale (si redevable), des droits d’auteur et des droits voisins. Elle doit appliquer l’une des conventions collectives du secteur (CCNEAC ou CCNESPSV) et ne pas passer par le GUSO pour le paiement des salaires.

Concernant le projet, cela doit être une création de l’année, avec au maximum 12 représentations de rodage. Le spectacle sera issu de la création contemporaine : auteur, compositeur ou chorégraphe contemporain - au sens du code de la propriété intellectuelle -, c'est-à-dire auteur vivant ou mort depuis moins de 70 ans.

Le respect des minima en vigueur au sein des deux conventions collectives du secteur, CCNEAC ou CCNESPSV, est obligatoirement appliqué (soit paiement aux cachets, soit mensualisation au minimum syndical) ; avec garantie du paiement des taxes et des droits. Le projet sera accompagné d'un budget prévisionnel équilibré et établi sur la totalité du festival. Enfin, il ne doit pas avoir obtenu l’aide à la création en tournée de l’ASTP (Association pour le Soutien au Théâtre Privé).

À partir de quand ?

Dans quelques jours ! Selon l'annonce faite lors de la conférence, l'AF&C a indiqué que les dossiers de demande d’aide du fonds de soutien seront téléchargeables mi-avril 2017 sur le site du OFF >> avignonleoff.com.

Le dossier sera composé d’un descriptif de projet à remplir, de plusieurs onglets budgétaires et d’une présentation permettant d’apprécier sa cohérence et sa faisabilité économique. L’aide sera versée en deux temps : 40 % à l’acceptation du projet au mois de juin et 60 % à la remise des pièces justificatives au mois de novembre.

Les pièces justificatives demandées seront les bulletins de salaire des artistes, les justificatifs du paiement des droits et taxes, le budget réalisé et les différentes attestations de compte à jour.

(1) Changement de la présidence (Pierre Beffeyte, nouvel élu) et d'une partie du conseil d'administration, il y a quatre mois. Bureau : Bertrand Hurault, Vice-Président (collège des théâtres) ; Nikson Pitaqaj, Vice-Président (collège des compagnies) ; Antoine Colnot, Secrétaire ; Claire Wilmart, Secrétaire adjointe ; Jacques Hélian Bauduffe, Trésorier ; Patrick Journaut, Trésorier adjoint.
(2) SACEM : 30 000 € ; SACD : 30 000 € ; SPEDIDAM : 30 000 € ; CNV : 22 000 € ; ADAMI (en cours) ; Association pour le Soutien du Théâtre Privé (en cours).


>> Lire la suite : Festival Off d'Avignon 2017… Éco-responsabilité et nouveaux publics à l'ordre du jour !

Gil Chauveau
Mardi 11 Avril 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





    Aucun événement à cette date.

Publicité



À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016