La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Danse

Séquence Danse Paris : "Tù"… La danse aux éclats

Festival "Séquence Danse Paris", Le Cent-Quatre, Paris

Pour sa cinquième édition, "Séquence Danse Paris" offre un éventail très varié d'une composition artistiquement riche où la danse contemporaine cohabite souvent avec le théâtre et où le classique revisité fait front avec des danses urbaines.



© Olivier Meyrou.
© Olivier Meyrou.
Un long papier crisse et bouge telle une chenille. Les mouvements sont articulés et il est aisé d'imaginer leurs formes qui cheminent par en dessous. Derrière celles-ci, Matias Pilet fait montre d'une maîtrise du corps et de la matière où l'un se nourrit de l'autre.

Les mouvements sont bien découpés et visibles même sous cette enveloppe blanche. Cela tourne, pivote, ramenant l'ensemble au centre, se déployant vers différentes directions pour faire de cette blancheur un habillement gracieux. Le danseur se plie et se déplie, s'articule dans une matière à la fois légèrement criante de froissements et aussi gracieuse qu'une robe de mariée. Les gestuelles, faussement retorses, ont des trajectoires en demi-cercle où, au centre, elles se recroquevillent comme un fœtus ou un être en sommeil. Le corps apparaît telle une courbe, juste une forme avant d'être son propre support quand il sort de son enveloppe.

Le corps se meut une fois qu'il a quitté sa chrysalide autour d'acrobaties et d'élégantes contorsions. Dans une danse très physique, il s'exprime, se montre, après qu'il se soit terré comme un bébé qui veut sortir du ventre maternel.

Le tronc tombant en arrière jusqu'au sol, tenu par les mains, jouant de cabrioles de biais ou en frontal, Matias Pilet courbe ses membres supérieurs en s'appuyant au sol. Tout est équilibres et culbutes où le danseur revient, comme un pendule, à sa place. Il symbolise par ses différents déplacements et gestuelles, une vie en équilibre, entre chute et renaissance, ou comme un être en formation, prêt à sortir d'un ventre pour aller au cœur de la vie.

Ce parti pris d'Olivier Meyrou et Amrita David de faire "naître" sur scène n'est pas anodin. Elle est une histoire, vécue, réelle. Celle de cette petite fille morte in utero quelques jours avant son accouchement et qui devait être la sœur jumelle de Matias Pilet. Le danseur habite cette absence qui devient présence, cette forme qui devient être, cette blancheur qui devient couleur, ces froissements qui deviennent musique et vidéos. Ces mouvements portent un élan de vie où le danseur excelle dans des acrobaties où le saut périlleux fait figure de renaissance dans une sorte d'exorcisme natal.

"Tù"

Metteur en scène : Olivier Meyrou.
Dramaturge : Amrita David et Olivier Meyrou.
Interprète : Matias Pilet.
Apparitions vidéos : Karen Wenvl, Erika Bustamante et Françoise Gillard, sociétaire de la Comédie-Française.
Musique : François-Eudes Chanfrault et Sébastien Savine.
Chant : Karen Wenvl.
Scénographe : Simon André.
Créateur lumières : Nicolas Boudier.
Créateur vidéo : Loïc Bontems.
Régisseur général : Jules Pierret.
Régisseur lumière : Sofia Bassim.
Régisseur/vidéo : Marie-Pascale Bertrand et Yohann Gilles, stagiaires Léo Ricordel et Pierre Audoynaud.

"Trois Sacres" © Eric Miranda.
"Trois Sacres" © Eric Miranda.
5e Festival Séquence Danse Paris
Du 14 mars au 9 avril 2017.
Le CentQuatre-Paris, Paris 19e, 01 53 35 50 00.
>> 104.fr

5 et 6 avril à 19 h.
"Projection(s)"
Chorégraphe/interprète : Smaïl Kanouté.
Dispositif scénique : Philippe Baudelocque.

5 et 6 avril à 19 h 30.
"J.C."
Créateur : Juliette Navis. Avec : Douglas Grauwels.

Du 6 au 9 avril à 21 h 30.
"CHROMA_don't be frightened of turning the page" (création mondiale)
Créateur : Alessandro Sciarroni.
Dramaturgie : Alessandro Sciarroni, Su-Feh Lee.

"Sous-Vide" © DR.
"Sous-Vide" © DR.
Du 5 au 9 avril à 20 h 30, dimanche à 16 h.
"A love Supreme"
Chorégraphie : Salva Sanchis, Anne Teresa De Keersmaeker.
Avec : José Paulo dos Santos, Bilal El Had, Jason Respilieux, Thomas Vantuycom.

Du 7 au 9 avril à 19 h, dimanche à 18 h 30.
"Trois Sacres"
Chorégraphe : Sylvain Groud.
Interprètes : Bérénice Bejo et Sylvain Groud.

Du 7 au 9 avril à 19 h 30, dimanche à 16 h 30.
"Sous-vide"
Musique : Dmitri Kourliandski. Conception : Aliénor Dauchez.
Avec : Aliénor Dauchez, Dmitri Kourliandski.

Du 14 mars au 9 avril.
"The fire flies, Baltimore/Paris"
Installation vidéo.
Frédéric Nauczyciel.

Safidin Alouache
Mardi 4 Avril 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





    Aucun événement à cette date.

Publicité



À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016