La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle




Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
CédéDévédé

Promenade féerique et animalière dans la classe de Mademoiselle Plume à l'école des fables

Bienvenue dans la classe de Mademoiselle Plume, la maîtresse de l'école des fables où on trouve toutes sortes d'animaux farfelus dont les traits de caractère et les travers ressemblent étrangement à ceux des hommes. On croise ainsi des personnages tous plus dingues et plus amusants les uns que les autres... Mais attention, les fables ainsi contées se comprennent à différents niveaux de lecture et le ton est caustique, délirant, féerique et jamais complaisant.



©  Monsieur B.
© Monsieur B.
Dans ce bestiaire aux animaux singuliers, on fait la connaissance notamment d'une mouche qui ne fait pas bzz, bzz, bzz, fait du boucan et a un complexe car ses ailes sont vaguement en dentelles mais finira star dans un cirque ; d'un loup peureux et amoureux, au style grisonnant, qui ne ferait pas de mal à la mouche précédemment citée ; du roi des animaux, son altesse le lion dévoreur de petits agneaux ; d'un canasson, ex-cheval de course, chanteur de charme qui a le blues de ne pas être reconnu comme crooner, d'un moineau qui veut devenir un aigle royal et changer son quotidien pour une vie qui décoiffe ; d'un dauphin triste qui ne savait pas nager ; d'un poisson volant amoureux d'une hirondelle…

Chacun est l'objet d'une histoire étonnante narrée sur des musiques entraînantes et joliment mélodiques qui se retiennent facilement, comme des ritournelles que l'on aurait toujours sues. Et l'un des messages ici véhiculés concerne l'amour universel qui nous aide à nous battre et à donner un sens à nos vies. Ici, le propos est autant de faire la joie des enfants que de rappeler que la vie n'est pas simple pour tout le monde... Et qu'il faut rester attentif aux autres et savoir les aider... d'une manière ou d'une autre... Ce CD est en l'exemple puisqu'une partie des recettes est reversée à l'ARSEP Fondation (Fondation pour l'aide à la Recherche à la sclérose En Plaques).

©  DR.
© DR.
Comment est né le projet de "L'école des fables" ?

Valentin Marceau (interprète) - Après une séance de travail avec Christian (Vié), nous nous sommes retrouvés autour d'un verre pour décompresser. Je suis de nature assez curieuse et j'adore fouiller dans son ordinateur qui cache très souvent de jolies petites merveilles. J'ai découvert quelques fables qu'il avait écrites par pur plaisir, mais sans réelle intention de les proposer... "Le moineau", "La mouche", "Le loup peureux". J'étais super emballé par les textes dans lesquels chacun peut se reconnaître, et il y avait cette touche humoristique, propre à Christian, que j'adore ! Il fallait absolument qu'il en écrive d'autres pour proposer un recueil de fables !

L'ensemble de l'album est gai, avec beaucoup d'entrain et respire la joie de vivre. Quel est le secret ?

Thomas Semence (compositeur et réalisateur) - Des textes sympas, l'envie de s'amuser, et surtout des interprètes motivés autour d'un projet fédérateur ! La première chanson que j'ai composée est "Le loup peureux" que je souhaitais faire interpréter à Jean-Louis Aubert. Il n'a pas hésité une seule seconde à participer au projet, et c'est avec beaucoup d'enthousiasme qu'il a enregistré cette chanson, comme l'ensemble des autres artistes qui se sont mobilisés avec générosité pour ce projet.

©  DR.
© DR.
Se sont alors enchaînés : Ours, génial dans "La mouche", Valentin qui a chanté "Le poisson volant", Joyce Jonathan et sa fabuleuse interprétation du titre "Le moineau", Rose et "Le petit esquimau", Saule et Albin de la Simone qui nous ont offert une très belle chanson sur "Le chemin des tortues"… Bref, ils ont tous été vraiment cool. Hanna, Benoît Dorémus, Axel Bauer, Marc Aymon, et même Doc Gynéco est venu participer à la fête ! Et un casting de choix pour animer la classe de la mystérieuse inconnue Mademoiselle Plume…

Mais qui est Mademoiselle Plume, cette maîtresse pas tout à fait comme les autres ?

Christian Vié (auteur) - Mademoiselle Plume est ma fille, Émilie. Elle a contracté la sclérose en plaques à l'âge de 16 ans. Elle a d'abord perdu la vue, l'équilibre, et s'est mise à ne plus sentir ses membres inférieurs. Après de lourds examens, la maladie a été diagnostiquée. Ce fut le début de longues semaines de traitement extrêmement fatigant et contraignant, mais Émilie n'a jamais baissé les bras. Elle a aujourd'hui, grâce aux progrès de la recherche médicale, une vie presque normale. à 35 ans, elle exerce sa profession de comédienne avec passion. Elle s'est d'ailleurs beaucoup amusée en interprétant le rôle de Mademoiselle Plume dans L'école des fables...

©  Monsieur B.
© Monsieur B.
Il n'existe pour l'instant pas de traitement pour guérir la sclérose en plaques. On peut la bloquer, la freiner, mais pas l'arrêter, et c'est un combat journalier... Cela faisait longtemps que je voulais faire un projet qui puisse soutenir la recherche pour la lutte contre la sclérose en plaques. Il était important pour moi de me rendre un peu utile, car en tant que parent on se sent souvent impuissant face à cette situation.

Avec Thomas et Valentin nous avons décidé de rencontrer le directeur de l'ARSEP Fondation, pour lui faire part de notre intention d'aider la recherche contre cette maladie en reversant une partie des recettes de "L'école des fables".

● "L'école des fables".
D'après une idée originale de Christian Vié, Valentin Marceau et Thomas Semence.
Illustrations : Monsieur B - Coloriste : Angus.
Avec : Albin de la Simone, Jean-Louis Aubert, Joyce Jonathan, Rose, Ours, Saule, Benoît Dorémus, Axel Bauer, Hanna, Doc Gynéco, et bien d'autres.
CD et Livre CD disponibles.
Label : Artisan Producteur - Mélodium Music.
Distribution : Éditions Éveil et Découvertes.
Sortie : septembre 2017 (8 septembre pour le CD et 21 Septembre pour le Livre-CD).

2 décembre 2017.
À 15 h.
L'Européen, Paris 17e, 0 892 68 36 22.
>> leuropeen.paris


Gil Chauveau
Samedi 11 Novembre 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Publicité



À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016