La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
RV du Jour

"Oblomov", l'Hikikomori de la littérature russe !

Dorian Rossel, portrait d'un artiste : Épisode 2

Deuxième épisode en compagnie de Dorian Rossel avec presque simultanément trois spectacles à l'affiche. Dans cette partie de l'interview, nous parlons encore de la pièce "Oblomov" d' Ivan Gontcharov. Or, la question est simple : en quoi cette œuvre (majeure) du XIXe peut-elle encore intéresser la jeune génération ?



"Oblomov" © Erika Irmler.
"Oblomov" © Erika Irmler.
Chez Dorian Rossel, quand les personnages tentent d'être mis à la verticale alors qu'ils essaient de se tenir droit (comme dans "Quartier lointain"), ils se retrouvent vite à l'horizontale. "Oblomov" d'Ivan Gontcharov, petit chef-d’œuvre de la littérature russe, raconte un personnage de haut rang enfermé dans une telle inertie qu'il décide de ne plus en sortir.

En revendiquant le droit de dormir, cet antihéros du XIXe est à l'origine d'un phénomène social de plus en plus répandu au Japon et dans le monde : l'Hikikomori. Sous la pression sociale, des jeunes trouvent refuge dans leur chambre et peuvent y rester sans en sortir durant plusieurs années. Cette réaction dont nous n'avons pas encore étudié tous les contours fait peur car se répand de plus en plus.

Est-ce d'ailleurs un hasard si Joris Mathieu ("Hikikomori Le Refuge") et Fabrice Murgiat traitent des mêmes thématiques sur la scène française ? N'avons-nous d'ailleurs pas tous une part d'Oblomov en nous ? Ah oui, ces "choses" auxquelles on n'a pas toujours accès et dans lesquelles on aimerait parfois se blottir...

Générique de l'interview composé et interprété par Pierre-Yves Plat.

>> Écouter la première partie
Deuxième Partie >>

dorian_rossel,_partie_2.mp3 Dorian Rossel, partie 2.mp3  (2.08 Mo)



"Je me mets au milieu mais laissez-moi dormir"

© Pascal Gély.
© Pascal Gély.
D’après le film "La maman et la putain" de Jean Eustache .
Mise en scène : Dorian Rossel.
Avec : David Gobet, Dominique Gubser, Anne Steffens.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Assistante : Sandrine Tindilière.
Lumière et régie : Niells Doucet.
Scénographie : Compagnie STT.
Responsable technique Compagnie STT : Mathieu Baumann.
Costumes : Karine Vintache.
Durée : 1 h 30.

Du 5 au 31 janvier 2016.
Du mardi au samedi à 20 h 30, dimanche à 15 h 30, relâche le dimanche 10 janvier.
Théâtre du Rond-Point, Salle Roland Topor, Paris 8e, 01 44 95 98 00.
>> theatredurondpoint.fr/

Tournée
2 février 2016 : DSN - Dieppe Scène Nationale, Dieppe (76).
4 février 2016 : L’ARC - Scène Nationale Le Creusot (71).
11 février 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).
13 février 2016 : Usine à Gaz, Nyon (Suisse).
19 au 21 février 2016 : ABC, La Chaux de Fonds (Suisse).
23 au 24 février 2016 : Théâtre du Pommier, Neuchâtel (Suisse).
25 au 27 février 2016 : Théâtre de Poche - Spectacles français, Bienne (Suisse).

"L’usage du monde"

"Oblomov" © Erika Irmler.
"Oblomov" © Erika Irmler.
D’après Nicolas Bouvier.
Mise en scène : Dorian Rossel.
Assistant à la mise en scène : Clément Lanza.
Avec : Delphine Lanza, Rodolphe Dekowski, Karim Kadjar, Anne Gillot et Jérôme Ogier.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Scénographie : Cie STT, Sibylle Kössler.
Costumes : Séverine Lustière.
Musique : Anne Gillot et Jérôme Ogier.

Tournée
22 au 23 mars 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).
5 au 9 avril 2016 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).
2 juin 2016 : Plein Tube, Meyrin (Suisse).
3 juin 2016 : Teatro Comico, Sion (Suisse).
4 juin 2016 : L’échandole, Yverdon-les-Bains (Suisse).
6 au 7 juin 2016 : Lancy (Suisse).
30 juin 2016 : Meyrin-les-Bains (Suisse).

"Oblomov"

D’après Ivan Gontcharov.
Adaptation théâtrale : Dorian Rossel et Carine Corajoud.
Mise en scène : Dorian Rossel.
Collaboration artistique : Delphine Lanza.
Avec : Rodolphe Dekowski, Xavier Fernandez-Cavada, Elsa Grzeszczak,Jean-Michel Guerin, Fabien Joubert, Delphine Lanza et Paulette Wright.
Dramaturgie : Carine Corajoud.
Création musicale : Paulette Wright, Anne Gillot et Patricia Bosshard.
Scénographie et costumes : Sibylle Kössler et Clémence Kazémi.
Création lumière : Jean Grison et Luc Khiari.

Tournée
8 janvier 2016 : Salle CO2, Bulle (Suisse).
26 janvier 2016 : La Garance - Scène Nationale, Cavaillon (84).
2 février 2016 : Théâtre Edwige Feuillère, Vesoul (70).

Sheila Louinet
Mercredi 27 Janvier 2016

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/01/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

"Monsieur de Pourceaugnac", un travail d'archéologie expérimentale ne sombrant pas dans la reconstitution académique

"Monsieur de Pourceaugnac", Théâtre de l'Épée de Bois, Paris

Sbriganti, brillant filou napolitain a, de son jeune maître Eraste, reçu mission de faire déguerpir un provincial nouvellement arrivé, un ridicule venu pour épouser la toute belle Julie, et qui contrarie sans le savoir les sentiments amoureux. Tous les recours sont mis en œuvre pour faire échec au projet de mariage de ce Pourceau… gnac.

Farces, mensonges partent en rafales. Vrais médecins, fausses épouses, juges et policiers. Tout est bon, dans une succession de tableaux, pour faire basculer et éjecter le personnage central.

Créée à partir de trames italiennes, encadrée par la musique de Lully et entrecoupée d'intermèdes de danse, cette comédie de Molière a une telle tenue que le public ne peut que rire aux dépens du bonhomme.

La mise en scène de Raphaël de Angelis se montre attentive aux indications d'origine. En s'appuyant sur des passionnés de l'univers baroque et carnavalesque, elle met en valeur dans une forme épurée de tréteau la richesse des jeux.

Minutieux, les effets sont gradués et précis. La musique, la pantomime, la danse, les masques italiens et de carnaval présentent même un côté un peu ritualisé qui n'est pas sans évoquer quelques brins de No et de Kyogen discrètement injectés.

C'est un travail authentique d'archéologie expérimentale qui ne sombre pas dans une reconstitution académique. Mais qui propose une restitution en manière contemporaine. Sa progressivité atteint la justesse par la beauté.

Jean Grapin
14/06/2017