La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Pitchouns

"Le Petit Bain"… de nuages, fantômes bienfaisants offrant aux enfants la liberté de rêver

"Le Petit Bain", Théâtre Paris-Villette, Paris

C'est un cube de bulles de savon, immense, qui vibre. Qui caresse au moindre souffle, berce et recouvre de sa blancheur immaculée l'artiste sur scène avec son petit sac à dos (ça cadeau ?). Des bulles, des milliards de bulles enserrées, serrées l'une à l'autre que l'artiste découpe en blocs, déplace, porte, emporte.



Rémy Bénard © Jean-Louis Fernandez.
Rémy Bénard © Jean-Louis Fernandez.
À la fois sculpteur d'air et danseur de nuages. Comme un passeur du vent, il enfante des formes en deçà même de leur ébauche. Joue avec elles. Se joue de l'aléatoire et de l'apparence.

Bien plus qu'amusant, bien plus qu'émouvant, bien plus qu'amoussant, le spectacle de Johanny Bert et Yann Raballand fait de la légèreté un objet de théâtre. Fait ressentir le paradoxe de la forme, l'étrangeté de la pesanteur et de la cohésion de la matière et de son évanescence.

Dans "Le Petit Bain" apparaissent autant de nuages, fantômes bienfaisants et fugaces qui offrent aux enfants la liberté de rêver. Une aventure qui les conduit tout en douceur par un itinéraire du plaisir de vivre vers la représentation heureuse d'un bonhomme de rien et miraculeux. Il suffit d'entendre les cris d'émerveillement dans la salle.

Samuel Watts © Jean-Louis Fernandez.
Samuel Watts © Jean-Louis Fernandez.
Pour les parents aimants (et ils le sont tous devant ce spectacle), c'est un parcours symbolique.

Bien plus encore, les parents astrophysiciens y verront comme une métaphore de l'univers et de la masse noire, et les parents pédiatres de la naissance.

À la toute fin du spectacle tombe des cintres des bulles plus grosses. Dans le spectre de la lumière, elles miroitent. Leurs surfaces s'irisent Et dans les phénomènes de diffraction et de réfraction des étoiles doubles apparaissent. Le spectateur voit comme une théorie de "l'apparaître", comme une approche de l'univers.

Un songe.

"Le Petit Bain"

Rémy Bénard © Jean-Louis Fernandez.
Rémy Bénard © Jean-Louis Fernandez.
Écriture collective.
Conception : Johanny Bert.
Mise en scène : Johanny Bert.
Collaboration artistique : Yan Raballan.
Interprète : Samuel Watts, en alternance avec Rémy Bénard.
Création lumière et régie générale : Gilles Richard.
Création sonore et régie : Simon Muller.
Régisseur : Bertrand Pallier.
Plasticienne : Judith Dubois.
Costumes : Pétronille Salomé.
Scénographie : Aurélie Thomas.
Construction décor : Fabrice Coudert, assisté de Eui-Suk Cho.
Commande d'écriture du livret : Alexandra Lazarescou, Marie Nimier, Thomas Gornet.
Dès 2 ans.
Durée : 30 minutes.

Du 6 au 23 avril 2017.
Mardi au vendredi à 10 h 30, samedi 22 à 17 h, dimanche à 11 h
Théâtre Paris-Villette, Grande Salle, Paris 19e, 01 40 03 72 23.
>> theatre-paris-villette.fr

Tournée
17 mai 2017 (9 h 15, 10 h 45 et 14 h 30) : Centre Culturel Jean-Houdremon, La Courneuve (93).
19 mai 2017 (10 h et 15 h 30) et 20 mai 2017 (16 h) : Pierrefitte-sur-Seine (93).

Jean Grapin
Lundi 10 Avril 2017

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





Numéros Papier

Anciens Numéros de La Revue du Spectacle (10)

Vente des numéros "Collectors" de La Revue du Spectacle.
10 euros l'exemplaire, frais de port compris.


Partenariat


Publicité



À découvrir

"Une chambre en Inde"… contre tous les intégrismes !

"Une chambre en Inde", Théâtre du Soleil, Paris

Ariane Mnouchkine traite de la place du théâtre dans un monde marqué par les guerres, le terrorisme et un populisme d'exclusion qui rend service à celui-ci. Et elle y répond avec humour et passion.

Cornélia (Hélène Cinque) fait partie d'une troupe dont le directeur, M. Lear, a été appréhendé par la police indienne après être monté, nu, sur la statue du Mahatma Gandhi et avoir crié "Artaud". Il avait "pété les plombs" suite aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris. Du personnage, de son nom et de son acte, tout est passé à travers le prisme du théâtre ainsi que ses coulisses et ses questionnements.

Cela se passe dans une chambre en Inde où se trouve Cornélia, souvent allongée. Difficile de démêler ce qui est en dehors, de ce qui est en dedans, de ce qui est de l'imagination ou de la réalité. Tout est imbriqué. Monde et événements s'y logent faisant de ce lieu une incarnation de l'esprit du personnage.

La pièce est une œuvre collective construite autour d'improvisations. Mnouchkine se demandait "comment aujourd'hui raconter le chaos d'un monde devenu incompréhensible ? Comment raconter ce chaos sans y prendre part, c'est-à-dire sans rajouter du chaos au chaos, de la tristesse à la tristesse, du chagrin au chagrin, du mal au mal ?".

Safidin Alouache
03/01/2017
Spectacle à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre Essaïon, Paris

Prolongations Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016
Sortie à la Une

"Monsieur de Pourceaugnac", un travail d'archéologie expérimentale ne sombrant pas dans la reconstitution académique

"Monsieur de Pourceaugnac", Théâtre de l'Épée de Bois, Paris

Sbriganti, brillant filou napolitain a, de son jeune maître Eraste, reçu mission de faire déguerpir un provincial nouvellement arrivé, un ridicule venu pour épouser la toute belle Julie, et qui contrarie sans le savoir les sentiments amoureux. Tous les recours sont mis en œuvre pour faire échec au projet de mariage de ce Pourceau… gnac.

Farces, mensonges partent en rafales. Vrais médecins, fausses épouses, juges et policiers. Tout est bon, dans une succession de tableaux, pour faire basculer et éjecter le personnage central.

Créée à partir de trames italiennes, encadrée par la musique de Lully et entrecoupée d'intermèdes de danse, cette comédie de Molière a une telle tenue que le public ne peut que rire aux dépens du bonhomme.

La mise en scène de Raphaël de Angelis se montre attentive aux indications d'origine. En s'appuyant sur des passionnés de l'univers baroque et carnavalesque, elle met en valeur dans une forme épurée de tréteau la richesse des jeux.

Minutieux, les effets sont gradués et précis. La musique, la pantomime, la danse, les masques italiens et de carnaval présentent même un côté un peu ritualisé qui n'est pas sans évoquer quelques brins de No et de Kyogen discrètement injectés.

C'est un travail authentique d'archéologie expérimentale qui ne sombre pas dans une reconstitution académique. Mais qui propose une restitution en manière contemporaine. Sa progressivité atteint la justesse par la beauté.

Jean Grapin
14/06/2017