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Théâtre

"Baal"… Dans cette proposition, un poète fait ses gammes…

"Baal", Théâtre national de la Colline , Paris

En 1919, dans "Baal", le tout jeune Brecht, inspiré par François Villon, poète maudit, décrit la vie d'un artiste qui, dans une apparente indifférence aux autres, une froideur de comportement, s'extrait de la vie sociale et de sa gangue réaliste (voire triviale) et qui d'épisodes en épisodes, traverse le monde dans une cascade de trébuchements, avance, en seigneur, de rejets en rejets. Qui apprend à dire les choses.



© Brigitte Enguerand.
© Brigitte Enguerand.
Dans ces nouvelles scènes de vie d'un propre à rien, Bertolt Brecht trouve non seulement les mots d'un poète mais aussi la matière même de son œuvre dont cette pièce de jeunesse apparaît comme une étonnante mise en abyme. Car y sont déjà présentes toutes les potentialités qui se développeront ultérieurement.

"Baal" est une véritable mine dans laquelle l'auteur puisera, tout au long de sa vie, le minerai théâtre-poésie, pièces après pièces. Dans "Baal", il est question de la brutalité de la société et de la déchéance d'un ange.

La mise en scène de Christine Letailleur met en valeur le personnage. À la lettre du texte, Stanislas Nordey, incarne le poète. Entre révérences et postures de déclamation, postures de fierté, de gloire, dans la répétition du geste, il dit, module la voix, recherche sa vérité. Et la mise en scène, la scénographie part de ce point pivot, étire les scènes, de manière quasi processionnelle, met en valeur le personnage. Cela est beau et juste souvent.

Assurément, dans cette proposition, un poète fait ses gammes. Et la proposition scénique exerce une certaine fascination mais aussi secrète une monotonie certaine. Il manque à ce "Baal", formellement réussi, le sens d'une cavalcade, une manière d'exploiter des dédoublements "bénémaléfiques" pourtant présents dans la distribution de personnages. Une manière faustienne reste à découvrir.

"Baal"

© Brigitte Enguerand.
© Brigitte Enguerand.
Texte : Bertolt Brecht.
Traduction : Éloi Recoing.
Mise en scène : Christine Letailleur.
Assistante à la mise en scène : Stéphanie Cosserat.
Assistante à la dramaturgie : Ophélia Pishkar.
Avec : Youssouf Abi‑Ayad, Clément Barthelet, Fanny Blondeau, Philippe Cherdel, Vincent Dissez, Valentine Gérard, Manuel Garcie‑Kilian, Emma Liégeois, Stanislas Nordey, Karine Piveteau, Richard Sammut.
Scénographie : Emmanuel Clolus et Christine Letailleur.
Lumières : Stéphane Colin.
Son et musiques originales : Manu Léonard.
Vidéo : Stéphane Pougnand.
Assistante costumes : Cécilia Galli.
Durée : 2 h 30 environ.

© Brigitte Enguerand.
© Brigitte Enguerand.
Du 20 Avril au 20 Mai 2017.
Du mercredi au samedi à 20 h 30, mardi à 19 h 30 et dimanche à 15 h 30.
Théâtre national de la Colline, Grand Théâtre, Paris 20e, 01 44 62 52 52.
>> colline.fr

Tournée
23 et 24 mai 2017 : Maison de la Culture d’Amiens, Amiens (80).

Jean Grapin
Mercredi 3 Mai 2017

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Safidin Alouache
03/01/2017
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Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
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Jean Grapin
19/12/2016
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Jean Grapin
02/05/2017