La Revue du Spectacle, le magazine des arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, cirque, arts de la rue, agenda, CD, etc.
La Revue du Spe La Revue du Spe

La Revue du Spectacle, le magazine de tous les arts de la scène et du spectacle vivant. Infos théâtre, chanson, café-théâtre, arts de la rue, agenda, CD, etc.

Depuis 1989, le magazine du spectacle vivant et des arts de la scène - Un art sans artistes est une démocratie sans voix - Vous trouvez que la culture coûte cher ? Essayez l’ignorance… - La Revue du Spectacle soutient les intermittents du spectacle





Augmenter la taille du texte
Diminuer la taille du texte
Partager
Théâtre

Afro Cirkus… Itinéraire d'enfants doués

"Afro Cirkus - Itinéraire d'un continent", Cabaret Sauvage, Paris

Jusqu'à fin février 2018, le festival "Villette en cirques" prend ses quartiers à la Grande Halle et ses alentours (Paris 19e) pour proposer des spectacles circassiens alliant théâtre, mime, magie, acrobatie et marionnette.



© Yann Mambert.
© Yann Mambert.
Après "Deadtown", que nous avions présenté la semaine dernière avec son théâtre de western-spaghetti, voici un spectacle venu du continent africain. Avec le Cirque Mandingue, originaire de Conakry en Guinée, il n'y a pas plus simple que monter un cirque sans faire tout un cirque.

C'est le tour de force que fait cette troupe habillée de leur talent auréolé d'un franc sourire. Ici ni tambour, ni trompette, ni éléphant, ni tigre, ni trapèze. Place aux percussions, aux claviers et à un maître de cérémonie qui ne ressemble en rien à un monsieur Loyal, dans son rôle de conteur et de DJ, avec autour de lui des danseurs, des acrobates et un contorsionniste.

Les mandingues sont un peuple de l'Afrique de l'Ouest, d'une population de dix à vingt millions d'habitants, connue sous différentes dénominations selon le lieu géographique de leur implantation, Bambaras (Mali), Dioulas (Côte d'Ivoire, Burkina Faso) et Malinkés (Guinée, Sénégal, Gambie).

© DR.
© DR.
Ce qui frappe dans cette troupe est la bonne humeur et leur plaisir de jouer. Percussions et acrobaties sont liées comme une branche à son arbre. Musique et contorsions sont entées sur le même tronc. D'ailleurs, le spectacle démarre avec l'homme baobab qui, à l'aide de ses compagnons, monte une cathédrale humaine sur ses épaules.

Un mât chinois est utilisé sur lequel les différents artistes montent, chacun à sa façon acrobatique, au sommet. Dans le monde circassien occidental, les accessoires et les animaux sont très importants et c'est autour d'eux que le numéro se crée. Tous ces à-côtés sont ainsi primordiaux. Ils sont la raison même des numéros, parfois à égalité avec les interprètes qui les font. L'humain, l'animal et les agrès forment une relation à trois où chacun d'eux est un élément indissociable et nécessaire.

Au Cirque Mandingue, le partage se fait entre l'artiste, la musique, la danse et le théâtre. Ce sont les membres qui font la troupe et rien d'autre. Chacun a sa propre identité artistique reliée aux autres. Ils se sont entraînés sur les plages de Conakry. C'est leur aire de jeu, de travail, de création.

Le spectacle est découpé en différentes scénettes avec, entre autres, l'homme baobab, l'homme élastique, qui est un véritable tour de force de contorsion d'Aboubacar Bangoura, et les danseurs Glassius et Fatou Sylla.

Ça danse et ça court. Il y a de la force et de la vie. C'est vif, gai et spontané. Cela finit par un "Bal'Mandingue" ouvert au public en compagnie des artistes. Et on en ressort le sourire aux lèvres.

"Afro Cirkus - Itinéraire d'un continent"

© DR.
© DR.
Cirque Mandingue.
Direction artistique : Meziane Azaiche.
Chef de troupe et direction chorégraphique : Yamoussa "Junior" Camara.
Avec : Aboubacar Bangoura (Bouba - contorsionniste), Philip Diallo (Zagré), Abdoulaye Sylla (Ablo), Mamadouba Koita (Koita), Mohamed Lamine Camara (l'homme Baobab), Mohamed Diare (Glassius), Aboubacar Camara (Dash), Mohamed Lamine Camara (Lamine).
Direction musicale : Orazio Trotta en collaboration avec Jalal Akalay.
Création décors et costumes : Annick Lebedyk.
Maître de cérémonie : David Chazam.
Danseuse : Fatou Sylla.
Durée estimée : 1 h 30.

Du 4 au 29 octobre 2017.
Du mercredi au samedi à 20 h, dimanche à 16 h.
La Villette, Cabaret Sauvage, Paris 19e, 01 40 03 75 75.
>> lavillette.com

Safidin Alouache
Mercredi 11 Octobre 2017


1.Posté par reghenas jacqueline le 11/10/2017 15:24
ça doit être super dommage qu'ils ne se déplacent pas en province !

Nouveau commentaire :

Théâtre | Avignon 2017 | Danse | Concerts & Lyrique | À l'affiche | Humour | Festivals | Pitchouns | Paroles & Musique | CédéDévédé | Trib'Une | RV du Jour | Pièce du boucher | Coulisses & Cie | Coin de l’œil | Archives





    Aucun événement à cette date.

Publicité



À découvrir

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre

"Michael Kohlhaas, l'homme révolté", Théâtre Essaïon, Paris

Reprise Il caracole à la tête de son troupeau de chevaux qu'il va vendre, béat à la pensée de son futur bénéfice. Michael Kohlhaas, héros du roman éponyme de Henrich von Kleist, aime les chevaux, la liberté et l'aisance.

Gilbert Ponté nous offre un seul en scène rare, une forme de narration-théâtre
Un mauvaise douane, mauvaise farce, loi privée improvisée et vraie confiscation, le prive de sa liberté de circuler et de ses plus beaux chevaux. Perdant sa joie et raison de vivre, d'avanies en déconvenues, l'homme va demander justice, implorer, s'emporter, poursuivre les méchants, ignorer les pondérés, proclamer son droit, réclamer son dû, se faire justice.

Brûlant, détruisant, pillant les villes. Bientôt à la tête d'une bande de sacripants, de sacs et de cordes, bandits de grands chemins, défiant l'empereur. Michael le pacifique est devenu Michael le révolté. Michael Kohlhaas, pendu haut et court, est un héros, une légende. Dans la bataille finale, il se révèle même frère en vaillance du prince de Hombourg*.

Gilbert Ponté est seul en scène. Dans son adaptation du récit, il est rayonnant, scintillant de tous les états d'âme du personnage. Il est aussi, tour à tour, tous les personnages, tous les paysages, tous les rythmes et sensations, dans l'immédiateté du geste.

Jean Grapin
13/10/2017
Spectacle à la Une

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple

"F(l)ammes", Maison des Métallos, Paris, puis tournée

Reprise Dans "F(l)ammes", Ahmed Madani met en scène les véridiques récits de la vie contemporaine portés par dix jeunes femmes, fruits de l'Histoire des peuplements successifs du territoire français. Autant de témoignages que les bonnes fées du théâtre ont sublimé.

Ne pas être pas considérées comme issues des quartiers populaires mais comme appartenant au Peuple
Les comédiennes ont sculpté de vrais personnages contemporains hauts en couleur qu'elles évoquent sans fard et qu'elles expriment avec une grande de joie de vivre et ce, en dépit du contenu des propos d'un quotidien souvent difficile.

Ces jeunes femmes sont typées, à certains égards extravagantes. Elles appartiennent d'évidence à la vitalité de la ville. La parole est dégagée. Elles expliquent comment elles sont dans la nécessité de quitter les rôles attribués par les traditions familiales, qui les enferment dans un filet de violence et de brutalité ; et combien elles sont mises à l'épreuve pour s'inventer, se forger, se libérer des fidélités. Elles émeuvent. Elles racontent avec aisance leur itinéraire qui cherche à se démarquer de leurs mères qui ont attendu, attendu, tricotant, détricotant les jours comme Pénélope en attente d'un Ulysse providentiel.

Et dans la description des difficultés nées de l'opposition multi séculaire qui oppose les barbares et les urbains, elles font rire, non par le sarcasme ou l'autodérision mais par le partage. L'imaginaire est riche. Le verbe et le geste sont au service d'une métamorphose. Sur la scène c'est une forme de courage qui s'exprime : celui de la fuite qui vous sauve. Au risque du déchirement. Sans jamais perdre le sens de la vie et de l'amour. En conservant la dynamique de retrouvailles. Dans la lucidité.

Jean Grapin
15/10/2017
Sortie à la Une

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire

"Dieu est mort", Théâtre de la Contrescarpe, Paris

Reprise Quarante ans de présence maternante de la mère, et de fables apprises soumises à l'épreuve de vérité de la vie, vingt ans de psychanalyse et autant d'enseignement difficultueux, les deuils et les amours n'auront pas suffi.

Toute recherche sur la condition de l'homme passe nécessairement par l'épreuve du rire
L'homme décrit par Régis Vlachos est toujours assailli par le doute terrible, asséné avec aplomb. Un doute sur lequel s'amoncelle tout un faisceau de présomptions de preuves mais toujours évacué (?)par un ange gardien pas loin. Dieu est mort.

Avec ses trois bouts de ficelle tirés du cabaret, toujours en marge du branquignol avec un sens du bricolage et du dérisoire assumé, le spectacle installe la convention de la scène et sa fiction. La détruit instantanément. Régis Vlachos enfile les scènes comme autant d'épisodes d'une conscience en chemin vers elle-même.

Qui avance sans jamais se moquer sinon d'elle-même. Dans "Dieu est mort", l'homme rit de ses propres errances C'est pourquoi le rire est spontané car chacun y reconnaît les siennes. Cela est théâtre. Et du bon. Thérapique. Cathartique.

Ce théâtre fait comprendre que le rire étant le propre de l'homme, toute recherche sur sa condition en passe nécessairement au final par l'épreuve du rire. En partage. L'on peut déguster, en famille, entre amis, ce spectacle qui donne à chacun le chemin de l'humour.

Jean Grapin
19/12/2016