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Trib'Une

"À quoi ça rime?", un bon remède anti-déprime !

La chronique d'Isa-belle L

"Il est de bon ton de vivre avec son temps !"
C’est ce que je me suis dit en sortant.
Non ! Ce n’était pas un rêve, j’y étais un vendredi férié,
dans ce théâtre qui aurait pu s’appeler "Morphée".



"À quoi ça rime ?" © J.-C.Dichant.
"À quoi ça rime ?" © J.-C.Dichant.
J’ai passé un peu plus d’une heure à les écouter,
se balancer des mots en totale liberté,
jouant des rimes avec une certaine facilité.
Il est facile d’imaginer qu’au Théâtre des deux rêves,
on puisse rapidement sombrer dans un sommeil léger.
Tendre une oreille : la droite, sur le plateau,
Pendant que l’autre, la gauche, bourdonne.
La position confortable nous fait défaut
Et des vibreurs s’en mêlent, plus rien n’étonne !
Pourtant. Ce n’était pas un rêve. J’ai entendu.
Deux comédiens avec une langue bien pendue.
Une histoire moderne, originale et "couillue".
Le théâtre c’est cela : oser
Ne pas toujours ressasser.
Le duo ne prétend rien d’autre que de divertir.
Le metteur en scène les a dirigés avec plaisir,
cela se ressent et le public ce soir là
souriait, riait, anticipait la rime parfois.
On pourra toujours dire à nos auteurs contemporains :
"C’est bien beau d’écrire mais n’est pas Molière qui veut !"
Un peu facile non ? Molière aujourd’hui ferait-il mieux ?
Tenir la rime à notre époque, je trouve ça plutôt malin,
Il est question d’un homme attiré par un autre, voilà qui n’est pas courant !
Surtout, quand se mêle à cette histoire, de la rime à tout bout de champ.
C’est ce que j’appelle vivre avec son temps.
C’est ce que je me dis ce soir, en écrivant.
La pièce À quoi ça rime ?
Un bon remède anti déprime.

"À quoi ça rime?"

"À quoi ça rime ?" © S. Louya.
"À quoi ça rime ?" © S. Louya.
(Vu le 11 novembre)

Texte : Ceglia Sebastien, Ceglia Cyril.
Mise en scène : Benoît de Gaulejac.
Avec : Ceglia Sebastien, Ceglia Cyril.

Du 23 septembre 2011 au 25 février 2012.
Théâtre des Deux Rêves, Paris 19e, 01 48 03 49 92.
>> deuxreves.org

Isabelle Lauriou
Samedi 10 Décembre 2011

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L’Ina signe un accord avec Jean-Christophe Averty pour la gestion de ses droits

L’Ina signe un accord avec Jean-Christophe Averty pour la gestion de ses droits
Aux termes d’un accord qui vient d’être signé, Jean -Christophe Averty a confié à l’Ina la gestion de ses droits d’auteur-réalisateur sur l’ensemble de ses Œuvres, ainsi que la conservation et la sauvegarde des supports correspondants.

L’Ina devient ainsi le dépositaire unique de l’ensemble des œuvres télévisuelles et radiophoniques de ce prestigieux réalisateur, et se voit confier la mission de valoriser l’ensemble de celles-ci pour tous modes d’exploitations, et dans le monde entier. L’Ina se voit également confier, dans le cadre de ses missions d’archivage, tous les documents d’accompagnement, c’est-à-dire les notes, les conducteurs et les scénarii.

Jean-Christophe Averty témoigne ainsi de sa confiance en l’Ina à conserver, sauvegarder et mettre en valeur ce patrimoine "dans le respect et l’intérêt des droits de l’Auteur".

Jean-Christophe Averty, un pionnier

Le terme de "pionnier" n'est pas trop fort pour désigner le travail titanesque d'Averty qui, après quelques tentatives cinématographiques, commença immédiatement à travailler pour la télévision qui venait de faire sa récente apparition dans les foyers en 1952.

Jean-Christophe Averty produira près d'un millier d'émissions (pour lesquelles il a reçu un grand nombre de prix) sur le jazz, le sport, le cirque, la mode, les variétés et surtout sur le théâtre - les dramatiques -, la littérature, émissions qu'il adaptera et mettra en page lui-même, avec l'aide de son équipe. Il n’hésite pas à se lancer avec la même créativité dans la Radio tout au long de ses émissions "Les cinglés du Music-hall" pour lesquelles il écrira pour chacune d’elles tous les textes richement documentés, lus en direct avec la verve qu’on lui connait et son célèbre : "Tous à vos cassettes… !"

Il fait sa réputation sur son sens de l'innovation télévisuelle car s’il a su s’adapter parfaitement aux contraintes techniques relatives a l’évolution technologique de la télévision, il va surtout à l’encontre de toutes les conventions télévisuelles qui y sont attachées. Ainsi, Averty est l'un des premiers à utiliser l'éventail de tous les trucages possibles et imaginables, l'un des premiers à faire usage de "l'incrustation".

Pour Jean-Christophe Averty, la télévision c’est d’abord et surtout "l’électronique" et sa réflexion, lors de l'apparition de la couleur en 1967 en atteste : "Nous allons enfin pouvoir faire du vrai Noir et Blanc à la Télévision".

Communiqué de presse de l'INA du 9 mai 2012.

Photo : Rosy Varte et Jean Bouise dans "Ubu roi", une farce théâtrale d'Alfred Jarry adaptée par Jean-Christophe Averty à la télévision. Date : 26/03/1965 © Louis Joyeux/INA.

>> ina.fr

Lire les autres brèves.

La Rédaction
09/05/2012
Spectacle à la Une

Sur un air de jazz, la java des cœurs amoureux...

"La Surprise de l'Amour", Théâtre de Belleville, Paris

[Reprise] Pour sûr, en 1722, le jazz n'était pas là... mais la java oui ! La java des cœurs amoureux, ceux qui se dévoilent et ceux qui se voilent, d'où naissent les passions qui se disent ou celles encore indécises que l'on voudrait taire... C'est là toute "La Surprise de l'Amour" ! Aude Macé et la Cie le Fil a Tissé ne s'y sont pas trompées en s'emparant, avec une jubilation toute jazzy, du texte de Marivaux.

Sur un air de jazz, la java des cœurs amoureux...
Ce qui préoccupe Marivaux, et qu'il nous donne à entendre dans cette pièce (comme dans de nombreuses autres), touche à la genèse du sentiment amoureux, à son éclosion fragile et à son évolution toujours sujette à l’incertitude. Comme une danse, une java des cœurs (qui avance puis recule et qui parfois piétine...) : ceux de Jacqueline et Pierre qui ont déjà cette presque certitude et revendique leur union, ceux de Colombine et Arlequin qui, au défi du jeu (de cache-cache), finiront (tout comme leurs "maître et maitresse" respectifs) par répondre présents et, enfin, ceux de Lélio et la Comtesse qui, déçu de leurs précédents engagements, peinent à laisser éclore leur "nouvel amour" naissant. Mais les sentiments de ces derniers, n'échappant dans un premier temps qu'à eux, ne seront pas invisibles aux autres qui, pour libérer les cœurs prisonniers, ne pourront s'empêcher d'en "jaser" (ou révéler ce que l'on aurait dû taire)... et d'en jazzer !

Sur un air de jazz, la java des cœurs amoureux...
De ces variations amoureuses, Aude Macé va écrire une mise en scène - musicale partition – toute en finesse et en précision où l'improvisation ne peut s'exercer, comme sur une grille d'accords jazzy, sans la perfection et la maîtrise du jeu. De ce qui aurait pu paraître audacieux, elle (et la Cie) nous offre une création juste et précise, prenant soin d'effectuer des choix musicaux ne perturbant à aucun moment la dynamique et la musicalité de la langue de Marivaux : un texte qui, dans son rythme même, donne déjà le sens de l'action. Mais ce parti-pris n'aurait pas pu être une réussite sans le talent des comédiens de la compagnie. Chaque rôle étant parfaitement distribué, chacun prend possession, avec une énergie pleine de fraîcheur, de simplicité mais déjà d'un professionnalisme affirmé, de son personnage et l'emmène, entre humour et tension bouleversante, sur le fil chromatique des notes bleues d'un jazz majeur. Et le verbe de Marivaux, dans l'expression de leurs jeux respectifs, prend alors la légitimité d'un accord de septième augmentée ! Que ce soit la prestance du Baron (Édouard Michelon), rappelant Joel Grey (le maître de cérémonie) dans "Cabaret" de Bob Fosse, ou Jacqueline (Julie Duquenoÿ) nous laissant entendre quelques mélodiques notes vocales, ou encore Pierre (Mathieu Graham) à la trompette, l'ensemble est fluide, souple et coule sur la musique gracieusement... Et l'arrivée presque attendue de Glenn Miller soutient même le rythme parfois un peu "speedé" d'un Lelio (Mathieu Héridel) luttant désespérément une dernière fois contre son cœur. Sur une partition réputée difficile, l'adaptation moderne d'un classique, qui plus est en le collant à un style musical classifié, la Cie Le Fil a Tissé et Aude Macé à la mise en scène réussissent à ne commettre aucune fausse note... Décidément, le cours de théâtre Claude Mathieu nous réserve de bonnes surprises... Après la Savaneskise issue également de ses rangs, c'est au tour (et dans le même théâtre) de la Cie Le Fil a Tissé de nous proposer une pièce du répertoire, à la sauce jazzy cette fois-ci, adaptée et jouée par de jeunes comédiens "plus que prometteurs".

Gil Chauveau
30/03/2011
Sortie à la Une

03/05 au 16/06/2012, Le Guichet Montparnasse, Paris, "Jupes & Pantalons"

Quelle place pour les femmes dans la société ? Telle est la question posée par "Jupes & Pantalons", la pièce de Claire Benjamin-Galeyrand, rentrant ainsi parfaitement dans le cadre du festival "L'année de la femme ! L'année de toutes les femmes" organisée par Annie Vergne et son équipe, tout au long de l'année 2012, au Guichet Montparnasse.

03/05 au 16/06/2012, Le Guichet Montparnasse, Paris,
Une femme retrace l'histoire du mouvement des femmes des années soixante-dix. Avec passion, mais aussi avec humour, elle évoque ces moments exaltants de lutte. Le dispositif narratif - associé à la vidéo - multiplie les points de vue : fragments de récits de vie, images d'archives, témoignages, slogans, titres de presse, etc. Entre légèreté et gravité, ce sont des portraits de femmes qui se dessinent dans leur singularité et leur universalité... Avec, en toile de fond, les enjeux de l'égalité hommes-femmes.

Dès l'entrée dans la salle, une femme est là dans la pénombre qui semble attendre. Elle guette la venue de celle à qui elle veut confier une histoire, son histoire des femmes. Elle est arrivée à ce moment de la vie où survient le désir de transmettre une mémoire, de passer le relais à celles qui suivent. Elle s’adresse à une femme, jeune, sa fille peut-être, mais elle s’adresse aussi à chacun de nous pour raviver un questionnement, interpeller, provoquer dans l’humour ou la gravité.

Elle évoque la maison des femmes, la fabrique des petites filles…Et sa rencontre inéluctable et bouleversante avec le mouvement des femmes des années soixante-dix. Elle fait revivre, à la manière d’une épopée, ces moments exaltants de lutte. Elle dit la découverte de la sororité, le sentiment de participer à la création de quelque chose, d’en être la révélatrice, en même temps que cela la révèle à elle-même. C’est cette joie des commencements qu’il s’agit de retrouver.

Dans son récit, d’autres voix la rejoignent. Par petites touches, ce sont des portraits de femmes qui se dessinent dans leur singularité et leur universalité. Nous retrouvons ces femmes qui s’étaient soulevées, mobilisées pour gagner les droits nécessaires à leur émancipation et qui allaient écrire une page importante de l’histoire des femmes. Ces femmes capables de toutes les audaces, créatives, maniant l’humour et la poésie, qui œuvraient à renverser l’ordre établi et obtenir de formidables transformations sociétales.

Mais cette histoire est ancienne, quarante ans déjà, et le moment est venu de se poser la question de l’héritage du féminisme. Histoire d’un espoir. Histoire d’un échec ?

Annonce
07/05/2012