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La Réunification des deux Corées : Le roman des évitements amoureux

"La Réunification des deux Corées", Odéon Ateliers Berthier, Paris

[Reprise] C’est par un long corridor que vont et viennent les personnages de la dernière pièce de Pommerat, "La Réunification des deux Corées", qu’en tant qu’artiste associé il présente au théâtre de l’Odéon salle Berthier. Pommerat avec une forme de cruauté égrène les tableaux des destins contrariés et des hasards farceurs de tragédie.

La Réunification des deux Corées : Le roman des évitements amoureux
Passants, hommes et femmes, ils sont de ceux et celles que l’on rencontre tous les jours. Anodins, quotidiens, à la recherche, banalement, d’une stabilité amoureuse. Retrouvés séparés. Un tiers malin réel ou imaginaire les empêche de fusionner leurs mondes opposés. Chacun y retrouve ses petits.

Un petit rien de retour du passé, un mot déplacé font s’échapper le rêve qui se cristallisait, occasionnent drames et ruptures. Mariage brisé juste avant la présentation au maire, scène primitive des amours de fête foraine sur les autos tamponnantes, cancans des uns et des autres, foire aux vérités pas bonnes à dire. Solitudes sordides des enfants de baloche fascinés par les sosies rock-pop ou des bourgeois délirants mangés par le maintien de leur réputation.

Les duos amoureux achoppent au quotidien et dégénèrent en duels coriaces et acharnés qu’aucun effort diplomatique ne peut empêcher. Un échange de prisonnier à la frontière coréenne semble, en effet, plus facile à réaliser que l’échange des sentiments en occident…

Jean Grapin
04/02/2013
Spectacle à la Une

Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical

"La Demande en mariage" et "L'Ours", Théâtre Le Lucernaire, Paris

Coléreux ou veules, sentimentaux absolument mais cupides à coup sûr et âpres à la propriété, les personnages décrits par Tchekhov dans "La Demande en mariage" et "L'Ours" sont tirés de la vie quotidienne russe. Ces deux pièces en un acte, comme autant de notes prises sur le vif par l’auteur, décrivent des caractères forts et concentrent l’action. Il y a dans "La Demande en mariage" la vieille fille, le vieux garçon, le père roublard et dans "L'Ours" la veuve éplorée, l’officier en retraite et le serviteur hagard.

Deux pièces de Tchekhov, comme un diagnostic social vif et aigu... quasi médical
Cris, roublardises et tout le tremblement. À la fois denses, lestes, pleins de vigueur et de légèreté, les portraits sont indéniablement russes, "grrand rrusse". Au risque de la caricature ils sont un défi pour qui veut les représenter.

Sophie Parel qui met en scène déjoue les pièges. Les personnages de la jeune fille dans la première pièce et de la veuve dans la seconde sont joués par la même comédienne. Il en va de même pour le père et l’officier. Les deux pièces s’enchainent sans discontinuité dans le cliquetis d’un ressort de montre. Est ainsi créée une unité de lieu qui amalgame le temps, les personnages et, dans un vieillissement accéléré, fait sens d’une vie soumise à la fatalité et la déraison de la solitude.

En contrepied, la mise en scène a pour moteur un rire de comédie éloigné de toute moquerie ou sarcasme.

Jean Grapin
13/11/2012
Sortie à la Une

"La peau d’Élisa" ou La sensible et inquiète solitude d'une femme à fleur de peau

"La peau d’Élisa", Théâtre Michel, Paris

L'art du seul en scène est un art difficile et si le texte se doit d'être à la hauteur, l'interprétation, elle, ne peut souffrir la médiocrité. Laurence Pollet-Villard relève avec brio le défi en interprétant admirablement, et avec une intensité peu commune, "La Peau d’Élisa" le surprenant texte doux-amer de Carole Fréchette.

Elle est seule... Élisa, seule à une table de café, peut-être, ou une table de salon, qui sait ? Seule la solitude est une certitude... Cette solitude convoque l'inquiétude... qu'elle essaye de faire disparaître en racontant, en se racontant aussi, à travers des histoires - qui, si elles ne sont pas siennes, le deviennent petit à petit -, des histoires d'Amour en petits bouts d'amours passés ou espérés. Et Élisa prend le public à témoin, l'interpelle, l'attrape, le prend à bras le corps, l'enlace dans ses bras, l'invite à la veiller, à la surveiller... pour ne pas disparaître... Un public et des histoires... pour encore vivre un peu !

Cette volonté quasi "guerrière" d'exister, comparable à un combat coûte que coûte, énergique contre le désespoir, la solitude, est la marque de fabrique des personnages de Carole Fréchette. Que ce soit "Jean et Béatrice" et la quête de l'amour, "Baby Blues" et la reconstruction personnelle, "Les sept jours de Simon Labrosse" et la réinsertion sociale/professionnelle, etc., tous les héros de l'auteure québécoise se battent pour exister...

Gil Chauveau
16/07/2014