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Un Marivaux porté avec naturel et élégance par Isabelle Huppert et Bulle Ogier dans la mise en scène de Bondy

"Les Fausses Confidences", Théâtre de l'Odéon, Paris

La machine théâtrale de Marivaux est réglée comme une horlogerie de précision. Dans "Les Fausses Confidences", l’histoire est présentée de manière néo-contemporaine avec simplicité, naturel et, osons le dire, élégance, par Luc Bondy, sans frivolités, marivaudages ou coquetteries.

Un Marivaux porté avec naturel et élégance par Isabelle Huppert et Bulle Ogier dans la mise en scène de Bondy
C’est l’histoire d'Araminte, veuve et richissime, assiégée par tous les membres de son entourage qui veulent asseoir, grâce à elle, chacun, sans vergogne, leur bonne fortune. Dans ce monde mouvant parti à la quête de la marchandisation des apparences, là où ni la confiance ni le cœur n’ont leur place, les valets et servantes, les intendants, les nobles à la recherche d’aisance, la mère autoritaire à la recherche de titre de noblesse, tous sont atteints de fébrilité accapareuse. Araminte cherche à échapper aux filets qui sont lancés sur elle.

C’est aussi l’histoire (traditionnelle au théâtre) de Dorante, jeune homme pauvre, amoureux, qui, pour approcher le cœur de sa belle, ne pouvant prétendre à mariage du fait de l’écart des conditions sociales, use de stratagèmes, de ruses avec la complicité d’un valet, d’un entremetteur. Et qui n’a comme seule force l’affichage de sa probité pour convaincre. Au risque du paradoxe, du mensonge des apparences.

Jean Grapin
03/02/2014
Spectacle à la Une

L'univers affreux, bête et méchant mais terriblement drôle de Bénédicte Vidal

"Bénédicte Vidal sort les griffes", Théâtre Le Bout (Paris) + Tournée

Elle a du talent… et une véritable écriture qu'elle a déjà mise au service des autres (Arthur, Marc-Olivier Fogiel, Nagui, etc.). Elle a une voix - qui lui permet de personnaliser et d'habiller ses différents personnages -, une vraie présence scénique et un humour caustique, terriblement actuel et d'une méchanceté jouissive qui n'est pas sans nous rappeler l'envergure comique d'une Zouc. Elle se nomme Bénédicte Vidal, se produit à la fois sur une scène parisienne et dans différentes villes de France.

L'univers affreux, bête et méchant mais terriblement drôle de Bénédicte Vidal
Bénédicte Vidal a du mordant, du chien et ne s'en laisse pas conter... Créant des personnages qu'on imagine proches cousins des affreux, sales et méchants de la grande époque de la comédie à l'italienne, elle bouscule avec énergie certains tabous, ose une légère mais taquine cruauté ("Jackette et le chat") et pose des questions essentielles mais politiquement totalement incorrects comme : Devient -on forcément raciste quand on est élevé en région PACA par un père CRS ? ; Doit-on annoncer à un enfant qu'il est adopté ? ; Le parrainage d'enfant africain est-il un pari sur l'avenir ? ; Peut-on nourrir l'enfant que l'on garde au Space-cake pour avoir enfin la paix ? Est-il raisonnable de s'appeler Cohen dans une cité où votre voisine est celle de la première question ?

Bénédicte Vidal a le sens de la structure comique et chacun de ses sketchs (indissociable d'un personnage) est construit sur une trame serrée, sans creux ni rupture involontaire, tout silence étant opportun. Les effets visuels ou verbaux se succèdent, s'enchaînent sans temps morts, et établissent sans excès le champ caricatural des divers rôles interprétés (de la baby-sitter à la sycophante marseillaise en passant la déjantée et cruelle Jackette ou l'admiratrice allumée mais perfide).

Gil Chauveau
04/04/2015
Sortie à la Une

Le stand-up caustique, trash mais hilarant de la mutine et espiègle Blanche Gardin

"Il faut que je vous parle", La Nouvelle Seine, Paris

Âmes sensibles s'abstenir, spectacle interdit au moins de seize ans... Ne vous attendez pas au pire, ça va être encore pire... Car Blanche Gardin dépasse les bornes, les limites, fait valdinguer les tabous... Et tout ça, avec une frimousse de séraphine et surtout un insolent talent. Bref c'est jouissif, hilarant et réveille nos neurones façon chaise électrique !

Le stand-up caustique, trash mais hilarant de la mutine et espiègle Blanche Gardin
Rarement stand-up aura été aussi délectable... et trash ! Blanche manie le vitriol avec une dextérité remarquable et harponne de ses fourches Caudines tant les télescopages involontaires de l'actualité ("éclipse solaire + crash A320 = éclipse d'avion !", par exemple) que les lapalissades masculines sur la vie de couple ou les effets de ses propres échecs et de ses remises en question sur sa féminité et ses capacités à dépasser le cap "meetic.fr" à 38 ans.

Plantée fermement sur ces deux jambes, ce trentenaire petit bout de femme au dessin d'ange, quasi immobile, en composition inébranlable façon John Cleese, dont le visage ne trahit aucune émotion, ni expression nous convainc très vite que tout ce qui est petit n'est pas forcément mignon et que derrière un ange se trouve souvent le démon, voire nos démons.

Sans jamais perdre sa posture "stand-up" - droite et rigide dans ses bottes", la douce et mutine Blanche assène, avec une délectation non feinte - lisible dans son regard aux pétillements sagaces -, des vérités dont les évidences font frissonner la salle (comble) et doivent quelque peu ébranler certains cerveaux mous nourris à la Blédina consensuel. Parmi celles-ci sont passées en revue : les états d'âme du terroriste moyen, les avantages de l'alcool pour briser la solitude, la cruauté de se faire larguer au moment où l'horloge biologique s'affole, le vivre ensemble (compliqué en ce moment !), la recherche de l'âme seule (et non plus de l'âme sœur), la naturalité de l'homosexualité féminine, la fragilité des croyances, la congélation des ovocytes façon Picard, les arnaques philosophiques de Socrate à Jésus, etc.

Gil Chauveau
29/04/2015