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Un poème en prose fantastique où les êtres appartiennent au monde des spectres

"Une année sans été", Odéon Ateliers Berthier, Paris

Joël Pommerat, dont le spectateur connaît la manière de clair-obscur, met en scène pour la première fois un texte qui n’est pas de lui. Il s’empare du premier texte de Catherine Anne, "Une année sans été" édité en 1987. Cette proposition théâtrale est pour Joël Pommerat et ses jeunes comédiens une manière de mise en abyme et de mise en danger personnelle.

Un poème en prose fantastique où les êtres appartiennent au monde des spectres
La pièce imprégnée de l’œuvre de Rainer Maria Rilke, poète tourmenté du crépuscule de l’empire autrichien, est celle des destins croisés de jeunes gens de fin de siècle, placés devant l’urgence de grandir, frappés au coin de la dépression, avides d’écrire leur vie, avides d’amour et d'émancipation, sentant le poids de l'avenir tout autant que celui du passé. Ballottés entre le terrible et l'apaisement. Avides de rejoindre une forme de perfection. "Mourriez-vous, s’il était défendu d’écrire ?".

Le spectacle, avec ses pénombres et ses lumières crues, ses scènes coupées abruptement et ses changements de décor au noir, engendre une tension nerveuse, une fixité des images, une gestion de la durée qui accapare l’attention et laisse affleurer l’inconscient des personnages. Ces silhouettes en habit 1900 appartiennent au monde des contes, au monde des spectres.

Jean Grapin
14/04/2014
Spectacle à la Une

"La Tempête" par Grujic et Bianciotto : Quand la magie du théâtre révèle l'invisible !

"La Tempête", Vingtième Théâtre, Paris

Pas de bonnes rentrées théâtrales sans un classique accessible par tous les publics. Ainsi "La Tempête" montée d'après William Shakespeare par Ned Grujic et Rafael Bianciotto, avec la seule simplicité et immédiateté du théâtre qui rendent lisibles et compréhensibles le dernier texte de l'auteur... qui est un peu son testament.

Sur scène, il y a un invraisemblable orgue mécanique qui joue aussi du vibraphone et autres percussions cristallines, insufflant à l'histoire comme l'air d'une musique des sphères et du destin.

Il y a la lumière tremblotante et humble de la servante qui s'évanouit et lance un tourbillon de jeu avant que ne surgisse un cône lumineux et transcendant.

Il y a l'histoire de Prospéro le banni qui, par la seule force de sa pensée et de sa baguette, lance une tempête, réunit les forces qui lui ont été contraires, n'hésite pas à produire un rire franc avant de les conjuguer en un harmonieux "happy end".

Point n'est besoin de connaitre Thomas More et son île de nulle part, ni la mélancolie qui s'empare des auteurs de la Renaissance à la suite des guerres qui font s'envoler toutes leurs illusions, un parent peut expliquer que peut être tout cela n'est que rêve et désir d'une autre réalité, que peut être jamais les jeunes gens ne pourront être réunis, que peut être Prospero est bien seul.

Magie du théâtre qui lève le voile sur ce qui ne peut être vu.

Jean Grapin
12/09/2014
Sortie à la Une

"La peau d’Élisa" ou La sensible et inquiète solitude d'une femme à fleur de peau

"La peau d’Élisa", Théâtre Michel, Paris

L'art du seul en scène est un art difficile et si le texte se doit d'être à la hauteur, l'interprétation, elle, ne peut souffrir la médiocrité. Laurence Pollet-Villard relève avec brio le défi en interprétant admirablement, et avec une intensité peu commune, "La Peau d’Élisa" le surprenant texte doux-amer de Carole Fréchette.

Elle est seule... Élisa, seule à une table de café, peut-être, ou une table de salon, qui sait ? Seule la solitude est une certitude... Cette solitude convoque l'inquiétude... qu'elle essaye de faire disparaître en racontant, en se racontant aussi, à travers des histoires - qui, si elles ne sont pas siennes, le deviennent petit à petit -, des histoires d'Amour en petits bouts d'amours passés ou espérés. Et Élisa prend le public à témoin, l'interpelle, l'attrape, le prend à bras le corps, l'enlace dans ses bras, l'invite à la veiller, à la surveiller... pour ne pas disparaître... Un public et des histoires... pour encore vivre un peu !

Cette volonté quasi "guerrière" d'exister, comparable à un combat coûte que coûte, énergique contre le désespoir, la solitude, est la marque de fabrique des personnages de Carole Fréchette. Que ce soit "Jean et Béatrice" et la quête de l'amour, "Baby Blues" et la reconstruction personnelle, "Les sept jours de Simon Labrosse" et la réinsertion sociale/professionnelle, etc., tous les héros de l'auteure québécoise se battent pour exister...

Gil Chauveau
16/07/2014